CAMPAGNE MEDIATIQUE CONTRE CUBA

En écho aux textes de Graciela Ramírez et d’ Helena Maleno par Gloria Gonzalez Justo, La Havane

 Le texte bouleversant envoyé par notre amie Graciela Ramirez, correspondante de la revue Resumen latinoamericano, et également présidente du Comité international pour la libération des Cinq à La Havane, nous rappelle qu’il existe dans le monde des causes bien plus nobles à défendre que de s’attaquer à Cuba : celle de millions de personnes exploitées – notamment des femmes -, fuyant la misère endémique laissée par des siècles de colonisation européenne, et par la politique néolibérale impitoyable imposée par les États-Unis.

 Les députés de l’Union européenne qui ont signé cette résolution infâme contre Cuba, feraient bien de prendre exemple sur Helena Maleno et de se mobiliser réellement en faveur des milliers de SDF qui dorment sur les trottoirs de leurs grandes villes, aux millions de chômeurs qui hantent les bureaux de l’ANPE, aux millions de grévistes qui enflamment leurs pays, aux paysans qui renversent leur lait et détruisent leur récolte, aux  prisonniers, politiques ou de droit commun, qui croupissent sans droit dans des prisons officielles ou non, dans les pays les plus « respectables » de la planète… la liste serait longue de tous les motifs  réels d’indignation et de signature de résolution.

Après cela, Cuba, ce petit pays de 11 millions d’habitants, cette île dans la mer des Caraïbes, si petite et si inoffensive – qu’on peut se questionner sur les véritables motifs de l’intérêt des Eurodéputés pour Cuba… – cesserait sans doute de les empêcher de dormir. Au contraire, ils pourraient porter sur elle un regard plus impartial.

Ils se rendraient compte que Cuba est une île qui préserve son indépendance et sa souveraineté grâce à l’immense capacité de son peuple  à résister à 50 ans de blocus, à des opérations terroristes mercenaires de toutes sortes, et aux violentes campagnes médiatiques de déstabilisation planifiées et dirigées dans les bureaux de la CIA et dont ils se font les complices éhontés.

Cuba, pays pauvre, du tiers monde, insignifiant dans la marche du monde… MAIS où la population est éduquée, cultivée et en bonne santé. Un pays internationaliste qui envoie ses médecins soigner les populations abandonnées du premier monde, qui invente dans ses laboratoires scientifiques de pointe des médicaments qui seront fabriqués et vendus aux pays pauvres, sans bénéfices, dont les pédagogues ont inventé une méthode d’apprentissage de la lecture pour alphabétiser les populations laissées dans l’ignorance dans les coins les plus reculés de la planète, qui a accueilli
10 000 jeunes de pays pauvres – y compris des États-Unis – dans son Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) afin de former des médecins qui retourneront soigner les malades dans les villages isolés de leur pays.

Pour conclure, les Eurodéputés et leurs maîtres auraient-ils peur de ce pays, certes imparfait, comme toute œuvre humaine, mais EXEMPLAIRE, et qui prouve au quotidien qu’une autre société, plus digne et plus juste, est possible ?

Nous ne pouvons pas terminer sans leur suggérer de se mobiliser pour une cause, une seule, qu’ils connaissent depuis plusieurs années déjà :

Rédiger une résolution exigeant des États-Unis, sous peine de sanctions, d’accorder, après 9 refus consécutifs en près de 10 ans, un visa humanitaire à Adriana Perez, épouse de Gerardo Hernandez, et à Olga Salanueva, épouse de René Gonzalez, afin qu’elles puissent entrer aux États-Unis pour rendre visite à leurs époux, prisonniers politiques aux États-Unis.

Un détail : elles sont cubaines et leurs époux défendaient la Révolution, infiltrés dans des groupes terroristes contre-révolutionnaire. Serait-ce là la raison de la sourde oreille de ces Eurodéputés courageux depuis des années ?

Gloria Gonzalez Justo

La Havane

Graciela Ramírez

Resumen Latinoamericano

Depuis cette Europe qui, avec un cynisme total et sans le moindre sens de la honte, tente de donner des leçons à Cuba, avec l’objectif évident de participer à la campagne médiatique planifiée froidement depuis les États-Unis, après la mort lamentable d’un prisonnier de droit commun utilisée jusqu’à satiété par ceux qui veulent détruire les réussites sociales obtenues par la Révolution cubaine, et ramener ce petit pays, bloqué et assiégé, au capitalisme sauvage, depuis cette Europe démocratique qui continue à posséder des royaumes par la grâce divine, qui occupe avec ses troupes des pays comme l’Irak et l’Afghanistan, qui permet l’utilisation de son territoire pour l’implantation de prisons clandestines où l’on enferme et torture les prisonniers, cette Europe qui méconnaît le droit à l’autodétermination de ses propres populations, qui continue de maintenir des enclaves coloniales pour saccager nos ressources après 500 ans de destruction, qui abuse et criminalise sans pitié les émigrants maghrébins, latino-américains et africains, de cette Europe raciste, avec les indices les plus hauts de chômage, nous arrive ce texte qui nous déchire le cœur.

Souhaitons qu’il existe un semblant d’éthique dans ce monde à l’envers, et que ce texte parvienne, comme une gifle, à chacun des responsables de la scandaleuse résolution de l’Union européenne contre Cuba.

Ici aussi, il y a un mort : seulement le mort est un enfant, un enfant de plus qui est mort, et c’est le fils d’une immigrée.

Nos entrailles

Tanger 16 février 2010

Madrid, 8 mars 2010

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