Haïti demande l’annulation de la dette et le respect de sa souveraineté

Anne cauwell me transmet ce texte en anglais qui sera présenté à la prochaine assemblée préparatoire des donateurs qui aura lieu lundi à Montréal, il porte sur l’annulation de la dette haïtienne. Ce combat est essentiel et il doit être clair qu’il faut tout faire pour aider le peuple haïtien. On ne néglige pas les dons privés mais il faut aller plus au fond et en particulier ne pas se laisser avoir par  la  conception immonde des médias de “l’intervention humanitaire”, conception qui va de l’invasion militaire au rapt d’enfant, et imposer un véritable sens politique de la solidarité collective: respect de la souvaireneté et annulation de la dette.   Mais pour cela les bonnes volontés individuelles, et pauvre blog comme le mien n’y suffisent pas, il faut reconstruire les moyens collectifs de la lutte, partis, syndicats…

Entre la destruction totale d’une capitale, des centaines de milliers de morts et l’impuissance de celui que l’on licencie et prive de ses droits, il y a une continuité, celle d’un  système d’exploitation qui accroît sa capacité mortifère et face auquel nous n’avons pas de réponse collective. Par parenthèse, il est trés éclairant de lire sur ce blog le compte-rendu de l’Assemblée Générale de l’ONU sur ce blog, c’est une caisse de résonnance intéressante.

Voici le texte en anglais et ma rapide traduction, (inutile de me reprocher mes erreurs, chacun sait que je suis la plus mauvaise des traductrices et si vous voulez corriger tant mieux, je le fais pour aider ceux qui ne comprennent pas du tout l’anglais et à qui ce texte pourraient donner des idées de pétition).

Please send endorsements to jubileo@wamani.apc.org, no later than January 22
To the governments and organizations gathered in Montreal on the situation in Haiti

The recent tragedy in Haiti shocked the people of the world for its destructive impact, the environmental and social consequences, and especially for the loss of human lives. Unfortunately, natural disasters are not new in that Caribbean country, which was impacted in 2008 by hurricanes Hanna and Ike.

Nor is it the first time we have watched the international community make pledges of cooperation and assistance to Haiti. We are concerned, as organizations and social movements, that the international response be coordinated on the basis of respect for their sovereignty and in full accordance with the needs and demands of the Haitian people.

Now is the moment for the governments that form part of the United Nations Mission for the Stabilization of Haiti (MINUSTAH), the United Nations, and especially the U.S., Canada, and France, to reasses the many mistaken policies they have implemented in Haiti. The country’s condition of vulnerability to natural disasters – in large part caused by the devastation of the environment, the lack of basic infrastructure and the weak capacity of state social action – is not unrelated to these policies, which have historically undermined the sovereignty of the people and their country, thus generating a historical, social, environmental, and cultural debt in which these same countries and institutions have a major share of responsibility. Reparations must be made to the Haitian people for these debts, and all the more so in the face of the present situation affecting the country.
 
In this regard, we reject the militarization of the country as a false response to the recent disaster, including in particular U.S. unilateral action to send an additional 10,000 troops to safeguard its economic and geopolitical interests. The occupation troops of the MINUSTAH, over the past six years, did not contribute effectively to the stabilization or the provision of infrastructure and public goods, and nothing indicates that maintaining this policy would be effective from now on.

We call on governments and international organizations to immediately and unconditionally cancel the external debt claimed of Haiti, the servicing of which affects millions of lives. We also demand that the resources allocated for relief and reconstruction do not create new debt, or conditionalities that are imposed or any other form of external imposition which vitiates this goal, as is the practice of international financial institutions like the World Bank, the Interamerican Development Bank, the IMF, and the so-called donor countries. We also reject the intervention of private multinational companies who seek to take advantage of this tragedy to reap multibillion dollar profits in the reconstruction of Haiti, as happened in Iraq, or to exploit cheap labor and continue to plunder the country’s natural resources.
 
Haitian society, its organizations, social movements and state representatives should be the protagonists of the international effort to rebuild their country: the first to be heard and the final and sovereign decision over their destiny. The Haitian people have lifted themselves up many times on the basis of their own will, with the strength and conviction of their historical example of having been the first people to free themselves in America. Any cooperation can be effective only if it is based in this commitment and full popular participation.

We are alert, and following developments in dialogue with Haitian organizations, in order to ensure that international cooperation takes place on the basis of this kind of solidarity and that the errors of past policies are not repeated. For a free and sovereign Haiti!

- January 25, 2010

Jubilee South – World March of Women – Haiti Support Group U.K. – other signatures to be confirmed

La tragédie récente à  Haïti a choqué la planète à cause de l’ampleur des destructions, tant en ce qui concerne les conséquences environnementales et sociales que particulièrement pour les pertes en vies humaines. Malheureusement, les catastrophes naturelles ne sont pas nouvelles dans ce pays des Caraïbes, qui a été dévasté en 2008 par les ouragans Hanna et Ike.

Ce n’est non plus la première fois que nous avons vu la communauté internationale faire des promesses de coopération et d’aide à Haïti. En tant qu’organisations et  mouvements sociaux,nous pensons que la réponse internationale doit être  apportée sur la base du respect de leur souveraineté et dans un accord total avec les besoins et les exigences du peuple haïtien.

C’est le moment d’agir en ce sens  pour les gouvernements qui font partie de la Mission de Nations unies pour la Stabilisation de Haïti (MINUSTAH), les Nations unies et particulièrement les Etats-Unis, le Canada et la France, à cause des nombreuses politiques erronées qu’ils ont déjà mises en oeuvre à Haïti. Ce pays est vulnérable aux catastrophes naturelles- dans une grande mesure cette vulnérabilité est dûe à la dévastation de l’environnement, le manque d’infrastructure de base et la capacité faible d’action sociale d’état – ce qui n’est pas sans rapport avec toutes ces politiques qui ont historiquement sapé la souveraineté du peuple et de ce  pays, politiques qui ont produit ainsi une dette historique, sociale, environnementale et culturelle dans laquelle ces mêmes pays et institutions ont une part de responsabilité majeure. Les réparations doivent être faites au peuple haïtiens pour ces actions et ce d’autant plus  face à la situation présente qui frappe le pays.

À cet égard, nous rejetons la militarisation du pays comme constituant une mauvaise  réponse au  récent désastre récent, y compris dans l’action unilatérale américaine particulière en envoyant  10,000 hommes de troupes supplémentaires pour sauvegarder ses intérêts économiques et géopolitiques. Les troupes d’occupation du MINUSTAH, pendant les six ans passés, n’ont pas contribué efficacement à la stabilisation ou la création d’infrastructures et de services publiques et rien n’indique que le maintien de cette politique serait dorénavant efficace.

Nous en appelons aux gouvernements et aux organisations internationales pour que soit immédiatement annulée  inconditionnellement la dette exterieure revendiquée sur Haïti, à l’entretien de laquelle sont soumises des millions de vies. Nous exigeons aussi que les ressources distribuées pour le sauvetage et  la reconstruction ne créent pas de  nouvelle dette, et que  les dispositions conventionnelles qui sont imposés ou quelque autre forme d’imposition exterieure qui va à l’encontre de l’aide et de la reconstruction , sur le modèle de ce que pratiquent les  institutions financières internationales comme la Banque mondiale, la Banque de développement interaméricaine, le FMI et les pays prétendus donateurs . Nous rejetons aussi l’intervention des sociétés multinationales privées qui cherchent à profiter de cette tragédie pour récolter des profits de multimilliard dollars dans la reconstruction de  Haïti, comme c’est arrivé Irak, en  exploitant la main-d’œuvre bon marché tout en continuant à piller les ressources naturelles du pays.

La société haïtienne, ses organisations, les mouvements sociaux et les représentants d’état devraient être les protagonistes de l’effort international de reconstruction de leur pays : le premier à être entendu et à avoir la décision finale et souveraine sur leur destin. Le peuple haïtien s’est révolté à plusieurs reprises avec force et conviction pour exiger la maîtrise et ils le font à partir de leur histoire, celle d’avoir été le premier peuple à revendiquer sa liberté en Amérique. Toute coopération ne sera efficace que si elle est fondée sur l’engagement et la participation populaire totale.
 
Nous  mettons en garde et après les événements nous réclamons un dialogue avec les organisations haïtiennes, pour assurer que la coopération internationale a lieu sur la base de cette  solidarité et que les erreurs de politiques passées ne seront pas répétées. Pour un libre et souverain Haïti!

- January 25, 2010

Jubilee South – World March of Women – Haiti Support Group U.K. – other signatures to be confirmed

2 Réponses vers “Haïti demande l’annulation de la dette et le respect de sa souveraineté”


  1. 1 packy abednego 23 janvier 2010 à 6:31

    annulation de la dette tout de suite !
    nous exigeons

  2. 2 Le Joker 23 janvier 2010 à 2:59

    L’annulation de la dette est la seule solution pour sortir l’humanité du joug des financiers.

    Je vote pour


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