Une délégation de « Colombiens et Colombiennes pour la paix », conduite par la sénatrice Piedad Cordoba, a été reçue par Fidel dans la matinée du 15 août à La Havane, conformément à l’engagement que le leader de la Révolution avait contracté lors de son entretien avec la législatrice, il y a quelques jours, sur la contribution que des combattants pour la paix comme elle pourraient apporter pour éviter une conflagration qui fait peser sur le monde une menace grave, aux conséquences imprévisibles.
Accompagnaient la sénatrice cinq autres défenseurs des droits de l’homme : le père jésuite Javier Giraldo, Carlos A. Ruiz, Danilo Rueda, Hernando Gomez, psychologue et professeur universitaire, et le cinéaste Lisandro Duque.
Après un premier échange d’impressions sur la situation dans la région et dans le monde, Fidel a de nouveau exprimé son espoir qu’un homme comme Obama, qui de par ses origines est un mélange de Blancs et de Noirs, de chrétiens et de musulmans –ce qui le rend proche de la sensibilité de la sénatrice colombienne—est en mesure d’entendre les voix de ceux qui ont tant souffert de la guerre, qui ne vivent que pour construire la paix et qui pourraient le dissuader d’appuyer sur la gâchette.
Fidel a révélé à ses visiteurs qu’il avait passé le 13 août, jour de son anniversaire, avec de vieux compagnons de lutte, et qu’il leur a demandé à eux aussi s’ils avaient l’espoir que le monde puisse éviter la guerre qui pourrait éclater à échéance de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. « Nous irions vraiment très mal si nous n’avions pas l’espérance que l’humanité ne se précipite pas dans la guerre », a-t-il fait remarquer. Fidel persiste dans sa conviction qu’il est toujours possible de mobiliser les gens s’ils sont conscients que leurs actions pour la paix ouvrent la perspective du salut pour eux-mêmes et pour toute l’humanité.
La sénatrice Piedad Cordoba a évoqué pour les personnalités qui l’accompagnaient la forte impression que lui a laissée le commandant en chef lors de son premier entretien avec lui : « Fidel est capable de voir en Obama un être humain qui synthétise en lui une quantité de facteurs semblant obéir au hasard : parce que ses ancêtres sont ce qu’ils sont, ont vu le jour dans des pays donnés, ont pratiqué des religions données. Fidel fait ainsi appel à un certain nombre d’éléments qui sensibilisent cet être humain et devraient le pousser à empêcher la guerre. »
A l’issue de l’entretien qui a duré près de deux heures, Fidel a remis à ses visiteurs des exemplaires dédicacés de son livre La Victoria estratégica, et Piedad a fait ce commentaire : « C’est comme une seconde chance que nous donnent la vie et l’histoire. Le simple fait que Fidel soit vivant, c’est un peu comme si Dieu le Créateur nous avait dit : ‘voilà, je vous le laisse, il vous reste cette chance’. Comme Fidel l’a dit et répété tant de fois : si nous ne nous unissons pas, nous partons perdants ; on ne gagne pas les guerres par la force. C’est le temps de la raison et de la politique et, en ce qui me concerne, je me sens fortement motivée par ce cadeau que nous offre la vie. »
Fotos: Estudios Revolución
La senadora Piedad Córdoba obsequia a Fidel el libro “En busca de Bolívar”, del reconocido escritor colombiano William Ospina, que acaba de salir de imprenta
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