Archive pour avril 2011



Marine Le Pen, mère et fille, ou le paradoxe salutaire de l’assimilation politique, par Eve Gianoncelli

Changement de Société remercie l’auteure de nous avoir confié cet article. Eve Gianoncelli est doctorante en science politique et enseigne à Paris VIII.

« Quitte à se faire baiser une fois de plus, j’aime autant qu’elle soit blonde et qu’elle ait les yeux bleus ! » Ces propos d’un dénommé Patrice Deumié, trouvés par hasard sur le net, nous rappelle que la dite dame, Marine Le Pen est une femme. Non que le soupçon pouvant porter sur son appartenance à la commune humanité se caractérisant par le respect et la reconnaissance de chacun comme un alter ego, indépendamment du sexe et/ ou de la « race », eût pu être mis en cause : le FN serait devenu fréquentable(1). Non, elle est une femme au sens le plus noble de la féminité ; d’aucuns la qualifie même de « sexy ». Son processus de conquête du FN l’avais mis en avant : relooking en 2007 marquant une apparence plus policée. Mais cette féminisation avait pour but de lui permettre d’endosser un rôle éminemment masculin : celui d’une héritière politique, qui, en raison de la fonction, n’admet pas de sexe, ou seulement, « tacitement », le fort. Une féminisation qui lui permet notamment de mettre en avant les valeurs louables de la maternité tout en faisant mieux oublier qu’elle est une femme, celle-ci s’accompagnant d’une neutralisation du point de vue du genre, voire de la « réassomption » d’un virilisme politique – paradoxe apparent qui se révèle de manière criante au lendemain de ces élections cantonales et de la menace que cette « victoire » représente pour notre démocratie. Lire la suite ‘Marine Le Pen, mère et fille, ou le paradoxe salutaire de l’assimilation politique, par Eve Gianoncelli’

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