Batman et ses mystères, par Javier Montenegro

 

source : http://www.cubadebate.cu/opinion/2013/02/12/batman-y-sus-misterios/

 Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a traduit cet article.

Cela fait plusieurs semaines que je pense au dernier Batman réalisé par Christopher Nolan. Une question simple me turlupine chaque fois que je me trouve vacant ; pourquoi Bane est-il choisi comme le méchant ? Tout ceci vient de la critique du film de Perez Betancourt, où le chroniqueur de Granma "découvre" un lattis à l’encontre des mouvements sociaux comme Occupy Wall Street. Derrière les près de trois heures d’images, un message est clair ; " Oui, les choses vont mal, mais les 99% ne peuvent pas s’en occuper, qu’ils laissent, laissons cette tâche aux bons du l% ".
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Position de classe contradictoire et position de classe indirecte, par Erik Olin Wright

source : Class Counts : comparative studies in class analysis, Cambridge University Press (1997)

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Le texte ci-dessous est tiré de la conclusion (pp.254-256) de Class Counts : comparative studies in class analysis (La classe compte : analyses de classe comparatives), publié par le sociologue Erik OliN Wright, professeur à l’Université du Wisconsin à Madison, chez cambridge University Press (1997). Changement de Société a eu recours à la version « allégée » de l’ouvrage, conçue pour les étudiants. Wright appartient à la tradition du marxisme analytique. On découvrira ici le concept de « contradictoray class location » (position de classe contradictoire) forgé par Wright pour penser les couches intermédiaires entre la bourgeoisie et le prolétariat, et pour rendre compte des errances de la conscience de classe. Il s’agit d’ailleurs d’une alternative à la fausse conscience de Lukacs, à propos duquel on a déjà publié ici la critique de Wright. On notera que Wright, comme tous les marxistes analytiques (et une partie des marxistes anglo-saxons étrangers à cette tradition), rejette la théorie de l’exploitation du Capital. Lorsqu’il est question d’exploitation, dans la deuxième partie du texte traduit ici, il s’agit non du concept économique d’exploitation de Marx mais d’un concept sociologique propre à Wright. Changement de Société rappelle que le fait de proposer une traduction n’implique pas accord (même partiel) avec l’auteur du texte original. Lire la Suite…

Qu’y a-t-il de « marxiste » dans le marxisme analytique ? Par Erik OliN Wright

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

Le texte ci-dessous est extrait du huitième article du recueil Interrogating inequality : Essays on class Analysis, Socialism and Marxism, (Questionner l’inégalité : essais sur l’analyse de classe, le socialisme et le marxisme) publié en 1994 chez Verso (Londres), par le sociologue « marxiste analytique » Erik Olin Wright, de l’Université du Wisconsin à Madison. L’article d’origine s’intitule « What is analytical marxism ? », « Qu’est-ce que le marxisme analytique ? ». Wright y énumère les spécificités de l’approche initiée par les membres du September Group, structuré autour de G.A. Cohen et de John Roemer. Wright est l’un des derniers représentants de ce courant de pensée, dont les membres ont peu à peu déserté le marxisme pour au mieux, une forme ou une autre de socialisme utopique (Cohen), au pire la social-démocratie, notamment dans sa version scandinave (le norvégien Jon Elster). Les réflexions théoriques menées par le September Group n’en son pas pour autant dépourvues d’intérêt, comme en témoigneront les quelques textes de Wright l’irréductible que l’on publiera au cours des prochains mois. Cet article fait suite à celui-ci, dont il reprend l’introduction. Lire la Suite…

Sur Karl Popper et Karl Marx, par Marc Harpon

Karl Popper est un des épistémologues incontournables du siècle dernier. Sa compréhension de la pratique de la science est celle dans laquelle se reconnaissent de nombreux savants, y compris, en dépit de son anticommunisme obsessionnel, des savants marxistes. J’ai ainsi eu le plaisir, de trouver, chez l’économiste Andrew Kliman (déjà deux fois traduit sur ce même blog), qui, avec d’autres, tente de réintroduire Das Kapital dans le débat scientifique, le critère de la falsification. Il s’agit de l’idée que toute hypothèse proprement scientifique soit telle que l’on puisse produire les preuves éventuelles de sa fausseté (et non de sa vérité). Par exemple, comme le disent en physique les adversaires de la théorie des cordes, on ne peut pas prouver qu’elle est fausse puisque les cordes vibrantes dont elle fait le principe des particules sont si petites qu’aucune observation n’en sera jamais possible. De la même manière, l’idée d’un univers parallèle, par définition inaccessible est infalsifiable : on ne peut pas prouver qu’elle est fausse si elle est fausse (du moins, pas par l’expérience). Lire la Suite…

Le marxisme analytique et la conscience de classe, Par Erik OliN Wright

 

Chaîne de montage des automobiles Peugeot à Sochaux en 1931

 

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

Le texte ci-dessous est traduit des pages 242 à 244 de Classes, (Verso, Londres, 1985) d’Erik Olin Wright. Il s’agit du début de la section intitulée « Qu’est-ce que la conscience de classe ? », par laquelle s’ouvre le chapitre VII. Wright appartient au courant de pensée du marxisme dit analytique, dont il a déjà été question sur ce blog, ici ou encore . Ce courant de pensée a parfois donné naissance à un « marxisme » totalement défiguré et méconnaissable, avec les travaux de Jon Elster, en philosophie morale et politique, et de John Roemer, en économie. En sociologie et en philosophie de l’histoire, cependant, avec l’excellent Karl Marx’s theory of history. A Defense, de GA Cohen, ou encore les travaux d’Erik Olin Wright sur la domination de classe, le marxisme analytique est fidèle au projet suggéré dans le titre de son texte fondateur, l’ouvrage de COHEN cité plus haut : défendre les acquis théoriques de Marx (ou du moins, du Marx sociologue et théoricien de l’histoire, mais moins du Marx économiste) à l’aide d’une boîte à outil marxiste rénovée. Cette rénovation implique bien entendu un moment (auto)critique, où il s’agit de mettre à jour les faiblesses de versions du marxisme jugées erronées et c’est dans ce moment autocritique que se situe l’extrait ci-dessous de Wirght. Le lecteur français, généralement peu familier du marxisme anglo-saxon, sera surpris de lire ses attaques contre un des auteurs capitaux du marxisme d’Europe continentale, Georg Lukacs. Changement de Société ne prend pas ici parti pour ou contre Lukacs, mais propose simplement à la lecture une pièce importante du débat interne au marxisme (que Wright n’a jamais cessé de revendiquer et de pratiquer, contrairement à beaucoup d’autres auteurs de son école) anglo-saxon. Lire la Suite…

Difficulté de reconnaître la violence Brecht et Danielle Bleitrach

source : Histoire et société, 23 septembre 2012.

Beaucoup sont disposés aujourd’hui à combattre la violence dont on use contre ceux qui sont sans défense. Mais sont-ils capables de reconnaître la violence?

Certains actes de violence sont facile à reconnaître. QUAND à cause de la forme de leur nez ou de la couleur de leur cheveux, des hommes sont foulés aux pieds, l’acte de violence est évident aux yeux de la plupart des gens. De même lorsque des hommes sont enfermés dans des cachots où l’on étouffe, on voit là l’oeuvre de la violence.

Mais nous voyons partout des gens qui ont l’air aussi mal en point que si on les avait passés par les baguettes, des gens qui à l’âge de trente ans ont déjà l’air de vieillards sans que cependant aucune violence ne soit visible. Des gens habitent d’un bout de l’année à l’autre dans des trous qui ne sont pas plus accueillants que des cachots, et ils n’ont pas plus la possibilité d’en sortir que s’il s’agissait de cachots.Il n’y a pas,il est vrai, de geoliers devant les portes. Lire la Suite…

Qu’y a-t-il d’« analytique » dans le marxisme anaytique ? Par Erik Olin Wright

 traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

Le texte ci-dessous est extrait du huitième article du recueil Interrogating inequality : Essays on class Analysis, Socialism and Marxism, (Questionner l’inégalité : essais sur l’analyse de classe, le socialisme et le marxisme) publié en 1994 chez Verso (Londres), par le sociologue « marxiste analytique » Erik Olin Wright, de l’Université du Wisconsin à Madison. L’article d’origine s’intitule « What is analytical marxism ? », « Qu’est-ce que le marxisme analytique ? ». Wright y énumère les spécificités de l’approche initiée par les membres du September Group, structuré autour de G.A. Cohen et de John Roemer. Wright est l’un des derniers représentants de ce courant de pensée, dont les membres ont peu à peu déserté le marxisme pour au mieux, une forme ou une autre de socialisme utopique (Cohen), au pire la social-démocratie, notamment dans sa version scandinave (le norvégien Jon Elster). Les réflexions théoriques menées par le September Group n’en son pas pour autant dépourvues d’intérêt, comme en témoigneront les quelques textes de Wright l’irréductible que l’on publiera au cours des prochains mois. Sur le marxisme analytique on lira le texte de Cohen disponible ici : http://socio13.wordpress.com/2012/01/24/le-materialisme-historique-et-la-capitalisme-12-par-g-a-cohen/ Lire la Suite…

Le spectre qui hante l’économie marxiste (3/3), par Andrew Kliman

 

Voici la troisième et dernière partie du texte d’Andrew Kliman sur la TSSI et les économistes marxistes (ou "marxistes", selon Kliman) américains. Kliman y tire la conclusion que les économistes néoricardiens se réclamant de Marx, en refusant de se reconnaître comme les représentants d’une école théorique distincte du marxisme, contribuent à occulter Marx et à le maintenir en dehors du débat théorique contemporain. Dans la mesure où ils refusent de répondre aux arguments des défenseurs de la TSSI, ils font preuve de dogmatisme idéologique en ne révisant pas leur interprétation de Marx (ce qui n’implique pas de réviser leurs théories). Les deux précédentes parties de l’article, issu de ce qui n’était à l’origine qu’une communication orale, sont disponibles ici et . La bibliographie (non traduite)  pour tout l’article est donnée en fin de troisième partie. Lire la Suite…

Qu’est-ce que la dialectique ? Par Alexandre Kojève


source : A. Kojève, Introduction à la lecture de Hegel, pp. 447-448

Qu’est-ce que la Dialectique, d’après Hegel ?

Une première réponse à cette question peut être donnée par le rappel d’un texte qui se trouve dans l’Encyclopédie, plus exactement dans l’Introduction à la première partie de l’Encyclopédie, appelée Logik.

Dans le § 79 (3ième ed.) Hegel dit ceci (Vol. V, p. 104, I, 27-30) :

La logique a, quant à sa forme, trois aspects (Seiten) : a) l’aspect abstrait ou accessible-à-l’entendement (verständige) ; b) l’aspect dialectique ou négativement rationnel (vernüftige) ; c) l’aspect spéculatif ou positivement rationnel. »

Ce texte bien connu se prête à un double malentendu. Lire la Suite…

Un 8 mars de lutte et de solidarité? par les cahiers du fémnisme

 source : Europe Solidaire Sans Frontières, 7 mars 2012

Licencions Sarkozy et restons vigilantes… !

Ce n’est pas le retrait de la mention Mademoiselle dans les formulaires administratifs, mesure symbolique qui ne peut que satisfaire les féministes, qui pourra exonérer Nicolas Sarkozy de sa politique sociale et économique, néfaste pour l’ensemble des travailleurs, particulièrement pour les femmes. Lire la Suite…

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