Maurice Lecomte a traduit l’article de The Independant que cite Fidel dans ses Réflexions du 29 décembre 2010. Merci Maurice! (Note de Marc Harpon)
Le [travail] des médecins cubains en Haïti met le monde à la honte
Les médecins et les infirmières de Castro sont l’épine dorsale de la lutte contre le choléra
Traduit par Maurice Lecomte pour Changement de Société
Source :
http://www.dedefensa.org/article-la_lecon_des_docteurs_de_fidel_26_12_2010.html
Dimanche 26 Décembre 2010
"The Independent"
Ils sont les véritables héros de la catastrophe issue du séisme en Haïti, cette catastrophe humaine aux portes de l’Amérique pour laquelle Barack Obama avait promis une mission américaine humanitaire monumentale pour la soulager ; ces médecins et infirmières de Cuba désignée comme l’ennemie jurée de l’Amérique dont l’action devrait faire monter la honte au front des Etats-Unis.
Une brigade médicale de 1.200 Cubains fonctionne partout où le tremblement de terre a provoqué des dégâts et là où le choléra sévit en Haïti, dans le cadre de la mission médicale internationale de Cuba -Fidel Castro- soutenue par les Etats socialistes amis nombreux, mais avec fort peu de reconnaissance internationale.
Les observateurs du tremblement de terre en Haïti seraient bien inspirés de s’interroger sur le fait que les organismes d’aide internationaux aient été seuls dans la lutte contre la dévastation qui a tué 250.000 personnes et laissé près de 1,5 millions de sans abris. En fait, les travailleurs de la santé cubains étaient en Haïti depuis 1998, et quand le séisme a frappé l’équipe forte de 350 personnes est entrée en action. Au milieu de la fanfare et de la publicité ayant entouré l’arrivée de l’aide des États-Unis et du Royaume-Uni, l’envoi de nouveaux médecins, infirmières et thérapeutes cubains n’a mérité à peine qu’une mention. La plupart des pays ont disparu dans les deux mois, laissant de nouveau les Cubains et Médecins Sans Frontières comme prestataires de soins principaux de l’île pauvre des Caraïbes.
Les chiffres publiés montrent que la semaine dernière le personnel médical cubain, travaillant dans 40 centres à travers Haïti, a traité plus de 30.000 malades du choléra depuis Octobre. Ils sont le plus gros contingent étranger, traitent environ 40% de tous les patients atteints de choléra. Un nouveau contingent de médecins cubains de la brigade Henry Reeve, une équipe de spécialistes des traitements d’urgences et de catastrophes, est arrivé récemment, il était devenu clair que Haïti avait du mal à faire face à l’épidémie qui a déjà tué des centaines de personnes.
Depuis 1998, Cuba a formé 550 médecins haïtiens gratuitement à l’"Escuela Latinoamericana" (Elam) de "Medicina en Cuba", l’une des organisations médicales les plus radicales du pays. Quelque 400 autres sont actuellement formés à l’école, qui offre une éducation gratuite – dont les livres gratuits et un peu d’argent de poche – à toute personne suffisamment qualifiée qui ne peut pas se permettre d’étudier la médecine dans son propre pays.
John Kirk, professeur d’études latino-américaines à l’Université Dalhousie au Canada qui effectue des recherches sur les équipes médicales internationales de Cuba dit : «la contribution de Cuba en Haïti est le secret du monde le mieux gardé, ils sont à peine mentionnés, même s’ils font beaucoup de travail et assument de lourdes charges …"
Cette tradition remonte à 1960, quand Cuba a envoyé une poignée de médecins au Chili, frappé par un puissant tremblement de terre, suivi par une équipe de 50 en Algérie en 1963. C’était quatre ans après la révolution qui a vu près de la moitié des 7 000 médecins du pays voter avec leurs pieds en partant pour les États-Unis.
Les médecins voyageurs ont été extrêmement utiles à la politique étrangère et économique du gouvernement, gagnant des amis dans le monde entier. Le programme le plus connu est l’Opération Miracle, qui a consisté au traitement des malades de la cataracte par des ophtalmologues dans les villages pauvres du Venezuela en échange de pétrole. Cette initiative a restauré la vue de 1,8 millions de personnes dans 35 pays, y compris celle de Mario Teran, le sergent bolivien qui a tué Che Guevara en 1967.
La brigade Henry Reeve, refoulée par les Américains après l’ouragan Katrina, a été la première équipe à arriver au Pakistan après le séisme de 2005, et la dernière à le quitter six mois plus tard.
La Constitution de Cuba énonce l’obligation d’aider les pays les plus mal lotis lorsque cela est possible, mais la solidarité internationale n’est pas la seule raison animant cette démarche, selon le professeur Kirk ; «cela permet aux médecins cubains, qui sont terriblement sous-payés, de gagner de l’argent à l’étranger et d’en apprendre davantage sur les maladies et les conditions de traitement dont ils ont seulement entendu parler. C’est aussi une obsession de Fidel qui renforce ainsi sa position à l’ONU."
Un tiers des 75.000 médecins de Cuba, ainsi que 10.000 autres agents de santé, travaillent actuellement dans 77 pays pauvres, y compris El Salvador, le Mali et le Timor oriental. Cela laisse encore un médecin pour 220 personnes à Cuba, l’un des ratios les plus élevés dans le monde, contre un pour 370 en Angleterre.
Partout où ils sont invités, les Cubains mettent en œuvre leur modèle axé sur la prévention globale, la visite des familles à la maison, une surveillance proactive de la santé maternelle et infantile. Ceci a produit «des résultats étonnants» en matière de santé des nourrissons, de réduction du taux de mortalité maternelle et de réduction des maladies infectieuses dans certaines régions du Salvador, du Honduras et du Guatemala, et laissant derrière eux une meilleure formation des agents de santé locaux, selon les recherches du professeur Kirk.
La formation médicale à Cuba est de six ans – un an de plus qu’au Royaume-Uni – après quoi chaque diplômé travaille comme médecin de famille pendant trois ans minimum. Travaillant aux côtés d’une infirmière, le médecin de famille s’occupe de 150 à 200 familles de la communauté dans laquelle ils vivent.
Ce modèle a permis à Cuba d’atteindre des améliorations certaines et des plus enviables dans le secteur de la santé, avec des dépenses de seulement 400 $ (260 £) par personne l’an dernier comparativement à 3000 $ (1,950 £) au Royaume-Uni et 7.500 $ (4,900 £) aux États-Unis, selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement.
Le taux de mortalité infantile, l’une des mesures les plus fiables de la santé d’une nation, est de 4,8 pour 1000 naissances de vivants – comparable à la Grande-Bretagne et plus bas que celui des Etats-Unis. Seulement 5 pour cent des bébés sont nés avec un faible poids de naissance, un facteur crucial pour la santé au long terme, et le taux de mortalité maternelle est le plus bas en Amérique latine, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé. Les polycliniques de Cuba, ouvertes 24 heures par jour pour les urgences et les soins spécialisés, sont un niveau de traitement au dessus des médecins de famille. L’offre pour 15.000 à 35.000 personnes est un groupe de consultants à temps plein ainsi que des médecins de passage, permet à ce que la plupart des soins médicaux soient dispensés dans la communauté.
Imti Choonara, un pédiatre de Derby, a conduit une délégation internationale de professionnels de la santé aux ateliers annuels dans la troisième ville de Cuba, Camagüey. " Les services médicaux à Cuba sont phénoménaux et la clé en est le médecin de famille, qui est beaucoup plus proactif et dont le centre est la prévention… L’ironie est que les Cubains sont venus au Royaume-Uni après la révolution pour voir comment le NHS travaillait. Ils ont repris ce qu’ils ont vu, l’ont affiné et développé plus avant ; dans la même période nous nous sommes déplacés vers le modèle des EU, …" a déclaré le professeur Choonara.
La politique, inévitablement, pénètre de nombreux aspects des services médicaux cubains. Chaque année, les hôpitaux produisent une liste des médicaments et du matériel qu’ils n’ont pu avoir en raison de l’embargo américain qui empêche de nombreuses entreprises américaines de commercer avec Cuba, et persuader les autres pays à leur emboîter le pas. Le rapport pour 2009/10 comprend des médicaments pour traiter les cancers de l’enfant, le VIH et l’arthrite, certains anesthésiques, ainsi que des produits chimiques nécessaires pour diagnostiquer les infections et la préservation d’organes prélevés. Les pharmacies à Cuba sont caractérisées par de longues files d’attente et des étagères peu remplies, bien qu’en partie parce qu’ils stockent seulement des marques génériques.
Antonio Fernandez, du ministère de la Santé publique, a déclaré: « Nous faisons 80 pour cent des médicaments que nous utilisons, le reste nous l’importons en provenance de Chine, des pays ex-soviétiques, d’Europe – ceux qui veulent bien nous en vendre – mais cela les rend très coûteux, en raison des distances. »
Dans l’ensemble, les Cubains sont très fiers de leur contribution et soutien en Haïti et d’autres pays pauvres, ravis de leur impact sur la scène internationale. Cependant, certaines personnes se plaignent d’attendre plus longtemps pour voir leur médecin parce que beaucoup travaillent à l’étranger. Et, comme tous les produits à Cuba, les médicaments sont disponibles sur le marché noir pour ceux qui sont prêts à risquer de lourdes amendes s’ils sont pris en train d’acheter ou vendre.
Un voyage international est au-delà de la portée de la plupart des Cubains, mais les infirmières et les médecins qualifiés sont parmi ceux à qui il est interdit de quitter le pays pendant cinq ans après l’obtention du diplôme, sauf dans le cadre d’une équipe médicale officielle.
Comme tout le monde, les professionnels de santé gagnent des salaires dérisoires de l’ordre de 20 $ (13 £) par mois. Ainsi, contrairement au discours officiel, la corruption existe dans le système hospitalier, ce qui signifie que certains médecins, y compris ceux des hôpitaux, sont "hors des clous" si des patients peuvent offrir un petit quelque chose, peut-être un déjeuner ou quelques pesos, pour un traitement préférentiel.
Les projets internationaux de Cuba en matière de soins de santé sont de plus en plus stratégiques. Le mois dernier, les fonctionnaires ont eu des entretiens avec le Brésil sur le développement du système de santé publique en Haïti, dont le Brésil et le Venezuela ont tous deux accepté de contribuer à financer.
La formation médicale est un autre exemple. Il y a actuellement 8 281 étudiants de plus de 30 pays inscrits à l’Elam, qui le mois dernier a célébré son 11e anniversaire. Le gouvernement espère inculquer un sentiment effectif de responsabilité sociale chez les étudiants dans l’espoir qu’ils travailleront au sein de leurs propres communautés pauvres pendant au moins cinq ans.
Damien Joel Suarez, 27 ans, en deuxième année du New Jersey, est l’un des 171 étudiants américains, 47 ont déjà obtenu leur diplôme. Il rejette les allégations selon lesquelles Elam fait partie de la machine de propagande cubaine ; "Bien sûr, le Che est un héros ici, mais nous ne l’avons pas pendu à notre cou."
49 000 autres étudiants sont inscrits dans "El Nuevo Programa de Formación de Latinoamericanos Medicos" [le nouveau programme de formation de médecins Latino-américains], une idée originale de Fidel Castro et Hugo Chavez, qui se sont engagés en 2005 à former 100.000 médecins pour le continent. Les cours dispensés sont beaucoup plus pratiques, et des critiques mettent en question la qualité de la formation.
Le Professeur Kirk n’est pas d’accord: "L’approche technologique de haut niveau en matière de santé nécessaire à Londres ou Toronto n’est pas pertinente pour des millions de personnes dans le tiers monde qui vivent dans la pauvreté. Il est facile de rester sur la touche et critiquer la qualité, mais si vous viviez dans un endroit sans médecins, alors vous seriez heureux d’y trouver quelqu’un."
Il y a neuf millions de Haïtiens qui seraient probablement d’accord.
2 Commentaires
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Je remercie bien le pays Cuba de par son humaniste envers Haïti depuis plus d’une décennie, donne son support à ce pays faisant partie de l’Amérique pour lequel on a programmé un fichier de pauvreté incurable. J’aurais souhaité que Cuba continue à aider Haïti à préparer davantage de médecins haïtiens et s’il le faut d’autres techniciens tels que : agronomes, vétérinaires etc en vue de sortir Haïti de son impasse misérable.En outre, quand on dit que le sésisme a tué 250 000 personnes en Haïti, je pense que c’est une statistique non fiable parce que le Gouvernement haïtien ne parviendrait jamais à évaluer les habitants des bidonvilles, ceux qui dormaient dans les rues ou sur les galeries qui n’étaient pas identifiés ou enregistrés nul part avec une méthode statistique bien déterminée. Effectivement, j’ai appris d’une source de confiance étrangère qui scientifiquement a contrôlé que 635 000 personnes auraient perdu la vie en Haïti lors du tremblement de terre. Un pays démantibulé et surpeuplé dont le recensement des maisons ne se fait pas régulièrement selon les normes, on ne fait qu’inventer un chiffre. Une autre correction à porter, toutes les îles et les pays du continent américains, leur population sont tous aussi des Américains, comme on le dit pour tous ceux qui viennent par exemple du Congo, du Nigéria, du Berlin, de la Côte d’Ivoire même si leur langue est différente, ces peuples là sont tous des Africains. De même aussi pour l’Europe. Ceux qui viennent de la Belgique, de l’Allemagne, d’Italie, de la France de la Pologne, sont tous des Européens. Il faut corriger ce tabou géographique. D’ailleurs, Haïti et Cuba auraient pu être des Etats rejoignants les USA tellement ils sont proches.Donc, réfléchissez…
Bien sûr que c’est la honte pour les tenants du capitalisme de la démonstration fénoménale de Cuba de mettre à nu ce dont le capitalisme est incapable de réaliser et de prouver par là que ce régime n’a rien de valeurs humaines parce que le surplombe avant tout la seule valeur que connaisse ce régime : celle du fric! Devraient comprendre aujourd’hui ceux qui en doute encore, pourquoi tant de haine déployée contre ce petit pays d’Amérique-Latine Cuba depuis le triomphe de sa Révolution ! Voyons dévoiler ce que le capitalisme est incapable, et les malheurs d’Haïti surviennent justement pour en apporter la preuve? C’est impensable pour nos zèlés du capitalisme à tel point qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour occulter la vérité sur l’aide de première ligne apportée par Cuba mais l’information arrive à filtrer quand même en dépit des silences obstinés des grands médias officiels à fortes densité d’écoute. Enfin pour le capitalisme c’est insensé dépenser des milliards pour sauver des vies humaines, il n’y en aurait pas suffisamment pour la priorité faite pour aller tuer ! Car c’est par ce seul moyen qu’ils espèrent sauver leur piteux et sauvage régime !!!