23 janvier 2010- Genève. Le Conseiller régional de l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance), Jean Luc Legrand, a dénoncé hier la disparition d’au moins quinze enfants non accompagnés des hôpitaux de Haïti.
“Nous soupçonnons leur enlévement par des réseaux qui pratiques le commerce à partir de Saint-Domingue”, a-t-il commenté dans des déclarations à la presse à Genève. Il a expliqué que ces réseaux “existaient déjà au préalable et étaient assez actifs, en enlevant des enfants et en les livrant au marché international de l’adoption. Ce qui se passe en cas de cette catastrophe c’est que les réseaux essayent de profiter de la fragilité de l’État et des systèmes de contrôle”. “Nous avons eu le même problème avec le tsunami qui a frappé l’Asie en 2004. Ces réseaux se mettent en route à peine une catastrophe arrive et ils mettent à profit la faiblesse de la coordination des responsables dans le terrain pour enlever des enfants et pour les sortir du pays”, a-t-il ajouté.
Des heures après, le chef de Communication, Jeremy Hartley, a apporté un bémol en expliquant qu’ils tentent de “de chercher des données plus exactes” pour etayer l’information donnée par Legrand, bien que Jeremy Hartley ait reconnu que “la situation qui règne en Haïti est très difficile”.
De toute manière, l’Unicef a établi des mécanismes d’alerte et organise un champ d’accueil pour héberger tous les enfants non accompagnés qui a-t-il souligné , “ils ne sont pas orphelins”. “En Haïti la famille est étendue et je suis sûr de qu’il y aura des parents de ces enfants qui voudront les adopter”, a-t-il souligné.
L’organisme de l’ONU a mis en place 20 points d’accueil et accueille environ 2.000 mineurs par jour, avec l’objectif de pouvoir arriver à 4.000.
Pour sa part le Fonds de l’ONU pour la Population a rappelé que déjà avant le tremblement de terre Haïti était le pays du monde le plus dangereux pour qu’une femme donne la vie. Il est estimé que des 63.000 femmes enceintes qui enfanteront dans les semaines prochaines, 7.000 le feront seules ce qui augmente le risque d’enlèvement des bébés.
L’Unicef n’a pas été le seul organisme à tirer la sonnette d’alarme. Le président de la Fédération d’Association d’Adoption Internationale (ADECOP), Michel Góngora, a demandé que soient évités “par tous les moyens” les adoptions internationales. Il a souligné que “c’est le moment de coopérer, non d’adopter. Bien que cela puisse sembler contradictoire, le meilleur pour les enfants est de rester dans l’île”.
Le directeur de la Plate-forme d’Enfance, Ángel Hernández,a la même opinion pour qui il est “plus traumatique pour les mineurs les sortir du pays que de les maintenir dans des zones sûres à l’intérieur de leur environnement”.
Le coordonnateur des Urgences de “Save the Children”, Borís Aristín, a défini ces lieux comme des espaces délimités, avec une construction très simple, dans les endroits qui n’ont pas été affectés par le tremblement de terre et qui en cas d’une réplique ne font pas courir de danger. Là une nourriture est distribuée et des activités de caractère ludiques et éducatives sont réalisées pour essayer “de normaliser l’enfance des victimes”. De plus, ces lieux servent comme “un point de rencontre, puisque plusieurs adultes se présentent dans ces zones en cherchant leurs enfants désespérément”, a commenté la directrice de Coopération d’Unicef pour l’État espagnol, Carmen Molina.
Dans le même sens Michel Góngora a déclaré que l’adoption doit être “la dernière option parce que, dans ces moments, on ne peut pas garantir de droit du mineur. Adopter un mineur qui est dans état de choc à cause des événements qu’il a vécus et le transporter dans un pays pays dont dans beaucoup de cas, dont il ne connaît pas la langue est un double choc pour le mineur et une situation traumatique”.
Il a remarqué que”le risque est important” en adoptant un enfant que sa famille haïtienne cherche, parce que cet enfant ne saurait rien d’elle.
Selon l’opinion de Góngora, les efforts doivent se concentrer maintenant sur la constitution d’un registre d’enfants et d’adultes et chercher à établir des relations entre ceux-ci, parce qu’il est “essentiel” de se mettre en rapport entre les deux parties. “Si on ne trouve pas les ascendants, il faut chercher des familiers indirects, voisins, connus… Il est nécessaire de réaliser une évaluation rapide et, surtout, de les pourvoir d’un logement, une nourriture, un appui psychologique, médical et une éducation”, a-t-il ajouté.
“Emporter des enfants sans permission et, en ne faisant des adoptions dans un pays qui en cas de désastre naturel ou de guerre ne peut pas s’en occuper est une séquestration”a-t-il conclu.
Des pays de l’UE accélèrent les processus d’adoption
La Présidence espagnole de l’UE a annoncé hier qu’elle proposera à ses partenaires l’adoption de quelques critères communs pour les adoptions d’enfants haïtiens. Mais beaucoup de pays ont décidé pour leur propre compte d’accélérer ces processus, en théorie, qui ont commencé avant le tremblement de terre. Quelques associations comme la Française Adoption sans Frontières sont allées plus loin et ont demandé que les procédés habituels bureaucratiques sautent pour accélérer l’arrivée de ces mineurs(1). “Les enfants ne sont pas valises”, a répondu un fonctionnaire français. Dès 2001, pour l’État français il y a eu 4.000 adoptions d’enfants haïtiens. Le processus suivi avant le séisme était long à cause de la corruption et des documents administratifs falsifiés.
A la dévastation provoquée par le seisme s’ajoute la préoccupation d’un possible trafic d’enfants et l’augmentation des demandes d’adoption internationales. L’UNICEF a dénoncé hier le rapt d’au moins 15 mineurs d’un hopital.Pour éviter cette situation, les ONG ont décidé que “c’était le moment de coopérer et pas d’adopter”.
(1) Et bien évidemment les médias en particulier télévisuels à la recherche d’un sujet juteux ont commencé à publier une véritable propagande en faveur de cette adoption hative. Sans parler du couple Sarkozy aui est allé s’exhiber à l’arrivée des enfants à l’aéroport. Il y a là une des dimensions des charognards occidentaux, celui des médias, il va avec l’invasion militaire, les mercenaires, les groupes de réflexion, etc… C’est un système d’exploitation à tous les niveaux et après on parlera de “la malédiction haïtienne”. (note du traducteur Danielle Bleitrach)
![humano[1]](http://socio13.files.wordpress.com/2010/01/humano1.jpg?w=500)
Ce risque de trafic pour adoption, comme d’ailleurs en Haïti comme pratiquement dans tous les pays-sources d’enfants adoptés, est dénoncé depuis longtemps par notre association
« ASBL RÉSEAU DES ÉPIS MÊLÉS » TVA № BE-0899.099.532 – RPM BRUXELLES (lien : http://epis-meles.eu).
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Pierre ROGGEMANS
Psychothérapeute communautaire
sociopsy@roggemans.be
Administrateur Général du
“RÉSEAU DES ÉPIS MÊLÉS”
« CLINIQUE DE L’ADOPTION ® »
http://www.epis-meles.eu
ASBL – TVA BE0899099532 RPM BRUXELLES
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