Faites donc cette expérience par danielle Bleitrach

 J’ai fait une expérience et je vous conseille de tenter de la réaliser pour bien mesurer l’ampleur des dégâts plus que politiques ou idéologiques, il s’agit d’un fait de civilisation, d’un fait culturel. C’est-à-dire ayant des effets durables et qui concerne désormais l’évolution de chaque individu. L’expérience est née de mes interrogations lors de la dernière campagne électorale en France, celle des régionales deu début 2010.

Le débat est-il besoin de le répéter évitait soigneusement tout ce qui pouvait avoir une incidence réelle sur la vie de nos concitoyens, rien de ce qui était secondaire ne paraissait étranger aux médias ayant une diffusion massive comme la radio ou la télévision. Comme tous les partis agissaient de la même manière, en se débattant dans le champ clos dessiné par les dits médias, on pouvait s’interroger sur  l’effet recherché: l’appel à l’abstention, chacun tablant sur ses partisans en tentant de ne pas réveiller les autres du profond sommeil de cette soporifique campagne. Les résultats ont été à la hauteur de l’effet escompté, la moitié de l’électorat a déserté les urnes.

Donc encore sous le coup de cette désertion civique massivement organisée, je me suis interrogée sur les raisons qui poussaient les communistes de diverses obédiences à soigneusement éviter la question de la guerre. certes un conseil régional n’a pas à décider de la guerre et de la paix, mais il semble désormais partager  cette non implication y compris avec l’Assemblée Nationale, parce qu’il y a l’OTAN ou ce qui revient au même intégration européenne, armée de métier, nous n’avons pas plus en tant que citoyen de pouvoir sur la paix ou la guerre que sur la politique monétaire de la Banque Centrale européenne.

Alors plutôt que parler de la burqa ou de “l’identité nationale”, peut-être pourrions-nous profiter du moment électoral pour poser quelques questions à nos dirigeants. Qu’il ne se trouve personne, je dis bien personne pour remettre en cause politiquement, c’est-à-dire sous forme d’un débat public et récurrent à la fois justement ce rôle de la BCE, le fait par exemple que cet organisme prête aux banques privées à 1% et nous prête notre argent à 3% nous Etats-nations, est extraordinaire. J’imagine Marchais devant un tel “scandale” et oserais-je dire que je le regrette amérement. Au risque de m’attirer les foudres des esthètes politicards. Mais me paraît encore plus extraordinaire le fait qu’en ces temps que l’on proclame de vaches maigres au point de nous sucrer nos retraites, de nous restreindre santé et éducation, il ne se trouve personne pour demander le coût réel de la guerre en Afghanistan.

Je veux bien que l’on ait réussi à décérébrer nos concitoyens, à leur faire croire qu’il n’y a pas d’humanité en dehors de la France, voir de l’Europe et  de l’alié étasunien, donc que cette guerre totalement inutile, perdue, et qui massacre plus de civils, des femmes et des enfants que de guerriers de l’autre camp, ne nous concerne pas même si nos armées y sont à demeure. Nous avons l’habitude d’ignorer de la même manière le rôle de nos armées en Afrique. Mais au moment même où l’on s’attaque à tous nos acquis sociaux n’est-il pas extraordinaire que personne ne pose la question du coût réel de cette guerre et compare les chiffres avec les déficits dans d’autres domaines?

Mieux quand je tente l’expérience- et je vous conseille de la tenter à votre tour-  je pose cette question de la guerre et de son coût , y compris à des communistes, des gens qui sont censés être ou avoir été militants, ils ont des réactions stupéfiantes. Ils changent de conversation, les plus vieux partent sur leur rôle héroïque durant la guerre d’Algérie ou du Viet nam, mais alors l’Afghanistan ils s’en moquent… D’autres toujours “malins”, jusqu’à la disparition totale du parti sans doute, m’expliquent que la politique étrangère n’intéresse personne, et que l’on ne gagne pas des voix aux élections sur de pareils sujets. Parce que la Burqua, les conneries de Zemmour qui font la une des journaux, y compris sont répandus sur internet à plus soif, les intéressent? Les plus militants me demandent “quel moyen ai-je d’agir la dessus?” Certes mais moins on a de moyen d’agir là-dessus, moins on en a sur le reste. Enclair cela veut dire qu’a disparu le militant, l’organisation, la permanence d’un combat, son horizon, dans l’espace et dans le temps. Il n’a pas disparu par enchantement, cela a été voulu. L’intéressant c’est que personne ne s’en préoccupe et ne parle de cela pas plus que de l’Afghanistan… Faites l’expérience et vous verrez…

Mon interprétation est différente du simple effet médiatique. Je vous la livre: il y a eu recemment une émission de télé qui reprenait une expérience trés ancienne de gens que l’on poussait autoritairement à torturer dans un jeu télévisé. Ce que tentait d’établir l’expérience c’était une nouvelle légitimité médiatique qui poussait les  cobayes même si ça leur déplaisait à torturer un autre individu. Le jeu était fictif mais personne sauf les animateurs le savait. Cette expérience je le répète avait été tentée aux Etats-Unis aux lendemains de la deuxième guerre mondiale, mais c’étaient des étudiants soumis à la légitimité du professeur d’université qui les incitait à participer à cette expérience. A la même époque, les mêmes sociologues, toujours aux Etats-Unis constataient au contraire une forte résistance aux médias, celle-ci était dûe à l’influence privilégiée en particulier sur le plan politique des voisins, de la famille, des amis et des militants proches. Donc c’est plutôt dans la destruction de ce tissu social et politique qu’il faut chercher la raison de la soumission aux médias.

Même si tout n’était pas convaincant donc dans cette émission, il apparaissait quelque chose qui doit être retenu: la légitimité médiatique, les médias définissent désormais ce que Pierre Bourdieu appelait un “champ”. Ce champ en période électorale définit ce dont il est légitime de parler, le reste est considéré comme n’intéressant pas l’opinion. C’est un effet pervers qui va avec et au même rythme que la disparition du militantisme et la définition des “périodes” électorales. Ce dont les médias ne parlent pas échappe au politique, et il en est ainsi de la guerre en Afghanistan. Elle n’existe pas, elle a glissé hors la conscience de tout le monde, pourtant il est clair qu’il y a des gens qui y trouvent leur intérêt. Mais leur intérêt est aussi qu’il soit fait silence sur elle.

ce qui mériterait d’être étudié c’est le faible impact de ce qui se joue dans ce champ et la manière dont les individus s’en retirent. Le jeu n’interesse plus mais quand on accepte d’y jouer c’est dans les normes médiatiques parce qu’il n’y a rien d’autre que ces règles là.

Résultat quand on lit la presse nord-américaine ou même anglaise  et que l’on voit que le sujet de la guerre paraît préoccuper quelques personnes au moins on se demande pourquoi sommes-nous tombés si bas, au point de faire la guerre à des civils qui ne nous ont rien fait et sans même- dernier sursaut citoyen- nous interroger sur ce que nous coûte le crime et pourquoi nous préférons poursuivre les assassinats massifs alors que nous n’avons plus les moyens d’éduquer et de soigner la population française. En fait on nous met en situation de livrer le budget de la santé et de l’éducation aux mêmes qui entretiennent ce crime en Afghanistan. Bizarre!!!

Danielle Bleitrach

16 Réponses vers “Faites donc cette expérience par danielle Bleitrach”


  1. 1 comaguer 27 mars 2010 à 10:57

    Observation maintes fois partagée

    Riposte ( à l’arme lourde, si l’on peut dire)

    “Du beurre ou des canons ?” (question posée aux foules italiennes par Mussolini)

    Quand la foule ,bien dressée, répond “Des canons”

    on est dans une régime _ _ _ _ _ _ _ _ ? devinez !

  2. 2 gilles questiaux 27 mars 2010 à 10:59

    Il est vrai qu’une grande campagne anti guerre et anti OTAN, impulsée par le PCF, ça manque. On se demande pourquoi, ce devrait être fédérateur de toutes les “sensibilités”. On est obligé de constater que toute une génération n’y croit plus.

  3. 3 Christian Riochet 27 mars 2010 à 11:13

    Certes je suis bien d’accord avec tes propos mais il me parait aussi très scandaleux que lors de ces régionales aucun – je dis bien aucun – n’a abordé les mécanismes de la région elle-même, dans ses mécanismes économiques et prétendument démocratiques. Qu’est ce qu’une région? De quel budget dispose t-elle? Quelles relations la région a t-elle avec la mairie, la communauté des communes, le département, l’Etat lui-même, l’Europe dans ses diverses formes de gouvernement et enfin quelles relations la région peut-elle avoir avec l’économie mondialisée? Comment les potentats locaux gèrent-ils la région par clientèlisme? C’est dans la mesure ou ce genre de questions n’a pas été posé que l’abstention a été vertigineuse et que le front national a trouvé un nouveau souffle.
    Encore une fois on vérifie que la démocratie est une menace pour la démocratie.
    Dans le blog PCF lyon 7 j’ai publié cet article qui essayait de parler de ça. En voici le texte:

    “Les gros pardessus, les régionales et le cul de la crémière (HUMOUR)

    Voici donc la France, ces quatorze et vingt-et-un mars, en élections régionales. On aura entendu, lu et vu, des tas de choses à ce propos. Pour une grande part, on retiendra que tout le monde a l’air de s’en foutre et en tout cas, n’a pas l’air d’y comprendre grand-chose. Il faut en effet être fin politologue pour voir et comprendre que la région se situe dans un bataclan entre la municipalité, la communauté de communes, le conseil régional, les instances départementales, les instances nationales, les instances européennes et les entreprises privées, les associations et les entreprises publiques.

    Au milieu de ce pataquès, comment retrouver ses poussins, se demande la poule aux œufs d’or ?

    Les subtilités, surtout françaises, en matière politique ont l’incontestable avantage de foutre en ces affaires un tel bordel qu’en effet une poule y perd ses poussins.

    On va essayer ici d’éclaircir les choses en les disant avec ce bon sens dont, parait-il, tous les Français sont bien pourvus.

    A quoi sert une élection régionale ? Elle sert d’abord et avant tout aux gros pardessus. On appelle un gros pardessus, dans les provinces françaises, ce bonhomme qui justement en porte un, a le ventre en avant, le porte-monnaie garni, le pouvoir au bout de son cigare et le regard torve du paysan ou du bourgeois qui connaît ses administrés parce qu’il sait que la maîtresse d’école couche avec le facteur et que le conseiller municipal a déjà modifié depuis quinze ans qu’il est conseiller municipal, le POS (plan d’occupation des sols) en faveur d’un agent immobilier qui lui remet une enveloppe en sous main et qui pourra ainsi construire un nouveau lotissement inondable.

    La région est dans ces magouilles parce qu’il est évident pour tout un chacun que si ce lotissement n’est pas construit, l’école du village n’aura pas son quota d’enfants et devra fermer.

    Ces petites combinaisons plus ou moins puantes forment le tissu de cette vie politique régionale.

    Dans ce contexte, en aucune façon, on ne peut dire que les élus sont coupés des électeurs.

    Les dirigeants du peuple gèrent de toute façon en fonction des désirs de tout un chacun.

    On trouverait presque possible et idyllique cette description de la situation, si l’on ne savait pas pourtant que les intérêts collectifs et les valeurs les plus respectables sont méprisés, bafoués, ridiculisés et jetés aux cochons.

    D’aucuns, de plus en plus, s’étonnent justement de ce que les élus – de tous les partis – sont coupés en effet, réellement, des gens.
    Mais pourquoi est-ce le cas ?

    Mais tout simplement parce que c’est possible, parce que tout le monde s’en fout et parce que surtout, il n’y a pas de sanction.

    Le conseil régional, comme toute autre structure peut parfaitement mentir, prétendre faire ceci et cela, jouir de l’effet de l’annonce et ensuite se réserver bien évidemment le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière.

    Dans ce foutoir désolant, qui écœure au point que l’on n’ose même pas dire qu’il écœure, on ne peut espérer qu’une chose heureuse et sentimentale : que la crémière parvienne à sauver son cul.”

    Bon courage Danielle,
    Christian Riochet

  4. 4 MARAT EL MOKRANI 27 mars 2010 à 11:17

    Chére Danielle,
    Ton texte touche du doigt la question importante de la place de la politique etrangére,et l’absence de traitement de ces question dans l’Huma et surtout malheureusement dans les réunions du parti.Moi j’aurai aimé un bilan du triomphe du capitalisme dans l’ex URSS ,et que cette question soit traitée dans un numéro special de l’Huma j’espére que ce n’est pas par crainte de paraitre regretter (comme la population russe )l’Urss que cela n’est pas fait !
    Jai des amis qui font partie des classes moyennes supérieures leurs enfants sont frappés de plein fouet par la politique du capital et c’est d’eux meme qu’ils ont fait le lien avec la chute du mur.
    J’ajouterai une remarque sur le départ de Zarka et de ses amis qui quittent le parti estimant que la forme parti n’est plus pertinente ils auraient du attendre le congrés et présenter leur point de vue et le défendre,surtout ce qui me chifonne c’est qu’ils veulent un retrait groupé comme les socialistes minoritaires au congrés de TOURS.
    je terminerai en te disant combien cela me fait plaisir d’avoir les memes vues que toi sur l’importance de l’Etat Nation car je m’estime etre l’héritier des sans culotte et des communanards!

    • 5 MARAT EL MOKRANI 27 mars 2010 à 7:20

      j’ai terminé mon texte par communanards en plus d’etre communiste et gaulliste je suis peut etre un peu anar!
      ce qui n’est pas genant tant je suis avant tout un REVOLUTIONNAIRE.

  5. 6 rushes 27 mars 2010 à 11:29

    Le capitalisme préfère des pouvoirs forts et centralisés garantissant leur retours sur investissement. Les médias de masse sont là pour garantir la malléabilité des consciences. En Europe, et particulièrement en Italie et en France, on voit bien le résultat de cette opération concertée de lavage des cerveaux disponibles entre deux tranches de pub. Perte du sens de la perspective historique, de l’empathie, du respect de l’intimité, de la solidarité, valorisation de l’image, du show, de l’égoïsme, de l’art de se vendre, du mensonge comme tactique. Et de manière générale, perte du sens de la valeur de la vie humaine et animale, par une surenchère de meurtres, de tortures, de violences à autrui, banalisées par la fiction et les reportages à chaud diffusés à l’heure des repas et en divertissement ordinaire. Avec 6 milliards d’humains sur une planète trop petite pour que chacun puisse vivre comme un petit bourgeois, on a pas fini de voir monter cette indifférence à la guerre et aux massacres que vous dénoncez. Orwell l’avait prédit, nous y sommes. La pensée anarchiste a toujours eu une longueur d’avance car elle est l’utopie en marche, les Staliniens le savaient bien, et leur trahison envers les combattants du Poum durant la guerre d’Espagne en fut une illustration tragique…

  6. 7 NOSE 27 mars 2010 à 12:25

    Oui, un bilan de l’ensemble des gaspillages de fonds publics est indispensable pour nos luttes. Et comme toujours, la réaffirmation de l’internationalisme contre la division des peuples et la mise en concurrence des nations jusque dans la guerre, c’est constitutif de notre identité.
    L’oublier, c’est s’oublier soi-même.
    L’oublier c’est mourir.

    NOSE

  7. 8 Joannès 27 mars 2010 à 12:29

    Tout à fait en symbiose avec toi Danielle sur cette analyse. Cependant pour affronter “la bête immonde” l’unité des travailleurs comme l’histoire nous le rappelle est une condition sinequoinone de la résistance. Le front de gauche semble répondre à l’attente de nos cocitoyens! Un bon point est marqué en Limousin pour cette avancée : Unité qui incluait le NPA. Elle a mobilisé beaucouyp et à remarquer une jeunesse qui affluait aux réunions. Puisse l’espoir de nos ayeux renaître et l’emporter !!!

  8. 9 Chabian 27 mars 2010 à 1:16

    Je pense que l’analyse vaut pour toute la gauche et pas seulement pour le PCF ou autre. Quels sont les “champs” que nous laissons tomber dans l’ombre.
    Il y a des variantes selon les états sur ces questions militaires. Je suis étonné de cette référence à la guerre d’Algérie, faite par un communiste. En Belgique, on est plutôt dans l’illusion (médiatique) que “nos” soldats sont devenus des “casques bleus”, des “soldats de la paix”. De ce fait les questions militaires deviennent “humanitaires” et les sentiments militaristes sont médiatiquement légitimés.
    Pourtant des bavures de ces soldats en Somalie, en Afghanistan ne manquent pas !
    La manière dont on a traité “la demande d’Obama” pour des renforts militaires en 2010 (qui a décidé, après quels débats, quelles déclarations, etc.) serait à analyser. Et le silence des partis de gauche. Même hors campagne électorale (qui est en fait devenur permanente dans tous les pays, et les médias ont aussi une responsabilité en suscitant les campagnes politiques en permanence.

  9. 10 zorgol 27 mars 2010 à 2:03

    Je suis complétement d’accord avec toi sur ce constat d’absence de débat (c’est même une chape de plomb) sur ces questions du coût de la guerre.
    Les programmeurs officiels de la pensée unique qui ont la mainmises sur les média du “monde libre” préfère débattre sans fin sur le réchauffement de la planète ou les questions écologiques qui n’ont surtout pas vocation à remettre en question le capitalisme tout puissant.
    L’absence de débat sur l’iniquité de la guerre pour le pétrole va de pair avec l’illusion que propose les politiciens écolos comme si tous nos problèmes n’étaient pas la conséquence directe du capitalisme!

  10. 11 Trannoy Beranrd 27 mars 2010 à 4:47

    NON il n’y a pas de dynamique FRONT DE GAUCHE

    22/03/2010
    Parce qu’il ne met de fait, au centre que le rassemblement comme une fin en soi, ce front est destiné à finir dans les poubelles de l’histoire.

    LA QUESTION CENTRALE QUE POSE L’ABSTENTION
    LE MONDE DU TRAVAIL EST DANS SA TRES LARGE MAJORITE AUX ABONNES ABSENTS ET NOUS DEVONS LE COMPRENDRE.

    POUR CELA TROIS RAISONS :

    1- En 2005 55% des français ont rejetés le TCE. le couple UMP – PS s’est assis sur ce résultat par une véritable forfaiture. Provoquant ce sentiment « a quoi cela sert de voter, puisqu’ils n’en tiennent pas compte » d’où l’abstention qui s’est développé depuis.
    2- Le front n’est qu’un jeu a somme nulle les gains ne recouvrent pas les pertes – c’est une structure hors sol, comme il y a l’agriculture hors sol tenant hors du champ des décisions les adhérents des organisations, au profit de cénacles mal identifiés. Qu’un populiste veux à tout prix dominer – croire qu’il est possible d’affronter le capital à fleuret moucheté n’est qu’une douce illusion – Il nous faudra une organisation d’une autre qualité – En fait le front n’est qu’une somme d’individus ayant leur vision propre – sans faire même l’effort d’une vision collective.
    3- La question qui n’a pas été tranchée : Voulons-nous tous ensemble engager des processus de rupture avec le système capitaliste ? – Franchement nous pouvons en douter, tant dans le front de gauche, que dans le PCF, où beaucoup trop d’élus n’ont des stratégies que personnel.

    La question centrale n’est donc pas réglée. Elle n’est pas celle du rassemblement. Mais bel et bien celle d’un contenu rompant non seulement avec le capital mais aussi avec l’Europe, l’euro et l’OTAN qui sont autant d’outils d’asservissement des peuples. Ceci parce qu’il nous faut absolument reconquérir tous les attributs de la souveraineté nationale donc de la maitrise de nos destins collectifs.

    Mais là je crains que nous ne soyons pas tous d’accord.

    Pour moi le front de gauche est de profundis. Car lui aussi s’inscrit dans le vouloir jouer à la marge. Son illisibilité est quasi-totale – ce n’est qu’une Mélenchonnade type Mac Do.

    Parce que précisément il évacue cette question centrale. Ce n’est pas le rassemblement qui peux mobiliser, mais le contenu dont il devrait être porteur et qu’il ne peut avoir, faute de vision commune. Ce travail qui n’a jamais été fait est sans continuellement glissé sous le tapis des sujets qui fâchent.

    - Ne rêvons pas à un Die Linke à la française – Celui-ci n’a toujours pas de programme tellement les désaccords sont profonds.
    - Voir l’expérience Arcobello en Italie qui a donnée les résultats que l’on sait, la gauche n’est même plus représentée au parlement italien.
    - Situation n’est guère plus brillante en Espagne avec Izquierda.

    Les seuls à faire front, et en état de le faire, sont le PC Portugais et le PC grec (KKE) (qui se heurtent pourtant à la volonté de caporalisation du PGE).
    Regardons bien ce qui se passe en Grèce – Car c’est ce qui nous attend demain. Mis en œuvre par SARKO, mais aussi n’en doutons pas, par le PS dès que viendra son heure. Un PS qui ne reviendra pas sur les déconstructions opérées par la droite ? Ressortirons-nous de l’OTAN, retirerons-nous les troupes d’Afghanistan ?

    Qu’attendre d’une organisation, le P.S dont 2 de ses plus éminents membres dirigent ces organisations emblématiques de la mondialisation impériale, Strauss Kahn au FMI et Pascal Lamy à l’OMC. (Qui non pu accéder à ces postes sans être adoubé, au moins implicitement par ce grand démocrate du Bush).

    Un occident (USA – EUROPE) qui ne veux pas voir que l’axe du monde se déplace inexorablement vers l’Asie. Nous sommes dans la même phase historique que celle qui a précédée la chute de Rome. Un occident malade de son déclin qui dans son refus fait courir au monde les plus graves risques de guerres, les USA refusant d’admettre leur inévitable et certain déclin.

    En l’occurrence au-delà des circonvolutions de langage, ce n’est pas l’Iran que l’on veut sanctionner (Israël en justifierait bien plus, elle qui détient de 2 à 400 têtes nucléaire) MAIS EN FAIT, C’EST LA CHINE QUI EST VISEE – ET CELA LA CHINE LE SAIT.

    En fait le changement nécessaire n’intervient que sous la pression des événements, d’un collapsus majeur (crise général du système) avec tous les dégâts humains et sociaux que l’on peut facilement imaginer.

    Sommes-nous capables collectivement d’anticiper. C’est la question qui nous est posée. Alors en attendant il faut maintenir l’outil PCF en état de fonctionner y compris contre tous ceux qui de l’intérieur agissent pour le liquider.

    De fait, les hommes ne changent l’ordre existant que sous la pression des nécessités.

    Bernard Trannoy
    Administrateur site impertinent : http://www.pcfbassin.fr

    PS = J’écris plus haut que « Le front n’est qu’un jeu a somme nulle les gains ne recouvrent pas les pertes ». Tout bien réfléchit je pense plutôt que le front n’est qu’un jeu a somme négative.

    Une analyse rapide montre que le score du FdG ne dépasse celui des européennes que dans les seules régions où un communiste tire la liste. (Sauf 2 régions PACA et Ile de France où les magouilles internes au PCF ont produit le résultat que l’on sait) – Les régions conduites par « Nos partenaires » sont très en deçà. (Aquitaine – Midi Pyrénées – Languedoc Roussillon).

    En fait, elles révèlent qu’une partie très importante des électeurs et des militants du PCF n’acceptent pas l’effacement du PCF au profit d’une machine destinée UNIQUEMENT à la promotion du populiste Mélenchon et le fond savoir.

    A cela s’ajoute le souverain mépris que porte les aristos, bobos du PG à l’égard des militants communistes de base, préférant régler les problèmes avec la Nomenklatura de sommet dont le PCF n’est pas immunisé . Exigeant par la même des militants de base du PCF qu’ils se comportent comme des soldats devant obéir à la nomenklatura du sommet. Leur unique objectif nous plumer. En fait, nous sommes mieux respectés par des militants issus du NPA, précisément parce que ce sont des militants.

    De ce point de vue le résultat du Limousin à ceci d’intéressant, il montre que là, le NPA fournit des troupes et des électeurs. Pour le PG, des électrons libre imbus, qui refusent les engagements collectifs et surtout ils sont sans troupe.

    Le pompon en Aquitaine par la grâce du Sieur Dartigolles. PCF + de 90% des suffrages 1 élu PCF (Peu fiable), 2 élus PG complètement incontrôlable (Le JE poussé à son paroxysme). C’est vraiment le bal des cocus.

    Quand au succès Front de gauche faudra qu’on m’explique. 2004 191 élus PCF 2010 126 élus Front de gauche dont 95 PCF ? Un Front qui ne provoque pas d’addition, mais plutôt une soustraction, quel intérêt ?

    Bonjour,
    La section du Médoc a demandé l’avis des Communistes après les régionales, voici ma réponse:
    Comme ça, à chaud, mon premier sentiment est que nous nous sommes trompés de cheval.
    Mais nos responsables du Parti qui ont contribué activement à cette tromperie portent une lourde responsabilité.
    Qui est allé chercher Boulanger il y a quelques années pour le mettre sur nos listes Communistes? Déjà le résultat avait été clair !
    A trop vouloir faire croire aux électeurs que les meilleurs ou les indispensables sont à l’extérieur du Parti, on récolte ce que l’on a semé.
    Par exemple, accepter une 27° place sur la liste en Gironde revenait à avaler une Nième couleuvre qui nous réduisait au ridicule Accepter l’exclusion de R Girardi aussi.
    Nous apparaissons comme les bons toutous du PS, on aboie et au premier coup de sifflet on rentre à la niche, même pas avec un nonos.
    Oui aujourd’hui nous sommes dans la nasse. 1 élu Communiste en Aquitaine, cela valait-il la peine de sacrifier le Parti ?
    Il ne s’agit pas de naïveté de la part de nos responsables, mais de la poursuite du travail de démolition pour diluer le Parti dans une nébuleuse …. D’abord anti communiste ! Qu’avons-nous de commun avec ces gens là ? C’était la question avant les élections, c’est toujours la question après. Au passage que faisait MG Buffet dans la mascarade avec Aubry à une terrasse de restaurant comme si c’était une vieille copine de lycée ?
    Aujourd’hui, plus que jamais je suis inquiet pour l’avenir du Parti.
    Comptablement, en Aquitaine, quel a été l’apport du front de gauche ? Et qui a fait le travail militant ?
    Nous sommes tous les “cocus” de la direction du Parti qui s’obstine malgré les congrès et les militants, à persister dans une voie que nous sommes nombreux à annoncer comme sans issue.
    Quand les Communistes de base prendront ils le pouvoir dans leur propre Parti ?
    Salut
    Gérard Calvinhac
    Le Porge Section PCF Bassin d’Arcachon

    Une fois de plus, le désir d’union nous a joué un sale tour.
    Le parti “La gauche” est une composante camouflée du PS qui rafle les sièges détenus depuis longtemps par des élus du PCF. Il ne faut pas laisser passer, il faut dénoncer Mélenchon et Boulanger qui sont des électrons libres du PS.
    A l’avenir, nous devrons partir à la guerre sous notre drapeau.
    André Le Corre
    Le 23/03/10 6:53, « jeanlouis.labeyrie » a écrit :
    L’appel du Front de gauche pour avoir une place au Conseil régional
    Pau – (Béarn) Le lundi 22 mars 2010 à 15h58
    Isabelle Larrouy, tête de liste Front de gauche dans les Pyrénées-Atlantiques et son colistier, Olivier Dartigolles, secrétaire départemental de la fédération du parti communiste, n’acceptent pas qu’aucun membre de leur liste ne soit élu au Conseil régional.
    Le résultat du deuxième tour des élections régionales a en effet permis à onze candidats de la liste PS-Europe écologie-Front de gauche des Pyrénées-Atlantiques de devenir conseiller régional. Or le premier membre Front de gauche figurait à la 12e place. Deux membres d’Europe écologie ont en revanche accédé à un poste.
    Lundi après-midi, Isabelle Larrouy et Olivier Dartigolles, ont donc lancé un “appel à la raison” au parti socialiste pour “que la victoire de toute la gauche soit la victoire de tous”.
    Seule une démission d’un élu de gauche des Pyrénées-Atlantiques permettrait à un membre du Front de gauche d’être présent à l’assemblée régionale. “Nous sommes confiants” ont conclu les intervenants.
    © 2010 Sud Ouest

    QUELLE TRISTESSE!
    Mais alors combien d’élus du FdG en Aquitaine? 3, 4, 5;6?Même pas de quoi faire un groupe politique je parie? Dire que les socialistes baignent dans un bonheur qui va au-delà de toutes leurs espérances et que j’ai l’impression que ma déception va en-dessous de toutes mes désillusions.
    Alors je propose: “André CHASSAIGNE candidat en 2012!”
    C’est bien trois élus du FdG qu’il y a: 2 PG et 1 PCF (Landes).
    Mais se ridiculiser ainsi publiquement comme le fait Monsieur Dartigolles , il faut le faire. C’est pathologique ! Ceci dit, mérite-t-il qu’on s’intéresse encore à lui? Poser la question c’est y répondre.

    Bonne nuit les petits

    Yves Castay
    Bonjour à tous(tes) les camarades,

    Un (re)sentiment sur le nombre d’élus Front de Gauche et Communistes:
    Deux élus du PG: Boulanger, ok la tête de liste et Guthinger de Dordogne et 1 seul camarade communiste: Alain Baché…

    Rousset a fait sa liste ou en tous cas sa liste noire, ça c’est certain. La non élection de Raymond Girardi est un scandale, les militants paysans qui défendent et militent pour une agriculture responsable et équitable dans le respect de la Terre et de l’Etre Humain, ce n’est pas trop dans l’air du temps. Autour du thème (malheureusement) central de la campagne en Aquitaine: la LGV, Rousset a également travaillé en achetant une « paix sociale » avec EE et en éliminant au maxi les LGV sceptiques.

    La liste « d’union » ramasse donc 58 sièges…1 seul pour le Parti… Ca pose beaucoup de questions!!!

    En tant que candidat sur la liste Landaise, je suis très content qu’Alain soit élu car je sais le cœur et l’énergie qu’il a pu mettre dans cette campagne. Pour ma part j’ai beaucoup apprécié la campagne, réunions publiques, repas- débat, les échanges entre militants, présence sur les marchés…c’est le côté plus obscur des négos d’entre deux tours, des manigances, règlements de comptes et compromis qui me gène un peu.
    Maintenant, Alain est élu et nul doute qu’il lui faudra jouer des coudes pour être un relais des luttes, la voix des sans voix comme les candidats du Front de Gauche se sont engagés à l’être.

    Un drôle de sentiment anime de nombreux militants après ce second tour, il est clair que nous devons déjà réfléchir à ce que nous voulons pour le parti demain, nos alliances, nos accords.

    Je ne pourrai être présent à Tartas Mardi et c’est à ce titre que j’ai souhaité exprimé mon avis sur ce mail.

    A très bientôt.

    Fraternellement

    Beñat Desgré

    REGIONALES QUOI EN PENSER ?

    Les résultats viennent de tomber: la Gauche inflige une lourde défaite à la droite gouvernementale, nettement battue, beaucoup plus qu’en 2004.

    Plusieurs ombres à ce tableau :
    1) Le score du Front national qui remonte et qui bénéficie de ces campagnes de haine développées par Sarkozy et un ancien socialiste, le dénommé Besson.
    2) Les abstentions, certes moins nombreuses qu’au premier tour, cependant globalement plus de la moitié du corps électoral ne s’est pas déplacé et en nombre important dans les villes et cités populaires.
    3)La division des communistes de ma région qui a permis aux socialistes de ne pas tenir compte des voix représentées autant par le Front de Gauche que par la liste de Maxime Gremetz, (plus de 11%).

    Cette claque que reçoit la droite montre que les politiques menées par Sarkozy, depuis son élection en 2007, ne passent plus et il subit la sanction de sa politique concernant les mesures qu’il a pris contre les salariés (es) et les retraités (es), tant dans le domaine de l’emploi, du pouvoir d’achat, des retraites et de la santé.

    Nul doute que les menaces qui pèsent sur nos régimes de retraites, sur l’hôpital, sur l’éducation nationale et sur la remise en cause de services publics a pesé dans le vote.
    Cela dit, Sarkozy et son gouvernement ont toujours le même plan de route, celui de nous faire payer durement la crise; ils ont le pouvoir et pour les dettes accumulées avec le renflouement des banquiers, ils comptent bien les faire supporter par les salariés et les retraités.

    En 2004, les élections régionales avaient été un triomphe pour la gauche par le nombre de régions emportées mais les promesses se sont vite envolées le lendemain après les lampions de la victoire et nous avons vu les socialistes mené des politiques ne respectant pas les engagements électoraux à gauche. Ils ont accompagné la crise.
    L’an 2010 sera-t-il un remake de 2004, l’avenir nous le dira, l’idée d’une gauche solidaire, solidaire de quoi, va vite se poser et une première question va jaillir: la réforme des retraites. Cette gauche dite solidaire va-t-elle faire en sorte que le patronat paye des cotisations sociales plus élevées que celles actuellement, va-t-elle accepter solidairement que toutes les exonérations de cotisations sociales soient supprimées. Va-t-elle, dans les régions, mettre en place des pools financiers basés sur des aides assorties à des conditions draconiennes d’embauche ?

    Les socialistes et les verts, ne l’oublions pas, décident au niveau de l’Europe actuellement tous les plans d’austérité antisociaux pour juguler la crise capitaliste.
    Voilà quelques exemples.

    Je ne suis pas sûr que les socialistes soient décidés à changer leur fusil d’épaule sur ces questions comme sur une autre beaucoup plus fondamentale telle l’arrêt des licenciements boursiers.

    Dans ces résultats comment ne pas louper la très bonne performance du Front de Gauche au second tour dans le limousin 19%. Un front large avec un NPA tout autre que celui que Besancenot préconisait.

    C’est une voie à suivre.

    Pour cela, il faut bien voir que maintenant nous allons entrer dans la bataille pour les présidentielles et les législatives de 2012 et sans se limiter à cela- il faudra surtout de nombreuses luttes contre ce gouvernement d’ici 2012- et cela posera une question essentielle pour les communistes regagner leur électorat dans les usines et les cités populaires.

    Il faudra être attentif à notre démarche, notamment à la place des communistes dans cette préparation politique des élections présidentielles et surtout de ne pas être pris au piège par ce faux semblant de primaires à gauche qui consisterait à éliminer de la scène politique le parti communiste de ces élections.

    Cela résidera certainement dans la clarté de la démarche du parti communiste et de son propre programme d’action.

    Je réitère d’ailleurs la nécessité de sortir un manifeste communiste nouveau pour notre pays.

    Les idées communistes peuvent être noyées dans les alliances si celles-ci ne sont qu’à consonance électoraliste.

    Enfin, un mot sur l’unité des communistes, elle est essentielle, elle doit reposer sur l’acceptation d’un projet communiste que j’appelle « Manifeste communiste ». Il faudra tout faire pour en créer les conditions et ne pas se retrouver avec des communistes égarés, incapables de s’unir comme ce fut le cas dans ma région où l’on a vu les communistes se déchirer entre eux à travers leur présence dans plusieurs listes.

    Enfin, une chose va compter, celle de la lutte face à ce pouvoir car il serait faux de croire qu’avec ces élections la droite et le patronat vont céder et faire une autre politique favorable aux salariés et retraités.

    Un proverbe dit « il na faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ».

    Alors mardi prochain, tous dans les manifestations syndicales.

    Bernard LAMIRAND

  11. 12 Gilbert 27 mars 2010 à 7:07

    @ Bernard Trannoy

    “Quand au succès Front de gauche faudra qu’on m’explique. 2004 191 élus PCF 2010 126 élus Front de gauche dont 95 PCF ? Un Front qui ne provoque pas d’addition, mais plutôt une soustraction, quel intérêt ?”

    À propos de ces comptes (d’apothicaire) électoraux. Il faut comparer ce qui est comparable. Qu’est-ce qui nous dit que si le PCF s’était présenté partout avec le PS, ce dernier lui aurait réservé autant de places éligibles (maintenant que le partenaire n° 1 c’est les libéraux écolos) qu’en 2004 ?

    Qu’est-ce qui nous dit que si le PCF s’était présenté partout tout seul, il aurait fait beaucoup plus que 95 sièges ?

    Tu ne crois pas qu’il y a un prix à payer AU DÉPART quand on entame une démarche nouvelle d’émancipation d’avec le PS ? Et que ça peut-être profitable à plus long terme ?

    Le problème que je vois, pour ma part, c’est que tu conchies le Parti de gauche alors qu’il me semble plus radical que le PC sur la question des alliances avec le PS. Qui est-ce qui négocie des places tout seul dans son coin ou qui est encore tenté par la gestion sous la coupe du PS ? Désolé de te le dire, mais c’est encore le PC.

    Si c’est pour faire un pas en avant et deux pas en arrière, je te l’accorde, le prix à payer aura été trop cher. Faut savoir ce qu’on veut dans la vie, on ne peut pas avoir le beurre de l’alliance avec le PS et l’argent du beurre (l’autonomie par rapport au PS).

    • 13 Trannoy Beranrd 28 mars 2010 à 11:45

      Je ne peux te suivre, pour moi, et c’est fondamentale La cuisine électorale reste seconde – L’important c’est POURQUOI ON SE RASSEMBLE ET POURQUOI FAIRE ? Le reste n’a aucun intérêt. Pour ma part jamais je ne voterais ou ferais voter pour ce populiste de Mélenchon. Le FdG c’est que tu le veuilles ou NON est une coquille VIDE. Battre SARKO n’est pas un objectif. Et à la place que fait-on ?.

  12. 14 Fald 27 mars 2010 à 8:01

    Bon article, mais qui me fait remonter bien des aigreurs. Rassurez-vous, ce n’est pas votre faute, au contraire!

    Ayant la sale manie de prendre la masse de mes contemporains pour des cons, il m’arrive souvent de dire que je suis un mauvais citoyen car j’ai plus de huit jours de mémoire historique !

    Ainsi quand il est question de l’Afghanistan, je ne puis m’empêcher de rappeler la difficulté numéro pour nous dans ce pays : nous nous battons contre nos alliés d’antan.

    Il y a quelque temps, j’ai eu une réaction dont je ne peux que m’excuser auprès des familles des victimes: j’ai éclaté de rire quand j’ai appris qui avait descendu une dizaine de soldats français. Rire nerveux et très noir, mais rire quand même. J’étais dans ma voiture et j’entendis à la radio que l’agresseur s’appelait Gulbuddin Hekmatyar, le chef du Hezbi Islami.

    Selon ma définition personnelle du mauvais citoyen, je me suis tout de suite souvenu du milieu des années 80, quand Gorbatchev essayait de négocier avec les moins extrémistes de ses adversaires pour quitter le pays le plus proprement possible sur une solution négociée et stable. Nous avions compris que ce «Vietnam soviétique» pouvait entraîner la chute de l’URSS, et nous n’étions pas près de lâcher le morceau. Nous avons donc livré aux plus fous des «résistants» les fameux missiles Stinger qui ont fait la différence contre l’aviation et les hélicoptères russes. Ainsi, la guerre a continué avec le profit politique que l’on sait: la fin tant espérée de l’Union Soviétique, au moment où nous pouvions redouter sa démocratisation et partant, son renouveau. (Je sais, le bilan de Gorbi n’est pas folichon et il aurait sans doute tout raté quand même, mais je parle d’une époque où la boule de cristal n’était pas parfaitement au point.)

    Et qui c’étaient ces fous ? Ces fous de Dieu ? Ce parti de l’islam ?

    Celui-là même qui nous tire dessus maintenant, le Hezbi Islami de Gulbuddin Hekmatyar. A l’époque, seuls les doctrinaires de l’Huma disaient du mal de cette livraison de missiles.

    Je pense que les familles des soldats morts l’ignorent, et préfèrent l’ignorer.

    D’ailleurs, quand je dis «nous» dans les paragraphes précédents, je parle en Occidental. Politiquement, je devrais dire «ils», car moi, en 1980, j’appartenais aux cons et criminels qui refusaient de soutenir les «combattants de la liberté», ces héros qui se battaient pour le noble et ancestral droit de l’homme de tuer sa femme. Cela nous mettait dans le même camp que l’armée rouge, ce qui était le choix de l’inconfort intellectuel total et de la défaite électorale dans la France de ces années là. (Maintenant, quand je dis «nous», c’est des cocos qu’il s’agit! Bien sûr!)

    Quand je dis que nous étions des cons, c’est vrai. D’abord, on écoutait ce que disait Marchais. C’est dire! Relisez la presse de l’époque si vous la retrouvez: c’était un con par nature et par définition et donc seuls les cons écoutaient ce qu’il avait à dire. Et cela nous faisait parler de «seigneurs féodaux» alors qu’ils s’agissait seulement de «chefs de guerre» et de «fanatiques religieux» alors que c’étaient seulement des «intégristes». Quand je vous dis qu’on était vraiment des cons!

    Rigolez pas ! C’était vraiment le niveau du débat de l’époque, dirigé par tout ce que le pays comptait de politiciens, artistes, journalistes, vieux et nouveaux philosophes, zintellectuelsdegauche, etc.

    Au demeurant, la plupart des commentateurs officiels, quand par hasard ils en parlent, font remonter le conflit à l’intervention soviétique, fin décembre 1979. Or, il faut remonter à la mi-78, quand des officiers progressistes ont pris le pouvoir et décidé de mesures aussi scandaleuses que l’alphabétisation de tous les enfants, garçons et filles, et autres mesures politiques et sociales parfaitement inadmissibles.

    Les USA sont TOUT DE SUITE intervenus pour semer la merde en organisant une guerre civile par Pakistan interposé. Au bout de 18 mois, l’Afghanistan était dans le chaos et devant une sorte d’alternative : la théocratie ou le maoïsme variante Pol Pot. Et les gouvernants de 1978 qui appelaient les soviétiques à l’aide depuis le début.

    A l’époque, je m’intéressais à ce pays car le hasard des rencontres m’avait fait connaître en 1975 un Afghan qui était reparti tout content en 1978 et dont je n’ai malheureusement plus eu de nouvelles.

    Mais comme je l’ai déjà dit, je n’avais pas de boule de cristal assez performante et je suis trop bête (c.a.d. honnête) pour affirmer aujourd’hui que j’avais tout prévu. Je ne reprochais donc pas à Brejnev d’intervenir, mais de le faire trop tard. Je le dis quitte à passer pour ce que vous voudrez : s’il n’y était pas allé, les talibans auraient gagné sous un nom ou sous un autre dix ans plus tôt, et je considèrerais Brejnev aujourd’hui comme Léon Blum refusant d’aller en Espagne.

    Et je ne serais pas le seul, je serais accompagné par tous ceux qui lui reprochent d’y être allé. Car pour eux, l’empire du mal était l’empire du mal, il ne pouvait prendre que des mauvaises décisions, et puis, réfléchir, c’est commencer à approuver les crimes de Staline. Ils sont comme ça, les censeurs du communisme. Quand ils font monter le niveau, il vaut mieux ne pas préciser le niveau de quoi, ni dire jusqu’où ils nous en mettent !

    Autre diversion à la mode: faire passer la période allant jusqu’au début des années 70 pour un âge d’or sous l’égide du roi Zaher Shah. Il existe quelques photos d’époque montrant des filles en mini-jupe allant à l’université. Le problème, le même que dans l’Iran du Shah, c’est que seule une caste privilégiée vivait à l’occidentale. La propagande tend à faire croire que tout le pays vivait ainsi, alors que c’était le moyen-âge dès qu’on quittait les beaux quartiers des grandes villes. Mais allez faire comprendre cela à un Français lambda dont la grand-mère fantasmait sur Farah Diba.

    Je pense, Danièle, que vous rappelez aussi bien que moi le tir de barrage essuyé à l’époque, et que le souvenir que vous en avez ne doit pas être moins amer que le mien. Aujourd’hui, le gâchis continue. Nos médias ont changé le nom des «Moudjahidin de la liberté» qu’on soutenait autrefois, désormais on les appelle «Taliban», et ainsi, le bon petit peuple croit qu’on se bat contre des méchants après avoir soutenu des gentils. Et il vous envoie sur les roses si vous lui rappelez que ce sont les mêmes.

    L’autre moyen de faire oublier à notre peuple ces 32 ans de gâchis, c’est celui que vous analysez si bien: de ne pas trop en parler.

    De nos médias, je n’ai jamais attendu autre chose. Ce qui me désole plus, c’est que les dirigeants du PCF soient incapables de rappeler leurs 4 vérités à ceux qui nous gouvernent et à ceux qui nous désinforment. Car enfin, ces noms de «Hezbi Islami» et de «Gulbuddin Hekmatyar», c’est grâce à l’Huma des années 80 que je les connais! Mais ceux qui me les ont fait connaître semblent les avoir oublié.

    • 15 MARAT EL MOKRANI 27 mars 2010 à 8:59

      Les gulbudin que soutenait BHL grimé en afgan c’etait des facistes qui combattaient les soldats de l’armée rouge dont les parents avaient écrasé les hordes nazies sauvant la vie de BHL.concernant l’amour de BHL pour les musulmans afgans et bosniaques il a un peu évolué puisqu’il soutenait la petite hollandaise d’origine somalienne qui trouvait que l’islam n’est pas compatible avec la démocratie.BHL aime les musulmans quand il sont fascistes (afganistan) ou quand il renient leur religion par opportunisme (la dinde somalienne)!

  13. 16 virtuellerotique33 28 mars 2010 à 8:48

    Je suis d’Accord avec le commentaire de Chamian ;)


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