
Jean-Luc Mélenchon
source : Faire Vivre et Renforcer le PCF (par Pascal Brula)
Pas sûr que la direction actuelle du PCF se souvienne que le parti de l’époque ait mené une bataille acharnée contre le traité de Maastricht. Ce dernier portait atteinte de manière péremptoire à la souveraineté de la nation et du peuple, mettait en place une Banque Centrale Européenne toute puissante, au-dessus des états et des peuples, lui octroyant tous les droits et l’armant d’une nouvelle monnaie, l’euro. Il s’agissait alors de donner un dernier coup de pouce à la libération de la finance afin que l’accumulation capitaliste puisse être libre de toutes entraves nationales sur le continent européen et au-delà.
Il faut se souvenir que Mitterrand, le maître à penser de Mélenchon, que ce dernier appelle encore affectueusement « le vieux », avait tout fait pour que les français ne puissent se prononcer en connaissance de cause, déclarant l’organisation d’un référendum sur le sujet peu de temps avant les vacances d’été pour la rentrée scolaire de septembre de la même année 1992. La victoire nous a échappé de peu (51-49), malgré le fait qu’à l’époque, il régnait une sorte de pensée unique pro-Maastricht assez violente dans tous les médias, surtout ceux du service public. Au passage, les journalistes ne dérangeaient alors pas le moins du monde le sieur Mélenchon. Avec quinze jours ou un mois de débat supplémentaires, le traité aurait capoté, car les sondages en faveur du non montaient régulièrement.
A vrai dire, le traité de Maastricht fait partie de cette mascarade trotsko-réformiste qui consiste à dévoyer la volonté de construire une société socialiste pour la remplacer par un objectif qui serait supérieur, celui de “faire l’Europe”. Cela rejoint les vieilles antiennes du trotskisme, à savoir la soi-disant impossibilité du socialisme dans un seul pays et son corollaire, la négation de la réalité nationale. C’est de cette fameuse arlésienne, à savoir “l’Europe sociale”, dont se sont emparés nos dirigeants nationaux ainsi que tous les partis qui se réclament de la gôôôche. Au fait, Mélenchon n’a-t-il pas usé ses fonds de culottes politiques sur les bancs de l’organisation trotskiste la plus ringarde, la plus militaire et la plus violemment anticommuniste, l’OCI, celle qui a aussi formé ses amis Jospin et Cambadélis… ?
Depuis, Mélenchon aurait, dit-on, exprimé des regrets. Si cela était vrai, il faudrait qu’avec la direction nationale du PCF, il combatte ouvertement l’Union Européenne. Mais on a bien compris que les uns et les autres étaient désormais bien intégrés au système, notamment par l’intermédiaire du PGE. En tous cas, les extraits de son intervention de 1992 au Sénat, prouvent qu’un homme qui s’est trompé aussi gravement, a encore beaucoup à apprendre des communistes, avant de pouvoir devenir leur candidat. Lire la suite ‘Maastricht, une grosse épine dans le pied du réformiste Mélenchon’
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