Le Venezuela répond aux accusations de l’OEA et de l’ONU concernant la liberté d’expression

18 Juin 2010, James Suggett, Venezulanalysis.com (http://venezuelanalysis.com/news/5434)

Traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Roy Chaderton

En réponse à de récentes allégations de l’Organisation des Etats Américains et des Nations Unies d’après lesquelles le Venezuela est en train d’utiliser le système judiciaire pour limiter la liberté d’expression, des représentants du Venezuela ont affirmé que mes accusations sont des interventions politisées fondées sur une affaire qui n’est pas liée à la liberté d’expression.

La semaine dernière, le Bureau du Ministre de la Justice a émis un mandat d’arrêt contre Guillermo Zuloaga, le propriétaire d’une grosse chaîne d’information en continu de l’opposition, pour usure et pour stockage de véhicules (1). Les charges ont été retenues contre lui quand 24 véhicules de luxe ont été trouvés sur sa propriété l’année dernière. Zuloaga a récemment quitté le pays pour échapper à son arrestation.

La chaîne de Zuloaga, Globovision, a pris part en 2002 à un bref coup d’Etat raté contre le Président Hugo Chavez, en diffusant des images trafiquées pour justifier l’ascension au pouvoir des conspirateurs.

Globovision n’a pas été sanctionnée pour ces activités, mais a fait l’objet d’enquêtes l’année dernière, pour diffusion de fausses informations et incitation à la panique. La chaîne continue à émettre avec une licence publique libre accordée par l’Etat et ses reporters critiquent en permanence le gouvernement, de concert avec la majorité des médias du pays.

Cette semaine, la Commission Inter-Américaine des Droits de l’Homme de l’OEA a affirmé que les chefs d’accusation contre Zuloaga étaient un exemple d’ « intimidation de journalistes et de propriétaires de presse qui expriment leurs divergences.

De la même manière, le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la Liberté d’Expression, Frank de la Rue , a accusé le gouvernement vénézuélien de « faire taire la critique ou ceux qui s’opposent au gouvernement avec des procédures judiciaires », et a pressé le gouvernement de garantir à Zuloaga le procès auquel il a droit et l’exercice de sa liberté d’expression.

Dans une déclaration rendue publique mercredi, l’Ambassadeur Vénézuélien à l’ONU, Jorge Valero, a signalé que Zuloaga est recherché pour des délits liés à ses concessions automobiles, non pour ses critiques du gouvernement. Il a affirmé que les commentaires de de la Rue en faisaient « un complice d’un délinquant présumé ».

« Ces déclarations, sans rien pour les étayer, constituent une nouvelle et inacceptable ingérence de de la Rue dans les affaires internes de notre pays, et elles montrent que le rapporteur s’identifie à l’opposition qui complote des coups d’Etat » a affirmé Valero.

L’ambassadeur a accusé de la Rue d’avoir « usé et abusé illégitimement de ses fonctions dans une affaire qui n’a rien à voir avec la liberté d’expression et affirmé que le Venezuela déposerait une requête auprès du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-Moon, pour que le rapporteur soir démis de ses fonctions.

Pendant ce temps, l’Ambassadeur du Venezuela à l’OEA, Roy Chaderton, a accusé l’OEA de « faire éclater des scandales artificiels pour essayer de changer les résultats électoraux » dans la course aux élections législatives de septembre.

Chaderton a aussi dénoncé la « domination croissante des Etats-Unis d’Amérique sur les hauts fonctionnaires de l’OEA » et affirmé que les déclarations de l’OEA « peuvent être utilisées comme une excuse pour intervenir dans les affaires internes d’un autre pays, et même, comme cela est déjà arrivé par le passé, pour l’envahir. »

Aussi bien l’OEA que le gouvernement des Etats-Unis « communiquent par téléphone avec des chaînes comme Globovision et toute la faune de dictateurs des médias qui ne comprennent pas qu’un changement démocratique est en train d’avoir lieu, que les privilèges dont jouissaient les propriétaires de médias et les hommes d’affaires déguisés en journalistes touchent à leur fin » a poursuivi Chaderton.

Les Etats-Unis ont soutenu le coup d’Etat contre Chavez de 2002 et ont tenté de prouver l’existence de liens entre le gouvernement socialiste de Chavez et des groupes comme les FARC de Colombie et l’ETA espagnol, que les Etats-Unis tiennent pour terroristes. Mercredi, la Chambre des Représentants américains a tenu une audience au cours de laquelle elle a critiqué l’émission d’un mandat d’arrêt contre Zuloaga.

Chaderton a affirmé que l’audience a montré que le gouvernement des Etats-UNis a en tête « d’accorder des certificats d’honnêteté et de crédibilité à tout délinquant ou criminel Vénézuelien qui se présentera comme anti-chaviste. »

L’Ambassadeur a noté l’absence de critique par l’OEA du fait que les Etats-Unis aient exercé des pressions pour pousser l’ancienne correspondante de White House Press à démissionner, après ses récents commentaires contre l’occupation israélienne de territoires palestiniens.

Il a aussi critiqué les médias étasuniens, qu’il a appelés la « machine à censure », parce qu’ils ont minimisé l’importance des récentes fuites concernant la video d’un hélicopter militaire étasunien ouvrant le feu sur un groupe de reporters et de civils en Irak.

Chaderton a conclu en déplorant que ses propos marquent un changement dans le caractère de l’OEA au cours des années écoulée. Par le passé, a-t-il affirmé, la Commission Inter-Américaine des Droits de l’Homme a été « un exemple de la lutte institutionnelle contre des régimes qui violaient les droits de l’homme et choquaient la majorité de nos pays. Maintenant, malheureusement, elle est pleine de militants actifs contre des gouvernements qui dissidents face au pouvoir impérial ».

(1) voir à ce sujet : http://socio13.wordpress.com/2010/06/20/un-tribunal-venezuelien-emet-un-mandat-darret-contre-le-proprietaire-de-globovision/

2 Réponses vers “Le Venezuela répond aux accusations de l’OEA et de l’ONU concernant la liberté d’expression”


  1. 1 Junior 23 juin 2010 à 5:33

    Guillermo Zuloaga, a non seulement violer la loi sur l’importation de vehicule au venezuela qui est interdite ou autoriser sous de tres complexe condition, mais il a tous d’abord viole une des loi les plus importante du venezuela qui est celle qui interdisant le change du bolivard fuerte au dollars sans prealable autorisation de l’etat (CADIVI, est le nom de l’organisme qui autorise l’achat du dollars sous de tres lourde conditions).

    Cette violation des regles economique de l’etat est punie par une amende du poid objets saisi, d’une amende equivalente au objets saisi, plus une peine d’incarceration jusqu’a un an.

    Evidement la bourgeoisies venezueliene a l’habitude de diriger la danse a coup de relation ou de billet sans tenir compte qu’il vivent dans un etat souverain et qu’il y a des regles a suivre et cela pour tous citoyen acceptant de vivre au venezuela.

    J.

  2. 2 Joannès 23 juin 2010 à 10:43

    Eh oui ! Tout le monde capitaliste ne peut pas comme le Venezuela laisser des médias privés déversés mensonges et appels aux crimes, n’est-ce pas? Chez nous l’opposition anti-capitaliste à quoi avons-nous droit pour combattre à armes médiatiques égales tous les médias à haute audiance publique? Des miettes : quelques minutes de temps en temps au moment des élections et voilà le type de démocratie qu’aime le capitalisme pour se perdurer!!!Le mensonge, le mutisme à gogo : les deux mamelles de la Société capitaliste ! Mais c’est reconnaître de leur part que de la bataille des idées ils n’en veulent pas : ils seraient battus !


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