Le commandant de l’Otan en Afghanistan est convoqué à la Maison Blanche, mais en France aucune voix ne s’élève contre le désastre afghan

Le général Petraeus au début juin , alors qu’il présentait devant le sénat  le plan de retrait en 2011 des troupes nord-américaines s’est évanoui au lieu de répondre. Ce qui a d’autant plus fâcheusement frappé les esprits que lui-même  et Michele Flournoy, la N°3 du Pentagone, avaient du reconnaître que  en cours sur le terrain connaissait une évolution “en yoyo”, faite de progrès et d’échecs, et surtout le général avait dit “Mais il est important de voir cette date du mois de juillet 2011 pour ce qu’elle est: la date du début d’un processus entouré de conditions”. Ce que le sénateur Mac cain avait aussitôt relevé en se réjouissant de ce “réalisme”. Le contexte est non seulement celui de résultats plus que décevants mais aussi de petits scandales.  Ainsi il est fait état le 22 juin d’un nouveau contrat juteux de 120 millions de dollars avec l’entreprise mercenaire militaire privée Blackwater(1) . Et le même jour, avant -hier, l’ affaire  concerne cette fois le général McChrystal, le plus haut commandant de l’OTAN en Afghanistan alors que la dite OTAN vit une véritable série noire et les propos désabusés qu’il aurait tenu sur l’administration Obama jettent un peu plus le doute, mais rassurons nous pas en France où il ne se trouve pas un seul parti pour s’interroger sur la participation française à une telle entreprise calamiteuse.


 Le commandant des troupes de l’Otan en Afghanistan est convoqué mercredi à la Maison Blanche après des propos controversés sur l’exécutif américain, signe de tensions qui mettent à mal l’unité de l’Alliance au moment où elle vit une série noire meurtrière.

Cette convocation fait suite à une interview donnée par le général Stanley McChrystal à un magazine américain, dans laquelle il se moque notamment du vice-président Joe Biden.

Le général McChrystal, selon un haut responsable à Washington, “devra s’expliquer devant le Pentagone et le commandant en chef”, c’est-à-dire le président Barack Obama, “sur les propos qu’il a tenus sur ses collègues dans cet article”.

L’article en question est une interview que le général McChrystal a accordée au magazine Rolling Stone, dans laquelle les tensions entre lui et la Maison Blanche apparaissent en plein jour.

Selon les propos retranscrits dans l’article, le général s’y moque de Joe Biden, connu pour son scepticisme face à sa stratégie en Afghanistan. “Vous allez m’interroger sur Joe Biden?”, demande-t-il en riant. “Qui est-ce?” “Biden”, reprend un de ses conseillers.

Il égratigne également le président américain, revenant sur les frictions apparues entre l’armée et la Maison Blanche à l’automne au moment où Barack Obama mûrissait sa décision concernant l’envoi de renforts réclamés par le général McChrystal.

En outre, le général dit s’être senti “trahi” par l’ambassadeur américain à Kaboul, Karl Eikenberry, l’an dernier lors d’un débat à la Maison Blanche sur la stratégie en Afghanistan.

Le général McChrystal a présenté ses excuses après la publication de l’article.

En pleine tourmente afghane, au moment où les forces de l’Alliance sont engagées dans deux offensives cruciales contre les talibans, dans les provinces du Helmand et de Kandahar (sud), l’ambassadeur mis en cause s’est néanmoins “engagé” à “travailler” avec le général McChrystal, selon l’ambassade américaine à Kaboul.

A Washington, le chef d’état-major interarmées des Etats-Unis, l’amiral Michael Mullen, s’est dit en revanche “profondément déçu” par les propos du général McChrystal, selon un porte-parole.

Ces dissensions éclatent au grand jour au moment où les forces internationales ambitionnent d’inverser le cours de la guerre en Afghanistan, avec la mise en place d’une nouvelle stratégie de contre-insurrection fin 2009.

Mais la convocation du général McChrystal, ainsi que le départ anticipé de Kaboul de l’envoyé spécial britannique, posent la question de l’unité au sein de la coalition et de l’adhésion à la stratégie voulue par Barack Obama.

Mardi en effet, le Foreign Office a annoncé le départ pour un “congé de longue durée” de l’émissaire spécial de la Grande-Bretagne en Afghanistan et au Pakistan, Sherard Cowper-Coles.

Selon le quotidien britannique The Guardian, Sir Sherard, l’un des diplomates britanniques les plus expérimentés, était en conflit avec les responsables américains et de l’Otan à propos de la stratégie. Il estimait que la lutte armée contre les insurgés était vouée à l’échec et plaidait pour des pourparlers de paix avec les talibans.

Et sur le terrain, la série noire continue pour l’Otan, avec la mort de cinq soldats américains, trois australiens, un canadien et un britannique, tués lundi dans un crash d’hélicoptère et des attaques dans le sud et l’est de l’Afghanistan.

Mardi, un soldat de l’Otan a encore été tué dans le sud. L’alliance connaît ainsi l’un des mois les plus meurtriers pour ses troupes depuis la chute des talibans fin 2001.

Déjà 66 soldats des forces internationales ont péri en juin. Au total, 286 militaires étrangers sont morts dans le cadre des opérations militaires en Afghanistan depuis le début de l’année, selon un décompte établi par l’AFP à partir du site indépendant icasualties.org.
Les seuls qui visiblement n’ont aucun doute sur la légitimité de notre participation à nous français à un tel désastre sont les médias, les partis politiques y compris de gauche et communiste, c’est l’Omerta.

 (1) La division US Training Center de Blackwater selon ce contrat selon ce plus de 120 millions de dollars pour garder des consulats américains dans deux villes afghanes, ce qui laisse mal augurer de l’efficacité des troupes ordinaires. Le gouvernement d’Obama a continué de commercer cette entreprise malgré de nombreuses polémiques, autour en particulier du massacre de dix-sept Irakiens civils perpétré par des gardes de Blackwater en septembre 2007.

2 Réponses vers “Le commandant de l’Otan en Afghanistan est convoqué à la Maison Blanche, mais en France aucune voix ne s’élève contre le désastre afghan”


  1. 1 Joannès 23 juin 2010 à 11:17

    Bon en France je crois qu’il n’y a pas assez de victimes pour émouvoir la population d’une part et beaucoup pensent qu’après tout ce sont des militaires de carrières !

  2. 2 socio13 23 juin 2010 à 11:26

    Mais ça ne leur fait rien que l’on tue , que l’on occupe une terre étrangère? Bref ils sont restés égaux aux temps de la colonisation?
    De surcroît ils ne s’interrogent même pas sur le coût d’une telle opération alors que l’on rogne sur leurs retraites, leur santé, leur éducation ? Alors c’est une sacré bande de cons s’ils sont comme ça!
    Ils peuvent se passionner pour l’Amérique latine, défendre la palestine ce qui est très bien mais être aux abonnés absents quand il s’agit de dénoncer leur propre gouvernement qui opprime des populations sur une terre étrangère et de surcroît est en train gaiement de nous conduire à un nouveau Dien Bien PHu (où il n’y avait pas d’appelés qu’une armée d’engagés).
    Ils préférent approuver que l’on interdise à l’iran le nucléaire, voir comme Segolène même le nucléaire civil et ne pas dire un mot sur leur propre bombe alors qu’ils interviennent dans une zone trés “xplosive” sur ce plan y compris nucléaire…

    je préfère penser pour l’honneur de l’humanité qu’ils ne voient pas ce qu’ils peuvent faire puisque les partis politiques, les syndicats n’en parlent pas… J’aimerais savoir si quelqu’un a parlé de ça lors du dernier congrès du PCF?
    danielle Bleitrach

    Un ami vient de m’envoyer par E-mail cet amer rappel sur la Seine saint denis(avec alors un président communiste) faisant citoyenne d’honneur du département Ingrid bettancourt. cela ne faut pas celui en 2003 de l’Humanité parrainant officiellement un “dissident” cubain que lui a fourgué Mesnard. Quand on dévoie ainsi le sens de la solidarité international il ne faut pas s’étonner que l’on ne soit plus capables de mener des luttes contre des guerres coloniales. mais je dois dire que venant de toi Joannes, une telle remarque m’étonne…
    Voici donc le E-mail que je reçois
    Pour ceux à qui cela aurait échappé (à moi en tout cas)

    Voilà ce que les “archives” révèlent …et qui permet de comprendre la suite de l dégringolade…

    Le président communiste du conseil général du 93 en 2007

    “Après avoir consulté les présidents de groupe de notre assemblée et avoir reçu leur assentiment, j’ai décidé donc que notre assemblée élève Ingrid Bétancourt citoyenne d’honneur de la Seine Saint-Denis. Nous avons parmi nous la présence de monsieur Marro, ici présent, pour lequel je ferai une interruption de séance qui est membre du comité national d’Ingrid Bétancourt. Je lui céderai la parole à la fin de mon intervention pour pouvoir le libérer et ne pas le contraindre à assister à l’ensemble des travaux de notre assemblée.”
    Je ne suis pas pour la prise d’otages et de ce point de vue j’ai toujours dit mon désaccord avec les FARS, mais faire d’Ingrid Bettancourt et ce qu’elle représente d’uribisme une citoyenne d’honneur par des communistes sinon qu’ils ressemblaient déjà de ce point de vue à Delannoé.


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