KAFKA : “LA METAMORPHOSE” c’est déjà réglé

kafka[1]

 Le 7décembre 1912 Franz Kafka terminait “La Métamorphose”. Il s’agit d’une nouvelle dans laquelle le héros, Kafka lui-même sous le nom de  Grégor Samsa, s’éveille un matin transformé en un insecte repoussant,  on ne sait pas de quoi il s’agit, d’une vermine, d’un  cafard ou d’un cancrelat provoquant la répulsion. le bruit suggère l’écrasement, le chuintement de la carapace sous  les gigantesques semelles des bottes du père lorsque celui-ci marche vers lui. Mais il faudrait également songer à la punaise puisqu’il y a alors une odeur insoutenable.  Qui est-il, ce blog ou celle qui l’a un jour créé ?

Ceci pour les interprétations réductrices et univoque y compris celle de l’abandon d’un blog parce que l’envie de vomir vous est venu devant tout ce à quoi vous avez tenté de croire dans une vie et qui s’est avéré une pitoyable illusion.. M le maudit… Le juif est devenu un goy et le communiste est un négationniste antisémite ou quelqu’un qui a renoncé à changer le monde… Freud avait sans doute raison quand au comble du desespoir il dénonçait ceux qui en proie à une paranoïa imaginent que l’on peut changer les êtres humains, et l’ignoble société… Le projet de ce blog n’était que paranoïa.

L’analogie s’est imposée à moi à cause de la petite fable de je ne sais plus qui, narquoise, méprisante, paternaliste: Danielle s’enfuit et elle se trompe de sortie, elle est dans un placard, elle est obligée de sortir du placard et de revenir d’une manière hilarante. Je me suis donnée le temps de réflexion et le mépris ne m’a pas quitté. Mépris pour ceux qui ont osé nier l’extermination des camps de concentration, comme si cela concernait seulement les juifs et pas toute l’humanité, mépris pour ceux qui ou plutôt celle qui m’a harcelée en m’appelant la “tribale”, mépris pour ceux qui comme le président iranien croient faire avancer la cause palestinienne en pronant la banalisation de l’antisémitisme, comme ce minable physicien qui après avoir nié Freud, se prend pour russel parce qu’il aspire à l’oubli et à la négation de l’humanité. Fin de toute espérance, le contrat qui liait la petite fille juive aux communistes parce que eux étaient allés en camp de concentration par idéal, comme des combattants a été dénoncé, quand ce type m’a dit à Avignon “je ne suis pas plus qu’un juif mais pas moins, le complexe du goy” et il se croyait communiste… Il n’était pas le seul… Tous se croyant anti-capitalistes parce que antisémites, c’était leur dernier refuge… Comparer gaza à l’holocauste… Un tout petit pogrom comme il y en a eu des centaines des milliers depuis 2000 ans… Et cette obsession sur madoff… Tous ces textes dignes de Drumont, et vous croyez que vous allez changer de société avec ce genre de chose, pas plus qu’un mollah iranien… Ou qu’un catholique sud américain confit en bondieuseries et haissant les juifs par amour névrotique d’un christ sanguinolant… Un Petras, un noir américain raciste… On finit par se dire qu’Obama est un moindre mal…

Tous ces gens ne représentent pas plus que le minable Dieudonné et son score dérisoire mais ils sont le symptôme qu’il n’y a pas d’issue. De cette crise du capitalisme, il ne peut sortir que cette mort du cafard parce qu’il n’y a pas d’espérance et que seule la haine est votre horizon. Résultat non seulement il n’y a pas d’issue, mais l’écoeurement, l’abstention que vous engendrez entraîne la victoire d’un cohn bendit… Vous tous qui vous prenez pour des communistes, pour des révolutionnaires et il n’est que justice que vous n’engendriez que l’abstention, le mépris, parce que chacun sent bien que vous n’êtes plus des communistes mais des fascistes, vous avez besoin de l’antisémitisme et de détruire le cancrelat métamorphosé. La métamorphose est celle de cette humanité qui a tenté comme je l’ai fait desespérement de croire qu’un changement de société était possible, mais vous n’étiez que torture, haine,je n’ai jamais eu une main tendue. j’ai vécu les pires cauchemars qu’un individu puisse subir, la mort de l’être aimé, la maladie mentale d’un enfant, j’ai du me cacher, j’ai connu la peur et vous vous êtes tous réjouis de mes souffrances, j’ai continué à me battre pour vous, pour l’espérance d’une autre humanité et j’ai eu pour seule réponse samira le corbeau, d’autres heureux de ma solitude et de me voir me déchirer le coeur… je vous méprise… je me suis donnée plusieurs semaines … Je suis partie dans une autre ville, j’ai démménagé, quitté marseille, parce que ce qui se passait était trop grave, trop inhumain, trop dérisoire et jamais plus vous ne pourrez me faire du mal, c’est déjà réglé.

En fait, Kafka l’a bien précisé à son éditeur, l’insecte ne doit pas être dessiné, représenté…Car il est voué à n’être que “ça”: “devant ce monstre, dit la sœur, je n’ai pas l’intention de prononcer le nom de mon frère.” Et un peu plus loin, la femme de service découvrant son cadavre s’écrit : “Venez voir un peu, c’est crevé; c’est là, par terre, complètement crevé.” La chose  meurt des suites de la blessure provoquée par son père autant que de son propre jeûne et elle n’a cessé de susciter des interprétations multiples:   transformation de l’image du corps, perte du langage et de l’identité, rivalité père-fils, désirs incestueux, incommunicabilité, culpabilité, voire prémonition par Kafka de sa propre mort par tuberculose pulmonaire ( la pomme pourrie rongeant le dos de Grégor ) et du génocide du peuple juif. Peut-être que j’y ajouterais volontiers l’horreur de voir une partie de ce peuple transformé en goy. C’est le programme de Fichte le philosophe allemand, un des pères spirituels d’Hitler qui proposait de débarrasser l’Europe de toute la juiverie, menace à l’unification allemande, en créant une Etats juif en palestine, son complément étant de” “couper toutes les têtes en une seule nuit et leur en greffer de nouvelles qui ne contiennent aucune idée juive”. 

La métamorphose est ouverte à l’infini sur tous les détournements pervers, sur ces espaces fantasmatiques sociologiques, psychanalytiques, anthropologiques, littéraires que nous investissons quand la réalité devient insoutenable et qui contribuent à la rendre insoutenable. Parce que ce qui est insupportable ce n’est pas tellement l’existence de cette répulsion pour un être humain transformé en vermine dont on se débarrasse hygiéniquement, mais qu’une société ait besoin de cette métamorphose pour tenter de créer de solidarité, de remplir le vide existentiel de chacun des individus avec cette solidarité de haine.

Ont été relevés plus de 130 interprétations possibles de la métamorphose. Kafka décrit la famille mais l’élève au mythe, comme un Oedipe et une Antigone qui auraient renoncé à la tragédie du pouvoir, à l’héroïsme pour revendiquer la banalité et atteindre cet “être pour la mort” dont parlait Lacan. “Il n’y a ici rien d’autre, disait ce dernier, que la véritable et invisible disparition qui est la sienne [celle du héros]. L’entrée dans cette zone est faite pour lui de ce renoncement aux biens et au pouvoir en quoi consiste la punition, qui n’en est pas une…”

L’insecte de kafka est enfermé dans le placard, il tente de sortir par la fenêtre, il se défenestre. Gregor, donc se réveille insecte, il veut se lever, aller travailler, il reste un être humain mais il ne peut pas puisqu’il est cet insecte si lent, si aisément fatigué. Tout ceux qui le voient s’enfuient effrayés et sa famille l’enferme. la mère exige que la soeur le nourrisse et c’est une terrible corvée pour cette dernière et lui malgré son besoin d’amour se cache d’elle, pour la préserver. Il est un poids mort pour la famille qui est obligée de louer des chambres, un jour les locataires le voient et s’en vont s’en payer leur dû. La famille estime avoir fait pour lui plus qu’il n’est possible, il faut le tuer ou l’expulser Gregor meurt le lendemain. La famille s’en réjouit et fait des projets d’avenir.La soeur devient libre et belle, il fallait que la chose meure, que ça meure.

130 interprétations d’un conte qui obsède son auteur sur son impossibilité à continuer à vivre . Qu’il doit prendre une décision et si sortir il y a que ce soit comme le suicide de Walter banjamin, parce qu’”il est traqué comme juif à la frontière espagnole mais surtout parce qu’il n’a cessé de chercher un sens à cette vie et qu’il vient de perdre la dernière chose à laquelle il tenait : sa collection de livre. Mon père avait raison, un juif ne doit s’attacher à rien, il doit pouvoir s’enfuir à chaque moment, les livres c’est trop lourd comme une carapace qui vous cloue sur le lit.

 Réduire “La Métamorphose” à un rapport sado-masochiste de Kafka à son père ou au désir incestueux pour la mère et la sœur, l’aplatir à cette banalité renvoit à cette remarque de Kafaka lui-même:   “ayant eu connaissance de quelques lignes écrites par le psychanalyste Wilhelm Stekel sur “La Métamorphose”, Kafka lui-même dira de leur auteur qu’il ” fait de la petite monnaie avec l’œuvre de Freud”. Est-ce un drame bourgeois, celui de la famille seulement ?

 Il est vrai qu’en 1912, Kafka tente d’échapper à la pression familiale qui l’empêchent d’écrire ”Je les hais tous à tour de rôle, écrit-il à Max Brod à propos de sa famille, mais la haine – et de nouveau cela se retourne contre moi – est évidemment mieux à sa place de l’autre côté de la fenêtre que tranquillement couchée sur un lit.” Peut-être faut-il lire la métamorphose en même temps que sa correspondance à Felice Bauer dont il a fait connaissance le 13 août 1912. C’est la plus étrange des correspondances, un psychanalyste y verrait le transfert mais  jamais correspondance  amoureuse ou prétendant l’être ne fut aussi centrée sur la question de la levée du courrier, les horaires du facteur. La lettre distribue la place comme dans la lettre volée et la place de kafka est dans cette anxiété impuissante qui veut que tout ce qui  l’entoure soit obstacle à la pulsion, lui interdit de ne plus que se consacrer qu’à l’écriture, ne jamais devenir l’homme que l’on exige de lui. Il écrit d’ailleurs à Felice qu’une petite histoire l’osède, s’impose à lui et elle deviendra la métamorphose. La lettre à Felice comme l’écriture est l’espace de la perversion, du détournement de la pulsion vers le lieu où peut se développer le fantasme et plus seulement la satisfaction du besoin vital de reproduction de l’espèce ce qu’il ne peut donner à sa fiancée. Cette Chose, cette vermine est en perte d’humanité; mais cette perte d’humanité est aussi l’humanité elle-même et son auto-dévalorisation est celle des objets de son désir auquel est dénié la possibilité d’être des sujets.

Grégor Samsa se découvre insecte sur son lit, mais une fois mort et les parents sortis de la chambre, “la servante ferma la porte derrière eux et ouvrit la fenêtre en grand…” puis, avant de partir, leur dit: “vous n’avez pas besoin de vous inquiéter pour savoir comment vous débarrasser du machin d’à côté. C’est déjà réglé.” Elle a donc fait le ménage! Dans “Le Verdict”, écrit dans la nuit du 22 au 23 septembre 1912 (peu de temps, donc, avant “La Métamorphose”) Georg exécute lui-même la sentence de son père et va se noyer…On connaît également la fin de K. dans “Le Procès”. La mort est là mais parce qu’il y a littérature, elle est vaincue.

Ce déchet à balayer est bien sûr Kafka et sa pulsion destructrice et autodestructrice moteur de l’écriture, différence insupportable aux autres qui lui nient l’humanité,  mais c’est  aussi la dénonciation de ce qui monte dans cette époque là et qui prend encore plus d’acuité aujourd’hui, du moins pour moi en ces moments que nous traversons.

Cela a été dit par Adorno, par Walter benjamin, mais aussi par Freud, la guerre n’a rien résolu au contraire  et quelques années après en 1927, Freud écrira “l’avenir d’une illusion” “tandis que l’humanité a fait de constants progrès dans la domination de la nature et qu’elle est en droit d’en attendre de plus grands encore, il n’est pas certain qu’on puisse constater un progrès analogue dans la régulation des affaires humaines, et il est vraisemblable que de tout temps, aujourd’hui comme hier, bien des hommes se sont demandés si cette part d’acquis culturel vallait seulement d’être défendu. On pourrait penser qu’une nouvelle réglementation des relations humaines ne serait pas forcément impossible, qui fasse échec aux sources du mécontentement envers la culture en renonçant à la contrainte et à la répression pulsonnielle, de sorte que les hommes pourraient sans être perturbés par leur discorde interne, s’adonner à l’acquisition des biens et à la jouissance de ceux-ci. Ce serait l’âge d’or, mais reste à savoir si un tel état sera réalisable. il semble bien plutôt que toute culture doive nécessairement s’édifier sur la contrainte et le renoncement pulsionnel: il ne parait même pas assuré que, la contrainte cessant, la majorité des individus humains sera prête à assumer la prestation de travail dont on a besoin pour se procurer de nouveaux biens vitaux. Il faut selon moi compter avec le fait que, chez tous les hommes sont présentes des tendances destructives, donc antisociales et anticulturelles, et qu’elles sont, chez ungrand nombre de personnes, suffisamment fortes pour déterminer leur comportement dans la société humaine”. Ainsi parla Freud et il en rajouta dans le pessimisme de la pulsion de mort dans malaise dans la civilisation. Comme d’ailleurs dans son fameux échange avec Einstein “pourquoi la guerre?”

Ce déchet à balayer, cette chose inhumaine, innommable, irreprésentable ou seulement ébauchée, ne serait-ce pas alors, par delà l’auto dévalorisation de l’auteur, ce qui vient rappeler la vanité de ceux qui l’entourent ?…

Si j’ai écrit ce texte après mure réflexion c’est pour vous dire à quel point cette phrase m’est apparue dérisoire, cette phrase qui vivait mon départ comme un anéantissement, qui prétendait que je m’enfermais dans un placard. Quel anéantissement ? J’ai quitté marseille, j’ai acquis un appartement avec une magnifique terrasse, je change totalement de vie et je reprends un travail universitaire. Le temps de l’espérance politique n’existe plus…

“Le thème de “La Métamorphose”, dit Maurice Blanchot, est une illustration de ce tourment de la littérature qui a son manque pour objet et qui entraîne le lecteur dans une giration où espoir et détresse se répondent sans fin…L’œuvre de Kafka, c’est la mort, et c’est aussi l’acte de le rendre obscur et de l’effacer. Mais, comme la mort, elle n’a pu s’obscurcir, et au contraire elle brille admirablement de ce vain effort qu’elle a fait pour s’éteindre…”

Adieu, il n’y a plus de changement de société, plus de combattante…

9 Réponses vers “KAFKA : “LA METAMORPHOSE” c’est déjà réglé”


  1. 1 DIMITRI 15 juin 2009 à 9:24

    Danielle,

    Bon vent dans ta nouvelle ville…

    Jusque quelques mots pour toi et peut être pour que tu te reprennes.

    Je t’ai dis il y a quelques années que notre seule solution est de nous contenter pour le moment du rôle de “passeurs”.

    Il n’y a pas que des combattants pour porter l’espoir.

    Et l’espoir il est parfois tout petit petit petit… il faut le laisser dans un coin de notre coeur.

    Amités

  2. 2 M'ENFIN! 16 juin 2009 à 10:50

    Bonjour Danielle,

    je débarque ici après une longue absence. Je ne suis pas certain d’avoir tout compris à votre texte. J’ai lu La Métamorphose il y a trop longtemps, j’étais encore un gosse et je me rends compte en vous lisant que je n’en avais pas compris le quart du tiers du centième.

    Vous avez décidé d’arrêter votre blog ? C’est triste.
    C’est une très mauvaise nouvelle pour tous ceux qui cherchent une stimulation intellectuelle et un havre contre la misanthropie, ultime refuge des idéalistes déçus. Cette misanthropie, je lutte quotidiennement contre moi-même pour ne pas y sombrer, je pense que vous me comprenez.

    La disparition de votre blog serait une grande perte, mais je ne suis rien ni personne pour vous en faire le reproche. Ce n’est pas moi qui subis quotidiennement les attaques immondes qui vous sont adressées. La nausée m’aurait déjà submergé depuis bien longtemps.

    Je me contente pour ma part d’exprimer une pensée par-ci par-là sous un pseudonyme… Le niveau d’engagement n’est pas le même, pour rester courtois avec moi-même. Je n’aurais certainement pas la force d’affronter toute cette haine, et je n’éprouve aucun soulagement à voir quelqu’un d’autre se prendre des coups à ma place. Bien au contraire.

    J’espère pouvoir vous lire à nouveau. Vous êtes un puits de connaissance et une véritable insoumise (j’insiste sur le “véritable”). Vous avez beaucoup à apporter à tous ceux qui partagent votre colère sans être capables de l’exprimer de manière aussi éloquente.

    Peut-être qu’un blog avec ses multiples commentateurs masqués n’est pas le moyen d’expression idéal. Ceux et celles qui vous attaquent perfidement n’en mèneraient probablement pas très large s’ils étaient confrontés à vous dans un véritable débat.

    En tout cas, que vous continuiez à écrire sur le net envers et contre tout ou que vous décidiez de vous en éloigner, sachez que vous avez nourri mes réflexions et que vous m’avez apporté beaucoup de sagesse.
    Deux exemples : c’est à vous que je dois d’être parvenu à dissocier totalement antisémitisme, antisionisme et opportunisme médiatico-électoral. Et vous êtes parvenue à redorer l’image que je me faisais du communisme, ou plutôt des militants communistes. Ayant grandi dans cette société qui putréfie tout ce qu’elle touche, j’avais un grand besoin de lire ou entendre des propos comme les vôtres.

    Finalement, et indépendamment du fait qu’il y a probablement autant d’interprétations de Kafka qu’il y a de lecteurs de Kafka, vous avez peut-être l’étrange pouvoir de transformer les cafards en êtres humains.

    Préservez-vous, vous êtes précieuse.

  3. 3 Gilles Questiaux 17 juin 2009 à 12:22

    Je tiens à dire que j’ai beaucoup appris en tant que communiste et pas seulement à ce titre à parcourir le blog de Danielle Bleitrach, et j’ai beaucoup apprécié de l’avoir rencontrée avec Pasquale Noizet à Marseille l’an dernier, et que je lui suis reconnaissant d’avoir dispensé gratuitement son savoir et son énergie si longtemps. Je sais aussi que cette activité devant un écran d’ordinateur peut exposer à des dangers nouveaux que ceux qui pensent que le net n’est qu’un défouloir anonyme n’imaginent pas. C’est bien une guerre qui s’y passe. Enfin je lui souhaite bonne continuation dans ce qu’elle entreprendra.

  4. 4 julien 17 juin 2009 à 1:56

    Chère Danielle,
    Pas grand-chose à dire, ou trop.
    Je ne ferai donc que te citer (archive du blog du 29 mai).
    Malgré tout cela et face à cela, la haine, les égarements, les affronts, tu es pour nous comme Aragon, la lumière au Tiers Monde politique.
    Hasta la victoria siempre, si je puis me permettre, julien

    « moi je tiens une photo avec Aragon, en souvenir de ce qu’il m’a dit un jour et auquel je pense chaque fois que je dois « ramasser les morceaux de mon âme brisée », il m’a dit « pour des gens comme vous et moi, ce parti devient parfois un mauvais lieu, un coupe gorge ». Sur le moment je n’ai pas compris, j’ai été simplement flattée qu’il me mette dans la même catégorie que lui mais avec le temps, je comprends… je le revois à cette dernière fête de l’huma en 1982 qui lui était consacrée, il pleurait de fatigue et de douleur le lendemain à la lecture d’une presse immonde, dont le journal Libération, qui se déshonora quelques mois après à sa mort en l’insultant, comme Mitterrand en lui refusant les funérailles nationales sous le prétexte qu’il ne les avait pas accordées à son ami Mendes-France… A Aragon le plus grand écrivain du siècle il ne fut jamais pardonné d’être communiste et lui-même conçu cette adhésion comme « la plaie et le couteau » sans jamais la renier… Au bout de tant d’année je considère comme un privilège tout ce que j’ai du affronter en étant communiste, y compris au sein de ce parti qui s’était donné un but qui le dépassait, nous dépassait tous. Nadir et moi, nous représentons deux temps mais aussi ce mélange, cette diversité dans un combat commun qui fait la difficulté mais aussi la grandeur de l’engagement communiste. Cette diversité doit plus apparaître dans ce blog… Une dernière conviction, il n’existe pas d’autres voies que l’action collective et organisée si l’on veut changer le monde. »
    Danielle Bleitrach

  5. 5 elsie 18 juin 2009 à 11:13

    Chère Danielle,
    Je suis triste, vraiment, que vous ayez décidé de ne plus partager avec nous votre bagage d’expériences, de connaissances, d’analyses, de tendresses et de colères amassé le long de la vie.
    Oui, de manière tout à fait égoiste, “Cnagement de société” représentait pour moi, et j’en suis sûre pour beaucoup d’autres anonymes, un petit coin de respiration ù il était bon de venir se ressourcer; un point d’appui.
    Vous allez nous manquer grave, comme sisent les jeunes.

    Merci encore pour tout.
    Elsie

  6. 6 Caius 20 juin 2009 à 3:30

    et heureusement que, Max Brod, ami et exécuteur testamentaire de Kafka, n’a pas suivi sa volonté de détruire tous ses manuscrits…

    « Voici, mon bien cher Max, ma dernière prière : Tout ce qui peut se trouver dans ce que je laisse après moi (c’est-à-dire, dans ma bibliothèque, dans mon armoire, dans mon secrétaire, à la maison et au bureau ou en quelque endroit que ce soit), tout ce que je laisse en fait de carnets, de manuscrits, de lettres, personnelles ou non, etc. doit être brûlé sans restriction et sans être lu, et aussi tous les écrits ou notes que tu possèdes de moi ; d’autres en ont, tu les leur réclameras. S’il y a des lettres qu’on ne veuille pas te rendre, il faudra qu’on s’engage du moins à les brûler. À toi de tout cœur. »
    — Frank Kafka

    • 7 BiBi 2 juillet 2009 à 11:39

      Caius,
      Bien sur que c’est très impressionnant que FK ait ordonné que tout ça aille au feu mais… car il y a un mais… FK est aussi un homme avec ses contradictions et sa roublardise (inconsciente).
      Le Conscient dit : ” Cher Max, brulez moi tout ça”
      L’Inconscient dit : ” Je donne tout ça à Max , mon meilleur ami car (je) sais qu’il ne le fera jamais”.
      Voilà, c’était juste une Pensée BiBi…(qui écrivit sur son blog un article sur Kafka au bordel… en réponse à cette idée que Franz etait un ascète etc…)

  7. 8 Fald 25 juin 2009 à 11:02

    Bonjour,

    le nom de Danièle Bleitrach m’est connu depuis les années 70, quand j’avais passé quelques mois «déguisé en con» avec un pompon rouge du côté de Toulon.

    Pour les militants locaux, vous étiez visiblement quelqu’un.

    Aussi, lorsque surfant sur mon Internet haut-débit tout neuf (que j’ai eu après tout le monde!) j’ai trouvé ce site, j’ai tout de suite été intéressé. Enfin quelqu’un qui supporte manifestement aussi mal que moi de voir les dirigeants du parti communiste se balader avec la culotte sur les chevilles, voire la veste à l’envers.

    Moi aussi, je suis depuis longtemps passablement dégoûté par la bêtise ambiante. Quand quelqu’un de mon entourage critique la politique de Sarkozy, Parisot et consorts, je l’envoie de plus en plus souvent sur les roses en lui disant : «C’est normal en démocratie qu’un pays de cons soit gouverné par des brigands».

    Je sais, ce n’est pas positif, mais c’est plus fort que moi, déjà, à l’époque où je militais, je me faisais souvent reprendre le texte de mes tracts car j’avais tendance à insulter l’électeur qui finissait de descendre le parti pour sanctionner les virages à droite des reaganno-mitterrandiens ou qui s’imaginaient voter « ouvrier » en votant Le Pen.

    Et puis, je ne crois pas que ce soit inutile. Comme je l’ai déjà écrit sur quelques forums, on n’obtient pas d’un alcoolo qu’il cesse de boire tant qu’on ne l’a pas traité d’ivrogne. Un tabagique n’envisage pas d’arrêter de fumer tant qu’on ne lui a pas fait prendre conscience de sa dépendance, et il en va de même de tous les accros.

    De même, un con ou un ignorant ne peuvent prendre conscience de leur connerie et de leur ignorance que si on leur met, comme aux chiens mal éduqués, le nez dans leur merde.

    C’est pourquoi je trouve dommage que vous envisagiez d’arrêter de «bloguer». Exprimer son dégoût de l’état idéologique et politique de notre société est utile, vu justement cet état, c’est peut-être même la chose la plus utile à l’heure actuelle. Et il arrive un moment où ceux qui expriment leur désespérance sont probablement les seuls à même de faire réagir les autres. L’espoir dans l’expression de désespoir, ce n’est que l’une des multiples contradictions de la vie.

    Etre communiste, depuis presque trois décennies, et surtout depuis 1989, c’est comme avoir été républicain après 1799. Les Français dégoûtés par les échecs de la Première République s’apprêtaient à se laisser refiler pendant 71 ans trois rois et deux empereurs. Le républicain était un dangereux utopiste, partisan d’un système qui avait définitivement échoué, un criminel complice de tous les crimes commis depuis 1789.

    Il faut s’y faire : nous ne sommes peut-être qu’au début de ce nouveau régime de restauration qui surfe sur la connerie et le manque de mémoire des masses. Nous n’en verrons certainement pas la fin. Les progressistes ne peuvent qu’exprimer leur «Weltschmerz», ce mal du siècle qui a déjà donné quelques sommets de la littérature de la Restauration. (Heinrich Heine, Nikolaus Lenau…, je vous fais confiance pour en savoir plus long que moi sur le sujet!!!!)

    Alors, exprimons-le! Chacun à sa manière: moi avec mon vocabulaire de charretier embourbé et vous avec vos références littéraires et philosophiques. Si un prolo qui vote Le Pen réfléchit un jour parce que je lui aurai dit dans son langage qu’il se cocufie lui-même, si un «nintellectueldegôch» ravale sa vanité en vous lisant, ce sera toujours ça de pris pour ceux qui viendront après.

    «Pour ceux qui viendront après»… ça me fait penser à Brecht : «…nous qui voulions préparer le monde à l’amabilité n’avons pas pu nous-mêmes être aimables… pensez avec vous avec indulgence». Décidément, c’est vrai qu’il est difficile de trouver quelque chose de nouveau sous le soleil!

    Mais si je n’avais pas lu des auteurs pas très optimistes comme Brecht, et des carrément pessimistes comme Tucholsky, je ferais peut-être partie de ceux qui trouvent que le capitalisme est la seule société possible. Mon éducation de départ me portait plutôt dans cette direction. Vous voyez que l’expression de la désillusion est utile, sans doute plus que celle de l’espoir des lendemains qui chantent.

    Vous avez sans doute deviné que je suis germaniste. Et au demeurant, Kafka écrit dans un allemand très agréable à lire, ce qui ne gâche rien. Votre article me donne envie de déterrer du bazar qui me sert de bureau le recueil de nouvelles qui contient la fameuse «Métamorphose».

    Allez, j’ai assez bavardé, tout ça pour vous dire qu’on aimera vous lire encore et toujours. Revenez voir votre site de temps en temps. Il y en a qui ont besoin de vos articles!

  8. 9 BiBi 2 juillet 2009 à 11:33

    Que vous abandonniez votre blog, Bibi peut le croire mais abandonner le chemin de l’écriture, c’est impossible. BiBi n’est pas régulier de votre blog mais quelqu’une qui se coltine Kafka, ne peut ainsi s’évanouir sans laisser de nouvelles adresses. Vous etes sur ce Chemin de la Métamorphose : vous le paierez du prix du Silence jusqu’à ce que vous reveniez autre, autrement.
    A bibientôt


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