Par Marc Harpon
« Il faut vouloir ce que l’on veut et aussi vouloir les conséquences de ce que l’on veut » (Talleyrand)
D’un côté du ring, des antisémites qui se déguisent en antisionistes. De l’autre, des sionistes qui prennent tout antisioniste pour un antisémite. Le public, quand à lui, assiste, sans trop comprendre, à la confusion d’un début de guerre des communautés. Aux agressions antisémites répondent les actions violentes de la Ligue de Défense Juive, actions qui, en retour, renforcent l’antisémitisme. Ainsi, sur un site d’extrême droite proche de Dieudonné, on pouvait lire que l’attaque de la LDJ au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris avait été organisée « sur ordre du CRIF ». C’était du moins ce que disait explicitement le titre, qu’une analyse attentive du contenu réfutait sans problème, les gens du site en question étant tout sauf des lumières. Profanations de cimetières musulmans et juifs, pressions d’organisations communautaristes contre des chercheurs (Annie Lacroix-Riz sur l’Holodomor, Olivier Pétré-Grenouilleau sur la traite des esclaves), expéditions punitives antisémites de la Tribu Ka, déclarations de Kémi Séba sur Hitler et Napoléon, assassinat de Dj Lam C, conversion fasciste d’un industriel de l’humour pas drôle, torture et exécution barbare dans l’affaire Halimi, agression de travailleurs chinois, listes électorales « antisionistes », listes électorales « chrétiennes », « Parti des Musulmans de France », placards antisémites sur des murs parisiens, calomnies contre Dominique Vidal…La guerre des communautés a-t-elle commencé?
Ceux qui se sont réjouis en 1989 sont des imbéciles. Plus cons encore sont ceux qui spéculent sur l’effondrement du Parti Communiste Français, notre bloc de l’Est intérieur. Car avec l’effondrement du mur, c’est l’espoir de l’égalité et de la société sans classes qui s’est effondré pour toute la planète. Et les discours qui répètent sans cesse que le communisme était une horreur, alors même que les sondés des pays de l’Est sont une forte proportion à en avoir la nostalgie, ont pour effet de donner l’impression qu’il n’y a pas d’issue du côté de la lutte des classes. Pourtant, la situation est bien sans issue pour des millions de travailleurs, pourtant, il faut bien se battre. Dans une société où le racisme est quotidien, l’anticommunisme produit la guerre des « races », là où l’idéal communiste offrait la perspective d’une union de tous dans la lutte contre l’ennemi commun, l’ennemi principal : le mode de production qui repose sur l’exploitation de la classe ouvrière et génère l’oppression de race.
Ceux qui annoncent le choc des civilisations comme un mécanisme inévitable sont des débiles profonds qui fournissent à l’impérialisme son argumentaire. En effet, le choc des civilisations, c’est l’habit neuf de la mission civilisatrice de l’homme blanc. On part en guerre contre les barbares afghans pour leur apporter la liberté et émanciper leurs femmes, et non pas pour mettre la main sur leurs ressources et construire des oléoducs. Le choc des civilisations n’est inévitable que dans le capitalisme et cela, pour ainsi dire, de l’aveu même du conservateur étasunien qui en a élaboré la théorie, Samuel Huntignton, qui en fait une conséquence de l’effondrement du communisme soviétique. En tout cas, pour rendre possible ce choc, qu’on ne décrit et qu’on n’annonce que parce qu’on espère qu’il ait lieu, il faut peindre les civilisations « ennemies » comme le mal absolu. Autrement dit, il faut générer de l’islamophobie pour justifier les interventions impérialistes dans le monde musulman. Ceux qui ont appelé de leurs voeux la participation de la France aux guerres de l’Empire sont donc des abrutis : l’effet de leur propagande sur le terrorisme, les armes de destruction massives et la démocratie en Iran et l’oppression des femmes afghanes a pour effet d’alimenter une haine des musulmans qui vient ensuite nourrir le conflit inter-communautaire en train de naître chez nous. Amadinejad est un fasciste, mais Amadinejad n’est pas l’islam et, même s’il l’était, cela ne justifierait pas de bombarder des enfants iraniens sans défense, au risque de provoquer une guerre atomique capable de plonger le monde dans le chaos d’un hiver nucléaire à côté duquel le réchauffement climatique est un club de vacances de luxe.
Ceux qui se sont réjouis en 2007 sont des crétins, si du moins ils ne se réjouissent pas aussi de la situation présente, qui conduit tout droit au morcellement communautariste de la société. Tandis que l’Etat se désengage, que la solidarité nationale, la péréquation territoriale et le service public deviennent peu à peu un souvenir, les communautaristes affûtent leurs armes. Kémi Séba et ses sbires ont déjà fait les premiers pas vers la création de centres de loisirs réservés aux noirs et, on devine que derrière l’ouverture formelle à toutes les « races » qu’il a concédée l’été dernier du bout des lèvres (sans doute après discussion avec le négationniste Serge Thion, son « conseiller politique »), c’est un cloisonnement racial réel que veut instaurer Séba. Ce cloisonnement est d’ailleurs déjà à l’oeuvre au sein du MDI, dont il est fondateur, qui fonctionne par branches raciales, conformément à son programme « ethno-différentialiste ». Quand les mairies ne financeront plus les centre de loisirs, quand les régions ne financeront plus les lycées, quand la solidarité organique de type moderne aura disparu, seules les communautés seront en mesure d’apporter un semblant de réponse aux problèmes des gens. On régressera alors vers la solidarité mécanique, qui joue entre les personnes partageant les mêmes valeurs et exclut donc les personnes extérieures à la communauté comme les membres marginaux de celle-ci. Les libéraux sont des imbéciles parce qu’ils n’ont pas voulu cette situation, mais qu’ils n’ont pas été assez malins pour se rendre compte qu’ils étaient en train de la provoquer, par leur politique de casse sociale. La lutte contre le communautarisme est incompatible avec le libéralisme, qui en est l’allié et l’aliment.
Malheureusement pour nous, notre éducation politique est faite par de tels couillons, qui dominent nos médias. Avant d’avoir eu entre les mains un texte de Karl Marx ou de Lénine, un adolescent aura eu l’occasion d’entendre un million de fois que le communisme a été une horreur et une erreur. Résultat : au lieu d’ouvrir le livre, il le repose et il se contente, pour expliquer que le marxisme est « archaïque », de réciter sa leçon bien apprise : la lutte des classes c’est dépassé, la société est « moyennisée », le mec qui a « investi » devrait pouvoir récolter des bénéfices…Les cons re-produisent ainsi leur propre imbécillité dans les cerveaux de millions de téléspectateurs et d’auditeurs. Résultat : les travailleurs sont laissés sans boussole politique. Tout ce qu’ils savent c’est qu’il y a du bon partout, sauf du côté du « communisme » dont les charmes ressemblent à ceux de la Succube, qui ne séduit que pour mieux perdre celui qui ne se méfie pas assez. On lit tout et n’importe quoi, parce que, croit-on, il y a du vrai partout…Le libéralisme en matière d’idées vient ainsi déboussoler encore plus certains secteurs d’une classe ouvrière déjà désorientée par 20 ans d’idéologie contre-révolutionnaire…
C’est comme ça que des gens sincères et honnêtes, parce qu’on les a dressés à l’anticommunisme, passent à côté de l’outil théorique qu’est le marxisme. Résultat : ils se battent contre des moulins à vent. C’est cela le « sionisme », un moulin à vent, tout comme l’antisionisme. Dans la désorientation politique actuelle, sionisme et antisionisme ne veulent plus rien dire, du moins en France. Il suffit de se dire antisioniste pour avoir le droit d’être antisémite comme il suffit de traiter quelqu’un d’antisémite pour discréditer son antisionisme. A l’opposition sionisme/antisionisme, qui alimente une confusion favorable à l’extrême droite, pourquoi ne pas préférer le couple capitalisme/anticapitalisme? En effet, le sionisme est le relai de l’impérialisme américain au Moyen-Orient et l’impérialisme est, comme chacun sait, le stade suprême du capitalisme. Mieux, puisqu’il existe un anticapitalisme au sein de la petite bourgeoisie et que l’anticapitalisme a lui-même alimenté le racisme antisémite, pourquoi ne pas revendiquer le seul anticapitalisme qui représente l’intérêt des travailleurs, c’est-à-dire de l’ensemble de la société, sans distinction de race ou de « communauté »? S’opposer au sionisme, cela s’appelle tout simplement être communiste.

C’est trés bien vu ,quand le PCF etait puissant,la solidarité des travailleurs etait un rempart contre le communautarisme(pratiquement inexistant),s’agissant de l’ “Islam”,il faut bien noter que c’est l’occident qui a fait le lit de l’islam le plus retrograde l’islam des “moudjahidines afgans que combataient les communistes Afgans(les femmes afganes n’ont jamais connus autant de liberté que sous l’afganistan communiste.S’agissant des sionistes ce sont des nationalistes chauvins et les sionistes en dehors d’Israel sont des des partisans du communautarisme qui sont anticommunistes parceque le PCF et l’URSS soutenaient le droit du paeuple palestinien à une patrie et beaucoup de sionistes en France sont devenus anticommunistes oubliant ainsi que sans l’URSS et les communistes ils auraient ete exterminés par le nazisme.au communautarisme sioniste en France repond le communautarisme des “antisionistes”(des judeophobe )de l’islam retrograde et anticommuniste visceral,et la boucle est bouclée pour le benefice des bourgeoisies des deux bords.Je suis musulman et communiste et je peux temoigner que la plus grande partie des musulmans en France est loin d’etre integriste mais les immams formés dans les monarchies petrolieres font un travail de sape important.Il est de la responsabilité des progressistes juifs et musulmans en France de travailler à tisser des liens entre les deux communautés,Dans tous les pays les parti communistes rassemblent en leur sein des hommes et des femmes de toutes les communauté de ces pays