mise en scène Bernard Sobel au Théâtre de la Colline avec présentation video de Bernard Sobel. Cette pièce de théâtre telle que l’a montée Bernard Sobel fait partie de ce qui nous est “chair” dans ce blog, comprendre le court 20 e siècle, les expériences socialistes, non pour les momifier mais pour voir en quoi tout cela continue à travailler le 21 e siècle, dans l’histoire , dans la politique. Sobel, dans la video mise ici, dit que c’est et ce n’est pas politique, ce serait comme un “cauchemar à la Kleist” trés personnel . Qu’est ce que cela veut dire? Qui sait qui est Kleist? La cruche cassée, le prince de Hombourg et aussi ce désespoir qui le prend et ne le quittera plus après avoir lu Kant, parce qu’une vie privée d’absolu n’a pour lui plus de sens, il finira par se suicider avec la femme qu’il aime.Sa vie est celle d’une fascination erratique pour la Révolution française, puis par Napoléon qui porte la Révolution mais le fait en combattant son pays, lui parfaitement réactionnaire. Il n’y a pas que Kleist c’est une histoire collective, aussi celle de Holderlin. On peut penser à ce texte admirable d’un autre allemand Buchner mort à 23 ans, décrivant la folie et la mort de Lenz, un dramaturge qui crevait comme Holderlin de l’impossible révolution en Allemagne, contemplait impuissant la Révolution française et la restauration et souhaitait que son écriture sente “l’haleine fétide du peuple”… La culture allemande aurait du éliminer la barbarie dit Sobel, qu’aurait pu faire le socialisme allemand s’il n’avait pas laissé le soin de mener à bien cette tâche historique “à un empire asiatiques barbare” demandait Heiner Müller ? Pourquoi avoir préféré le nationalisme socialisme à la Révolution, après avoir tué Rosa Luxembourg, être entré dans le crime nazi, et in fine s’être laissé imposer de l’extérieur la révolution socialiste comme un châtiment ? Sobel-Rothstein, comme moi a été fasciné, amoureux de cette littérature allemande, il a cherché dans Brecht à maîtriser les affe cts… Et là c’est encore une autre génération fascinée par l’impuissance, l’histoire mais prise à la Kleist comme un terrible destin individuel qui se brise à chaque moment sur l’absence d’absolu.
C’est l’Histoire et la storia “est-ce ainsi que les hommes vivent” ?
La maison est hantée de tous les petits mensonges, toutes les erreurs, cela se fissure, nous fissure… Le suicide de Kleist par impuissance est cette peur que dit Sobel nous portons en nous, je porte en moi… Et elle a fait de moi Danielle une communiste… Communiste par compagnonnage contre l’holocauste nazi, me voici devant une autre déportation celle des Palestiniens, et plus largement un monde où il est impossible de rester là où vous êtes né et où vous allez frapper à la porte d’autres humains qui vous refusent… Vous repoussent…
.A propos de La pierre
« C’est la peur qui me pousse, et j’essaye d’en trouver les raisons. »
Marius von Mayenburg
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