DEBAT: DE QUEL PARTI AVONS-NOUS BESOIN ?

cari_brueghel1.jpg A la suite de mon texte sur le barbu qui plissait des yeux, mais aussi le scorpion et sa nature, j’ai réçu beaucoup de commentaires, presque autant que pour la nausée… Tous tournent autour d’une seule idée: oui le communisme ne mourra pas, mais aujourd’hui comment trouver l’analyse, les solutions, l’organisation qui nous permette de faire un pas au moins vers l’indispensable changement de société ?

la plupart des contributions viennent de France, mais il y en a de Belgique, de martinique… Il y en a de militants de base qui ont réagi spontanément et d’autres plus théorisées, parmi elles voici la réaction de Georges Gastaud. Si ces réactions n’apparaissent pas sur le blog, c’est que tous ont la manie de m’écrire à mon adresse personnelle. Voici aussi un début non pas de réponse, mais ma réaction « à chaud »…

Ce serait bien si chacun tentait d’apporter sa réflexion…

Danielle Bleitrach

message de Georges Gastaud

Belle histoire. Mais il n’y a pas eu qu’une façon de voter communiste cette fois-ci et si ceux qui veulent rester, devenir ou redevenir communistes s’unissaient enfin dans l’action indépendamment de ceux qui depuis vingt ans ne savent pas quoi faire pour se débarrasser du “boulet” communiste, le communisme véritable ne tarderait pas à renaître. Et si le boulet c’était justement de ne pas savoir couper avec les réformistes sous prétexte que ce sont eux qui représentent la “notabilité” du parti? Et si les boulets rouges volaient, alors que ceux qui nous “plombent” sont justement ceux qui veulent jeter du lest (du l’Est?). Regardons le (contre-) exemple de Sarko qui a sorti la droite de la défensive en affirmant ses “valeurs” (sic) fascisantes? Face à une droite dure et décomplexée, il faut une gauche dure et décomplexée et pour cela un PC déculpabilisé, “dé-salinisé” à force de vouloir se “déstaliniser”. Mais pour s’unir entre révolutionnaires, il faut faire son deuil de l’union de moins en moins vivable avec les réformistes au sein du même parti: dans des formes inévitablement nouvelles, c’est tout le contenu du congrès de Tours. C’est pourquoi la continuité passe par la renaissance et celle-ci par une certaine forme de deuil, si dure à faire pour tant de camarades. Alors abreuvons les agonisants, ne tirons pas sur les ambulances, soit, mais occupons-nous aussi des vivants! Amitiés à tous et retrouvons-nous au moins dans les luttes parce que ça va cogner fort. G.Gastaud.

mes commentaires :

On ne devient pas un parti révolutionnaire par décret :
mon cher Georges, je crois que tu n’as pas compris mon texte… En aucun cas je n’ai soutenu “la notabilité” du parti. J.P. Israël pour lequel j’ai voté représente les luttes de marins CGT, comme patrick Candela celle des Netslé… Il y a eu dans les Bouches du Rhône ce choix de militants, d’élus proches du monde du travail, des luttes et quelle que soit ma colère contre les dirigeants du parti, j’apprécie ce choix et mieux je m’y reconnais politiquement.

-LA CONFIANCE POLITIQUE NE S’INVENTE PAS
Peut-être que je suis pleine d’illusions et que ces illusions nous mènent à la fin de ce que je cherche à défendre, une organisation de lutte, peut-être que tu as raison il faut savoir couper et construire autres chose, mais je n’en suis pas convaincue. De surcroît je crois que la confiance politique se construit sur des solutions qui paraissent crédibles, autour desquelles il est possible de se rassembler. L’histoire du PCF est pleine de ces solutions, et de ces rassemblements… Il ne s’agit pas seulement des grandes heures de la résistance…

Qu’est-ce que j’entends par solutions, je ne vis pas dans le Nord et le Pas de Calais, mais j’ai apprécié la position d’Alain Boquet aux régionales, celles des fédération du Parti qui se sont ralliées à ce choix de présenter une liste propre au parti… je crois que ce choix suivi de celui de soutenir mais de ne pas participer avec les socialistes était le bon. Parce qu’il correspondait à la responsabilité du PCF par rapport à la politique des socialistes dans le Nord. C’était un choix courageux et dans tout le reste de la France, dans ma région en particulier les communistes ont cherché des prétextes pour ne pas affronter, sous couvert du danger Le Pen ils ont renoncé à cette bataille, ils n’ont dupé personne, mais ils ont en particulier habitué l’électorat issu de l’immigration à attendre son salut face à l’extrême-droite du vote socialiste… Le vote utile vient de loin… Comme dans le même temps ils désertaient les entreprises et se lançaient dans l’opération  avec les collectifs, ils perdaient sur tous les tableaux, heureusement il reste une CGT de lutte… Mais le vieux syndicalisme révolutionnaire, admirable de courage, n’y suffit pas toujours… Nous sommes dans le sentiment et ce qui vaut mieux dans la conscience qu’il va falloir se battre…

Nous avons perdu le fief de Billoux, celui de Guy Hermier, faute de comprendre ce qu’auraient été des choix politiques… Nous nous sommes laissés balloter…

Aujourd’hui quand je regarde les vote aux législatives je crois que la région du Nord et du Pas de Calais bénéficie de ce choix. peut-être suis-je trop unanimiste, mais je pense que votre présence, l’aiguillon politique que vous ne cessez de constituer joue également un rôle important… Vous tirez à gauche… Vers une dimension de classe, anti-européenne…

 QUE VA-T-IL ADVENIR ?

Donc je partage ta conclusion, les luttes vont être là, ça va taper dur…

Mais il n’y aura pas que les luttes, il y a d’autres échéances électorales à préparer, il y en une essentielle et toutes les forces politiques sont déjà positionnée pour l’affronter : les municipales de 2008.

Si nous restons dans le cadre des élections, il faut bien mesurer que celles-ci se déroulent en trois temps, voire quatre temps… Premier temps : l’élection présidentielle avec l’intronisation de Sarkozy.Deuxième temps : dans la foulée immédiate grâce au quinquennat de Jospin la vague bleue horizon, l’état de grâce ou plutôt de béatitude… Puisque avec le scrutin majoritaire nous risquons d’avoir plus 80% de députés à droite.

  Partons de la vision présidentielle, celle des politiciens qui croient qu’en manoeuvrant les états-majors ils peuvent à tout les coups l’emporter donc dans le terrain politico-médiatique sarkozien,  les socialistes n’ont plus de troupes de réserve…   Surtout si l’on tient compte du problème esquissé dans un article précédent celui sur le scorpion: l’incapacité du PS à s’adresser aux couches populaires. Alors que Sarkozy lui a réussi à ouvrir l’éventail social en particulier en captant l’électorat de Le Pen. Dans une bataille électorale cela peut payer mais il faut attendre la suite.  En fait cela risque de rendre la chute et les mécontentements plus douloureux, parce que ce sont les couches populaires qui sont les plus exigeantes, celles dont les intérêts sont les moins conciliables avec ceux du capital, les moins idéologisées.

Nous avons  un état de grâce qui risque de ne pas survivre aux mesures de l’été, et de ce fait une situation qui risque d’être caractérisée par une montée des mécontentements, des tensions sociales, et une expression politique de plus en plus inadaptée.

Sarkozy répond à la question de la réserve en étranglant Bayrou qui selon lui ne doit à aucun prix représenter cette troupe de réserve qui surgirait pour transformer le champ de bataille des municipales en nouveau waterloo… Le résultat des législatives et la débâcle de Bayrou lui en offre l’occasion… Ce qu’il n’avait pas prévu et qui brouille le jeu c’est justement la résistance du PCF. C’est une lueur, rien n’est fait mais il y a là une opportunité.

C’est une catastrophe pour la droite.  la LCR, LO ne tiennent pas la route, comme je l’avais prévu ici même, et la LCR devrait y réflechir et ne pas se conduire comme le PS quand il joue les scorpions… Cela signifie aussi et d’abord qu’une véritable solution à gauche peut se construire dans le contexte des luttes et des municipales… C’est-à-dire les élections qui favorisent le moins le bi-partisme…

  

Si pour le politicien la croyance illusoire en une tactique sur le  “comment tenir les mécontentements” peut être de construire  un verrouillage institutionnel, cela suppose de tabler non sur des majorités d’idées mais sur la trahison des opportunistes… Opération en plein essor…

Mais si mon hypothèse concernant les véritables patrons de Sarkozy, les multinationales, et les Etats-Unis qui doivent s’assurer l’Europe, est juste, je crois que ceux qui ne manquent pas d’intelligence danc ce camp là sont déjà à la recherche d’un élargissement plus réel. la Constitution monarchique française, les institutions européennes tout cela verouille mal… Il faut des coalitions opportunistes.

 Nous avons la possibilité de penser tout cela, et le seul obstacle est le sectarisme de la direction du parti qui est aujourd’hui incapable de s’ouvrir à tous ces questionnements, le notre aussi.  Le PCF a toujours su mélanger diverses composantes françaises, la dimension jacobine et républicaine, le syndicalisme révolutionnaire, le messianisme communiste, les luttes anti-coloniales, j’en passe et des meilleures, aujourd’hui tout ça a éclaté en chapelles groupusculaires… Pourtant il faut que les communistes, le mouvement ouvrier au sens large soit capable d’intégrer encore d’autres composantes sans se laisser mener par leurs composante petite bourgeoise, je pense au altermondialistes. Chaque génération doit intégrer une nouvelle dimension, les jeunes ne forment pas une classe sociale, mais ils portent certains aspects les plus durs de la mondialisation, et le capital exige d’eux un ajustement terrible à sa propre crise impérialiste.

La question n’est donc pas d’exclure mais de rassembler et autre chose que des cartels de groupuscules fermés autour de leur gourou et de pseudo-identité. Seule une réflexion théorique mais aussi politique, tenant compte des tâches et des échéances peut nous permettre de surmonter cela.Mais décréter a priori que nous sommes l’organisation révolutionnaire ne me parait pas la voie de la réussite. Nous devons prouver nos capacités.

Certes il faut avoir une vision du communisme, du long terme mais nous ne la construirons pas en faisant table rase, il faut au contraire plus que jamais bâtir en étant prêts pour des échéances autrement ce ne sera que de la gesticulation….

Mon cher Georges, tu es mille fois plus léniniste que moi, mais Fidel Castro dit à juste raison que Staline était un conspirateur et Lénine lui était un grand stratège, un politique… Evitons donc de conspirer et essayons tous ensemble de construire si faire ce peut…

 Parce que le véritable problème ne dépend ni de toi , ni de moi, mais bien de la direction du parti, sera-t-il capable d’être à la hauteur des circonstances ? En tout cas nous devons tout faire pour « l’aider » qu’elle le veuille ou non…

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32 commentaires

  1. -Honnêtement, je crois que la réponse à la question « de quel parti avons-nous besoin » ne dépend déjà plus, et depuis longtemps, de la direction du PCF: au sein de celle-ci, les principaux dirigeants, ceux qui « donnent le la », ont pris leur décision lorsqu’ils ont lancé la « mutation » et depuis lors, ils s’appliquent, et d’un certain point de vue s’acharnent à la faire appliquer par tout le parti: il me semble que Marie-George Buffet a fortement confirmé leur réponse en refusant d’être candidate communiste.
    -Je pense quant à moi que la réponse dépend des communistes et de ceux qui veulent le devenir, il y en a; elle dépend d’eux où qu’ils soient, et depuis quelques années pour l’avoir étudié en Haute-Vienne et en Corrèze, je sais que les plus nombreux se sont éloignés du parti, parce qu’ils ont été exclus, ou parce qu’ils se sont écartés d’une atmosphère que ceux qui dirigent le parti aujourd’hui leur rendaient déjà irrespirable, ou parce que sans être entrés en conflit avec les directions, ils avaient constaté que leurs idées, les idées communistes, n’étaient plus promues par le PCF.
    -Seuls une minorité d’entre eux se sont organisés dans divers groupes d’opposition, dont l’effectif est le plus souvent réduit à la plus simple expression.
    -Donc la majorité des communistes est « dans la nature », sans être pour autant perdue, parce qu’en réalité, ils suivent, de plus ou moins loin, mais ils suivent ce qui se passe dans les organisations communistes.
    -Et je dis: la réponse à la question du parti communiste ne dépend plus de la direction du PCF, laquelle travaille déjà depuis longtemps à sa propre solution, qui est de le réduire à une simple annexe du PS.
    -Aujourd’hui, je ne connais qu’un appel susceptible de provoquer le rassemblement, la réunion des communistes qui est leur seul moyen de donner une réponse correcte à cette question: c’est l’appel de Georges Hage « groupons-nous dès demain », qui a été adressé par la poste à un grand nombre de communistes indépendamment de leurs liens avec tel ou tel groupe d’opposition communiste. C’est pourquoi j’appelle les communistes à lire cet appel et à y répondre afin de contribuer à la solution du problème que pose à notre peuple le manque en France d’un véritable parti communiste, dont la direction serait communiste!

  2. vous allez dans le sens de ce que dit Georges gastaud, l’appel publié ici même dans ce blog va également dans ce sens, mais vous ne répondez en rien à ce que j’avance… Que faites-vous de ce que Georges gastaud appelle « le patriotisme de parti », mais que moi je crois être bien autre chose…
    Il est vrai que la direction du PCF vérouille tant qu’elle peut et qu’elle interdit tout expression hérétique, je le sais par expérience, mais je suis également convaincue que si cette direction peut ainsi nous maltraiter c’est parce que nous ne savons pas trouver une issue qui rassemble…
    Il y a quelque chose d’irritant dans la manière de certains intervenants… Ils ne lisent pas ce que j’écris, au mieux ils survolent et viennent déposer ce qu’ils ont à dire sans tenir le moins du compte de ce que vous avez tenté-péniblement- d’analyser…
    je crois que tout le monde a compris l’appel de G.Haage que j’ai moi-même signé, mais je souhaiterais que l’on fasse un effort pour répondre à ce qui est dit…
    Qu’il soit bien entendu qu’il ne peut pas y avoir de troll dans ce blog…
    danielle Bleitrach

  3. -Rectification: qu’est-ce qu’un troll?

  4. un troll est un individu qui intervient dans les sites non pour faire avancer le débat mais pour se faire remarquer, un peu à, la manière dont des gens se plantent devant les caméras de télé et font des gestes idiots ou des grimaces.
    Sur internet,ils ne lisent pas le texte qui ouvre le débat, ils veulent se rendre intéressants… ils courent d’un forum à l’autre pour inscrire un commentaire… en général du n’importe quoi…
    Il y a des gens qui sont des militants, ce ne sont pas les pires bien sur, ils viennent pour placer un rendez-vous ou une idée qui les préoccupe.ce sont des trolls un peu plus nobles que les autres. Le troll ordinaire est souvent un simple crétin…
    Il y a des gens vulgaires qui sous prétexte de défendre une idée insultent les autres, provoquent…
    Et puis il y a ceux qui n’ont strictement rien à dire mais veulent être là…
    Il est trés difficile de distinguer entre toutes ces catégories parce qu’on peut avoir affaire à un message mixte.
    Donc les trolls (lutins désagréables de la mythologie scandinave) ont une caractéristique ils empêchent la réflexion collective…
    Danielle Bleitrach

  5. -Je crois deviner que vous me reprochez de ne pas contribuer à une recherche qui viserait à « sauver le PCF ».
    -Si j’ai deviné juste, alors je confirme: sauver le PCF n’est pas mon problème. Son destin est tenu d’une main de fer par sa direction, et ce n’est pas le prochain congrès qui me démentira. Sauf que, en incorrigible optimiste, j’espère me tromper.
    -Ce que je veux sauver, c’est le communisme, et notamment toute l’euvre accomplie par les communistes en France, qui n’a rien de criminel, et dans le monde, tout ce qui ne fut jamais criminel dans l’action communiste, et cela est immense, et cela, je le sais, est l’essentiel!
    -Marie-George Buffet par exemple, veut aussi sauver le PCF, mais sa candidature aux dernières présidentielles m’a donné de sérieuses raisons de penser que pour elle, elle aura sauvé le PCF quand elle en aura fait la prochaine variante de la social-démocratie: concrètement, elle a une conception du sauvetage du PCF opposée à la mienne!…
    -Donc, de quoi parlons-nous concrètement?

  6. je ne vous reproche pas de croire que l’on ne peut plus « sauver » le PCF, je ne suis pas convaincue que ce sauvetage soit possible et je dis pourquoi ; par sectarisme des uns et des autres…
    Je pourrais longuement m’expliquer là-dessus je pense à l’analyse de Lukacs sur le « stalinisme », il montre comment cela a consisté à transformer un moment tactique en dogme, pour mobiliser le légitimisme… Je crois que cette manière de penser nous a profondément TOUS marqués…
    Donc la direction du PCF risque de mener un congrès où une tactique une fois de plus deviendra un dogme, repris par légitimisme et impossible à contester… Celui qui le fera sera un hérétique… que l’appareil éliminera…
    Même si le PCF est un groupuscule, même s’il ne cesse de proclamer sa mutation (en fait son ralliment aux autres partis, son abandon d’une position de classe), il continue dans cette pratique de l’exclusion de l’ennemi interne…
    Mais tous les groupuscules fonctionnent comme cela…
    C’est le mécanisme même du pouvoir mais chez les communistes au stade du stalinisme ou dit tel cela s’est combiné avec une référence au théorique devenu SCIENCE, alors qu’il était dogme intouchable, le contester était trahir. Le théorique ainsi conçu n’est plus une aide mais un carcan, il n’a cessé d’engendrer ou plutôt de justifier toutes les divisions, il a affaibli le socialisme au lieu de favoriser l’approfondissement, la rectification… Il ne fallait pas jeter l’enfant avec l’eau du bain, la théorie marxiste et d’autres apports, mais il faut les considérer comme une aide pour résoudre les problèmes, pas des citations hors du temps et des questions, des références inadaptées utilisées là aussi pour servir le dogme, de la compréhension et surtout l’analyse concrète d’une situation concrète…
    Celle à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui est bien compliquée et mérite une confrontation…
    Donc c’est plutôt le fait que vous m’ayez répondu sans tenir compre d’AUCUN de mes arguments, vous semblez même ne pas avoir lu le texte, l’avoir résumé à une idée qui correspond à votre propre préoccupation…
    je pense qu’il faut apprendre à s’écouter, d’où ma réponse sur le fait que vous adoptiez la position de Gastaud sans tenir en aucune façon compte de la mienne… je crois ne pas avoir tronqué votre manière d’intervenir.
    Danielle Bleitrach

  7. Il faut queje corrige quelque chose, je ne vous ai pas répondu sur le fond : oui c’est vrai que je penche pour l’idée de « sauver » le parti… A la fois par patriotisme de parti, ça ne disparaît pas facilement et je crois que c’est le fruit d’une histoire dont nous n’avons pas à rougir. Mais c’est aussi parce que je trouve cela plus aisé que de partir de rien ou pire en menant une lutte epuisante et souvent gauchiste, a priori, contre le PCF.

    Dans un texte précédent j’ai plaisanté avec l’ami socialiste en lui disant à quel point les communistes détestent les divisions internes, vous pouvez mobiliser un moment contre la trahison d’une direction mais ça ne tient pas… Et pas par légitimisme parce que les communistes n’ont que trop conscience d’avoir le capital pour adversaire…

    Danielle Bleitrach

  8. Juste une remarque : il me semble qu’on se trompe obstinément de « terrain » et qu’on parle un double langage inconscient lorsque l’on parle de « sauver le Parti ». Ou tout simplement, on ne parle pas, les uns et les autres, du même Parti : les uns le confondent avec sa direction (= caca), les autres avec sa « glorieuse histoire »… pour caricaturer les positions.

    Que reste-t-il réellement à sauver ? Sans doute quelques milliers de militants, principalement dans les entreprises et dans les quartiers populaires, et, assurément, ce n’est pas rien. Ce n’est en tous cas pas négligeable. Même si bon nombre de ces camarades sont paumés, souvent bernés par les discours de la direction et conservent toujours le sain réflexe d’une discipline de parti (aux ch… le « patriotisme » – d’où sort cette expression de « patriotisme de parti » ? je crois l’avoir vue apparaître dans l’Immonde), une discipline et un dévouement que la direction saborde en les exploitant habilement.

    Toute la question (et j’espère qu’elle sera centrale dans les discussions du 30 juin prochain) est de savoir comment toucher, et pour quoi faire, ces éléments militants, ces organisations de base, et les amener avec nous au « relèvement » nécessaire – quel qu’en soit le cadre futur.

    « L’histoire ne repasse pas les plats », disais-tu il y a quelques jours, en citant Marx : je pense qu’à Martigues, une scission n’a pas eu lieu, et nous en payons le prix. Elle nous aurait au moins évité d’être ridicules avec Robert Hue, et pitoyables avec Marie-Georges Buffet. Entre autres misères (après être restés dans un gouvernement qui participait aux frappes de l’OTAN sur Belgrade – Jaurès serait donc mort pour moins que ça ? – il aurait été grand temps).

  9. je suis d’accord avec l’idée qu’à Martigues, il aurait fallu avoir le courage d’une scission, et qu’aujourd’hui même il n’y aurait plus grand chose à perdre à une telle scission au niveau des militants. Mais je ne raisonne pas de manière « interne », je raisonne par rapport à notre pays, à l’image du PCF, vous seriez étonné de constater qui est allé voter pour le PCF. Beaucoup de mes collègues d’université qui n’ont jamais été au PCF sont allés voter et hier ils me proposaient de me voir pour discuter de l’avenir. Ce n’était pas seulement moi avec qui ils avaient envie de parler, d’agir, parce qu’il y a les mesures gouvernementales attendues contre l’université, mais des années de lutte en commun où ils ont eu l’habitude de me voir intervenir au nom du PCF. Ils attendent que je leur apporte non seulement des analyses, une capacité d’organisation qu’ils ont sans moi d’ailleurs, mais ce que représente encore et toujours à leurs yeux le PCF.

    Ils se foutent tellement de la direction qu’ils n’ont pas encore compris la manière dont cette direction me massacre, parce que j’ai honte pour mon parti et je ne leur dit rien… J’entretiens le mythe, d’une certaine mesure j’agis comme ça avec Cuba et surtout les Cubains… Je fais comme Berthold Brecht le dit, je fais un portrait et je tente de le faire ressemblant, le portrait à la réalité, non la réalité au portrait…

    Chacun je l’ai dit est communiste sur ses bases, le sdyndicalisme révolutionnaire, la république, la nation, moi c’est le messianisme révolutionnaire, mon auteur c’est Ernst Bloch avec marx, ceux qui tendent vers l’advenir, ce qui doit arriver et qui y subordonnent tout. Avec rationalité bien sur en regardant avec attention ce qui est, les possibles, mais dans l’espérance… Alors peut-être que parfois je m’illusionne mais j’ai découvert que cette méthode bien contrôlée donnait de bons résultats… Elle me permet de penser les formes transitoires comme le PCF en tant qu’atout pour ce qui doit se réaliser..Sans m’enfermer dans l’illusion de ce qui n’est pas ou plus comme la discipline de parti que j’ai jeté depuis bien longtemps par dessus les moulins (au congrès de Martigues justement)…

    Danielle

  10. Pour être plus claire que précedemment vu que la plupart des lecteurs ignorent tout d’Ernst Bloch, du « jeune Marx », ce que je veux dire est que le PCF est riche de toutes les solutions qu’il a su mettre en place pour combattre, pour rassembler et pour obtenir.

    pour le moment en ce qui nous concerne je ne sens rien de cette capacité, j’ai donné l’exemple de l’Université et les mesures gouvernementales nous offrent bien d’autres exemples en matière de santé, de pouvoir d’achat. Ce qui m’intéresse n’est pas la trahison de la direction, il ne s’agit même plus de trahison, il s’agit de débilité profonde, d’incapacité politique avec des moments de courage sulpicien incarnés par MGB dans sa campagne… le tout avec des vieux réflexes de répression, de conserver le pouvoir pour de médiocres petits avantages… Mais il n’y a pas que ça, les députés communistes et je reviens à Alain Boquet font des propositions qui ne sont même pas répercutées, je pense aux retraites… Ceux qui risquent de sauver leur siège ne sont pas des notables, mais continuent à incarner aux yeux de leurs électeurs un parti autonome, réaliste, dévoué… Ils parlent de problèmes concrets…
    Ils ressemblent à mes lutteurs de la CGT qui sont montés au creneau dans les Bouches du Rhône pour défendre leur parti, des gens qui savent se battre, rassembler autour d’eux et pas seulement sur les luttes de leur entreprise. Un ami de l’université m’expliquait qu’il avait voté communiste pour la première fois parce que J.P. israêl s’opposait sur le port à la répression des clandestins… Vous voyez quand on fait une coupure entre celui qui défend les salariés et celui qui défend les immigrés, pour un communiste, un vrai cette coupure n’existe pas…
    Moi je suis d’accord pour faire scission avec la direction, ça fait longtemps que je l’ai fait, ce que j’ai vu dans ma propre fédé m’a donné du mépris, mais je sais que non seulement il y a les militants qui croient et que je respecte, mais il y a ces racines encore actives dans la CGT, dans le groupe communiste, dans les élus communistes, des gens qui pensent d’abord à solutionner les problèmes avant de raisonner en terme d’appareil et d’hostilité à la direction.
    Donc ce qui me convaincra ce seront : un projet, l’unité, pas de querelles de chef, pas de gourou, mais des propositions d’action, de rassemblement autour de grandes questions qui préoccupent les travailleurs (de toute sorte) français. Pour le moment je trouve plus réaliste de mener cela comme je le peux, en pensant d’abord à rassembler. Mais je ne demande qu’à être convaincue…

    danielle Bleitrach

  11. -« faire scission avec… », c’est une démarche qui doit être examinée à plusieurs niveaux: il y a aujourd’hui, me semble-t-il, deux objets avec lesquels nous devons faire scission: la direction du PCF (pour moi aussi, c’est fait!), et la bourgeoisie.
    -« c’est votre expression « faire scission avec » qui m’a rappelé ce deuxième objet: c’est en effet l’orientation explicitement définie en France au cours de quatre (je crois) congrès ouvriers au début du dernier quart du dix-neuvième siècle, après qu’Adolphe Thiers ait commis le crime contre l’Humanité de massacrer la Commune de Paris.
    -La décision de ces congrès décision se résumait finalement à dire la nécessité pour la classe ouvrière de « faire une scission totale avec la bourgeoisie » sur tous les plans, économique, politique, culturel (idéologique), etc… Et lorsque je relis le programme que le dernier de ces congrès avait élaboré pour réaliser cette scission, je constate à l’évidence qu’ils avaient fait oeuvre communiste, et qu’ils avaient fixé la tâche que plus tard, le congrès de Tours avait assignée au parti communiste français. Compte tenu, bien sûr, des évolutions intervenues entre-temps.
    -Je me pose le problème de la scission avec ces deux objets: par son réformisme, la direction actuelle du PCF agit pour défendre des intérêts bourgeois; la bourgeoisie étant aujourd’hui beaucoup plus profondément et systématiquement organisée qu’il y a un siècle et quelques décennies, je ne crois pas que ce soit seulement des intérêts de la petite bourgeoisie. Si mon hypothèse se vérifiait, il en résulterait que le problème de la scission avec la direction du PCF recouperait assez largement celui de la « scission totale avec la bourgeoisie ».
    -Je crois que cette hypothèse vaut le temps que l’on peut consacrer à l’étudier, et que son étude doit apporter beaucoup à la solution des problèmes posés par l’union des communistes sans laquelle il ne peut y avoir de parti communiste.

  12. Excusez-moi aujourd’hui je n’aurai plus la force de répondre à personne… je suis aux côtés de cette révolutionnaire à la Havane qui mène son dernier combat de communiste française…
    A demain sans doute
    Danielle Bleitrach

  13. 1°) La direction du PCF ne défend pas des intérêts bourgeois, elle défend une poignée de mandats électoraux ; la bourgeoisie, elle, préfère confier ses intérêts à d’autres forces plus spontanément favorables et plus capables.
    2°) On ne peut scinder que ce qui est uni. Faire scission avec la bourgeoisie ne peut concerner que ceux qui en sont membres, sinon ça ne veut rien dire. Vouloir faire scission avec la bourgeoisie ce n’est pas supprimer la division de la société en classes antagonistes.
    3°) Cette expression m’en rappelle une autre : certains camarades, dont de très estimables, réclament que la France sorte « de l’UE de Maastricht ». Tant pis pour les autres ? Je veux dire : les Irlandais, les Grecs, les Portugais, les Tchèques, les Danois… on s’en fout, alors ? C’est comme pour l’OTAN : il y a quelques années, le Parti protestait contre les rapprochements avec l’OTAN. Depuis que la France est revenue dans l’OTAN (1996, eh si : on n’a pas tout bien suivi, je crois, pendant cette décennie terrible), on n’en parle même plus. Il est non seulement illusoire de vouloir sortir « tous seuls » des instances internationales de nos propres impérialismes régionaux; mais c’est plus encore indigne et honteux : tant pis pour les autres, pourvu que notre salut soit gagné ! Sortons de cet affreux OTAN qui bombarde la Serbie et l’Afghanistan à l’Uranium appauvri : n’ayons rien à voir avec ces horribles crimes, que nos âmes et nos mains restent pures ! Est-ce que ça a jamais empêché un seul crime ?… Heureusement, ça n’arrivera pas. Ces fadaises (pardon pour ces camarades que par ailleurs j’estime beaucoup) sont d’une inconséquence dramatique.

    Alors :
    – on ne sortira pas de l’UE,
    – on ne sortira pas de l’OTAN,
    Ce n’est pas la scission qu’il faut réclamer ou à laquelle il faudrait travailler, mais la dissolution. Il faut dissourde l’OTAN, il faut dissourdre l’UE, ce qui ne peut se faire que si les peuples d’Europe prennent collectivement leur destinées en main : l’Union des soviets d’Europe, je ne serais pas contre et je crois même que je voterai OUI au référendum pour la constitution de l’USE (si la dictature impersonnelle du prolétariat n’avait vraiment rien d’autre à faire qu’à l’entériner par les moyens de la démagogie bourgeoise…).
    – quant à sortir de la bourgeoisie, la question ne me tourmente pas plus que ça (par ma naissance peut-être), mais en tous cas c’est la même chose, et surtout ce n’est pas l’abolition de la division de la société en classes.
    Le communisme, tout simplement.
    Fraternellement !

  14. Bon jour,

    Pour partir du commentaire précédent, je suis tout à fait d’accord avec Chu dans l’absolu… Seulement, il semble que notre société occidentale soit sous propagande massive (cf Noam Chomsky). Et de ce fait, la culture bourgeoise est présente partout et en tout un chacun. Un exemple simple, on ne peut pas être spontanément pour la politique cubaine. On doit s’informer autrement ou posséder une culture familiale « atypique ».

    La télé est caricaturalement propagandiste. Mais, il me semble que la presse écrite est, d’un certain point de vu, plus malsaine. Le message télévisuel est fragile et inconsistant. On coupe la télé deux semaines et tout est terminé. La presse écrite développe un sens critique bloqué dans l’inéluctabilité du système : les classes intellectualisées (plus ou moins) considèrent qu’elles développent une réflexion, sans voir qu’elles n’ont aucun recul. Elles sont enfermées dans le système.
    Exemple éloquent, les classes ouvrières sont moins influencées par la propagande. Du coup, ils sont plus sensibles à une certaine honnêteté de la droite qu’à l’hypocrite social-démocratie. Car les gens sont fondamentalement honnêtes. Et on a tendance à l’oublier dans cette société bourgeoise d’origine dantonnienne.
    Ici, le PC (sa direction au moins) se rapproche du PS en cherchant le rassemblement dans un discours complaisant (cf Danielle bien sûr).

    Le point central à mon avis pour le PC, et je n’ai pas de solution, surtout contre la direction, c’est l’affirmation d’idées pour un changement de système. Si on s’appelle Parti Communiste, et si on l’assume, dans une société capitaliste, la première chose c’est de parler d’un autre système. Ce qui est absent du discours du PC, il me semble. Ce qui a fait le succès du mouvement altermondialiste. « Un autre monde possible », ça ne s’invente pas. Pour moi, ça veut dire, il n’y a pas que Stalinisme dans les idées de Marx.

    Le PC, de part sa structure, est une bonne base pour lancer un rassemblement politique en France, de type parti, pour un autre système. Pour cela, il doit avoir un message clair, honnête et droit, pour rassembler et pour gagner les masses. Il doit être extrêmement conscient de la propagande et ne jamais plier. Les choses se feront dans le temps. On ne peut pas, a priori, passer outre plusieurs années de construction, de démocratie au sein du Parti en fait.

    Salutations, Julien

  15. Bonsoir,

    Personnellement, j’ai quitté le PCF en 1995, suite à un constat que beaucoup font aujourd’hui : la (les) direction(s) ne sont plus intéressées par la lutte anti-capitaliste, ne cherchent plus à l’organiser sur le terrain, ne considèrent plus que la politique est une question de rapport de force et pensent désormais (est-ce de la facilité ?) que le centre de gravité de la politique se situe au niveau des fauteuils d’élus, la politique n’étant qu’une question de communication. Bien sûr, toute analyse communiste (rôle de l’Etat, exploitation de l’homme par l’homme, compréhension de l’évolution du capital et de ses formes d’expressions, production d’idées et donc d’une cohérence idéologique de combat…) est désormais bannie au point que la contradiction fondamentale Capital-Travail a disparu aussi bien des textes du dernier congrès que du langage quotidien au profit de la contradiction apparente gauche-droite, celle qui mène tout droit vers l’alternance à l’américaine. Mais pourquoi cela et comment s’en sortir ?

    Une chose que m’a apprise mon engagement communiste, c’est que la politique est faite par des classes sociales qui défendent leur intérêt de classe. Or, à la direction et d’une manière générale dans le PCF, quelles sont les classes sociales qui le dirigent et le composent ? La où il y a encore des représentants de la classe ouvrière à sa direction ou des gens fortement liés à la classe ouvrière, on trouve les opposants à la direction. Ce sont les fédérations du Nord-Pas-de-Calais, la Somme avec Gremetz, Vénissieux avec Gerin, la section de Béziers, etc… Je ne me permettrais pas de parler de la fédération des Bouches-du-Rhône où la situation que connaît bien Danielle, paraît plus complexe, entre Hoareau qui est dehors, certains syndicalistes qui s’expriment politiquement dedans et une direction plus ou moins tournée, semble-t-il vers les refondateurs. D’une manière générale, les directions sont composées d’élus ou de fonctionnaires territoriaux, c’est-à-dire de gens prêts à n’importe quelle compromission pour conserver leur poste. En Rhône-Alpes, ce sont des élus régionaux et municipaux qui dirigent le PCF (tous pieds et poings liés au PS), comme à Lyon par exemple. Quant aux adhérents, ce sont essentiellement des fonctionnaires (notamment beaucoup issus de l’éducation nationale), plus quelques professions de type « couches moyennes » et des retraités. Les ouvriers sont très rares, en tous cas, l’implantation (ou ce qu’il en reste) n’est surtout pas dans les milieux qui ont voté non majoritairement au TCE en 2005. D’où cet engagement antilibéral, qui (relisons le Manifeste) traduit une volonté de ne pas créer de rupture avec le capitalisme, de ne pas penser socialisme, c’est-à-dire nouvelle société, mais de rêver d’une époque révolue, celle des « trente glorieuses ». Ainsi, je ne me fais pas trop d’illusions sur ce que pourra être le prochain congrès. Donc, entièrement d’accord avec vous pour dire que les directions ont la capacité de verrouiller le débat. Mais alors, comment voyez-vous concrètement la possibilité de créer un renouveau ?

    Personnellement, j’ai remis les pieds au PCF. Enfin, un pied dedans et un pied dehors. Car la direction trouve tous les moyens pour ne pas me remettre une carte. Mais cela me permet (il faut dire que j’ai la chance d’avoir les copains de Vénissieux) d’exprimer mes idées autour de moi, c’est-à-dire auprès de ce qui reste d’adhérents (certains se posent encore beaucoup de questions, ce qui signifie qu’il y a encore des choses à gagner à l’intérieur) et auprès de ceux qui l’ont quitté. Notamment, avec les copains de Vénissieux, nous sommes à l’origine d’un journal que nous diffusons largement. Et dernièrement, j’ai eu le plaisir de recevoir un message d’une camarade qui a quitté le PCF et qui me disait son plaisir de pouvoir lire une analyse communiste.

    Je vais vous dire comment je vois les choses. Je pense, un peu comme toi Danielle, qu’il faudrait se regrouper en faisant abstraction des ego des uns et des autres, et en créant une sorte de réseau national qui regrouperait tous les opposants, qu’ils soient dehors ou qu’ils soient à l’intérieur du PCF, quelques soient leurs nuances respectives, afin de donner un signal fort à tous les communistes de France et de Navarre perdus dans la nature. La question du PCF en tant que telle se résoudrait avec le temps, qu’il continue de mourir à petit feu, qu’il faille créer une nouvelle structure ou que sa direction soit reprise de haute lutte par ses opposants. Mais ce qui est sûre, c’est que l’on ne peut plus rester esseulé dans son coin, dans sa chapelle, sous peine d’avoir une responsabilité dans la disparition du mouvement communiste en France.

  16. La journée va être très active et je ne prendrai connaissance de ce qui va être écrit que dans l’après-midi, mais cette nuit en lisant vos contributions il m’est venu quelques idées.
    Premièrement j’insiste sur les échéances politiques, l’année prochaine non seulement il est probable qu’abonderont les mécontentements qu’il y aura des luttes, mais que celles-ci conserveront une caractère dispersé. Les syndicats y compris la CGT ayant fait la preuve disons de coordonner même l’affaire EDF et celle des marins marseillais dans une grande défense des services publics, on voit mal ce qui changera. Il reste à analyser comment le cadre européen a produit une bureaucratisation, une perte de culture de lutte. Mais le problème essentiel dans cette inertie des appareils syndicaux est l’état des forces politiques, des perspectives qu’elles sont en état de tracer. J’en parlais hier avec Charles Hoareau je crois que ceux qui vont répétant que les Français ont choisi le sauveur suprême, l’extrême-droite, ne voient pas que Sarkozy a été le seul à parler d’emploi, de pouvoir d’achat et ce d’une manière attractive tandis qu’en face la gauche, communiste compris, montait de la chantilly…
    La nocivité de ce qu’il proposait commence à appraître en fait, c’est-à-dire un allégement des charges patronales et des impôts des riches au profit de nouvelles taxes sur les salariés, non seulement de faitun accroissement du poids sur le travail, mais y compris un impôt avec la TVA sur tous retraités et chômeurs. le tout combiné avec un démantélement du code du travail.
    Dans un an les Français découvriront le résultat, comme ils ont découvert tardivement que l’euro représentait une terrible perte de pouvoir d’achat.
    Dans un an c’est-à-dire au moment des municipales.
    Donc j’en arrive à ma proprosition, pourquoi en partant de l’idée de Pascal et d’autres sur des réseaux, ne pas inventer un mouvement communiste communal.
    Je crois que peu d’entre nous sont prêts à la création d’un nouveau parti, du moins c’est mon cas, pour deux raisons la première est toutes les raisons que j’ai esquissé concernant le PCF, la seconde est que je ne vois pas de direction nationale à laquelle je puisse me rallier. J’ai de la sympathie pour tous mais il n’y a aucun dirigeant, aucune organisation qui m’offre l’équivalent de ce que nous avons connu dans le PCF. Je vous le dis avec toute ma franchise habituelle et je crois traduire un sentiment général, enfin on verra le 30. Peut-être que surgira autre chose qu’une dénonciation de la direction du PCF et de véritables propositions de rassemblement utile à notre peuple.
    C’est dans cet esprit là qu’il m’est venu l’idée, une simple idée, de partir d’une grande tradition de lutte française qui se combinerait de surcroit avec les échéances électorales et les luttes encore éclatées, à savoir un mouvement communal communiste, quelque chose de l’ordre aussi des soviets…
    Cela supposerait dans l’état embryonnaire de ma réflexion, une analyse commune de ce que pourrait être un mouvement communal, l’histoire de notre pays est riche de ce niveau de luttes qui n’est pas contradictoire au contraire avec la nation. Souvenez-vous y compris du rôle joué par les premières municipalités ouvrières de 1884 dans le soutien aux grèves, dans la journée de huit heures.
    C’est-à-dire que nous réfléchirions non seulement à un programme communal selon le modèle habituel et nécessaire, les questions du logement social en particulier, d’autres concernant le cadre de vie,la sécurité, etc mais aussi en terme de soutien aux grandes revendications concernant les délocalisations par exemple, ou d’autres…
    L’avantage d’une réflexion de ce type c’est que bien menée elle ne constitue pas une opposition frontale avec le PCF mais peut au contraire donner lieu à un travail à la base.

    Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je trouve que c’est à explorer ou alors vous apportez des critiques concernant des défauts que je n’ai pas vu réellement, ce que je crois volontiers vu l’état inachevé de ma réflexion.

    danielle bleitrach

  17. je vous signale également ce qui se passe au Venezuela, le cadre communal est trés important et le camarade du parti communiste vénézuélien qui participe au gouvernement est chargé d’un des ministères les plus importants qui est justement de développer la participation ouvrière et populaires dans ce cadre communal, d’organiser la résistance aux propriétaires terriens autant que de gérer des investissements productifs et d’autres aidant à la survie des populations.Peut-être que nous pourrions ainsi réfléchir dans le temps et dans l’espace à partir des problèmes concrets qui se posent à la population française qui n’est plus celle de la Commune de paris, ni celle du Venezuela.
    Là dessus les élus du PCF ont une expérience et beaucoup d’entre eux sont prêts à la partager…
    Je trouve que déjà réflechir sans sectarisme mais en gardant la boussole commuiste à toutes ces questions me paraitrait intéressant…
    Danielle B.

  18. -La discussion précédente me conduit à faire deux remarques, après quoi, c’est promis, je n’interviendrai plus avant un long temps.
    -Ma première remarque s’adresse à Chu:
    -Les membres de la direction du PCF, certes, défendent une poignée de mandats électoraux: mais que font-ils de ces mandats?
    -Ils s’en servent pour combattre la revendication d’exproprier les grands capitalistes; de ce fait, ils contribuent à défendre le capitalisme. C’est bien pourquoi je dis qu’ils défendent les intérêts bourgeois, et je pense qu’ils sont eux-mêmes ce que Lénine appelait « des petits-bourgeois ».
    -Ma deuxième remarque s’adresse à Julien:
    -Je pense que vous avez fait une erreur, une « coquille », en écrivant: « il n’y a pas que stalinisme dans les idées de Marx ». Cette phrase signifie en effet que certaines idées essentielles au stalinisme sont déjà présentes, elles aussi, dans les idées de Marx.
    -Il est faux et absurde de croire cela pour tout un tas de raisons, les unes chronologiques, les autres tenant à la réalité de ce que fut le stalinisme. Fidel Castro nous donne une ébauche d’une démonstration de ce que je dis lorsqu’il qualifie Staline de « comploteur » (par opposition aux indéniables qualités de stratège de Lénine): chez Marx, il n’y a nulle idée de complot, et quand il parle de la nécessité pour la classe ouvrière de s’organiser, c’est à former un parti qu’il l’engage, pas à comploter!…
    -Qu’il y ait encore certaines idées de Marx chez Staline, je veux bien l’admettre, mais nous devons reconnaitre, en tous cas je reconnais, que le véritable rapport de ces idées à l’essence de ce que fut le stalinisme nous est inconnu: sur ce point, nous attendons encore que les historiens respectueux de leur science publient des travaux sérieux et approfondis. Très peu s’y sont mis, et les travaux qu’ils ont publiés sont encore extrêmement partiels.
    -Tant il est vrai que la bourgeoisie maintient ses chiens de garde idéologiques en état de veille active et agressive!

  19. Danielle, j’ai lu que tu avais signé l’appel de Georges Hage. Je suis d’accord à 200 % avec cet appel. Mais je ne le signerais pas. Tout comme je n’ai pas signé l’appel qui était supporté par les copains de Paris 15ème, appel dont un des premiers signataires était Henri Alleg. J’étais aussi entièrement d’accord avec son contenu. Alors pourquoi ne pas signer ? Tout simplement parce que je pense que leur démarche n’aboutira jamais. En effet, c’est typiquement ce qu’il ne faut pas faire : écrire un texte dans son coin et penser que tout le monde va s’y rallier. C’est la technique « chapelle » qui pense détenir seule la solution. Pourquoi G. Hage n’a-t-il pas contacté les gens de l’appel de Paris 15ème ? Puis pourquoi n’ont-ils pas contacté Les copains de Vénissieux avec Gerin, puis ceux de Marseille (Hoareau) et les Rouges Vifs, sans compter les gens de la Somme ainsi que ceux du Nord et du Pas-de-Calais, et puis les copains de Normandie (action compmuniste avec Pascal Acot) et ainsi de suite… Et seulement après avoir réuni tout le monde, il aurait pu y avoir un texte commun, porté par tous, et peut-être un début d’organisation.
    Mais au lieu de cela, rien. J’ai l’impression parfois que tous ces gens ne veulent pas aboutir, qu’ils cherchent uniquement à défendre leur vérité. Ils ont tous ce que j’appelle la morgue de la « pureté révolutionnaire » que eux seuls détiennent.
    En espérant que je me trompe et qu’ils ne connaissent pas leurs numéros de téléphone respectif…

  20. Pascal, un mot à la hâte, je déplore les mêmes choses que toi et je suis convaincue que les chapelles, les groupuscules avec leurs gourous nous mènent à la débâcle, depuis dix ans la preuve en est faite… Mais justement je choisis la démarche inverse de la tienne, je tente de garder une fraternité, une estime avec tous, j’agis avec tous mais je n’adhère à rien tant qu’il y a division.
    J’ai une trés grande estime pour Georges Haage, je sais par expérience ce qu’il vit, la manière dont le parti se conduit avec cet homme d’une grande droiture et fidelité…Cela me suffit, et je signe un texte juste comme tu le dis.

    Danielle
    PS. Cela dit tout le monde refuse l’unité et prétend imposer à l’autre sa propre vision… C’est pour cela que j’ai corrigé mon interview pour éviter le dogme qui entraîne la division tout en conservant l’essentiel de l’analyse théorique et pratique.

  21. Sur le dernier échange entre Danielle et Pascal : la profusion de ces textes de nano-chapelles, aux prétentions en proportions inverses à leurs moyens, ne peut sans doute pas aboutir. Mais quoi d’autre ? Le « schéma » proposé par Pascal, « on se réunit et on sort ensuite un texte », ce serait sans doute pas plus mal et peut-être plus efficace. En attendant, je fais comme Danielle : je signe tout ce qui passe. Parce que si on ne se manifeste pas, et on n’a pas beaucoup d’autres moyens de se manifester, la disparition est assurée. Je signe, parce que je sais que les camarades de Paris 15, de la Gauche communiste, du PRCF, et d’autres collectifs, vont garder mes coordonnées et j’espère qu’ainsi « on finira bien par se retrouver » (dans mon cas, étant politiquement et géographiquement isolé, je ne peux pas faire beaucoup plus).
    C’est en ce sens que je pense que l’appel de Georges Hage est important, et j’espère qu’il sera utile : il faut se rencontrer et G.Hage appelle à cette rencontre. Il faut fabriquer et développer des liens permanents, qui soient un soutien pour chacun et qui nous poussent à agir, à nous exprimer, à nous organiser. Nombreux sont ceux qui sont encore au PCF et se sentent parfois abandonnés et trahis par ceux qui l’ont quitté, mais qui pourraient réagir autrement et envisageraient l’avenir différemment si on a quelque chose de sérieux à proposer. Les gesticulations de pureté révolutionnaire, d’authenticité doctrinale (marxiste-léniniste à l’occasion) ne convaincront personne : elles ne sont à ce jour que « pia vota ». « Unissons-nous », sur un refrain connu (mais pas tant que ça, finalement…).

  22. je voudrais vous dire ma joie devant les résultats du parti, il faudra regarder de près mais je crois que le courage politique et la capacité à s’affirmer ce que l’on est a joué. Espérons, on peut toujours espérer, que dans son prochain congrès le PCF en tirera leçon.
    Je voudrais en particulier dire ma joie devant l’élection d’André Gerin et Maxime Gremetz. Pour ce dernier il s’agit d’abord de ma part d’un reflexe humain, après la mort de sa compagne il y a eu contre maxime une véritable chasse aux sorcières, il s’est battu contre l’injustice, les électeurs ont tranché. Il faudra peut-être que cette direction qui joue si volontiers les culs bénis de la démocratie et se conduit le plus souvent comme des salauds avec les êtres humains en tire leçon.
    Peut-être dans le fond les communistes auront-ils la force de rompre avec le légitisme stalinien et de ne pas considérer que les chèvres et les salauds qui dirigent ont tous les droits, qu’ils s’en débarrassent enfin pour mettre à la tête du PCF qui ne leur appartient pas mais appartient à la France et à la classe ouvrière, aux couches populaires, aux intellectuels progressistes, à la jeunesse qui souffre, des dirigeants dignes de ce nom. Pas les imbéciles liquidateurs que chaque congrès ramènent comme la vague amène des épaves…
    A ce moment là comme tant d’autres je reviendrais.
    Je voudrais rajouter quelques commentaires concernant les Bouches du Rhône, à Marseille, le PS garde un siège mais nous en prend un et en perd un. La vague bleue est plus forte dans cette ville que partout ailleurs, je crois que les socialistes ont payé la manière dont ils sont venus prendre le siège historique du PCF et ils le payeront encore aux municipales. La seule solution dans cette ville c’est de rompre avec les stratégies suicidaires de la gauche. La fédération du parti communiste des Bouches du Rhône est sans doute une des plus stupides de France, les dirigeants sont opportunistes, leur seul atout c’est une CGT de lutte qui a limité les dégâts. Si le parti communiste veut survivre dans ce département il doit avoir la stratégie du Nord, pas de Calais et celle d’André Gérin, affirmer son autonomie de classe et ne rechercher l’union qu’au second tour. Mais ces lâches, je pèse mes mots, vont chercher pour les municipales et les régionales l’union dès le premier tour, le parapluie socialiste pour conserver les postes et permanents des conseils régionaux et généraux. Ce faisant non seulement ils vont tout perdre, mais ils vont faire gagner la droite qui se nourrit de cette fausse union.
    Comme les socialistes et les communistes de sommet sont cul et chemise , ils confondent la lutte des classe et la lutte des places: je te donne une subvention pour ton festival de la méditerranée, tu vas avoir des moyens pour aller au festival de cannes, je te paye voyages et sorties, et nous ferons une union suicidaire pour tous… Et ils croient faire de la stratégie… Pendant que l’électorat populaire les méprise tous…
    Je veux terminer sur un sourire, bien sûr Juppé battu cela ne fait pas de peine, mais il s’agit d’un homme politique d’un certain niveau, alors qu’arno Klasferld battu c’est rien que du bonheur, ce type avec une double nationalité, ce pipole méprisant prend une claque gigantesque… Bravo… Quand je pense qu’on l’a mis là encalculant qu’il y avait beaucoup de juifs dans ce quartier de paris. Quand est-ce qu’on comprendra que le fait d’être de famille juive nje signifie pas qu’à l’inverse de monsieur Klasferd ou du CRIF on s’estime en France les agents d’une puissance étrangère actuellement criminelle…
    Danielle Bleitrach

  23. « La fédération du parti communiste des Bouches du Rhône est sans doute une des plus stupides de France »
    Ah non, permets-moi, chère camarade, de te dire qu’on peut toujours trouver pire et que quand on croit avoir touché le fond, on peut avoir l’effarante surprise de découvrir des niveaux insoupçonnables (une expérience aux limites du rationnel et du tolérable, je t’assure) !

    Bref, j’ai un peu de mal à partager ta joie : sur les 18 élus, il y a certes les estimables Gérin, Gremetz, la belle passation de Hage à Candelier, et quelques autres peut-être… mais pour trois ou quatre bonnes nouvelles, il faut bien voir qu’une bonne moitié des députés, sinon plus, sont des « refondateurs » ou des opportunistes ! Le groupe survivra peut-être grâce au PCR et à un autre élu des DOM, mais avec quel profil ? Pour la moitié de ces députés, certainement pas le profil à prendre des options, aux prochains congrès, de nature à nous réjouir… au contraire.

  24. voici les députés élus ou réélus, où est-ce que tu vois une majorité de refondateurs. Pour moi il y a quelques communistes responsables, capables de se battre, quelques braves gens pas très au fait mais respectables et seulement une minorité qui branle dans le manche… De toute manière ils ont un électorat populaire et souvent sur le terrain sont obligés d’en tenir compte.

    Liste des 19 députés communistes élus :

    Amiable Marie Hélène (Hauts de Seine)
    Asensi François (Seine Saint Denis)
    Bellot Huguette (La Réunion)
    Boquet Alain (Nord)
    Braouzec Patrick (Seine Saint Denis)
    Brard Jean-Pierre (Seine Saint Denis)
    Buffet Marie Georges (Seine Saint Denis)
    Candelier Jean-Jacques (Nord)
    Chassaigne André (Puy de Dôme)
    Dessalangre Jacques (Aisne)
    Fraysse Jacqueline (Hauts de seine)
    Gerin André (Rhône)
    Gosnat Pierre (Val de Marne)
    Gremetz Maxime (Somme)
    Lecoq Jean-Paul (Seine Maritime)
    Muzeau Roland (Hauts de Seine)
    Paul Daniel (Seine Maritime)
    Sandrier Jean-Claude (Cher)
    Vaxes Michel (Bouches du Rhône)

    Et puis il faut sans s’inventer un optimisme hors de saison ne pas se contenter de se lamenter mais chercher une issue… Et je n’en vois pas d’autre…

  25. Je n’attends pas particulièrement d’issue d’une poignée d’élus (et tu remarqueras par exemple, sur le site du PCF, que Maxime Gremetz n’est pas comptabilisé : la petite guéguerre continue – comment le groupe va-t-il se constituer ? la direction va-t-elle accepter les offres de Noël Mamère plutôt que de réintégrer Gremetz ? réunir un groupe parlementaire avec des oui-ouistes ? – beurque !)… et je trouve qu’on se préoccupe un peu trop des élections, et franchement pas assez d’organisation politique – cf. par exemple la consternante précipitation du PRCF dans la foire électorale, et la multiplication des candidatures « communistes » contre d’autres « communistes » (sans même mentionner les fous furieux du groupe de R.Perlican) – pour des résultats qui dans l’ensemble sont ridicules (du niveau de celui de MGB, mais c’est pas une raison).

    Bref, je ne me lamentais pas, je m’inquiète : les déclarations quasi-triomphalistes, les mines réjouies et airs rassurés de la direction n’en sont pas un motif ? On pourrait même éviter par là de trop se remettre en cause, et « oublier » rapidement le résultat du premier tour de la présidentielle… il faut être lucide : ces résultats sont moins mauvais que prévu, mais ils sont mauvais quand même, aussi graves que ceux de la présidentielle.

  26. Je partage l’idée qu’aucun « texte de convergence » ne résoudra les difficultés sur lesquelles nous butons depuis des années. Et rien ne sert de chercher des coupables, comme le chante le slameur Abd Al Malik sur une musique de Brel « c’est pas moi, c’est les autres »…

    Le PRCF peut se sentir légitime par l’ancienneté de sa critique de la direction du PCF. Mais le résultat des législatives permet subitement d’éclairer que la seule réalité qui compte, c’est celle des forces sociales, des représentations idéologiques qu’elles se construisent et du rôle des différentes forces et groupes politiques dans ses représentations…

    Or quel évènement récent a pu faire grandir le « point de vue communiste » dans les représentations du monde du travail et des quartiers populaires ? Certainement le travail militant idéologique de tous ceux qui tentent de le mener malgré la direction du PCF. Mais il faut être honnête. Les élections législatives et la « surprise » communiste est un évènement considérable ! Tout était prêt pour jouer le « dernier acte » de la recomposition politique actant la disparition d’un parti communiste, comme l’avait annoncé Danielle avec justesse.. et patatras.. les communistes résistent au premier tour alors que le PS recule, et ce sont justement les députés qui ne portent pas ou pas directement la politique de renoncement de la direction du PCF qui tiennent le mieux… Une comparaison des résultats en % des inscrits est instructive (voir sur le site altercommunistes.org) et Braouezec qui se voyait déja président d’un groupe antilibéral rejetant les députés qui restent communistes comme Gremetz ou Gerin en est pour ses frais… Dépité, il a beau déclarer qu’il ne veut pas de Bocquet, il a perdu plusieurs soutiens et est affaibli par l’échec des antilibéraux.

    J’ai fait une première analyse des résultats du Rhône qui me paraissent confirmer qu’au contraire de ce que dit chu, ces résultats marquent réellement quelque chose de nouveau, qui dérange profondément la direction du PCF… l’obligeant à annoncer un congrès qui ne décide ni d’une orientation ni d’une direction !

    Dans mon quartier des minguettes à vénissieux, la campagne a permis de vérifier que se présenter comme communiste est un plus, que les familles populaires immigrées identifient sans hésitation l’existence d’une bourgeoisie française représentée facilement par Sarkozy sur son yatch, et le soutien à André Gerin qui reposait bien sûr sur sa personnalité de combat, était aussi un début de reconstruction politique du lien avec le parti communiste.

    Dans cette bataille, la direction du PCF est absente, personne ne s’en préoccupe, personne ne l’a « calculé » comme on dit maintenant. Par contre, l’existence du PCF est un véritable enjeu reconnu par ceux qui savent qu’il faudra se défendre. Marie-Georges aurait gagné des voix aux présidentielles en se présentant comme communiste !

    Si les efforts de convergence sont utiles, ils ne peuvent se faire dans ce qu’on est bien obligé d’identifier comme un « gauchisme », dans des déclarations coupées des masses et de leurs préoccupations. La réalité de ce mois de juin 2007, c’est que des forces populaires importantes, 1 million de personnes ont affirmées contre la direction du PCF qu’il fallait un parti communiste, un groupe communiste…

    Il serait suicidaire de rester sur le coté pour des raisons de personne ou de théorie. La lutte des classes nécessite une lutte théorique mais ne s’en contente pas, et quand la barricade est dressée, fou est celui qui cherche à corriger la dernière synthèse pour ajouter un signataire…

    La lutte des classes aujourd’hui, c’est de s’appuyer sur cette énergie populaire pour bousculer cette direction du PCF montage d’alliances contradictoires qui ne vit que du bon vouloir du PS. La question est donc: comment rassembler des communistes dans et en dehors du parti, dont beaucoup ne sont dans aucun groupe local, pour construire un congrès communiste inédit de « retrouvailles » du PCF ? Un tel congrès est nécessairement une rupture, notamment avec la direction, mais il ne peut pas être la négation du PCF ! il ne peut être le congrès d’une nième convergence communiste contre les milliers de militants qui restent au PCF ! S’il doit faire enfin la critique des « retards » et des abandons successifs (!), il ne peut être le procès de cette histoire du PCF qui reste une histoire de luttes. En ce sens l’appel de Georges Hage ne peut en être l’acte fondateur…

    pam

  27. Il s’est avéré que dans le 4/4 qui me menait dans le désert j’étais avec un chauffeur, un guide et un couple de Français venus d’Amiens. Ils avaient voté et étaient partis aussitôt.. Ils ne savaient pas que leur candidat Maxime Gremetz avait été élu et d’en étaient réjoui quand je le leur ai appris… C’était un couple de fonctionnaires territoriaux profitant comme moi des derniers bas tarifs hors saison…
    C’était étrange de les entendre dire des choses simples: Maxime, on comprend ce qu’il dit, il a du bon sens, on a aussi voté pour l’homme… Toute la circonscription c’est tout à gauche, communiste même… Quand il a été question d’un groupe avec les verts, le mari s’est gratté la tête : mais les communistes c’est juste le contraire des verts… ils sont contre la chasse, contre l’énergie nucléaire, nous n’avons rien de commun…
    Ce couple ne cherchait pas le conflit, ils étaient calmes, silencieux, réfléchis, n’avançant qu’avec prudence, aussi il leur a fallu plusieurs jours avant de me dire : la direction actuelle du PCF ne fait pas sérieux… Il n’y a pas qu’eux mais je trouve cela dommage.
    Je voudrais simplement insister sur cette idée: un parti qui nous ressemble, qui dit des choses qui nous parlent, qui correspondent à notre expérience…
    Deuxième question que j’adresse en particulier aux camarades de Venissieux… Voilà je ne pourrais plus jamais adhérer dans les Bouches du Rhone, d’ailleurs la fédé s’y emploiera comme dans la Somme, elle m’écartera, ne me remettra pas ma carte… Aujourd’hui chacun fait ce qui lui plait, adhère où il veut, ne serait-il pas logique pour participer au congrès que j’adhère chez vous ou ailleurs ? De se rassembler pour que nous soyons efficace, malheureusement pas sur le terrain donc cela ne pourra pas durer, mais pour dire ce que nous avons à dire à l’occasion de ce congrès…
    Voilà ce que je voulais dire quand je disais que j’avais des questions concrètes et qu’elles se posaient non dans l’abstrait mais en fonction des possibles… Et des nécessités.

    Danielle Bleitrach

  28. Salut !
    Le temps passe vite ! On en est déjà aux « préparatifs » de deux congrès à la fois, ou presque !
    Pam : tu dis que l’appel lancé par G. Hage ne peut être fondateur. Je ne pense pas qu’il ait eu cette « ambition » (au sens fort). Mais se présenter au prochain congrès statutaire (celui de 2008) avec trois textes « alternatifs » (le congrès de 2007 n’en permettra pas, paraît-il) sera encore une fois suicidaire. Se voir, se retrouver entre militants communistes opposés à la direction actuelle et aux liquidateurs, me paraît toujours une nécessité. Préparer 2008 ensemble, une nécessité vitale. Alors la réunion proposée pour le 30 juin ne fera certainement pas tout, mais il faut commencer, recommencer, et recommencer encore. Combien de camarades faut-il aller chercher, qui ont laissé tomber, comment les toucher, les faire revenir ? Combien de cellules à faire revivre, à créer ?… est-ce qu’on en aura même le temps ?

    Quant au « groupe » : siéger à côté de Mamère, qui avait enlevé au PCF la municipalité de Bègles avec la bénédiction de Miterrand (à la tête d’une liste « majorité présidentielle » contre celle d’union PCF-PS ! – Mamère n’était pas encore « vert »), Mamère qui a appelé à voter OUI au référendum sur le TCE avec la majorité de ses amis écolos… n’ayons pas d’illusion, le groupe communiste à l’AN a bel et bien disparu, et ceci n’a pu se produire que parce qu’une majorité des élus PCF à l’AN l’a accepté.

    Danielle : je ne sais pas ce que disent les statuts, mais il faudrait effectivement envisager sérieusement cette question de la « libre adhésion » : une fédération « déterritorialisée », regroupant des isolés et autres infortunées créatures, nous permettrait peut-être de nous y retrouver !? Il faudrait néanmoins trouver, pour exister, un lieu pour se réunir périodiquement, un lieu du genre pratique et agréable – histoire par exemple de renouer avec la tradition des « banquets communistes » inaugurée le 1er juillet 1840 à Belleville… trève de plaisanterie, une fédé virtuelle, qui puisse quand même avoir une activité réelle (rapports politiques périodiques, recrutement et formation, propositions), des moyens d’action (fanzine, etc.), ça serait bien, non ? ça mérite réflexion ?

    En espérant que ton voyage t’ait été aussi agréable que la lecture des « propositions » des amis de Robert Hue (sur leur site communiste21) m’a été un supplice !
    Bises fraternelles
    Chu.

  29. agréable mon voyage, ce n’est peut-être pas le mot qui convient, fructueux je l’espère… Comme je l’indique par ailleurs, j’en retire une idée :comment puis-je accomplir réellement quelque chose d’utile et pas simplment me débattre.

    Je voudrais d’abord élucider quelque chose :
    – Est-ce que oui ou non on attend quelque chose de ce congrès et quoi ? Si oui il faut tout mettre en oeuvre pour que cela réussisse et on peut y arriver si on a les idées claires, la tactique naîtra de ça et de rien d’autre…

    par exemple au lieu de s’interroger sur la nature fondatrice ou non du texte de Georges Haage je voudrais bien savoir ce que nous voulons… Je le répète non seulement renverser une direction n’a rien d’exaltant, mais cela doit venir de surcroit, dans le cadre de la défense d’objectifs…
    Si je propose aux copains de Venissieux de les rejoindre ce n’est pas parce que je cherche une fédé virtuelle mais parce que je trouve que ce sont les plus cohérents si on se donne l’objectif du congrès, parce qu’ils ont ne serait-ce qu’au niveau municipal mais pas seulement des expériences intéressantes…
    Cela dit peut-être que leur choix ne mène à rien… D’où ma question de fond sur l’intérêt ou non de participer au Congrès et pour y faire quoi?
    Moi je sais ce que j’ai envie de dire, mais les dernières expérience que j’ai faite à Arles, martigues n’ont pas été trés concluantes. Honnêtement je crois que j’avais raison dans toutes mes mises en garde, an particulier sur la démolition de l’organisation, sur les conditions passives de la participation gouvernementale, sur la question de la paix et de la guerre, etc… et je n’ai réussi à rassembler grand monde, simplement à rencontrer quelques copains comme Charles hoareau, d’autres avec qui les liens se sont poursuivis mais sans vraiment construire quelque chose…
    Alors je me suis consacrée à Cuba, au début on cherchait à me faire plaisir, quand je me suis mis à parler de ce qui naissait en Amérique latine, personne n’y comprenait rien… J’ai besoin de gens qui savent se faire comprendre… J’ai besoin qu’ils me disent « Danielle tu devrais poser les problèmes comme ça ce serait plus clair! »Donc j’ai besoin d’une préparation collective…
    Par exemple je l’ai déjà dit il faut préparer le congrès à travers deux possibilités actuelles d’intervention populaire, celle des luttes sur les « chantiers » gouvernementaux, celle des élections municipales… Et pas seulement dans l’analyse de ce qui s’est passé…
    C’est l’analyse de l’homme qui explique le singe et non l’inverse disait marx… Il faut partir de ce qui est en développement…

    Danielle Bleitrach

  30. voilà ce que j’appelle un « chantier gouvernemental »: les suppressions prévues d’environ 10.000 postes dans l’éducation nationale en 2008, sans parler du fait qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne sera pas remplacé. On peut subodorer que l’Etat de grâce en 2008 sera trés différent d’aujourd’hui… Il faudrait préparer pour le Congrès un véritable projet sur l’éducation nationale, en faire la priorité de notre temps et pas seulement un système piloté par les besoins patronaux et les rigueurs budgétaires.

    C’est comme l’histoire de l’autonomie des Universités, je suis en train de me tater pour préparer un texte que la question de l’autonomie, les communistes vénézuéliens me l’ont demandé parce qu’au Vnezuela la droite universitaire fait de l’autonomie des universités son cheval de bataille…
    Environ 10.000 postes devraient être supprimés à l’Education nationale en 2008, a annoncé Xavier Darcos jeudi. Les syndicats dénoncent une « saignée » et « un pilotage par la seule approche budgétaire ».
    « Nous allons le voir à l’arrivée, mais en tous les cas, nous serons dans les chiffres qui seront aux alentours de 10.000 », a ainsi déclaré le ministre de l’Education nationale sur BFM-TV au sujet des suppressions de postes en 2008.
    « Il y a en particulier tout ce qui concerne les emplois aidés, tout ce qui concourt à la vie scolaire dans le second degré. Nous avons déjà dit que nous rentrions dans la logique de ne pas remplacer un sur deux. Cela fait déjà pratiquement 8.000 emplois que nous allons rendre. Ce ne sont pas des emplois au sens strict, ce sont des équivalents temps plein, mais, enfin, c’est quand même 8.000 postes qui vont disparaître », a-t-il ajouté. « Et puis d’autre part », a poursuivi Xavier Darcos, « nous allons discuter des postes évidemment, du nombre de fonctionnaires moins nombreux ».
    « Si nous obtenons que des professeurs (…) acceptent d’être moins nombreux mais d’avoir un temps de travail différent -volontaire, évidemment- grâce à des volants d’heures supplémentaires importants, nous pouvons sans doute trouver des ajustements. Je ne vous dis pas que c’est simple mais enfin, nous avons des options », a précisé Xavier Darcos.
    Pour le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) Gérard Aschieri, « ces coupes claires d’une ampleur inégalée sont une bien singulière façon d’afficher la priorité à l’éducation mais aussi de lancer des négociations sur les métiers ».
    « Qu’on ne s’y trompe pas: de telles suppressions entraîneront non seulement une dégradation des conditions de travail et des conditions d’enseignements, de nouvelles coupes dans les effectifs de certaines catégories professionnelles (…) mais surtout », pour lui, « une réduction drastique de l’offre d’éducation touchant les élèves, et d’abord les plus défavorisés ».
    « Si ces annonces se confirment, la FSU fera tout pour organiser la riposte la plus unitaire possible », prévient M. Ashieri.
    « Le projet gouvernemental conduira à des suppressions de postes encore plus importantes à la rentrée 2008 qu’à la rentrée 2007, alors que la baisse des effectifs sera du même ordre », a réagi le Syndicat national des enseignements du second degré (SNES-FSU) dans un communiqué. « Cela signifie que de telles économies ne seront possibles qu’en amputant fortement l’offre d’enseignement (options, diversité des voies de formation, voire une diminution des horaires d’enseignement) et en augmentant la charge de travail des personnels », estime le SNES.
    Le SNES, qui dénonce la « saignée pour l’Education nationale », indique qu’il « s’opposera avec la plus grande détermination à tout projet de budget qui serait construit sur la logique des annonces qui viennent d’être faites » et menace d’appeler « l’ensemble de la profession à une mobilisation à la hauteur des dégradations qu’un tel projet ne peut qu’engendrer ».
    De son côté, l’UNSA-Education « dénonce ce pilotage par la seule approche budgétaire. Ce ne sont donc pas les exigences d’un service public de qualité, au service de la réussite de tous les élèves qui priment mais bien la seule obsession comptable », estime le syndicat. « La dégradation brutale et programmée de l’emploi public compromet d’avance tout débat, toute discussion sur l’avenir et la modernisation des services publics », selon l’UNSA-Education.
    Le 21 juin, le ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth avait confirmé qu’au total, 30.000 à 40.000 fonctionnaires partant à la retraite ne seraient pas remplacés en 2008, soit « un fonctionnaire sur deux », comme l’avait annoncé Nicolas Sarkozy. AP
    god/mw
    Danielle Bleitrach

  31. En réponse à ton précédent :

    1. Du congrès il ne s’agit pas « d’attendre quelque chose », mais de le faire. Ou tout au moins de savoir ce qu’on a à y faire. Tu as raison de poser la question, mais je pense c’est à rebours qu’elle se pose : la fin, c’est quand on en a les moyens ! Je ne crois pas plus à la possibilité de renverser la direction qu’à celle de « retrouvailles », la seconde étant condition de la première (à moins que ce ne soit un cercle visqueux). Les retrouvailles seront certainement pour « plus tard » et peut-être même ailleurs. Je l’ai signalé ailleurs (sur le site de cdes de Charente-Maritime), les huistes et autres liquidateurs sont déjà en ordre de marche pour « fonder un autre parti » (en démolissant au maximum ce qui resterait du PCF), parti qui s’agrégera très probablement et rapidement à une nouvelle nébuleuse réformiste (laquelle, au bout de dix ans de mandat du Président Nabolini, arrivera à faire passer Bayrou pour qqn de centre-gauche et appellera à voter pour lui au second tour : ce n’est pas vers l’Allemagne qu’il faut regarder, comme nous y invitent les liquidateurs, mais vers l’Italie, qui vit ça depuis dix ans).

    2. L’expression de « fédé virtuelle » est sans doute inadéquate : mais si d’un congrès on doit retirer un avantage stratégique, c’est celui de faire pleinement vivre, au sein du Parti, une position communiste cohérente (et une discipline interne à cette position), qui soit visible, lisible, qui donne aux militants des fédés et sections qui sont « sur des bases de lutte de classes » la crédibilité d’une ligne politique (inter)nationale, et aux militants plus isolés pour leur permettre de faire valoir, dans leurs organisations et dans leurs environnement sociaux (travail et résidence) le point de vue de cette position au sein du Parti. Ceci au cas (qui me paraît de moins en moins probable) où le parti survivrait au congrès de 2008. D’où, c’était le sens de ma « proposition » (« virtuelle », sur le ton de la demi-plaisanterie), la nécessité de travailler ensemble d’ici là, et d’en trouver des modalités pratiques, les organisations actuelles du Parti ne le permettant pas. Tu évoques « d’autres [camarades] avec qui les liens se sont poursuivis mais sans vraiment construire quelque chose » : c’est bien à ce « construire quelque chose » que je pense, ou plutôt dont je ressens durement le manque !

    3. Tout ceci requiert des développements plus précis, bien sûr… à commencer par non pas la finalité d’un congrès, mais celle de notre existence en tant que communistes (ou « l’actualité de la révolution »). Et c’est si bien (mé)connu, « sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire »… mais je ne vais pas faire ici à moi tout seul un résumé du 56ème congrès du PCF (tenu en 2041) !…

  32. Petite lueur d’espoir : il est prévu à Vénissieux début septembre (cf. édito de Rouge Midi), une sorte de rencontre ou pseudo-« université d’été » entre communistes. Seraient d’ores et déjà partant, les camarades du Rhône + ceux de Rouges-Vifs des Bouches du Rhône. A nous de faire connaître cette initiative et de faire venir le plus possible de… chapelles…


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