Comment les gauches martiniquaises voient l’avenir de leur île, par Marc Harpon

arton40031Comment les gauches martiniquaises voient l’avenir de leur île. Ce que le mouvement ouvrier de métropole doit savoir.

Par Marc Harpon (Fort-de-France) pour Changement de Société.

Les rencontres politiques et syndicales se multiplient à la Martinique. Depuis la fin de la grève, chacun y va de son bilan et de ses perspectives d’avenir. Dans cette forêt de rencontres, le séminaire du Groupe Révolution Socialiste, par sa longueur, son sérieux et la diversité des participants, m’a semblé un choix judicieux, d’autant que mes activités partisanes au sein du Parti de Gauche m’ont déjà mis en contact avec Gilbert Pago et ses camarades, dont l’accueil est toujours fraternel et chaleureux; pour tous les anticapitalistes. Dans son intervention, il s’est d’ailleurs félicité que “plusieurs courants soient représentés”.

Le GRS est un Groupe trotskyste dirigé par des intellectuels brillants, dont Pago, qui est historien et directeur de l’IUFM de la Martinique. Le Groupe appartient à la même internationale que le NPA. Il jouit, notamment du fait de son ancienneté(1), d’une audience et d’un respect à la fois profonds et mérités dans le paysage de la gauche martiniquaise. Il est donc tout naturel que quelques unes des principales forces anticapitalistes de la Martinique aient fait le déplacement pour le séminaire de dimanche, qui se structurait en trois moments, étalés sur la journée : les projets de développement pour la Martinique ; le problème des institutions après le mouvement social ; les plates formes du LKP, du Collectif du 5 février, le Traité Pour le Grand Dérangement.

Le séminaire du GRS, qui a eu lieu dimanche 19 avril à l’AMEP à Fort-de-France, a été l’occasion pour moi d’entendre les positions des différentes composantes de la gauche anticapitaliste invités par nos hôtes. Etaient présents entre autres, le MODEMAS (Mouvement des Démocrates et Ecologistes Martiniquais), représenté par Marcelin Nadeau, le maire du Prêcheur, le PKLS (Pati Kominis Pou Lendepandans ek Sosyalzm, Parti Communiste pour l’Indépendance et le Socialisme), Combat Ouvrier (apparenté à Lutte Ouvrière), le Parti de Gauche, et bien sûr, le GRSMalgré les divergences énormes qui peuvent exister entre des trotskystes et des courants plus réformistes, tels que le Modemas ou le Parti de Gauche, c’est dans la plus parfaite fraternité que l’assistance a échangé avec les intervenants.Des membres de différents syndicats étaient présents, comme la CGTM, puisqu’Alex Grandville, qui appartient par ailleurs au PKLS, était aussi dans l’assistance. Raphaël Constant, également du PKLS, était là lui aussi et a fait partie des intervenants inscrits au programme de la journée, mais il a précisé qu’il ne s’exprimait pas au nom de son parti- pas plus que moi je ne me suis exprimé au nom de mon Comité PG972, qui n’a pas débattu en interne de toutes les questions soulevées lors de la rencontre. La plupart des militants politiques présents étaient par ailleurs syndicalistes, comme Philippe Pierre-Charles (GRS), qui fait partie des dirigeants du Collectif du 5 février. Divers associations ont fait le déplacement, dans les domaines de l’écologie, du féminisme ou de l’énergie. J’ai pu avoir une conversation très instructive avec un petit patron (« en voie de prolétarisation », comme il l’a dit lui-même) de la pêche, membre actif d’un syndicat de pêcheurs, militant de gauche et ancien membre d’ATTAC. Conscient de toutes les difficultés rencontrées par la classe ouvrière, il m’a dit souhaiter que la gauche martiniquaise mais aussi française accepte d’entrer en conflit avec la Commission Européenne comme avec l’OMC- il a également pu me parler de la Chine, sur laquelle il ne partage pas mes positions, parce que, comme il l’a dit avec amertume, certains de ses parents, qui y possèdent des usines, exploitent des chinois, pour la fabrication et l’exportation de jouets vers le Canada. Mais le Séminaire du GRS était loin d’être une rencontre bureaucratique ouverte aux seuls dirigeants syndicaux, politiques et associatifs, puisque manifestement, nombreux étaient les simples citoyens, parfois modestes, comme ce membre de l’assistance dont le créole si pur révélait une histoire sociale paysanne ou ouvrière, sans doute les deux. J’ai pu parler également à une travailleuse sociale métropolitaine qui m’a se reconnaître dans les positions du Modemas,parti indissociablement indépendantiste et écologiste, et à une militante associative qui s’évertue au service de jeunes adultes en formation.

Des échanges, il ressort que la question de la participation des masses populaires dans la vie politique et économique de l’île est au coeur des préoccupations de la gauche anticapitaliste, participation qui, selon les propositions de 1991 du GRS, doit s’orienter vers une assemblée locale élue par tous. Celle-ci devrait être contrôlée par une autre assemblée, qui, par la révocabilité des élus et son caractère exclusivement salarié, s’apparenterait à un Soviet (terme qui n’a pas été employé explicitement). Cette orientation, résolument trotskyste, n’exclut pas que le GRS puisse s’orienter vers la construction d’un nouveau parti ouvert à d’autres forces politiques, dont le dénominateur commun serait l’anticolonialisme, ce qui m’a conduit a interroger les intervenants sur l’attitude qu’ils entendaient tenir vis-à-vis des éléments les plus dangereusement réactionnaires du monde indépendantiste (2)

Cette question de la participation populaire a conduit Gilbert Pago a remarquer, confirmant les positions formulées dès 1991, ce qui lui semble être une erreur de méthode dans la façon dont le problème du statut est généralement posée: le peuple n’est consulté qu’en fin de processus, pour valider les projets élaborés d’en haut. Par ailleurs, toujours d’après Pago, on part de ce que la Constitution permet pour envisager les problèmes des Martiniquais au lieu de partir des questions martiniquaises pour se demander ensuite ce qu’il faut exiger de la France. Le changement de démarche voulu par le GRS est censé permettre, comme premier pas dans la direction de l’indépendance, une initiative partagée en ce qui concerne les affaires étrangères (dans les domaines liés à la Caraïbe, les autres, comme les relations avec les grands organismes internationaux tels que l’ONU, pouvant rester à la France). L’initiative énergétique elle aussi, envisagent certains, pourrait appartenir aux martiniquais, plutôt que de laisser un certain nombre de possédants se remplir les poches en louant leurs terrains pour l’installation de cellules photovoltaïques en vue de la vente d’électricité à EDF, compagnie que les martiniquais ne contrôlent pas. Cette question de l’énergie, d’après Serge Troudart, ancien syndicaliste d’EDF et militant associatif, qui s’est exprimé dessus, autoriserait même à trouver, d’un point de vue anticolonialiste, un avantage à la libéralisation voulue par la Commission européenne, qui brise els monopoles publics : elle aurait pu permettre, si l’opérateur métropolitain n’était pas resté l’acheteur unique et si les élus avaient saisi l’occasion, d’envisager la construction d’un compagnie martiniquaise, par laquelle les martiniquais auraient pu maîtriser leur politique énergétique.

La logique anticolonialiste ne refoule cependant pas l’anticapitalisme au second plan, puisque, Max Dorléans (GRS), qui portait avec une fierté légitime un T-shirt imprimé à l’effigie de Fanon, a, à juste titre, rappelé que le Schéma Martiniquais de Développement (SMDE) et l’Agenda 21 du Conseil Général ne faisaient pas mention de la nature de classe des travaux qui les ont préparé, pour lesquels, d’après Philippe Pierre-Charles, les « socio-professionnels » ont jouit malheureusement d’un poids égal sinon supérieur à celui des représentants syndicaux des travailleurs. Mais rien n’exclut, ce me semble, que cet anticapitalisme prenne un jour des voies réformistes, sans renoncer à la nécessaire radicalité du mouvement ouvrier. Ainsi, dans certaines interventions, la tentative, finalement soldée par un échec, de créer une compagnie aérienne avec des capitaux martiniquais (y compris privés), a été rappelée comme un énorme progrès. Cela confirme le sentiment que j’ai eu lors de ma première rencontre avec le GRS, où Gilbert Pago avait fait une remarque des plus pertinentes sur les difficultés des PME, dans lesquels un accord sur la hausse des salaires n’aurait pas été praticable uniformément. Pago a d’ailleurs bien expliqué que le grand soir n’était pas pour tout de suite, ce qui m’a conduit à soulever la question de savoir si, en proposant, comme il l’a fait, la dualité de pouvoir entre un quasi-soviet populaire et une assemblée plus bourgeoise, on ne risquait pas de mettre le doigt dans l’engrenage qui mènerait à des aventures que j’ai qualifiées de « cruelles » mais qui, contrairement à ce que dit La Jeune Garde(« tant pis si la lutte est cruelle, après la pluie le temps est beau »), vieux chant révolutionnaire français, ne déboucheraient pas inévitablement sur le beau temps. Au nom du Parti de Gauche, j’ai pu signaler la voie que retient le Parti de Gauche pour une transformation radicale de la société, en soulignant que le bouclier social, que demande nous demandons pour protéger les travailleurs, avait fait l’objet d’une proposition de loi défendue par Marc Dollez à l’Assemblée Nationale et par Jean-Luc Mélenchon au Sénat.

Je regrette qu’aucune intervention ne m’ait permis d’identifier d’éventuels représentants du Parti Communiste Martiniquais. Je ne suis peut-être tout simplement pas resté assez longtemps pour les entendre, puisque, pour des raisons personnelles, j’ai dû partir après le repas, alors que le Séminaire s’étalait sur toute la journée. Ou peut-être avait-on oublié de l’inviter…Mais les communistes n’étaient pas les seuls absents…J’ai également regretté que la question du genre n’ait pas débouché sur une problématique connexe, que les théoriciennes du féminisme et des gender studies (notamment Monique WITTIG, l’une des deux fondatrices du féminisme dit matérialiste, et Judith BUTLER), ont su saisir, à savoir celle des sexualités, à commencer par les homosexualités masculine et féminine, qui font l’objet d’une stigmatisation particulièrement violente à la Martinique. Pire, les références au couple, faites par Rita Bonheur, qui intervenait sur le genre, semblaient supposer que le couple est hétérosexuel par définition. Est-ce à dire que les lesbiennes martiniquaises ne sont pas concernées lorsqu’il est question de la situation des femmes? Cet oubli est aussi involontaire que malheureux.

Malgré ses défauts, ce séminaire, je crois, met en lumière les problématiques propres à la gauche martiniquaise. A la Martinique, un parti est sans avenir s’il ne se positionne pas clairement sur quelques questions essentielles : Les Martiniquais sont ils une population ou un peuple? S’ils sont un peuple, peut-on les priver du droit à disposer d’eux-mêmes? Jusqu’où ce droit va-t-il? Faut-il une autonomie voire une autonomie étendue, ou une indépendance? Comment concilier cela avec les convictions républicaines, qui veulent que la France soit une et indivisible? S’il y avait à choisir, choisirait-on l’anticapitalisme ou un attachement rigide au statu quo, qui couperait la gauche des populations ultramarines? Et quelle indépendance veulent les indépendantistes martiniquais? Sont-ils prêts à risquer que « les classes bourgeoises et petites bourgeoises » transforment « le droit à l’autodétermination nationale en instrument de leur politique de classe contre-révolutionnaire », comme le signalait Rosa Luxemburg, dans sa critique de la position de Lénine sur les minorités nationales de Russie(3), ou estiment-ils que l’indépendance n’est rien sans le socialisme? Et ce socialisme peut-il être tout de suite intégral ou faut-il, comme l’a proposé MARX(4) et comme l’aurait proposé G.A. COHEN(5) , accepter de laisser se développer les contradictions internes du système? Peut-on envisager, comme le font les Chinois, une sorte de voie provisoire dans laquelle on confierait au marché certaines tâches, sous le contrôle étroit de la classe ouvrière et de sa direction politique(6)? Quelle méthode retenir pour avancer dans la voie retenue, quelle qu’elle soit? Doit-on, comme le suggérait une jeune femme dans l’assistance, envisager de renouer avec les aspects les plus effrayants de notre héritage de gauche, en renonçant au pacifisme ou ne faut-il de violence que légale(7)? Doit-on poursuivre sur la voie actuelle, qui repose sur la médiation des élus, qui prêtent une oreille trop attentive aux intérêts dominants, ou faut-il changer radicalement de méthode pour une implication populaire à toutes les étapes du processus? Doit-on, comme le suggère Marcelin Nadeau du MODEMAS, entrer dans le jeu politique actuel pour faire face à l’urgence de l’action en attendant que des moyens plus efficaces et démocratiques soient mis en place ou faut-il, comme le propose Combat Ouvrier miser sur les seuls « embryons de soviets » que serait la présence politique dans les entreprises?Je ne propose pas ici de réponse à ces questions, même si mes positions sont facile à imaginer, compte tenu de mon ancrage partisan.  Par ailleurs, je crois que les martiniquais doivent prendre garde à ne pas s’embarquer dans des aventures incertaines. Mais, pour qu’une révolution politique, économique, écologique et sociale conduise la gauche à écraser définitivement la droite en 2012, chacun de ses partis doit s’efforcer de parler aux ultramarins, en engageant un débat sur leurs problèmes (8), afin de pouvoir dire clairement (et non plus laisser deviner) quelles revendications “domiennes” ils soutiennent et surtout jusqu’où ils les soutiennent.

A défaut d’un tel travail de clarification, 2012 pourrait ressembler à 1981, où le meilleur score électoral à la Martinique a été celui de…Giscard. C’est pourquoi, comme j’ai décidé de le faire à l’intérieur du parti qui correspond le mieux à mes aspirations, chacun doit, si ce n’est pas seulement en paroles qu’il est solidaire des luttes des travailleurs martiniquais, porter non forcément les bonnes réponses mais au moins les bonnes questions dans son organisation politique ou syndicale. C’est ainsi qu’un forme d’internationalisme ouvrier peut et doit jouer à l’intérieur même de la République.

(1)Il a été fondé en 1972. Cf. Gilbert Pago, article « Dom-Tom », in Antoine Artous, Dider Epsztajn et Patrick Silberstein(dir.), « La France des années 68. Une encyclopédie de la contestation », Editions Syllepse, 2008, p. 291. Par ailleurs, comme le fait remarquer à juste titre le même article, les groupes indépendantistes des années 70, contrairement au GRS, ont été souvent éphémères . Changement de Société a publié un article de Gilbert Pago, que vous trouverez ici : http://socio13.wordpress.com/2009/03/13/la-martinique-a-l%E2%80%99heure-de-la-contestation-anti-capitaliste-et-anti-coloniale/

(2) Ceux que je désigne ainsi sont ceux qui tentent, en trahissant les références de gauche qu’ils mettent en avant, de substituer les questions de « races » aux questions de classes, ce qui atteint le comble du nauséabond quand on ajoute un zeste d’homophobie et de conservatisme sociétal. Malgré leurs efforts, leur néoracisme (BALIBAR désigne ainsi l’attitude qui consiste à pratiquer la même exclusion que le racisme classique mais en se cachant derrière les différences soi-disant irréductibles entre les cultures, Cf, BALIBAR et WALLERSTEIN, « Race, Nation, Classe », La Découverte, 1988, pp.27-41) est lisible pour ce qu’il est : une élaboration du bon vieux racisme à l’ancienne. A la Martinique, un tel racisme joue le jeu des exploiteurs en tant que classe, puisqu’il prépare un avenir où ils jouiront de leur appartenance communautaire comme arme au service de leur propre légitimation mais d’un autre côté, il ne devrait pas survivre à une transformation radicale de la société, puisqu’il n’est que le reflet chez les dominés de la violence symbolique des dominants.

(3)R. Luxembourg, « La Révolution Russe », in, « Sur la Révolution », Editions La Découverte, coll. « [Re]découverte », pp.71

(4)MARX, « Discours sur le libre-échange », in MARX, Oeuvres I, Economie I, trad. Maximilien RUBEL, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », p. 156 : « C’est seulement dans ce sens révolutionnaire, messieurs, que je vote pour le libre-échange ». On peut aussi voir MARX et ENGELS, « Le Manifeste du Parti Communiste », trad; E. Bottigelli, Garnier Flammarion, p.77 : « la bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner en permanence les instruments de production ». La formule exacte ne m’est malheureusement pas revenue sur le coup.

(5)Cf. G.A. COHEN, « Use-VAlue, Exchange-Value, and Contemporary Capitalism » in « Karl Marx’s Theory Of History. A Defence. » (Prix Isaac Deutcher 1979), Oxford University Press, 1978, pp.296-325, en particulier ce passage de la page 306 : « The productive technology of advanced capitalism begets an unparalleled opportunity of lifting the curse of Adam and liberating men from toil, but the production relations of capitalist economic organization prevent the opportunity from being seized. The economic form most able to relieve toil is least disposed to do so. In earlier periods of capitalist history the bias towards output conferred the system a progressive historical role : capitalism was an indispensable engine for producing material wealth from a starting point of scarcity, and there lays its « historical justification ». But as scarcity recedes, the same bias renders the system reactionary. It cannot realise the possibilities of liberation it creates. » La route qui mène au socialisme est, je crois, beaucoup plus courte pour les pays et territories avancés, comme la France métropolitaine, que pour le Sud, auquel, par certains aspects, la Martinique appartient. Il a par exemple fallu dix ans de Révolution Bolivarienne pour que le Venezuela passe à la vitesse supérieure, avec les récentes nationalisations enclenchées par Chavez. Le contenu de l’anticapitalisme doit dépendre du degré de développement des forces productives et, plus largement, s’adapter aux conditions historiques de la société qu’il entend transformer.

(6)Les lecteurs assidus de Changement de Société, qui me connaissent un peu maintenant, m’auront reconnu derrière cette question, qui s’articule à mon intérêt pour le communisme chinois d’hier et d’aujorudh’ui. Sur la Chine, voyez mes traductions tirées de l’Australian Marxist Review et de Political Affairs : http://socio13.wordpress.com/2009/01/05/david-mattersla-chine-le-socialisme-et-le-developpement-durable-un-voyage-detude/ et http://socio13.wordpress.com/2008/12/22/la-lutte-ideologique-et-leconomie-socialiste-de-marche-erwin-marquit-communist-party-of-the-united-states-of-america/

(7)A ce stade de ma réflexion politique, je ne reconnais pour la France d’ici et d’ailleurs que l’action partisane dans le cadre légal de la démocratie représentative, qu’il faudrait cependant repenser pour y introduire de la proportionnelle, mais aussi un minimum de révocabilité voire, dans certains domaines, des mandats impératifs. La violence illégale me semble donc à proscrire totalement, bien qu’une action légale musclée me semble plus que pertinente contre les exploiteurs de tous poils. Me semble à suivre l’exemple de Chavez qui a renoncé à ses tentatives pour entrer dans le jeu démocratique mais n’hésite pas à envoyer sa Garde Nationale contre des entreprises à nationaliser et a bien dit à la bourgeoisie et à l’oligarchie de son pays qu’il leur fallait « faire leurs prières » et qu’il les paierait avec des chaînes plutôt qu’avec des espèces sonnantes et trébuchantes. Sur ces propos de Chavez, voyez ma traduction à : http://socio13.wordpress.com/2009/03/26/venezuela-la-lutte-contre-la-crise-du-capitalisme-avec-plus-de-revolution-par-manuel-sanchez/. Un exemple de la tradition de violence illégale d’une partie de la gauche se trouve dans « Leur morale et la nôtre » où Léon Trotsky fait l’apologie de la violence, en référence à la guerre d’Espagne ou à son passé de Commissaire du peuple aux Affaires Militaires. On lira également le « De la violence » du début des « Damnés de la Terre », où FANON expose la théorie de la violence anticolonialiste qui convenait à son époque, mais est impossible à transposer de nos jours.

(8) Comme je l’ai écrit dans un vieil article (qui se trouve à http://socio13.wordpress.com/2009/01/30/indignation-et-colere-la-martinique-a-la-trainepar-marc-harpon/ ), dont l’essentiel s’est avéré faux, je suspens mon jugement sur la plupart de ces questions, y compris celle du statut institutionnel et de la terminologie appropriée (peuple ou population?) même si, comme Danielle Bleitrach et moi l’avons écrit ailleurs(à http://socio13.wordpress.com/2009/02/15/un-vent-nouveau-venu-de-lamerique-latine-souffle-t-il-sur-les-antilles-par-marc-harpon-et-danielle-bleitrach/), je reconnais que la Martinique appartient à l’Amérique Latine.

Le second article est de ma main. Il s’agit d’un bref compte-rendu du Séminaire organisé par le GRS de Gilbert Pago, dont on a déjà publié un article sur Changement de Société. Y étaient présentes quelques unes des principales composantes de la gauche de gauche martiniquaise, qui ont pu s’exprimer dans la fraternité.

Enfin, le site du Comité de Martinique du Parti de Gauche est en ligne. Je te signale cet article, intitulé “Concurrence des communautés ou lutte des classes?Les salariés martiniquais et la classe békée” :

http://972.lepartidegauche.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=473:concurrence-des-communautes-ou-lutte-des-classes-les-salaries-martiniquais-et-la-classe-bekee&catid=42:actualite&Itemid=90

 

 

 

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