LA DIRECTION CHINOISE OPERE UN VIRAGE A GAUCHE

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par José Antonio Egido *

texte espagnol et texte français traduit par danielle bleitrach
CEPRID
15 – V -07

Virage à gauche de la direction chinoise

José Antonio Egido *CEPRID
15 – V -07

Voici un texte qui nous a paru suffisamment important pour que soit conservé l’original en espagnol, pour que ceux qui connaissent cette langue puissent s’y référer, ma traduction étant très rapide, une simple lecture. L’auteur José Antonio Egido est professeur de sociologie politique à Caracas, il a été également recemment enseignant à l’Université en Chine. Il a passé son doctorat dans mon Université, l’Université de provence en france. Dans un contexte général de méconnaissance de la Chine et des nouveaux rapports de force dans le monde, chacun mesurera l’importance d’une telle analyse. J’y suis d’autant plus sensible que depuis deux ans, en particulier depuis notre livre Les Etats-Unis de mal Empire, ces leçons de résistance qui nous viennent du sud, je ne cesse de militer pour une telle prise en compte de la réalité. Tous les articles inscrits sur ce blog vont dans le même sens. Le livre que nous avions écrit avec J.F.Bonaldi et que j’ai renoncé à publier également.Ce texte me laisse espérer que le relais est pris. Voici donc le texte complet dont vous aviez eu simplement la première partie hier.danielle bleitrach

PS. J’ai été obligée de supprimer le texte en espagnol qui introduisait des perturbations dans le blog.

I – Introduction

Le peuple travailleur chinois a exprimé avec suffisamment de clarté qu’il n’était pas disposé à supporter pour plus de temps les abus et les mauvais traitements dispensés par les patrons privés et par les multinationales étrangères avec la complicité de fonctionnaires corrompus et traîtres. Ce n’est un secret pour personne que l’augmentation des mobilisations ouvrières et paysannes unies et le malaise croissant des intellectuels patriotiques comme l’opposition ouverte de l’aile gauche du parti Communiste. Les plus hautes autorités du pays préviennent clairement que si la situation ne change pas, le pays chemine vers une tempête de révoltes sociales. Le vice ministre central des Finances, Lou Wei a signalé que les inégalités ont cru avec une telle rapidit » que « cela pourra avoir un impact plus fort sur la stabilité sociale »(1).

En mai 2006, l’économiste de l’Académie Chinoise de Sciences Sociales, Yang Fang, a dénoncé « le fossé entre riches et pauvres s’est accru, la corruption est en augmentation, certaines industries étant tombées sous le contrôle du capital étranger et la critique sociale de ces faits va se développant » (2). La presse officielle rapporta en juillet 2006 que quelques une des contradictions sociales étaient sur le point d’exploser » (3). En octobre 2006 la sixième session plénière du Comité central (C.C) reconnaissait que « augmentaient les revendications des masses adressées au gouvernement ». Le fait que ces informations soient publiées indique que les autorités ont décidé de passer à l’action et de répondre au malaise sociale avec un grand virage à gauche qui corrige la politique antérieure.

II- La construction économique a cessé d’être l’unique priorité

Quand le maire de Shangai, Jiang Zeming, arrive au secrétariat général du Parti Communiste de Chine (PCC) en 1989, le socialisme chinois vit sa crise la plus aiguë depuis la proclamation de la République Populaire en 1949. Il est certain que durant la période tristement connue sous le nom de « Révolution culturelle », ce ne fut pas seulement le socialisme mais tout le pays qui risquèrent l’implosion, mais à aucun moment personne ne remit en question la ligne socialiste à partir de la démagogie des maoïstes extrémistes. En revanche, en 1989 s’est manifestée une ligne à l’intérieur du Parti agressivement contraire au socialisme qui entra en collusion avec la nouvelle droite créée dans la chaleur des réformes économiques et avec les forces impérialistes qui étaient en pleine euphorie à ce moment-là et à l’offensive due à l’effondrement mortel de différents gouvernement européens. Un « conseil des anciens » dirigeants coiffé par Deng Xiao Ping et appuyé de façon critique par les autres, a pu récupérer le contrôle du pays grâce au soutien de la société et de la base du Parti et l’emploi de poids et proportionnel de la violence révolutionnaire par l’armé Populaire de Libération (EPL). Les événements du Tien An Men, présentés parles médias occidentaux comme un massacre œuvre des communistes pervers accrochés au pouvoir, furent en fait une bataille acharnée entre les contre-révolutionnaires et les soldats avec beaucoup de pertes des deux côtés (4) .

La tâche de Jiang Zemin mis en place par les vétérans dans son poste, fut de freiner dans un premier temps les réformes, mettre de l’ordre dans le parti, situer le pays dans un nouveau monde dominé par un impérialisme plus agressif et brutal que jamais et où il n’existait plus l’Union Soviétique, ni la RDA, ni la Mongolie Populaire, ni la fédération de Yougoslavie, ni d’autres pays socialistes et progressiste, et développer le socialisme à la chinoise, c’est-à-dire une réforme et une ouverture limités qui permettraient le développement d’un pauvre et gigantesque pays. Dans ce contexte difficile, le gouvernement et le parti regardèrent ailleurs devant les violations répétées et provocatrices de la législation du travail et les droits sociaux de la masse par le secteur privé. Cette situation qui fut déjà dénoncée au milieu des années 1990 par le dirigeant vétéran Deng Liqun, commence seulement maintenant à être affrontée par la nouvelle direction du Parti issue du XVI e congrès celui dans lequel Jiang Zemin fut remplacé par Hu Jintao. Le spécialiste belge des questions chinoises, Peter Franssen, note que « les Chinois sont très conscients des erreurs qu’ils ont commises.

Dans les années 1980 et 1990 ils ont agi de manière unilatérale. A ce moment là leurs uniques préoccupations était la croissance économique et l’élévation du niveau de vie. Ils ne se préoccupèrent pas suffisamment des conditions de travail, particulièrement de celles des migrants nationaux » (5).

En octobre 2006, le Comité central du parti a émis une déclaration pour insister pour la première fois sur l’importance stratégique de la construction sociale avec la construction économique. Il affirme que la Chine ne peut avancer « avec une jambe longue économique et une courte sociale ». La déclaration souligne avec force la nécessité de construire une « société harmonieuse socialiste, une société de partage pour tous les secteurs populaires sous la direction du PCC ».

III- L’importance des mobilisations ouvrières et paysannes comme vecteur de la démocratie socialiste

Durant une période les nouvelles sur les revendications sociales avaient une origine douteuse. Les sources anticommunistes de Hong-Kong cherchait à peindre un spectacle de chaos social pour pouvoir mieux vendre leurs services aux agences de propagande et d’espionnage occidentaux. Les milieux académiques occidentaux toujours disposés à reproduire quelques mensonges anticommunistes, annonçaient avec enthousiasme que le socialisme chinois était au bord de la fin et que le parti Communiste chinois était en train de suivre le même chemin que le soviétique, le polonais, le bulgare ou le roumain. Néanmoins la réalité est que les travailleurs et les paysans chinois avaient augmenté leur niveau d’exigence, des grèves, des protestations et des manifestations face aux autorités locales mêlées à des réseaux de corruption et complices actifs des capitaliste, et face aux entreprises privées étrangères et locales. Ce qui ne voulait pas dire qu’ils étaient contre le socialisme mais contre les violations des principes du socialisme. Et l’aile gauche du parti exigeait fortement que soient respectés les droits démocratiques des masses, qu’elles ne soient pas réprimées par les forces de sécurité, que soient châtiés de manière exemplaire les fonctionnaires traîtres et corrompus et qu’il soit fait pression sur les entreprises pour qu’elles acceptent les demandes des ouvriers et ouvrières.

La passivité croissante des forces de sécurité a permis aux masses d’aller chaque fois vers des formes plus dures de violence dans ses mobilisations. Les actions conjuguées des masses et de la fraction de la gauche du parti a fait que la direction centrale a prêté une attention chaque fois plus grande aux revendications sociales. Il es réellement impossible qu’un pays aussi inégalitaire puisse croire économiquement et puisse aller vers l’égalité en fin de course, mais le peuple a dit cela suffit les salaires impayés, les bas salaires, les journées épuisantes, la nourriture insuffisante, l’absence de protection sociale et d’école pour nos enfants, les logements insalubres et toutes les autres violations de la législation du travail. Ce n’est pas une situation généralisée mais à ce point fréquente en diverses zones industrielles et qui touchait sur les paysans migrants dans les centres urbains.

IV- L’offensive de la gauche sur cinq fronts

L’équipe dirigeante avec à sa tête Hu Jintao a fait un tour à gauche qui s’articule autour de cinq propositions :

1) revendication du marxisme et extension de la formation marxiste des cadres du parti et de l’administration

2) Solutions positives aux demandes sociales et économiques des masses et augmentation de leurs droits politiques

3) Moyens pour réguler les inégalités sociales

4) Offensive redoublée contre la corruption des fonctionnaires

5) alliances internationales de caractère anti-impérialiste.

1) Revendication du Marxisme

Le 27 et le 28 avril 2004 s’est tenue une conférence centrale du Parti sur la mise en pratique d’un projet d’étude et de recherche de la théorie marxiste. La conférence ne fut en quoique ce soit occulte et semi clandestine elle a eu au contraire la plus grande répercussion à travers le discours que prononça à cette occasion le président et le secrétaire généraldu parti Hu Jintao. Cet appel à « défendre le grand drapeau de la théorie marxiste », il exhorte les travailleurs idéologiques de la Chine a « faire de nouveaux et grands apports au développement du marxisme en Chine ». Ce qui fut souligné par un autre membrede la plus haute direction du pays, le comité permanent du bureau politique du Comité Central du parti, Li Changchung appelant à traduire et étudier les œuvres classiques du marxisme. Enoctobre 2006, le même Li ChangGhungappela dans une autre conférence à renforcer l’éducation idéologique et éthique, spécialement de la jeunesse. La revendication du marxisme était une constante de l’aile gauche de l’aile gauche du parti dans la période de Jiang zeminquand la technocratie, le commerce, la gestion des entreprises étaient les disciplines reines dans les administrations publiques. Mais c’est seulement en 2004 que les représentants de l’aile gauche ont obtenu que « dans l’arène idéologique soit restaurée la position dirigeante du marxisme pour que nous puissions réarmer les peuple avec des idées progresistes »(6) Y compris dans l’ère de Jsiang Zemin il était arrivé que soient fermées des revues marxistes comme Zhenli de Zhuiqui et Zhong Liu. Le journal New York Times a reconnu que le président Hu Jintao « a tenté d’établir sa réputation de gauche en louant le marxisme, en faisant l’éloge de Mao et en stimulant les recherches pour que l’idéologie socialiste officielle, fréquemment ignorée, retrouve son actualité. »(7) Le virage idéologique à gauche incluse aussi le retour à la tradition révolutionnaire du pays. Le Parti commémorera avec des manifestations importantes l’anniversaire de la Longue Marche quand l’armée communiste parcourut mille kilomètres pour échapper à l’encerclement des réactionnaires du Kuomitang (8). Cette nouvelle orientation impulsée par la plus haute direction a poussé les cercles académiques marxistes à passer à la contre-offensive. Dans les universités prolifèrent les séminaires internationaux et nationaux ouvertement de retour au marxisme. Par exemple, dans l’Université de Wuhan s’est tenu entre le 13 et le 15 octobre 2005 le symposium international « Frédérich Engels et le socialisme scientifique dans la Chine contemporaine ». En avril 2006 l’Institut d’investigation marxiste de l’Economie et des Finances de Shanghai a convoqué 70 économistes marxistes de 13 pays pour débattre sur l’économie mondiale. La conférence a décidé de créer une « Association Mondiale d’Economie Politique » qui est présidée par le professeur Cheng En FU, recteur de l’Institut invitantet compte en son sein les professeurs David kotz et Hiroshi Ohnishi comme vice présidents. En 2006 s’est réuni un forum de hauts cadres de différents instituts, universitaires et agences importantes pour faire une analyse marxiste de la situation actuelle. Le président de l’Université de Beijing a ouvert la session. Il est reconnu qu’un tel évenement ne pourrait avoir lieu sans l’appui des plus hautes instances ». (9)

2) Solutions à la demande des masses.

Le gouvernement a pris une série de mesures pour corriger les carences sociales. A partir de 2007 les impôts des paysans seront totalement supprimés (10). Le gouvernement lance une campagne « Une nouvelle campagne socialiste » qui ratifie que la terre ne peut pas être vendue, qu’elle est la propriété de tout le peuple (11). Le gouverneur de la province de Guangdong qui a 90 millions d’habitants a décidé en novembre 2004 que les heures supplémentaires du samedi et du dimanche seraient payées à un taux de 200% de plus et les jours de fêtes 400% en plus. Le salaire minimum de la province a augmenté de 8,6%. Le gouvernement a augmenté les salaires de plus de 100 millions de travailleurs.

3) Mesures pour corriger les inégalités sociales

L’aile gauche du parti a obtenu que soit appelé à apprendre comment les autres pays socialiste ont résolu les nécessités et les problèmes des masses populaires. Mais en 2006 le même président Hu Jintao a conseillé aux cadres du parti et du gouvernement qu’ils étudient la situation à Cuba et en la République Populaire de Corée pour apprendre à apprendre la stabilité sociale. Le gouvernement élabore une ébauche d’une nouvelle loi sur le Contrat de travail qui octroie « beaucoup plus de pouvoir »(12) dans les entreprises privées aux organisations syndicales pour qu’elles puissent défendre efficacement les intérêts des travailleurs (13). Le new York Times aux Etats-Unis confirme que la Chine envisage d’adopter une loi qui cherche à agir contre les ateliers d’exploitation et à protéger les droits des travailleurs. Le président du Conseil syndical de la cité de Shanghai Wu Shenyao reconnaît que jusqu’à maintenant organiser le syndicat est « surtout un problème dans les entreprises privées ». Un livre publié en Belgique a signalé que la tactique syndicale est d’éviter le conflit et de chercher un compromis avec l’entreprise « Si nous entrons en conflit avec les propriétaires nous ne pourrons résoudre aucun problème » (14). Un observateur du syndicat espagnol Commission Ouvrières, Isidor Boix (Quim Box ?) s’est informé sur le terrain sur la manière dont les entreprises privées créent des difficultés pour la construction de syndicats de base et pour qu’il soit payé au syndicat 2% de la masse salariale, comme l’exige la loi (15). La nouvelle loi stipule que les patrons et les syndicats doivent négocier des conventions collectives sur un plan d’égalité. Il est établi aussi que la période de probation sera de un à six mois suivant le type de travail et non pour un an entier comme aujourd’hui. L’ébauche prévoit une obligation concernant les travailleurs temporaires employés à travers une agence qui devront après un an passé dans l’entreprise être employés définitivement (16). Le licenciement collectif nécessite l’accord du syndicat. La nouvelle loi impose un contrôle sévère sur le respect de la législation du travail comme la semaine de 44 heures et de 5 jours, le paiement d’un salaire minimum et des heures supplémentaires. Selon l’avocat de Hong Kong Andreas Lauffs, qui défend les intérêts capitalistes de la firme internationale Baker & Mckenzie, il est reconnu que les nouvelles règles rendent difficiles le licenciement des employés. En cas d’infraction le patron pourra être condamné et emprisonné. Les multinationales occidentales installées en Chine ont réagi avec force contre cette loi. A travers un affrontement politique et juridique, le gouvernement, et il semble avec l’intervention directe de Hu Juntao, a été vaincu le refus de la chaîne nord américaine des grandes surfaces commerciales d’autoriser la création de syndicats sur les lieux de travail. IL s’est créé des sections syndicales dans les 65 centres de la chaîne implantés en Chine.

4) Offensive intensifiée contre la corruption des fonctionnaires.

L’observateur espagnol Xulio Rios signale que s’est intensifié la camapgne contre la corruption et les abus de pouvoir des autorités (17). Il est cité le cas des magistrats de Shenzhen accusés de corruption et d’être eux-mêmes corrompus et du directeur de l’Administration Nationales de Statistiques. La campagne aboutit à une pression croissante sur les pouvoirs locaux qui favorisent les pratiques de corruptions contraires aux masses populaires.

5) Alliances internationales de caractère anti-imperialistes.

En relation avec la Corée, la Chine tente de s’opposer aux représailles des Etats-Unis contre les essais nucléaires de ce pays. En relation avec le Viet-Nam les deux pays tentent d’atteindre un niveau supérieur de leur relation avec la politique des quatre « bons » : « Bons voisins, bons alliés, bons amis et bons camarades ». le gouvernement de Hu développe les relations politiques et économiques avec Cuba et en novembre 2004 il a visité l’île. Fidel Castro affirme que le Parti Communiste et le peuple de la république Populaire de Chine démontrent « d’une manière irrefutable » que le socialisme est l’unique espérance de paix et de survie de notre espèce ». Il a félicité Ju pour ses « apports élevés à la cause du socialisme en Chine ». Le resserrement des relations économiques et politiques entre la Chine et le Venezuela, qui a connu un essor en 2006, est aussi une attitude qui irrite profondément l’administration Bush embarqué dans sa volonté d’isoler et de vaincre le gouvernement du président Chavez. Globalement, l’académie des sciences a pronostiqué en 2006 le triomphe du socialisme sur le capitalisme. Elle annonce qu’elle va publier annuellement « le livre jaune du socialisme mondial » qui dans son premier numéro a affirmé « le mouvement socialiste mondial non seulement a réussi à survivre à la disparition de l’Union soviétique et aux transformations de l’Europe de l’Est, mais a recommencé à progresser et à retrouver des forces. Pour cela il nous paraît imminent le développement des sociétés socialistes et le triomphe historique du socialisme sur le capitalisme » (18)

Conclusions

L’effet de la lutte des classes et des grandes mobilisations sociales en Chine a fait que la priorité passe vers la défense des intérêts vitaux des masses populaires. L’équipe dirigeante menée par le secrétaire du PCCh Hu Jintao est l’acteur d’un virage à gauche qui inclut les relations avec les pays socialistes et l’incorporation de la Chine dans un front anti-impérialiste qui sous l’orientation du président vénézuélien Chavez, peut reconstruire un monde multipolaire et libéré de l’hégémonie impérialiste. Il n’y a pas de doute que les réformes économiques de la Chine depuis 1979 ont permis un impétueux développement économique. Désormais ce que démontre le gouvernement chinois est sa capacité de rectification d’une politique antérieure excessivement complaisante avec le capitalisme étranger et intérieur et insensible pendant un temps aux sacrifices sociaux du développement économique du pays.

Notes.

1 “La desigualdad de distribución de ingresos en China es notable”, Pueblo en Línea, 23/06/2006.
2 Eva Cheng, “Planes de la derecha en China”, http://www.sinpermiso.info
3 http://spanish.peopledaily.com.cn/31619/4608522.html
4 Andy MacInerney, “La plaza de Tien An Men: la historia clarifica lo que ocurrió en 1989”, Workers world news service, 20 junio 1996.
5 “La Chine prépare une nouvelle loi sur le droit de travail”, 22-11-2006.
http://www.ptb.be/scripts/article.phtml?lang=2&obid=33012
6 Documento publicado en http://www.dsp.org.au/links/back/issue27/index.htm
7 New York Times, 12 marzo 2006.
8 Xulio Rios, “La larga marcha y el rearme ideológico chino”, 24/10/2006. Rebelión.
9 Robert Weil, “Sobre las condiciones de las clases trabajadoras de China”, septiembre 2006, http://www.monthlyreview.org/0606weil.htm
10 “China likely to lift agriculture tax next year”, People’s Daily, 10 diciembre 2004.
11 http://www.workers.org/2006/editorial/china-0323
12 Xulio Ríos, “China: el repunte sindical”, Kaosenlared, 28 octubre 2006.
13 David Barboza, “China quiere poner fin al abuso”, The New York Times, 10/28/2006.
14 Marc Vandepitte, Ng Sauw Tjhoi, Made in China, Meningen van daar, EPO, Bruselas, 2006.
15 “Crónica de un viaje a China”. 17 de octubre 2006.
16 “Detrás de la Gran Muralla China”, Global Labor Strategies, http://www.laborstrategies.blogs.com
17 Xulio Ríos, “¿Calma chicha en el PCCh?”, Argenpress, 17/09/2006.
18 http://sp-rian-ru/onlinenews/200660512/48030582,html

** José Antonio Egido est actuellement professeur de sociologie politique au CEPRID (Centre d’Etudes de Politique du Ministère des Affaires étrangères du Venezuela). Il a fait son doctorat de sociologie à l’Université de Provence (Aix-en Provence).

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4 commentaires

  1. voici ce que dit aujourd’hui même le Figaro sous le titre : la Chine et la sécurité alimentaire.

    On notera que bien sûr l’interprétation des faits et la perspective dessinée n’est pas la même, mais les faits ne contredisent pas la démonstration de José Egido
    Voici donc l’article du Figaro :

    IL AURA fallu que des chiens et des chats américains périssent après avoir ingurgité des croquettes toxiques produites en Chine pour que la question de la sécurité alimentaire et sanitaire de l’empire du Milieu surgisse au grand jour. Souvent évoqués dans les médias locaux, les dégâts provoqués par les déficiences du système chinois s’étaient jusqu’à présent arrêtés aux frontières. Celles-ci ont été franchies et face aux pressions américaines et européennes, Pékin a frappé fort, en annonçant hier la condamnation à mort pour corruption de l’ancien responsable de la State Food and Drug Administration (SFDA).

    Zheng Xiaoyu avait été limogé de son poste en 2005. L’ancien haut responsable avait touché au total près de 620 000 euros de pots- de-vin pour avoir mis en place un système d’autorisation de médicaments très controversé.

    À un an des Jeux olympiques de Pékin, suivis de l’Exposition universelle de Shanghaï en 2010, le gouvernement chinois est bien décidé à montrer qu’il reprend le contrôle de la situation. Lors d’une réunion du Politburo le mois dernier, le président Hu Jintao avait déjà rangé la sécurité alimentaire au rang des priorités du Parti. Obnubilées par la construction d’une « société harmonieuse » pour éviter un cataclysme social, les autorités prennent ces questions très au sérieux. Le tribunal, qui jugeait M. Zheng dans la capitale chinoise, a ainsi estimé hier que ses agissements avaient « menacé la vie et la santé du peuple, avec des retombées sociales extrêmement néfastes ».

    Sanction politique contre un cadre en disgrâce ou punition pour l’exemple, la condamnation de Zheng Xiaoyu montre la volonté très forte du pouvoir central de répondre aux inquiétudes grandissantes de ses partenaires commerciaux, États-Unis en tête, et aussi de celles d’une population locale urbaine de plus en plus sensibilisée aux questions sanitaires. « Pourtant les produits qui arrivent sur les étals de Shanghaï sont dix fois plus contrôlés que ceux vendus à la campagne », estime une experte européenne. Qu’importe, l’opinion publique n’a pas oublié, entre autres scandales, les treize bébés morts de dénutrition en 2004, dans la province de l’Anhui, proche de Shanghaï. Ils avaient été nourris avec du lait contrefait, qui n’avait aucune qualité nutritionnelle. Au total, le ministère de la Santé chinois a relevé 34 000 cas officiels de maladies liées à l’alimentation en 2005.

    Réglementation durcie

    L’annonce de la peine de M. Zheng coïncide avec la mise en place d’une nouvelle réglementation plus sévère. La SFDA dressera désormais une liste noire d’entreprises qui ne plieraient pas à des normes précises. « L’excellence sera récompensée, et les manquements punis », selon son communiqué. Il est également prévu un temps de réaction et des rappels de produits plus rapides en cas de déficience.

    Cette réaction des autorités répond à une série de mauvaises publicités pour les produits chinois, qui a commencé avec la découverte de mélamine chimique dans la nourriture pour chiens exportée. Puis comme dans une mauvaise série noire, des tubes de dentifrice déjà expédiés vers la République dominicaine, le Panama et l’Australie ont été bloqués par les douanes américaines en raison de la présence de diéthylène glycol, un produit chimique utilisé dans les antigels. Des importations chinoises de poissons ont également été épinglées par les services sanitaires américains.

    Mais la Chine elle-même est touchée au premier chef par ces déficiences du système de contrôle. Ainsi, près d’un tiers des 450 000 producteurs agroalimentaires chinois n’auraient pas de licences pour exercer leur métier, selon l’hebdomadaire Outlook Weekly. Et 60 % d’entre eux n’ont pas effectué les tests de certification ou n’ont pas les moyens de le faire. Par ailleurs, une grande quantité de pesticides classés trop dangereux sont encore utilisés dans les champs chinois. « Le gouvernement doit enrayer la présence de pesticides interdits encore disponibles sur le marché », soulignait ainsi Angus Lam, responsable de campagne pour Greenpeace à Canton, au début mai.

    L’agroalimentaire n’est pas le seul touché par ces problèmes de contrôle de sécurité. Selon un rapport publié par la General Administration of Quality Supervision, Inspection and Quarantine, près de 20 % des jouets vendus sur le marché chinois ne sont pas conformes aux normes internationales et près de 10 000 enfants sont chaque année blessés par des jouets défectueux ou mal conçus en Chine, pourtant premier producteur mondial du secteur.

  2. Finalement, Le Figaro informe plus ob jectivement, sur la Chine, que Le Monde .enfin, passons . Ces articles sont très intéressants .J’ai toujours pensé (après avoir été en Chine voici presque 10ans) que la pierre de touche de l’avenir du système chinois était la question syndicale . En effet, si dans les conditions de l’exploitation capitaliste des travailleurs chinois, ceux ci n’avaient pas la possibilité de s’organiser, de revendiquer et de pouvoir faire entendre leurs droits , la machine « exploserait » .J’espère que les résolutions adoptées passeront dans la vie . Je crois les chinois assez intelligents pour cela .En tout cas, je le leur souhaite car les conséquences seraient incalculables .

  3. Peut être…
    En tout cas ce ne faut pas probant en Pologne.
    La question syndicale est problématique car elle est par essence un bastion du réformisme.
    Je pense qu’il faut explorer d’autres voies

  4. Je suis syndicaliste belge. Je me suis rendu l’année passée rencontrer des gens de l’ACFTU, syndicat officiel de Chine. J’y retourne cette année avec plusieurs personnes. J’ai rencontré des syndicalistes dans des entreprises. Des délégués. Une première remarque, la moyenne d’âge des responsables et des syndicalistes est assez basse.Ce sont des gens qui en veulent. Même dans des entreprises moyennes, il y des délégués, et très nombreux. Ils sont élus, ils discutent de conventions collectives, de salaires, de sécurité au travail. Pas très différent de chez nous donc, mais avec des structures à l’échelle du pays. Actuellement, la volonté est de se tourner vers les « mingong », les immigrants de l’intérieur, dont les conditions de travail ont été souvent décrites en Occident comme étant désastreuses . La volonté générale est de les syndiquer, de centrer l’attention de tous les syndiqués vers ces moins nantis.
    Il y a sans doute beaucoup de choses à changer et à critiquer.
    Mais les Chinois eux-mêmes sont les premiers à le dire et à le vouloir.


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