LA NAUSEE

mondialisation.jpg Faites quelque chose, moi je pars dans le désert !!!

Il faut relire Balzac tant l’actualité parait en ce moment digne de ses œuvres « illusions perdues », ou encore le « père Goriot » avec le défi de Rastignac « A nous deux Paris ». Marx admirait Balzac, il lui a emprunté la formule « la religion est l’opium du peuple », simplement pour Balzac c’était la loterie « l’opium du peuple ». Nous voilà revenu donc dans l’au-delà de Marx, le temps de Balzac, ce moment, ou après la Restauration les vieilles ganaches de la féodalité avaient cru l’emporter, mais où tout avait été balayé par l’avidité, la corruption. Enrichissez-vous disait le ministre Guizot, comme Sarkozy, ou Tapie sous la mitterrandie qui a préparé le terrain en vidant la gauche…

L’argent-roi du temps que décrit Balzac triomphait y compris sur la vieille aristocratie. Conventionnels de hier enrichis par les tueries napoléoniennes, et descendants de familles nobles désargentées participaient à la curée. Balzac pressé par les créanciers décrivait un monde impitoyable de haine, de rapacité, l’avarice et l’ambition dévorait les cœurs, plus aucun idéal, ils étaient tous devenus risibles…

Danielle Bleitrach

Regardez Roselyne Blanchot, Bernard Kouchner,  et tant d’autres, il y a sur leur visage une ressemblance, comme ces joueurs autour d’une table à qui la passion donne un air d’avidité commun… L’ambition, le bonheur « d’en être » pince les narines et tire les mentons, un sourire repu… Comme le président lui-même… C’est le bal des ambitions cyniques, de l’immoralité. Vous exagérez  me direz-vous !  Oui si je m’obstinais comme certain à tenter de démontrer que Sarkozy est un fasciste !  Non si j’affirme que « le veau d’or est toujours debout », que le capital s’empiffre,que chacun se presse dans les salons dorés pour lui rendre hommage. Et qu’il ne peut agir ainsi qu’avec notre complicité à tous…  Dehors dans le coup de froid de ce printemps,  les badauds regardent les élus habillés en Prada, comme le diable lui-même, escalader les marches de la vraie vie et ils applaudissent…

– La France de la propriété  ou « la révolution » sarkozienne

Hier 28 mai, au Havre le président Sarkozy a expliqué sa morale révolutionnaire, cette révolution du « propriétaire » qui mêle le capital au petit épargnant de la villa « mon rêve…  « Il vous reste deux semaines pour parachever l’impensable révolution que vous avez accomplie le 22 avril et le 6 mai. Il vous reste deux semaines pour décider ou non de me renouveler votre confiance », a-t-il poursuivi.« Ce changement, cette rupture que le peuple a souhaités, que le peuple a voulus, je les accomplirai. Parce que c’est le mandat que j’ai reçu. Parce que la France en a besoin (…) L’immobilisme est suicidaire », a affirmé Nicolas Sarkozy. « J’irai le plus loin possible dans la réforme. Je ferai tout ce que j’ai  dit », a-t-il insisté.Et pour cela la France sera gérée comme une entreprise, les comptes publics seront transformés, la propriété et le travail (a-t-il ajouté mêlant comme d’habitude les deux) seront défendues.

Il est revenu sur la fiscalité des emprunts immobiliers. Il a affirmé que la déduction fiscale des intérêts « s’appliquera à tous les emprunts [immobiliers] en cours » pour l’achat d’une résidence principale.

 « La pensée unique s’oppose à la déduction du revenu imposable des intérêts des emprunts contractés pour l’achat de sa résidence principale. Cette déduction, je l’ai promise et je la ferai », a-t-il déclaré. « Les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée, et cette déduction, comme je m’y suis engagé, s’appliquera à tous les emprunts en cours » (1), a-t-il ajouté. « Je veux une France de propriétaires », a-t-il martelé.

On estime que suivant son périmètre et ses modalités, le coût de la mesure pour le budget de l’Etat est évalué à entre deux et dix milliards d’euros par an, selon plusieurs spécialistes cités dans la presse mercredi 30 mai 2007. En décadrant la mesure, Nicolas Sarkozy ratisse large, très large. Hier, les tentatives de chiffrage butaient sur la difficulté d’évaluer un cadeau qui n’aurait pas de limites. Le SNUI, (Syndicat national unifié des impôts), faisait remarquer que, si l’on arrose beaucoup de monde, c’est pour donner peu à chacun. Difficile de ne pas borner dans le temps la ristourne, alors que les durées d’emprunt sont supérieures à 20 ans. Délicat de remonter, sans limite, dans le temps.

D’autres questions doivent être également clarifiées, comme l’articulation du «cadeau-Sarko» avec le prêt à taux zéro, signalait un spécialiste du crédit social. Les chiffres donnent un peu le vertige : 57 % des Français sont propriétaires de leur résidence principale (recensement 2004). Et, selon l’Observatoire de l’endettement des ménages (2005), la part des ménages endettés dans l’immobilier atteignait 29 % en 2004. Cela ferait donc près de 7 millions de ménages vernis ! L’Observatoire pointait aussi que l’accession s’était concentrée ces derniers temps sur un nombre restreint de ménages plus aisés qui pouvaient se permettre d’emprunter plus. C’est précisément cette clientèle que vise Sarkozy, si on l’a bien compris…

A votre bon coeur messieurs dames pour la santé, 1O euros par ménage d’impôt pour soulager le budget de l’Etat de tous ces budgétivores  salariés, et vive la propriété… Pour faire oublier que le capital, celui des lagardère et autres se sert sans commune mesure avec les autres…

Les conditions d’existence de la classe dominante telles qu’elles se reflètent dans la conscience des dominées deviennent leur loi, leur morale, leur aspiration, leur vocation à être… 

  – La morale du capital : la rocambolesque aventure d’Airbus  Hier 29 mai éclate la rocambolesque affaire de l’EADS . Il faudrait la plume d’un Balzac pour décrire cette vaste conspiration, oui vaste parce que même si il y a des super-enrichissements, le Capital c’est cet inextricable mélange d’intérêt qui fait que des types ne possédant que résidence secondaire, appartement et voiture de luxe, de simples cadres, peuvent se taire comme il sont allés voter Sarkozy, pour soutenir les intérêts d’une infime poignée qui saigne à blanc leur entreprise, leur pays, la planète… (2) Je résume mais vous le savez déjà, hier mardi 29 mai 2007, la Tribune explique que les dirigeants d’EADS, au courant pourtant de nouveaux retards du programme de l’avion A380, dès le 6 mars 2006, se sont tus lors du Conseil d’administration de ce même jour où avait été annoncé un bénéfice record pour 2005, ce qui a fait grimper les actions. Même silence pour la période réglementaire de trois semaines pendant laquelle les cadres dirigeants ont pu exercer leur stock-option et revendre les titres, avec des plus value allant jusqu’à 2,5 millions d’Euros pour Noël Forgeard, alors co-président exécutif d’EADS.

 Autre révélation de la Tribune, quelques jours plus tard, le 20 mars, Lagardère et Daimler-Chrysler décident à leur tour de céder 7,5% du capital détenu. Ces cessions seront pourtant rendues publiques le 4 avril. L’opération, annoncée le 4 avril, leur a rapporté 2 milliards de l’époque, entre 32 et 34 euros l’action. En avril-mai 2006, en raison des ventes de DaimlerChrysler et Lagardère mais aussi d’autres annonces comme la prochaine cession par BAE Systems de ses 20% d’Airbus, l’alliance sans EADS de Thales et Alcatel dans les satellites, la nécessité de réviser le programme de long courrier A350, nul ne pouvait plus ignorer ce qui se passait.

Il fallait simplement gagner du temps…

Car au  lendemain de l’annonce, le 13 juin, du nouveau retard, ces paquets d’actions n’auraient plus valu que 1,15 milliard, le titre ayant chuté en une journée de plus de 26% à 18,73 euros, après avoir glissé de 20% depuis avril-mai. Une nouvelle révision du plan de livraison de l’A380 est annoncée aux administrateurs le 15 avril mais ces faits restent encore inconnus du marché. 

C’est seulement le 13 juin que les dirigeants dévoilent les révisions du plan de production de l’A380, devant l’ampleur des retards pris. La direction estime que seuls 9 A380 pourront être livrés en 2007 contre 24 initialement prévu. Le titre plonge de 27,9% en une séance, la caisse des dépôts et les actionnaires ne ménagent pas leur colère et portent plainte pour délits d’initié à l’encontre des dirigeants.

 Noël Forgeard est contraint de démissionner non sans indemnités plus que confortables.  

Une nouvelle révision du programme interviendra le 3 octobre 2006. EADS admet qu’un seul A380 pourra être livré en 2007.

Comme le dit l’éditorial de la Tribune, dès le début de l’opération, dès le Conseil d’administration du 6 mars 2006, les cercles les plus élevés de la décision ne pouvaient rien ignorer pas plus d’ailleurs que ceux du pouvoir politique qui se déchiraient dans l’affaire Clearstream : « Et ce, quelques heures avant que Noël Forgeard n’obtienne l’autorisation de vendre ses titres, comme le feront dans la foulée l’immense majorité des dirigeants »

La conclusion « vertueuse » de l’éditorialiste de la Tribune Xavier-françois Pietri mérite d’être citée tant elle témoigne de l’hypocrisie de ce monde là, de l’art qu’il a de nous faire passer les vessies pour des lanternes, et le capital, ses valets politico-médiatique pour des saints : 

« Mais à n’en pas douter, il restera de cette aventure comme un goût amer, surtout si la justice et ceux qui régulent les lois des marchés restent impuissants. En même temps, et avant même que se dénoue le tempo judiciaire, il y a dans ce dossier une double occasion que le pouvoir politique se doit de saisir. La première consiste à mettre en pièces des pratiques de gouvernance que l’on croyait révolues, bien au-delà de cette seule affaire. La seconde revient à reconstruire le modèle d’EADS, dont les dysfonctionnements sont à l’origine de cet effroyable gâchis. »

Il s’agit vous l’aurez noté d’un simple dysfonctionnement sans aucun rapport avec ce qu’est le capitalisme, l’avidité généralisé qu’il engendre,les complicités qui se noue autour de la propriété privée, du profit unis dans la révolution sarkozienne et qui deviennent morale du travail. 

 Le capital reste moral même si comme l’annonce déjà l’article « il est quasiment impossible de prouver le délit d’initié » et une bonne restructuration s’impose, elle est probablement déjà dans les cartons, cette affaire permettra sans doute d’appliquer à l’entreprise des solutions qui s’avéreront juteuses… Pour les mêmes…

– L’embellissement  de l’avidité médiocre

« Les conditions d’existence de la classe dominante doivent être proposées comme normes de vie aux individus de la classe dominée, partie comme embellissement ou comme conscience de la domination, partie comme instrument moral de celle-ci » (3)

Pendant ce temps, pour « moderniser » la France, on impose des « franchises », c’est-à-dire en clair des impôts nouveaux, des mesures qui accélèrent la privatisation de la santé… Pour certainement le plus grand profit des mêmes…

Question: en combien de temps avec le prix d’un appartement, fruit des économies de toute une vie, un petit retraité pourra-t-il payer une hospitalisation ?

Entre nous, on peut comprendre tous ceux qui profitent de ce système, les Lagardère, les Forgeard, et même admettre la violence des ambitions d’un Kouchner, de tout ce petit monde des médias , regarder ces cercles concentriques du pouvoir et de l’ambition, où un crottin de cheval d’un carrosse finit par nourrir une volée de moineaux, autant les pauvres retraités à qui ont va voler radiographie, médicaments de conforts et autres soins,  pour engraisser les premiers, et qui vont voter pour ce système là me paraissent abominables de bêtise. Ceux surtout qui l’ont fait par haine de l’étranger qui viendrait voler leur pain… Mon dieu est-il possible qu’il y ait un seul individu appartenant aux couches populaires et moyennes qui aille voter pour ces gens là ?

Pour décrire ces gens, leur misère morale il faudrait la plume d’un Balzac dans les scènes de la vie de province… Ce géant, assailli par les créanciers, s’est épuisé à décrire ce monde de l’avidité, de la médiocrité, de la bêtise ? …Ils ont eu sa peau…

L’image de la dévotion populaire à la mort de Diana m’a envahie…  Cecilia, l’épouse de Sarkozy,  fait franchir à la présidence de la République française la même évolution que Diana a imposé aux Windsor, et grâce au paparazzi, aux tabloïdes de l’empire Murdoch le peuple anglais lui a donné son cœur. Bernadette et jacques ont l’allure du vieux couple royal Elizabeth et Philippe, même François et Ségolène sentent la bourgeoisie balzacienne, celle des vertus à la César Birotteau, la probité du parfumeur de la cour qui a fait fortune grâce au baume des sultanes.

Ce monde là existe, oui mais le pire n’est-il pas qu’il triomphe par défaut, parce que la gauche appartient au même monde, parce qu’elle ne propose rien… Parce que l’extrême-gauche divisée, haineuse, petite bourgeoise, est dans la débâcle…

La culture m’a dit un intervenant qui voulait me blesser cela ne sert à rien, si cela rend encore plus insupportable par moment ce que l’on voit… Ou plus beau, cela exaspère les perceptions de la réalité… Balzac hier m’a rendu intolérable mes contemporains…

Cela suffit j’en ai marre :

Balzac ou pas Balzac, honnêtement je crois avoir atteint la limite de l’écoeurement, me battre pour qui et pourquoi ?

Parce que j’ai pris conscience du fait que cela ne pouvait exister qu’à travers mille formes de complicité… Peut-être qu’à ma manière je participe au complot du grand décervelage…

J’ai réfléchi et hier  j’ai renoncé à publier le livre que j’avais écrit avec Bonaldi… « Cuba, Fidel et le Che ou l’aventure du socialisme », j’ai écrit à l’éditeur pour lui dire mon refus. J’en ai déjà écrit et publié une quinzaine… Ils ne m’ont rien rapporté ai-je pensé,et surtout ils n’ont servi à rien,  je me suis vue allant exposer mes idées de ville en ville, devant une cinquantaine, disons une centaine de militants, le silence des médias et moi ne touchant aucun droit d’auteur, au meilleur des cas mes frais de transport payés, essayant de dire qu’il fallait changer de société, en finir avec les mensonges.

je me suis trouvée ridicule…. Dérisoire… Ecrire pourquoi, publier ?

Bonaldi en écrira un tout seul, il sera encore meilleur, il ne sera pas lu non plus d’ailleurs…

De tous mes combats, je n’ai reçu que haine, mépris, jamais la moindre main tendue, l’envie oui parce que dans la prison il y a encore l’envie de la gamelle des voisins, l’insulte de celui qui ne comprend pas ce que vous dites, et alors qu’il baise la main du geôlier vous crache dessus en vous traitant « d’intello »…

 Surmonter les douleurs de la vie pour continuer à se battre, offrir le peu que l’on a à une cause que l’on estime juste et se faire insulter… Pour quoi écrire ?  Pour qui ?  Plus personne ne lit rien… Si ce n’est des petits entrefilets orduriers sur Internet, des slogans publicitaires, des ragots, des obscénités…

J’ai tout à coup repensé au Tadjikistan, à l’Asie centrale, à la route des caravanes, à Samarkand aux coupoles émaillées d’un bleu intense brillant dans le soleil et j’ai pensé je veux partir dans le désert, voir ce sable d’or… Je ne croyais plus à ces manifestants que j’avais placés dans le logo… ni d’ailleurs au slogan « croire en l’être humain »… faut pas pousser, il y a un moment où l’idéalisme devient du crétinisme…

Donc j’ai changé tout ça…

Et puis je suis allée m’acheter un billet, je pars le 19 juin dans le désert… Entre temps je ne sais même pas si je vais aller voter… je crois que c’est non… Vous être en train de me faire la démonstration de l’inutilité de ce vote, il y a comme ça des cerises sur le gâteau : ce type qui prend son pied à m’insulter par Internet interposé, ce directeur de campagne qui refuse de prendre mon vote au comité de soutien du candidat communiste, il n’est même plus communiste il est soutenu par le PCF et par un obscur machin qui doit regrouper trois personne,tous ces groupuscules qui se font la peau entre eux…

mondialisation.jpg Il faut plus que jamais en finir avec cette société, c’est urgent, mais vous me ferez signe quand vous aurez décidé de commencer … 

 (1)            Ces déclarations vont à l’encontre des premières déclarations du nouveau ministre du Budget, Eric Woerth. Celui-ci avait affirmé jeudi 24 mars dans « Les Echos » que cette mesure fiscale « serait applicable aux résidences principales dont l’acte authentique de vente a été signé après le 6 mai 2007, jour de l’élection du président de la République ». Selon M. Woerth, la mesure devait prendre la forme d’un « crédit d’impôt limité dans le temps », les intérêts pouvant « être déduits des revenus à hauteur de 20%, ce qui correspond au taux d’imposition moyen des ménages ».

(2)              Faisant état de l’audition par l’AMF du directeur général délégué Jean-Paul Gut le 22 mai, Le Monde indiquait il y a une semaine que des courriers électroniques de dirigeants retrouvés lors de perquisitions « attestent pour l’ensemble d’entre eux qu’ils avaient à des degrés très divers eu vent de complications dans la fabrication de l’A380 ». La Tribune, après Libération le 25 avril, mentionne une conversation téléphonique enregistrée et transmise aux autorités judiciaires entre l’homme d’affaires Jean Galli Douani et Alain Garcia, ex-directeur technique d’Airbus. Ce dernier ferait état « des graves problèmes industriels d’Airbus » évoqués lors du conseil d’administration du 7 mars 2006. EADS, Airbus et M. Garcia, devenu en avril conseiller du président de l’avionneur, Louis Gallois, ont « démenti catégoriquement cette citation ».

(3)              Marx. L’idéologie allemande. Saint Max, La pléiade,. Tome I, p1307.

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13 commentaires

  1. mrci à vous Philippe aussi, quel dommage, ça m’arrive souvent et j’abandonne parce que je n’aime pas écrire deux fois la même chose… C’est une erreur parce que cela permet d’approfondir, de savoir réellement l’essentiel…

    Emmanuel et Philippe je ne pars que le 19 juin… C’est inscrit sur le billet… Je vais ramener du sable, la dernière fois sur les dunes il avait la couleur de l’or et chez moi il était rose cuivre…

    J’aime rester assise à regarder le désert, c’est impressionnant on a très peur de se perdre, plus que sur l’océan mais moins que dans l’épaisseur des forêts… Et quand la nuit tombe il gèle…

    Il est probable qu’au retour j’aurais à nouveau envie de me battre…
    Danielle

  2. chère Danielle,

    je vous lis toujours avec une grande joie et j’attends toujours vos articles, il me semble que vous me parlez, je ressens une profonde résonnance sur l’essentiel avec vous. je partage complètement ce que vous ressentez aujourd’hui et l’envie du désert me prend quelquefois
    je me suis décidée à vous envoyer ce petit mot parce que j’en ai ressenti là , l’urgence, il est des moments comme celui là où aucune main n’est de trop
    merci d’être là

  3. je comprends, mais moi-même je n’ai jamais réussi à « laisser tomber » même si je suis réfugié dans une vieille ferme en moyenne montagne et que dès que je reviens j’y suis en « vacances »

    la vraie raison tu la donnes, je ne sais pas si c’est un lapsus ou un trait de génie mais c’est cela … le lien, je vous cite

    : »Peut-être que le mieux serait que je le publie morceau par morceau, pour un petit nombre de gens qui lieraient réellement… le publier sur ce site en feuilleton »…

    Marc

  4. « lieraient » est un lapsus et ne même temps le fond de ce que j’espère de ce blog… Et qui s’amorce un peu…
    Etre communiste, ne pas céder à l’air du temps, aux analyses de la droite et de l’impérialisme, ne pas se battre la coulpe,et dans le même temps dénoncer ce qui doit l’être, opérer une véritable critique pas pour se faire plaisir mais pour faire mieux…

    est-ce possible de lier des gens ayant un tel projet et l’articulant sur du militantisme aux côtés de ceux qui sont attaqués ici et sur la planète…
    Danielle

  5. oui c’est cela, je ne sais pas si c’est possible, mais je ne vois pas d’autre « solution »

  6. Chère Danielle,

    Oui, c’est vrai tu as raison.

    Mais juste une réflexion que je t’avais fait un soir de 1997 je crois. C’était à Aix lors de la création des « amis du monde diplomatique ».

    Tu m’avais dit que tu y croyais encore, que nous n’arréterions pas l’histoire, et que « après la restauration que nous venions de subir à l’Est nous allons en avoir encore pour quelques années avant de nous en remettre, mais ce n’est qu’une question de temps ».

    Je t’avais répondu, « tu as sans doute raison, mais alors, la restauration peut durer longtemps, très longtemps. Je pense que nous devons agir comme des passeurs, transmettre ce que nous savons, ce que nous avons vécu, à quelques uns qui le transmettront aussi. »

    Je maintiens ce que j’ai dis alors Danielle, nos acquis et leur histoire réelle ne doivent pas se perdre. Aujourd’hui le capitalisme forge « son » histoire, comme il forge sa culture et son mode de vie. Mais je ne t’apprends rien. Je n’ai pas envie d’aller voter non plus!

    Mais je n’irai pas au desert. J’ai 30 ans, je ne suis pas au soir de ma vie. Mais justement Danielle, ne part pas. Reste! C’est ici que vit la béte, c’est ici que tu la frappera le mieux. Avec ce que tu as de plus efficace: la force de ta voix et de ton experience.
    Reste, c’est la loi du balancier.

    Une question pour te permettre de réflechir à nouveau en marxiste chevronnée que tu es! :

    QUELLES SONT LES CONTRACDICTIONS DU MOMENT QUI SONT LES PLUS A MEME DE CONDUIRE IN FINE LE CAPITALISME A SA CRISE FINALE ?

    Y répondre c’est déjà reprendre courrage et force.

    Je t’embrasse

    DIMITRI

  7. cher Dimitri,

    comment vas-tu c’est comme si tu étais là devant moi!!!
    je t’ai déjà répondu dans « je ne pleure pas madame, je réflechis » et dans bien d’autres textes…
    A bientôt j’espère…

    Danielle

  8. Chere Daniele,

    Je mexcuse tout d abord pour les accents qui ne sont pas toleres sur mon clavier anglais…

    je vous écris juste pour dire que c est une réaction tout a fait normale que la votre. Je suis passe par la même phase que vous, et j ai tenu bien moins longtemps! donc je suis parti…

    J ai ete eleve dans une famille de militants de 68, de la culture et de la psychanalyse: ouverture sur le monde, aux autres et respect avant tout. La liberte etant « je peux tout faire, mais je ne dois pas tout faire » poser les limites de ma liberte a celles des autres. Pour ca il faut d abord avoir conscience de l autre. Puis j ai fait des etudes d ingenieur et diplome (et quelque peu avide d argent) je suis rentre chez ToTAl. Ca a ete salvateur! Quelle deception, quel degout! Le monde dans lequel j evoluais etait a 100 lieues de mes idees. depart volontaire au bout de six mois, autre travail dans une entreprse majoritairement blanche du 16eme arrondissement parisien. Raciste essentiellement, superficiel, ininterressant au possible (depart au bout d un mois). Mais ca aide tout de meme!

    L avantage de se retrouver dans ces environnements reside dans la certitude de ne pas en faire partie et quand on ne sait pas ce que l on veut, c est toujours bon de savoir ce que l on ne veut pas, en l occurence une vie vide de sens et pleine de fric.

    C est pour ca qu ici a Montreal, j ai pu trouver un equilibre. Entre un liberalisme assume et une solidarite humaine palpable. La tolerance et la paix prevalent sur le reste. on discute, on se parle on essaie de comprendre et on cherche a savoir ce que l autre peut nous apporter plutot que de se demander ce qu il va nous prendre.

    Il y a d ailleurs bcp de francais a montreal et une bonne partie ne sont que de passage, ils ne cherchent pas l integration et ils sont ridicules a voir evoluer dans cette univers differents. Risibles leurs attitudes et comportements, ils ont meme un surnom les « Moi Je » ou « frais chiés ».

    Mais ici c est bien cest culturel et multiculturel. OUvert sur le monde.

    Pour en revenir a la france et aux personnalites qui la composent ce qui m a rassure apres coup c est de me rendre compte que les nantis de Total ou du 16eme ne sont pas heureux. ils ont frics, appartements, villas et autres mais le bonheur ils en sont loin! Alors que mes petits parents dans leur campagne reculee du loir et cher avec leur 2400 euros de retraites a deux et bien ils s eclatent! Jardin potager, troc, lecture, militantisme et culture! ils essaient de s approcher de l autarcie! libres et attentifs aux autres. C est peut etre une partie de la solution?

    En tous cas, prenez soin de vous, retirez vous ou vous le souhaitez, rechargez les batteries, laissez les gens se demerder un peu tout seul…Car Si c est les « petits » qui ont elu ce formidable ego a la tete de la france, qu ils fassent leur propres experiences. De toutes manieres le president ne partira pas avant 4 ans 11 mois et 9 jours, laissez les gens se rendre compte qu ils sont gouvernes a l immediat, a J+1 et au 20h.

    Ca vous laisse au moins 3 ans pour penser a vous, ca fera du bien et peut etre que vous trouverez aussi d autres choses! il y a des moments ou il faut savoir penser a soi, si c est votre moment a vous, prenez le et ne laissez personne vous en empecher!

    Bons periples!

    Emilien

  9. Après tout, un petit séjour dans le desert, cela ne peut que revigorer les méninges.

    J’aimerai bien partir aussi quelques mois.

    C’est vrai qu’elle a triste figure cette France où nous vivons en 2007. Mais elle a tant de force en elle, 1936, 1944, 1968, 1981,1995, 2005 etc…

    Allons, allons, reprenons nous.

    L’Histoire continue.

    « On n’arrête jamais de se battre et avoir vaincu n’est trois fois rien ».

    Le peuple du travail est volage en ces temps de troubles et de perte des repères. Laissons le faire son experience sans baisser la garde.

    L’Angleterre de Thatcher est le modèle à annalyser très vite pour demain. C’est ce qui nous attends. Etudions les luttes menées par la classe ouvrière lors de ces années et évitons en les récifs qui l’ont mise à genoux et si le capitalisme entre en crise plus vite que prévu, soyons prêts.

    bises a toi

    DIMITRI

  10. a au fait une petite réponse pour Emilien.

    Ouvre un peu les yeux mon ami, si le Canada était la société que tu dépeints ici le génocide des Inuits n’aurai pas eu lieu et ne se poursuivrait pas.
    Sans doute n’e, voit on rien dans les villes. Je connais un peu le Canadat pour en savoir qu’il n’a pas un comportement corret vis a vis de ses minorités. De plus il est un pollueur de première et milite pour l’amiante à outrance.

    Peut être que beaucoup de compatriotes ne se comportent pas sereinement la bas. C’est vrai, devoir immigrer pour trouver du travail et quitter son payer contre son coeur entraine de l’aigreur. Nous pouvons comprendre.
    Cela ne doit pas d’assimiler à un mépris culturel.
    Tu as pu choisir d’aller travailler là bas, cela est devenu ton pays, tu ne le quitteras plus.

    Tel n’est pas le cas de beaucoup de compatriotes qui ne rêve sans doite qu’à leur ‘loir et cher’ originel!!!

    Assumer le liberalisme j’ai du mal à comprendre ce que cela veut dire?
    Est ce un mal necessaire qu’il fait assimiler? Cela est faux!
    Les solidarités sont elles palpables ? Tout dépend de la définition de ce mot (solidarités): baifaisance? de classe? de quartier? de l’Etat?

    Je te conseille de faire le ménage dans ta tête.

    A +

  11. Tout à fait d’accord avec toi Dimitri, je pars sans problème avec toi et avec quelques autres amis, beaucoup sont communistes, l’ont été, mais d’autres ne souçonnent même pas qu’il y a un trésor dans lequel puiser… Y compris pour analyser l’Angleterre, par parenthèse aujourd’hui il est parfois revigorant de regarder sous ses climats là…
    Il n’empêche j’aimerais que nous soyons un peu plus nombreux et organisés… Pourtant toutes les organisations sont insupportables, des groupuscules ou des machines à broyer…
    On verra…
    A bientôt Dimitri

    Danielle

  12. OULA PARDON POUR LES FAUTES DE FRAPPE ET D ORTHO

  13. Oulà !
    pas mal la vague bleue.

    Face à la stratégie de l’encerclement de la droite, nous devons lui opposer notre mobilité et notre multitude.

    Deux taches s’offrent à nous:

    D’un coté être plus rapide qu’elle sur le plan idéologique en assumant nos valeurs.

    De l’autre côté faire en sorte que les réponses fusent de toutes parts.

    Pour ces deux objectifs, une necessité:

    former les futurs cadres du mouvement.

    – utilisons nos forces, les syndicats ouvriers où nous sommes présents
    – les chercheurs qui ont les même intêrets que nous.
    – les médecins du secteur public (urgentistes notamt).
    – les enseignants.
    – créons des référents dans chaque commune avec pour tache de former de manière pyramidale les futurs cadres des ces commune.

    Ne laissons pas le PS s’en aller clairement vers la social démocratie cela nous ferait perdre du temps.

    Si chaque militant a pour objectif la formation de 3 cadres par an, nous pourrons arriver en 5 ans en un parti de masse organisé et crédible, cela doit être désormais l’unique but de toute organisation de gauche.

    Pour la révolution…
    …Nous verrons en temsp et en heures…

    A bientôt


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