« Le Moment unipolaire et l’ère Obama » : une conférence de Noam Chomsky

Quand on se penche sur les affaires internationales, il est important de garder à l’esprit plusieurs principes considérablement répandus et utilisés. Le premier est la maxime de Thucydide : les forts agissent tel qu’ils le veulent, et les faibles souffrent tel qu’ils le doivent. Elle a un corollaire majeur : les États puissants s’appuient sur des spécialistes de l’apologie dont la tâche est de démontrer que les actions des forts sont nobles et justes et que si les faibles souffrent, c’est de leur faute. Dans l’occident contemporain, ces spécialistes sont appelés « intellectuels » et, à quelques exceptions près, ils remplissent leurs fonctions avec habilité et bonne conscience, quelle que soit l’incongruité de leurs déclarations. Cette pratique remonte aux origines de l’histoire écrite. Lire la suite

Lettre ouverte et sept questions d’un blogueur français à Obama…pourquoi pas nous si Yoani…

Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique


YOANI SANCHEZ a pu par le biais d’Internet, parait-il, vous poser 7 questions auxquelles vous avez jugé utile de répondre.


Gageons qu’il en serait de même pour tout afghan inquiet de la prolifération des la corruption chez lui, ou soucieux de recevoir une indemnisation pour les siens tombés sous les bombardements de vos forces armées, ou pour un palestinien assoiffé dans Gaza ravagé par Tsahal et son armement Made in USA, Lire la suite

France : la hausse des dossiers de surendettement s’accélère

La hausse du nombre de dossiers de surendettement déposés auprès de la Banque de France s’est accélérée lors du troisième trimestre et atteint 16,1% sur un an, selon les chiffres publiés mercredi par l’institution. Ce qu’il faut bien mesurer c’est que si l’on peut se féliciter de la bonne résistance de la consommation comme le fait madame Lagarde, il faut encore regarder au fond avant de crier victoire. Ce maintien de la consommation est obtenu  sans augmentation réelle du pouvoir d’achat et avec un taux de chômage qui ne cesse de s’accroître. Nous sommes donc entrés dans la logique perverse qui a conduit les Etats-Unis a une crise, faire pression sur les salaires et l’emploi et favoriser la consommation en vidant l’épargne puis en favorisant le surendettement des ménages. Ce qui est obtenu de plus positif l’est par le moyen des politiques sociales françaises que par ailleurs les mêmes s’emploient à démanteler.

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Amérique Latine, Paralysie stratégique de Chávez-Correa-Lula devant la Déclaration de Guerre d’Obama.par Heinz Dieterich.

Il est trés rare que je partage les analyses de Heinz Dietrich, ce philosophe politologue mexicain d’origine allemande a en effet l’habitude de donner des leçons aux chefs d’Etat qui pensent pouvoir se passer de sa vision "irremplçable", du moins le pense-t-il , en outre son marxisme me paraît souvent dogmatique à souhait, mais face à tous ceux qui se font encore des illusions sur ce que veut réellement ou peut Obama,  Heinz Dietrich a ici le mérite d’insister sur le fait qu’il y a une véritable "déclaration" de guerre de l’Empire contre l’Amérique latine et ce sous le charmant Obama qu’on le veuille ou non. Sans partager tout son pessimisme, loin de là, je crois qu’il n’a pas tort de souligner le danger d’une absence de prise de conscience collective. Mais il serait bien inspiré de ne pas attribuer à Chavez les dangers de la période, il est le plus menacé non pas à cause de ses erreurs mais de sa position stratégique qui impose une grande prudence et lucidité. C’est ainsi que se positionne Fidel, il aide, il n’accable pas, lui fait de la politique, il privilégie le but pas son ego. 

Il faudrait relire ce qui s’est passé lors du premier sommet de l’OEA. Obama s’était montré un grand séducteur y compris avec Chavez, je me souviens avoir illustré mon article d’un Fred Astair. Fidel, souvenez-vous en, avait protesté en jugeant que les dirigeants d’Amérique latine avaient l’air bien trop satisfaits d’un sommet qui annonçait des temps difficiles.  Nous y sommes… Il y a eu récemment quelques textes de Fidel sur le même sujet, il serait bon de les relire… Parce qu’une fois de plus la preuve est faite que Fidel reste celui "qui voit loin"… Et ses analyses même les plus alarmantes sont toujours ouvertes sur une perspective: lutte et unité… Ce n’est pas le cas de Dietrich…

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De la politique à la morale et retour Par Denis Collin

C’est entendu : morale et politique ne peuvent être confondues. La politique morale n’est qu’un habillage « politiquement correct » de l’exploitation de l’homme par l’homme (libérale bien sûr) proposée comme seul horizon possible. La politique ne peut sans doute pas se tenir toujours dans les limites étroites de l’impératif catégorique de Kant. Elle ne peut s’en tenir aux maximes universelles alors même qu’elle a toujours affaire à des situations singulières dans lesquelles il faut trancher. Inversement l’exigence morale ne peut s’accommoder des inévitables compromis politiques. Des préceptes moraux identiques peuvent justifier des conceptions très différentes de l’action politique et la même politique peut être le point de recouper de conceptions morales parfois opposées. D’où la tentation, celle de Rawls et de disciples ou émules : construire une théorie politique indépendante de toute conception englobante de la vie morale. Mais on n’a pas attendu Rawls pour en venir là. En vérité toute la pensée éthique moderne cherche à transformer la politique en science, débarrassée des tutelles morales aussi bien que religieuses, pendant qu’on cherchait à « désencastrer » la morale de son milieu naturel, l’ethos communautaire d’où elle a surgi. Il s’agit de construire une morale individualiste, en ce sens qu’elle ne dépend que de la rationalité individuelle, en l’appuyant sur un principe qu’on pense évident, qu’il s’agisse du principe kantien d’universalisation ou du principe utilitariste de maximisation des plaisirs et de minimisation des peines … ou de tout autre principe de genre. Le libéralisme classique ou le libéralisme politique moderne partagent cette double exigence.

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Les matchs de barrage de la Coupe du monde de football sont devenus des luttes politiques

Je n’épiloguerai pas sur les évenements qui ont présidé à la sélection de l’équipe de France ou encore ceux de l’équipe d’Algérie pour la Coupe du monde de Football, sinon pour dire que médias et hommes politiques s’entendent comme larrons en foire face à des populations frustrées  dans ce qui ressemble fort aux jeux du cirque pour la plèbe. Mais peut-être ne faut-il pas se contenter de cette évidence et tenter de comprendre ce qui est manipulé, comment. Ce qui est manipulé me semble être le désir d’adhérer à un collectif, de s’y reconnaître, un dévoiement patriotique face à un monde qui isole, individualise, fait perdre les repères sociaux… On ne doit pas mépriser ce besoin mais partir de lui pour construire autre chose, une autre politique. Qu’est ce alors que la politique ? Cet article du quotidien du peuple  retrouve la définition de la politique et de la guerre comme étant du commerce par d’autres moyens, en soulignant là où il y a des "intérêts" il y a de la politique. Et dans le sport désormais les intérêts sont devenus énormes donc la gestion serait nécessairement politique. 99% des articles écrits sur le sujet des matchs litigieux sont sur le thème de la "morale" alors qu’il n’y aucune morale possible sur cette question ou alors c’est sur le mode du dévoiement chauvin qui provoque l’entrée en guerre fleur au fusil.  Le prétexte "moral" est mis en avant comme l’ultime hypocrisie d’un monde où l’être humain individualisé est une marchandise, ce n’est pas n’importe quelle politique dans n’importe quel monde, celui où l’on prétend combiner abusivement rationalité de la maximisation des profits et "ethos" communautaire, et sur cette question il faut lire l’article de Denis Collin ici sur "morale et politique". (note de danielle Bleitrach)

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Les adhérents de Russie unie se proclameront conservateurs

Le premier ministre russe Vladimir Poutine vient en visite à Paris cette semaine pour une visite de "travail", on nous annonce surtout sa rencontre non seulement avec Sarkozy mais aussi avec Jacques Chirac (et avec les "Russes blancs" de Paris), Est-il à la recherche d’une posture "gaullienne"?  Son parti Russie Unie que l’on considère comme sa machine électorale est en congrès (le XIe) pour décider d’orientations et d’un programme. Demain il prononcera un discours, mais si l’on en croît l’agence russe Ria Novosti, le parti à la recherche de cohérence idéologique vient clairement de décider d’être un "parti conservateur", alors que comme le dit l’article en Russie les conservateurs n’ont pas nécessairement bonne presse, ils sont jugés "réactionnaires". Ce qui est intéressant c’est de comprendre la nature de ce positionnement et donc l’avancée sur la voie de "réformes" devenues dans l’article "la politique de modernisation annoncée par le président Dmitri Medvedev". Ce qui laisse de l’espace aux communistes mais aussi peut-être à la tentative pour les contourner de créer un parti social démocrate et une (fausse) alternative alors que la crise qui frappe la population s’aggrave.

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Mahmoud Abbas doit proclamer unilatéralement l’Etat Palestinien, par Yossi Sarid

17 novembre 2009 Comme Ben Gourion l’a fait en son temps, Mahmoud Abbas doit proclamer l’Etat palestinien qui sera rapidement reconnu par l’immense majorité des nations de l’ONU, affirme Yossi Sarid, ancien dirigeant du parti de gauche Meretz et éditorialiste à Haaretz. Pour lui, comme il l’a affirmé à Mahmoud Abbas, l’occupation connaîtra le même sort que le mur de Berlin et l’apartheid : elle va s’effondrer.

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Salutations de Jorge Risquet Valdés, de bienvenue au président de l’Etat Palestinien dans la maison de l’amitié. 26 septembre de 2009.

Voici le texte par lequel les Cubains en la personne de Jorge Risquet valdes ont accueilli Mahmoud Abbas, président "de l’Etat palestinien", celui-ci est passé à Cuba au retour de son voyage aux Etats-Unis. Ce texte précise la position cubaine sur la question palestinienne, il m’a été transmis par Jorge Risquet valdes lui-même, il a fallu le temps de la traduction pour le publier. C’est me semble-t-il un document tout à fait important pour préciser la position politique des communistes face à la juste lutte du peuple palestinienet nul mieux que les Cubains, orfèvres en la matière ne pouvait mieux argumenter sans donner de leçon mais en montrant quelle fermeté et quelle intelligence politique exige ce genre de combat.
(traduit de l’espagnol par Julien Michel pour http://socio13.wordpress.com/)

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« Pas de citoyenneté sans valeurs » Anicet Le Pors

Sur le site Internet de son « grand débat », Éric Besson mêle la nation à la liberté, la citoyenneté, l’émancipation, etc., tout en promouvant le rapprochement des termes identité nationale et immigration. Comment qualifier une tellel conception ?

Nous n’avons pas besoin de répondre à une injonction gouvernementale pour savoir ce que nous devons penser de ces concepts. L’immense apport des Lumières et de la Révolution française a été d’instituer la nation, communauté des citoyens, en souverain dans le cadre d’un régime affirmant la liberté, l’égalité, la fraternité comme valeurs suprêmes, la République. La souveraineté nationale et populaire est aujourd’hui un bien précieux, car elle affirme en continuité de notre histoire notre responsabilité collective. Dans une mondialisation qui tend à dissoudre les États nations, c’est-à-dire des histoires, des valeurs, des cultures, des lieux de contradictions fécondes, j’affirme que la nation est et demeure le niveau le plus pertinent d’articulation du particulier et du général. C’est en ce sens que l’on peut parler d’identité nationale. Mais il s’agit d’une création continue qu’il faut conduire rationnellement à chaque étape et non d’une invocation mystique et démagogique comme celle à laquelle ont recours Éric Besson et Nicolas Sarkozy. C’est précisément parce que ce pouvoir tourne le dos à cette identité en démantelant le service public vecteur de l’intérêt général, en rejetant la tradition de la France terre d’asile, en s’attaquant aux structures territoriales liant communes-département-nation, en aggravant la « dérive bonapartiste » dont les institutions de la V° République étaient porteuses dès l’origine – et auxquelles à l’époque seul le parti communiste français, en tant que parti, s’opposa – qu’il a recours à cette manipulation sur une base dévoyée de l’identité nationale pour solliciter les réflexes nationalistes et … antinationaux.

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