En juillet 2009 avait eu lieu à à Washington, le premier round du dialogue stratégique et économique sino-américain (S&ED), lundi s’est ouvert à Beijing, le deuxième round des négociations avec une forte délégation de 200 membres nord-américaine conduite par Hillary Clinton. Il est à noter que le président Barak Obama ne s’est pas rendu à Pékin. Le mécanisme de S&ED, initié par le président chinois Hu Jintao et son homologue américain Barack Obama, “vise à approfondir la communication entre les deux parties sur des sujets stratégiques et à long terme en vue de promouvoir le développement stable des relations sino-américaines”. Très poliment, les hôtes chinois se sont félicités des progrès réalisés dans certains domaines mais ont parlé d’un contexte ayant des “hauts et des bas” et surtout ont refusé de s’enfermer dans un tête à tête avec les Etats-Unis. Il s’agit d’un nouveau type de relations comme l’a redit le président Hu Jintao: “Il a appelé les deux pays à travailler avec le reste du monde pour rendre le système international plus juste et plus équitable.”
Les Chinois se sont félicités des accords intervenus depuis juillet 2009 dans divers domaines.
“Dans les domaines du commerce, de l’énergie, de l’environnement, et une coordination plus étroite sur un éventail de problèmes régionaux et internationaux, tels que la crise financière internationale, le changement climatique, l’aide aux sinistrés des catastrophes naturelles et le contrôle des épidémies.”"Un cas particulièrement remarquable est la rencontre entre MM. Hu et Obama en avril dernier à Washington, au cours du sommet sur la sécurité nucléaire”.
Mais cela a eu lieu “malgré des hauts et des bas”
Au titre des “bas”, les Etats-Unis renâclent à reconnaître à la Chine le statut d’économie de marché. Il est vrai qu’ils ont du mal à comprendre la dialectique de Deng Xiao Ping sur le fait que l’économie est comme un oiseau qu’il ne faut pas serrer dans la main pour ne pas l’étouffer, mais dans le même temps, il faut la faire voler dans une cage….
Les tâches économiques chinoises
Au programme du volet stratégique, les responsables des deux parties discuteront de sujets tels que la sécurité énergétique, le changement climatique, les missions de maintien de la paix de l’ONU et la lutte contre le terrorisme. Quant aux questions économiques, elles couvriront notamment la reprise économique et la croissance, le commerce et l’investissement, la stabilité des marchés financiers et la réforme des systèmes financiers internationaux.Avec une mention spéciale à la crise en Europe qui inquiète beaucoup la Chine dont l’Europe est le premier partenaire commercial.
La Chine et les Etats-Unis ont convenu lundi à Beijing de faire preuve de prudence dans le retrait de leurs mesures de relance économique.
Le président de la CEDR, Zhang Ping, a informé lundi matin plusieurs responsables américains de la situation macroéconomique de la Chine et des principales tâches économiques auxquelles est confronté le pays. Parmi ces tâches figurent le renforcement de la demande intérieure, en particulier la consommation, la stabilisation des prix, le changement de mode de développement économique et la restructuration ainsi que la stabilisation du développement d’une économie ouverte.
Transfert de technologie et transparence de la réglementation sur les investissements étrangers
Le ministre chinois du Commerce, Chen Deming, a insisté lundi pour que les Etats-Unis suppriment les restrictions à leurs exportations de produits de haute technologie vers la Chine, décision indispensable à l’équilibre commercial entre les deux pays.
Le ministre s’exprimait lors d’une conférence de presse pendant le second Dialogue stratégique et économique sino-américain. A cette occasion, il a souligné que la Chine et les Etats-Unis ne pouvaient parvenir à un équilibre de leurs échanges sans augmentation des ventes de produits de haute technologie.
La Chine salue l’idée que les Etats-Unis réforment leur politique de contrôle des exportations de produits hi-tech vers la Chine, a indiqué Chen Deming. Celui-ci a cependant exprimé l’espoir que les réformes soient “réelles” et non pas “beaucoup de tonnerres sans pluie,” car cette libéralisation serait profitable aux entreprises des deux pays.
Chen Deming a également souhaité que les Etats-Unis puissent améliorer la transparence de leur réglementation sur les investissements étrangers de sorte que davantage d’entreprises chinoises puissent investir aux Etats-Unis.
Une intiative pionnière qui a besoin d’échanges “francs et profonds”
Le décor est planté quand les Chinois expliquant “La Chine, le plus grand pays en voie de développement, et les Etats-Unis, le plus grand pays développé, partagent des intérêts communs dans nombre de domaines mais entretiennent néanmoins plusieurs différends. Il n’est donc ni possible ni réaliste d’espérer que tous les problèmes puissent être réglés en un seul tour de dialogue.
La première chose qui importe est que la Chine et les Etats-Unis communiquent conformément à leurs intérêts stratégiques, à long terme et globaux et mènent leurs relations bilatérales dans des perspectives stratégiques et à long terme. Le second tour du S&ED sera l’opportunité pour les deux parties de s’engager à élargir les consensus, diminuer leurs différends, renforcer la confiance mutuelle et parvenir à une situation gagnant-gagnant sur la base de l’égalité et du respect mutuels, afin de promouvoir le développement sain des relations sino-américaines.”
Le dialogue stratégique et économique Chine-Etats-Unis est une initiative “pionnière” dans les relations entre Etats, basée sur des échanges francs et profonds sur les problèmes stratégiques, à long terme et qui concernent tout le monde, a indiqué lundi 24 mai le conseiller d’Etat chinois Dai Bingguo.
Pour qui sait lire un langage diplomatique, le ton “franc et profond” signifie qu’il y a encore beaucoup de problèmes à résoudre.
Un dialogue important mais pas de G2
Dai Bingguo et le vice-Premier ministre Wang Qishan, sont les représentants spéciaux du président chinois Hu Jintao. Ils co-président ce dialogue de deux jours avec la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, et le Secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner.
Pour le conseiller d’Etat chinois, les deux pays se trouvent à “un moment historique et crucial dans le développement de l’humanité et celui des relations sino-américaines”.
Il a fait remarquer que la Chine et les Etats-Unis qui sont, dans le monde, “le plus grand pays en développement” et “le plus grand pays développé”, devraient “se débarraser des obstacles édifiés par les hommes et poursuivre de manière inébranlable le chemin frayé par les deux présidents”, en vue de construire, au 21e siècle, un partenariat positif, coopératif et global.
“Nous devrions forger un nouveau type de relations entre grands pays, caractérisées par le respect mutuel, la coexistence harmonieuse et la coopération gagnant-gagnant entre des pays dotés de différents systèmes sociaux”, a poursuivi Dai Bingguo.
“Nous ne pensons pas que les affaires internationales doivent être déterminées par un seul pays ou deux pays seulement. Si la Chine et les Etats-Unis n’arrivent pas à mettre en place ce nouveau type de relations, cela réduira sérieusement les chances de paix au 21è siècle”, a-t-il souligné.
Le président chinois Hu Jintao lui-même a appelé lundi à Beijing à renforcer la coordination entre la Chine et les Etats-Unis sur les questions régionales et internationales d’importance majeure.
Il a appelé les deux pays à travailler avec le reste du monde pour rendre le système international plus juste et plus équitable.(1)
Danielle Bleitrach
(1) Ce même 25 mai, Le président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chávez, a rencontré une délégation de la Banque de développement de la république Populaire de Chine “pour signer un ensemble de projets dans laquelle la Chine apportera capitaux et conseils en matière de développement et de planification (transports, logements, minerais, électricité, pétrole, gaz et pétrochimie)” le président du Venezuela a déclâré à la clôture de la réunion “Nous sommes en train de libérer l’Amérique latine; c’est notre tâche et comme mao l’a dit, la Chine aidera à la libération du peuple et développera la paix dans la monde, paix et fraternité. C’est ce que nous voulons et ce que nous sommes en train de construire. “Le Commandant Chávez a annoncé qu’au mois de juin une commission vénézuélienne voyagera en Chine, et en août “Nous recevrons une délégation chinoise pour préparer une réunion avec le président Hu Jintao”.
On peut s’interroger sur l’appréciation que les Etats-Unis ont sur ces liens étroits avec le Venezuela, c’est-à-dire un domaine que les Etats-unis ont tendance à considérer comme doublement réservé: l’Amérique latine comme leur arrière cour, le pétrole vénézuélien dont ils continuent à être les principaux clients.
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