Sensations uniques que celles de la découverte du monde feutré des fumeurs de Havane. Impressions toutes aussi uniques devant cette sérénité, ce sans âge, qui imprègnent toute boutique de cigares à la Havane.
Boutiques n’est sans doute qu’un terme convenu, tant que l’on a pas glissé un pied, puis deux dans l’un de ces lieux mythiques.
Lors de notre séjour en Mai à la Havane, à la demande d’un connaisseur, nous avons écumé les lieux pour répondre à une commande française, solidement constituée.
Nos pas nous ont amenés à proximité de la première, au bout d’une rue où rien ne distingue le lieu culte, seule une belle auto, immatriculée de l’ambassade du Qatar nous a laissé penser que nous étions sur la piste.
Un cerbère à la porte, un cubain, qui se marre dès qu’il le peut, nous invite très gentiment à entrer, nous les touristes pas friqués, avec nos têtes d’intimidés.
La clim nous accueille et pour une clim c’est une clim, on frôle la congélation rapide.
A gauche une petit bar, des fauteuils aux cuirs patinés, lustrés, le Ron est partout. Le bois nous entoure et sans cette maudite vague de froid polaire, ne doutons pas que nous serions subtilement envahis du mélange d’odeurs de cuirs, de bois, de Ron intimement mêlés aux douces effluves du cigare.
Tout est feutré, amorti ici, pas de bruit, pas d”exubérance, politesse et respect,
Nous sommes à Cuba, et Fidel et son Havane trône sur un mur en compagnie de nos 5 de Miami, on peut se trouver dans un lieu de rêves, l’injustice ne s’oublie pas.
Marie ose demander dans son patois cubain particulier que même moi je comprends, elle présente la commande. Imaginez après l’ambassade du Qatar qui a du en commander des containers….
Sourire, efficacité, nous recevons ceux qui sont disponibles ici, un nous est offert, et hop ces bons commerçants nous indiquent ou trouver ceux qui nous manquent…
Quand on vout dit que le CIGARE n’est pas un produit mais, allez chercher vous-mêmes tiens, envolez-vous avec Cuba Linda et vous comprendrez.
La seconde boutique, non pas boutique, le second rêve est à l’étage, nous avons tourné, retourné la rue, visité le musée des pompiers de la Havane mais où est-ce ?
Nouveau recours au patois cubain mosellan de Marie. Le cubain nous montre l’entrée à deux mètres, faut dire que cela se trouve à l’étage, alors grimpette.
Un superbe paon déploie sa roue, la cour est magnifique de fraîcheur, la porte se pousse.
Trois ou quatre jeunes français se la jouent connaisseurs, ils iront jusqu’à farfouiller dans les boîtes, en bons touristes qui ont lu le guide du co….rd.
Là aussi , la clim, moins givrante, mais diablement efficace, le même accueil cubain, gentillesse sans apitoiements, tiens imaginez que vous achetiez un cigare sur les Champs Elysées avec une dégaine de bolcheviks et comparez.
La pièce de droite, pareille mais pas identique, les cuirs, le bois, les arômes, les effluves, l’empire des sens.
On a presque tout, presque.
Nous sommes servis, bonheur notre semaine ne sera pas consacrée à chercher , bonheur ne venant jamais seul, le soir c’est rendez-vous avec Cuba Si France à l’hôtel.
Charly, sans ses dames, un dessinateur dont nous tairons le nom mais c’est celui qui a fait ce dessin qui dit: un jeune qui n’est pas communiste n’est pas vraiment un jeune et un vieux qui est communiste n’est pas vraiment un vieux, un penseur, un libre penseur et puis José Fort, un ancien de l’Huma et puis Alain .
Bien sur ces messieurs se passent le mot, les voila scotchés à leurs fauteuils tout cuir, le Havane solidement arrimé, les gens normaux, Marie, José et moi-même savourons le Ron pendant qu’un feu de broussailles menace les bacchantes du sémillant patron, eun non, camarade dirigeant des Amis de Cuba France.
Franchement je me vois mal sacrifier mon Ron pour éteindre l’incendie, la solidarité de classe connait ses limites.
Charly toujours sans ses dames et avec ses bacchantes qui ont survécues à l’épreuve du feu nous donne l’adresse de la boutique d’état pour en terminer avec cette quête épuisante et seuls quelques Mojito parviennent à nous redonner la force de…
Alors là pas de clim mais il fait bon, c’est superbe encore et encore, le serveur se marre, encore, à la commande de nos boissons, vous pouvez commander en français et nous estomaqués, ben manquait plus que ça !
Autour de nous c’est souvenirs et merveilles des yeux, une vendeuse est aux anges, je porte un tee-shirt, Viva Fidel, pour elle le Ché c’est bien mais Fidel il n’y en a pas assez.
Le pillage de nos ressources ,fruits de nos salaires, s’accentue, tee shirts à tous les étages pour les mômes, c’est cher, c’est le prix à payer pour El Bloquéo, merci Obama et Hillary (même si cette dame a des reproches à formuler, le Havana n’y est pour rien, seul son Bill de mari….) mais nous reviendrons quand même, pas seulement à cause de votre impérialisme mais surtout pour leur socialisme.
Alors l’accueil est toujours cubain, le soleil ça racornit pas en fait, ça ouvre sur la Salsa et la révolution, hop le temps de regarder, c’est moins cher, sans les fauteuils en cuir, sans l’ambiance mais c’est quand même du bon.
Les semaines ont filé, rencontre avec Pierre, frère de Marie, il a reçu sa commande, il marie son fils unique demain, il parle CIGARE.
Cet homme est incroyable de culture du Havana, il en fait pas pousser quand même, il élève des bonzai , mais il y a de la tendresse, de l’amour et du culte dans son regard, ses mots.
Voyez-vous le problème de ces gens là c’est l’amour de la chose, pire qu’une secte, ils vous enveloppent de volutes et c’est si bon;
Pierre est convainquant, fumer le Havana est un bonheur , pas question d’accoutumance, il fume quand il veut et même avec des friqués, ce qu’il n’est pas, le Havana transcende les frontières de classes.
Le Havana est; à son sens, la détente absolue, le plaisir presque infini et je le répète, le bougre est convainquant.
Nous avons rencontré cette diversité si unanime sur le Cigare.
Et dans le fond si fumer nuit à la santé, cela tuera toujours moins de monde que ces coups d’états qui nuisent à l’humanité.
Allors fumons, fumons à l’indépendance du monde…
Alors tentant ?
Alors tenté ?
Alain Girard
La manufacture
L’art et la manière de fabriquer un cigare appartient à une tradition précieuse. C’est à Cuba que la méthode de manufacture des cigares est la plus rigoureuse et empreinte de traditions.
La naissance d’un cigare
Après la culture, la récolte, le séchage et la fermentation des feuilles de tabac, vient enfin le moment d’assembler le cigare. A Cuba, l’ensemble des feuilles séchées et fermentées sont gérées par l’organisme d’Etat qui gère toute la chaîne de fabrication du cigare. Il s’agit de Cubatabaco qui joue le rôle de régulateur sur toute l’industrie du tabac à Cuba.
C’est après la troisième fermentation, qui aura duré une année entière, qu’est effectué le mélange des tabacs, ultime étape avant le roulage du cigare. Voici le déroulement des étapes du roulage d’un cigare, suivi de vidéos explicatives exclusives.
Le roulage du cigare
L’écotage : la fonction des écoteuses est tout à fait spécifique. Il s’agit d’enlever la nervure centrale de la feuille de tabas. Le geste est précis puisqu’il consiste à déchirer la feuille de tabac entre le pouce et l’index.
La légende veut que les cigares soient roulés sur les cuisses des cubaines, mais ce n’est pas tout à fait exact. La légende provient des écoteuses, presque exclusivement féminines, qui utilisent une planchette en bois afin de faire reposer la feuille de tabac sur leurs cuisses. Le spectacle des écoteuses au travail est tout à fait pittoresque. Elles respirent la joie de vivre, en chantant et souriant tout en travaillant.
Le roulage : le petit univers des rouleurs est la caste la plus respectée dans le monde du cigare. Il faut savoir qu’un minimum de six années sont nécessaires afin de maîtriser correctement l’art du roulage de cigare. C’est seulement au bout de dix ans que la dextérité permet de rouler les modules les plus prestigieux. La technique mise au point pour rouler un cigare dépasse le cadre de l’artisanat pour rentrer dans les concepts artistiques.
Car en plus de savoir assembler le cigare, il faut que le rouleur sache accorder les différents tabacs. En effet, la combustion harmonieuse d’un cigare est un point qualitatif important. C’est la composition des différents tabacs qui va impacter grandement sur la réussite au niveau d’une combustion harmonieuse.
Quand il commence sa journée de travail, le rouleur reçoit son quota de tabac avec les capes et sous-capes correspondantes. Il faut noter qu’il n’existe pas de gaspillage chez un bon rouleur car il sait utiliser la quasi totalité du tabac mis à sa disposition. Un rouleur confirmé produit envrion 63 cigares par jour de module double-corona. Bien entendu, il faut que les cigares soient rigoureusement identitiques.
Les cigares roulés à la main bénéficient de l’appellation Hecho à mano, gage de qualité et de respect des opérations de roulage à la main.
Hecho a mano : roulage à la main du cigare
Les cigares hecho a mano sont manufacturés suivant une méthode issue de traditions et moeurs ancestraux. L’art du roulage s’effectue dans la succession consacrée de neuf opérations bien précises.
En premier lieu, le rouleur s’occupe de préparer la tripe, c’est-à-dire de réaliser un tube de tabac parfaitement cylindrique et d’une densité constante. Pour ceux qui ne maîtrisent pas encore totalement cette phase, il existe des pieds à coulisse servant de guide au rouleur.
Ensuite, la tripe va $etre roulée dans la sous-cape (capote). Il s’agit de la demi-feuille qui va enserrer le coeur du cigare. Les grands modules requierent deux demi-feuilles. Cette étape est importante car le mariage de la tripe avec la sous-cape détermine la qualité technique et la régularité de combustion.
La troisième opération consiste à étendre une cape sur l’établi en bois pour en couper les bords avec un couteau spécial en forme de demi-lune qui s’appelle la chavette.
Puis il faut rouler la cape autour du tube de tabac préalablement confectionné. C’est l’étape qui signifie l’aspect extérieur du cigare, ainsi qu’une partie de la régularité de combustion.
Maintenant, il s’agit de couper la tête du cigare d’une manière nette et précise.
Pour la sixième opération, le rouleur doit confectionner la tête du cigare, consistuant l’étape la plus délicate qui requiert le plus de maîtrise technique. Pour les cigares à tête ronde, une petite pastille est appliquée à l’aide de colle végétale, mais lorsque ce travail est bien réalisé, il est difficile de déceler la pastille.
C’est maintenant l’heure de finitions avec le lustrage de la cape en frottant la feuille avec la chavette. De plus, il roule la pièce sur son étable tout en l’étirant avec soin.
L’étape suivante consiste à étirer la tripe. Le geste consiste à tenir le cigare dans la main gauche tout en tirant la tripe avec trois doigts de la main droite.
Pour la neuvième et ultime étape, le rouleur doit couper le pied du cigare pour lui donner sa taille finale et sa régularité. Le rouleur utilise une guillotine miniature pour effectuer cette dernière opération.
Voilà le cigare fabriqué, mais il n’est pas encore possible de le mettre à la vente.
Le rouleur a confectionné des fagots de 50 cigares qui sont ensuite soumis au repos et au tri. Après le roulage, les cigares sont mis au repos pendant une période de quatre à huit semaines. Ce repos permet de dégager de la chaleur et de l’humidité.
Après le stockage intérmédiaire, c’est au tour de la sélection des couleurs d’entrer en compte. C’est l’étape ultime de tri qui permet de trier les cigares selon une centaine de nuances bien définies. Chque tente est rangée par lot qui pourront ensuite partir à l’expédition aux quatres coins du monde.
Bien entendu, il faut aussi équiper le cigare de son indispensable bague, puis le mettre en boîte. Sans oublier le sceau de garantie qui est apposé sur toutes les boîtes de cigares cubains.
Les vidéos sur la manufacture du cigare
Vidéo sur la préparation de la cape
http://www.youtube.com/watch?v=BV_O7Kkbbcw&feature=player_embedded
Les feuilles de tabac cultivées dans la Vuelta Abajo et le reste du terroir cubain bénéficient du plus grand soin lors des étapes de séchage et fermentation.
Vidéo sur le contrôle qualité de la manufacture du cigare
http://www.youtube.com/watch?v=zx8YyL047SI&feature=player_embedded
Vous allez voir que toutes les étapes de la fabrication du cigare cubain sont soumises à des contrôles de qualité extrèmement stricts. La qualité incomparable des cigares cubains par rapport à ses concurrents venus d’autres régions de production vient aussi de la rigoureuse chaîne de fabrication qui applique une méthode empreinte de traditions et coutumes ancestrales.
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