Il paraîtrait que ces messieurs de la Fédération Française de Football auraient évoqué, lors d’une réunion tenue l’hiver dernier, leur souhait que les joueurs « binationaux » et les « blacks », paraît-il « grands, costauds et puissants » fassent l’objet de quotas limitant leur présence dans les clubs. Le problème est très grave et les propos sont, bien évidemment, scandaleux. Mais, me semble-t-il, il s’agit, une fois n’est pas coutume, d’un symptôme d’une des pathologies de notre époque de « fin des idéologies ». La disparition de l’Union Soviétique, qui marque la fin d’un cycle révolutionnaire sans précédent dans l’histoire, et incarne donc la double « fin » de l’histoire et des dites idéologies, a une conséquence majeure : la question de la proportion (insuffisante ou excessive, suivant la position des uns et des autres dans un spectre allant de la xénophobie de l’extrême droite au cosmopolitisme faussement internationaliste de certains secteurs de la gauche) des identités parmi les dominants remplace de plus en plus la question de la domination elle-même. Comme le font des auteurs comme Walter Benn Michaels, on peut s’inquiéter de ce que, chez nous, l’égalité n’ait pas remporté le match contre la diversité.


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