SALUT JE REVIENS BIENTÔT

rosa_lux1.gifpierpaolo19751.jpgVoici un mois (le 18 mai 2007) que ce blog est ouvert, il a reçu 9148 visites, il paraît que ce n’est pas mal, je ne sais pas, je n’ai pas de références dans ce domaine et je n’ai plus le goût des meetings, je vais vous dire pourquoi… D’ailleurs comme je vous l’avais expliqué je pars dans le désert.

Danielle Bleitrach

Qu’est ce qu’on fuit ? Les sentiments si forts, si purs, si violents qui m’agitaient dans ma jeunesse à l’égard des autres, je n’ai pas su les dépenser sans intérêt ; et je n’ai pas su les tenir cachés, pour ne les révéler qu’à ceux qui étaient vraiment intéressés. Je n’ai pas su, de ce fait me perdre en silence dans l’espace limité d’une ville quelconque, que la vie m’avait réservé. J’ai voulu investir mes sentiments avec intérêt et dans un cercle plus large de personnes. Je l’ai voulu naïvement. J’ai cru qu’ainsi mes sentiments s’ennobliraient encore, et surtout qu’ils grandiraient sincèrement. Au lieu de cela, ils se sont fait infiniment plus petits et mesquins.

Oui c’est ce que dit Pier Paolo Pasolini: cette rancœur, cette déception, cette humiliation poussent à partir dans le désert. Comme les stylites juchés sur des colonne en ruine jusqu’à ce que le soleil les abatte… Rancoeur, déception, humiliation dus, dit-il, à ce qui précisément a rendu petits et mesquins ses sentiments : la littérature. Pour moi et bien d’autres il s’agissait de Révolution.

Encore des mots, des fragments : le blé qui pousse dans la victoire comme jadis sur les écrans soviétiques. Et il y a l’histoire réelle, elle dessèche sur pied les épis. La nuit tombe sur la moisson interdite. La nuit dans ce dortoir pour combattants épuisés, une nuit qui n’est pas destinée au sommeil ; nous partageons, murmure encore Pasolini, dans l’insomnie le besoin d’espérer et le devoir d’espérer. Celui qui n’espère pas est un réprouvé si c’est un intellectuel, il a mal lu Lénine ; si c’est un ouvrier, c’est un modèle imparfait. Nous sommes agités par le cauchemar de l’espérance. .

Ne vous y fiez pas, sachez que quel soit le tunnel que je traverse,il n’y a pas pour moi d’autre vie, c’est vivre tout simplement et celui qui ressent cela ne peut rompre ce pari sacré, beaucoup plus digne et désintéressé que celui de Pascal: croire en la Révolution ce cauchemar de l’espérance, cette attente de Godot qui m’a clochardisée…

Parce que je ne l’ai pas faite… Pourquoi ? Pas de désir d’expiation à la mode catholique, la faute en toi ne finit pas là où naît le mérite. C’est exactement le résumé d’une vie de communiste.

Pasolini cherche la trace,on m’a dit que j’ai trois idoles : le Christ, Marx et Freud, ce ne sont que des formules. En fait ma seule idole est le réalité.Si j’ai choisi d’être cinéaste en même temps qu’un écrivain, c’est plutôt que d’exprimer cette réalité par les symboles que sont les mots j’ai préféré le moyen d’expression qu’est le cinéma, exprimer la réalité par la réalité.ce qui est essentiel, m’expliquait Aragon en me parlant de la Semaine sainte, son livre le plus achevé pour comprendre la France, c’est de rendre le pas du cheval dans les sables des Flandres, le retour royal…. Ce moment où la Révolution s’eclipse… Il savait déjà en 1956…

Pasolini retourne vers la deuxième guerre mondiale. L’important est la nuit et l’ aube du communisme aux heures sombres du matin, entre deux étoiles, l’une maléfique que la Bourgeoisie a appelé pour se détruire elle-même qui est en train de passer parce que Berlin est pris. L’autre parce que du cauchemar de l’espérance a surgi une divinité, pour ceux qui n’avaient lu Marx que dans les yeux de leurs compagnons, Staline l’étoile du matin, la divinité que nous avons adoré. C’est entre la naissance et la disparition de ces deux étoiles que nous sommes ici à croire que nous raisonnons alors que nous sommes joués par l’histoire future.

C’est fou ce qu’il est question de mai 68 en ce moment… Une manière de comédie où la gauche pas encore caviar mais déjà jouisseuse a fêté la révolution comme on lynche l’enfant martyre des cours de récréation, en faisant la ronde autour de lui ou d’elle qui n’a pas accompli ce qu’elle devait…

Vieux con a dit Cohn Bendit à Aragon, c’est avec les jeunes cons que l’on fait les vieux cons lui a répondu le poète… Nous sommes au rendez-vous et le poète a toujours raison.

La ronde lynchage autour de la révolution et des révolutionnaires. Je tourne en chantonnant ce texte du poète cinéaste italien.Il a été écrit entre 1965 et 1974, une pièce de théâtre remaniée à plusieurs reprises et dont il dit que c’est une autobiographie. Il proclame sa haine de la stupidité italienne… et la française donc… Il n’y a pas du reste, de pire conformisme que celui de la gauche : surtout naturellement quand il est repris aussi par la droite. C’est de 1968 dont il est question en matière théâtrale mais pas seulement. En 1975, alors qu’il va être assassiné sur une plage, il dénonce la lie de la néo-avant-garde et de 1968 : Oui nous en sommes encore là : sans oublier le retour de la restauration rampante.

Le temps passe quelques années encore. Plus d’insomnie, plus de cauchemar de l’espérance, la victoire de la gauche, la visite au Panthéon, une rose à la main, la solitude avec toutes les caméras derrière qui envahissent la crypte.

Le capital nous a dit en substance Pasolini, est plus fort que la Révolution, son cynisme est bien plus subtil, il sait ne pas être cynique au moment qui convient, attention il sait ne pas l’être vraiment, comme Mitterrand devant le tombeau de Jaurès, comme Sarkozy devant les ouvriers d’Air bus, réellement indigné par l’immoralité des stock-options et des parachutes dorés…

Ce que j’espère trouver et prouver dans le désert est justement que rien ne sert de fuir son ombre et l’idée que l’on se fait : « Il y eut un jour un brave homme pour s’imaginer que si les hommes se noyaient, c’est qu’ils étaient possédés par l’idée de pesanteur. S’ils chassaient cette idée de leur tête, par exemple en la qualifiant de superstitieuse, de religieuse, ils seraient à l’abri du danger de la noyade. Sa vie durant il combattit cette illusion de la pesanteur, dont les conséquences fâcheuses lui étaient démontrées amplement par toutes les statistiques. Ce brave homme ajoute Marx en prologue à l’idéologie allemande était le type du nouveau philosophe révolutionnaire allemand ».

J’imagine déjà en riant les dunes envahies par des familles Bidochon, et moi possédée, subjuguée par l’idée de solitude synonyme de Révolution …

Tout cela n’a qu’un temps. Impossible de s’en abstraire car il n’y a qu’une seule histoire, une seule humanité… A bientôt

Danielle Bleitrach

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3 commentaires

  1. Réaction à chaud, juste avantde partir:
    je voudrais vous dire ma joie devant les résultats du parti, il faudra regarder de près mais je crois que le courage politique et la capacité à s’affirmer ce que l’on est a joué. Melanchon l’a dit hier, et c’est encore plus vrai pour le PCF: sarkozy a gagné en affirmant ce qu’il était, en défendant des contenus de droite, il faut que la gauche en fasse autant. On ne gagne pas en se déplçant sur le terrain de l’adversaire. Le PS a du mal à trouver ce qu’est la gauche, ça les regarde. Le PCF doit affirmer en quoi il est utile à notre peuple, en quoi il ouvre une perspective socialiste (le vrai, disons celui du XXI e siècle), tout subordonner à sa stratégie de construction de cette perspective, rassembler.
    Il faut arrêter comme l’a encore fait MGBuffet hier de prétendre que la solution est dans des débats où le peuple viendrait produire une politique fiscale par exemple, en fait comme en 96 il s’agirait simplement dans ces forums de faire approuver les listes d’union aux municipales. Je vais dire pour ma région marseillaise la stupidité irresponsable d’une telle tactique que l’on veut poursuivre.
    Espérons, on peut toujours espérer, que dans son prochain congrès le PCF en tirera leçon.
    Je voudrais en particulier dire ma joie devant l’élection d’André Gerin et Maxime Gremetz. Pour ce dernier il s’agit d’abord de ma part d’un reflexe humain, après la mort de sa compagne il y a eu contre maxime une véritable chasse aux sorcières, il s’est battu contre l’injustice, les électeurs ont tranché. Il faudra peut-être que cette direction qui joue si volontiers les culs bénis de la démocratie et se conduit le plus souvent comme des salauds avec les êtres humains en tire leçon.
    Peut-être dans le fond les communistes auront-ils la force de rompre avec le légitisme stalinien et de ne pas considérer que les chèvres et les salauds qui dirigent ont tous les droits, qu’ils s’en débarrassent enfin pour mettre à la tête du PCF qui ne leur appartient pas mais appartient à la France et à la classe ouvrière, aux couches populaires, aux intellectuels progressistes, à la jeunesse qui souffre, des dirigeants dignes de ce nom. Pas les imbéciles liquidateurs que chaque congrès ramènent comme la vague amène des épaves…
    Les militants, les députés et élus du parti communiste portent une lourde responsabilité vont-ils continuer à remettre à la direction du PCF des gens qui le détruisent ou vont-ils enfin oser balayer ces gens-là et reconstruire un parti digne de ce nom ?
    A ce moment là comme tant d’autres je reviendrais.
    Je voudrais rajouter quelques commentaires concernant les Bouches du Rhône, à Marseille, le PS garde un siège mais nous en prend un et en perd un. La vague bleue est plus forte dans cette ville que partout ailleurs, je crois que les socialistes ont payé la manière dont ils sont venus prendre le siège historique du PCF et ils le payeront encore aux municipales. Est-ce dans la nature du scorpion socialiste ? Il semble que oui du moins dans les Bouches du Rhône, il est vrai qu’ils trouvent rarement grenouille communiste plus débile et complaisante… Mais on peut affirmer que le batracien et son cavalier arthropode risquent fort de se néguer dans le Vieux Port aux prochaines municipales…
    Il est vrai que les socialistes marseillais comme Christophe Masse ont trahi les tramioots et leurs luttes, c’est le dépôt de la Rose, le seul tenu par F.O, celui de la circonscrition de Masse qui est entré le premier sans avoir rien obtenu. L’élu de la Rose a été battu dès les présidentielles, pourquoi élire un socialiste quand il a la même politique que Gaudin… Et il y en a d’autres qui se conduisent ainsi… Des élus communistes qui ne vallent pas mieux…
    La politique c’est comme l’erre d’un bateau, on paye sur plusieurs années des erreurs tactiques et des comportements, surtout quand ils se poursuivent…
    Les erreurs des communistes c’est sous couvert du danger Le PEN d’avoir fait l’union dès le premier tour avec les socialistes, d’avoir entretenu donc y compris l’idée que contre le fascisme les socialistes étaient les meilleurs. Ils ont perdu sur le monde ouvrier écoeuré par les compromis socialistes et sur les gens issus de l’immigration. Si l’on ajoute à cela la pratique des forums que l’on veut nous faire reproduire remplçant l’organisation du parti, les errances manipulatrices des collectifs anti-libéraux, l’échec est inscrit… Et il est question de continuer ?
    La seule solution dans cette ville c’est de rompre avec les stratégies suicidaires de la gauche. La fédération du parti communiste des Bouches du Rhône est sans doute une des plus stupides de France, les dirigeants sont opportunistes, leur seul atout c’est une CGT de lutte qui a limité les dégâts.
    Si le parti communiste veut survivre dans ce département il doit avoir la stratégie du Nord, pas de Calais et celle d’André Gérin, affirmer son autonomie de classe et ne rechercher l’union qu’au second tour. Mais ces lâches, je pèse mes mots, vont chercher pour les municipales et les régionales l’union dès le premier tour, le parapluie socialiste pour conserver les postes et permanents des conseils régionaux et généraux. Ce faisant non seulement ils vont tout perdre, mais ils vont faire gagner la droite qui se nourrit de cette fausse union.
    Comme les socialistes et les communistes de sommet sont cul et chemise , ils confondent la lutte des classe et la lutte des places: je te donne une subvention pour ton festival de la méditerranée, tu vas avoir des moyens pour aller au festival de cannes, je te paye voyages et sorties, et nous ferons une union suicidaire pour tous… Et ils croient faire de la stratégie… Pendant que l’électorat populaire les méprise tous…
    Je veux terminer sur un sourire, bien sûr Juppé battu cela ne fait pas de peine, mais il s’agit d’un homme politique d’un certain niveau, alors qu’arno Klasferld battu c’est rien que du bonheur, ce type avec une double nationalité française et israèlienne, ce pipole méprisant prend une claque gigantesque… Bravo… Quand je pense qu’on l’a mis là en calculant qu’il y avait beaucoup de juifs dans ce quartier de paris. Quand est-ce qu’on comprendra que le fait d’être de famille juive nje signifie pas qu’à l’inverse de monsieur Klasferd ou du CRIF on s’estime en France les agents d’une puissance étrangère actuellement criminelle ?…
    Danielle Bleitrach

  2. Bonjour,

    Hi, hi, hi.
    Je ris de vous voir partir. Je ne sais pas si vous êtes déjà partie, en particulier dans le désert, et je ne sais pas non plus combien de temps vous partez. Mais si vous y passez plus de trois mois (essayez), vous y découvrirez quelque chose.
    C’est ce qui me fait rire.
    Rassurez vous, pas d’un rire moqueur.
    Un rire de bonheur pour vous, que je devine dans vos mots…
    Inutile de publier ça (ça m’est égal, mais ça n’a pas grand intérêt).
    Pensez juste à moi, si vous restez trois mois dans ce désert…
    Bon voyage.

  3. je ne resterai pas trois mois dans le désert, en tout cas pas maintenant parce que la journée dans le Sahara tunisien et lybien il fait 52°, la nuit enveloppée dans des espèces de tapis rèches et le chech remonté jusqu’aux sourcils je grelotte… cela dit même dix jours dans le désert qui ressemble à une plaque chauffée à blanc, ça vous lave une femme… Surtout quand le soir tombe et que vous venez de vous baigner dans la source chaude de l’oasis… mais vous avez les fesses bottées par le tape cul du 4/4 (c’est ça ou le dromadaire)il saute sur les dunes et retombe alors que votre tête est encore proche du toît… Honnêtement mais je vous en parlerai j’ai fait quelques découvertes, je ne sais si elles résisteront au retour mais je me sens pleine d’une sagesse taoïste: faire ce qui dépend de vous et ne pas s’exciter par ce sur quoi vous n’avez pas prise…
    A bientôt
    danielle
    PS


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