Algérie :des élections présidentielles sans surprise et une société rebelle par danielle bleitrach (4)

getfile1Il y a six candidats officiels à l’élection présidentielle algérienne mais aucun suspense puisque seul le candidat président est sûr de l’emporter. Il a obtenu pour cela la révision de la Constitution qui lui permet désormais de briguer un troisième mandat, ce à quoi un ami objectait"pourquoi faire tant d’histoires?  Il aurait du demander un simple prolongement à vie, cela aurait économisé les dépenses électorales". Il a obtenu le soutien total des trois principales formation politiques, celui des chefs d’entreprise et de la plus grande centrale syndicale et il s’affirme "candidat indépendant"  de surcroît tout en distribuant en tant que chef de l’Etat des dons à sa clientèle électorale, par exemple les dettes contractée par les agriculteurs sont effacées. Ce n’est plus une élection c’est un véritable plebiscite pourtant il existe des inconnues dans la toujours remuante Algérie.

 S’il n’y a pas d’alternative à la candidature de Bouteflika c’est à la fois parce qu’il existe envers lui une véritable reconnaissance pour l’apaisement, la fin du terrorisme qu’il a obtenu, il a beaucoup construit, les routes sont sécurisées, et pourtant comme nous allons le voir c’est peu de dire que le mécontentement dans la jeunesse en particulier est trés fort. Mais une grande partie du peuple, les plus âgés, les plus attachés à la tradition le suit. Il bénéficie de cet état d’esprit "patriotique" qui se méfie non sans raison des "critiques" de l’étranger, le légitimisme hérité du FLN est fort autour du "candidat indépendant".

Dans ce contexte chacun sait que les cinq candidats qui affrontent le président sortant n’ont ni les moyens financiers, ni les relais politiques, syndicaux, religieux, associatifs pour rivaliser avec lui. Ils font de la figuration et la rue va répétant que leur campagne recevra tous les coups de pouce nécessaire, présence dans les meetings, affichage pour créer l’illusion d’un combat ouvert.  Même la candidate du PT (trotskiste) est décrite comme une future ministrable, c’est le "système". Quand les Algériens parlent du système, ils font référence à des intérêts imbriqués, des alliances et des appareils d’Etat qui éradiquent toute opposition véritable. En ce sens la thèse qui fait du terrorisme qui a frappé l’Algérie un complice actif du laminage de toute opposition populaire trouve son prolongement dans cette vision d’une vitrine électorale démocratique pour mieux couvrir le pouvoir unique des "profiteurs"comme le dirait nos camarades guadeloupéens. La seule inconnue est donc la participation, certes tout est fait pour la gonfler et la rendre difficilement vérifiable comme l’idée trés controversée de faire voter les étudiants dans les résidences universitaires au lieu des mairies habituelles. Bien sûr c’est sur internet que s’organise cette campagne de boycott (par exemple www.boycott.dz.com) mais elle est plus ou moins relayée par la presse à mot couvert. Et à première vue il semble que la campagne électorale va unir tous les candidats contre l’abstention, le second trait commun va être de faire porter le châpeau de ce qui ne va pas à l’actuel gouvernement. le candidat président et les membres du gouvernement n’étant pas les derniers à s’activer face à ces deux enjeux: premièrement vaincre l’abstention alors qu’il n’y a aucune surprise, deuxièmement ré-orienter l’action gouvernementale pour satisfaire les exigences populaires.

C’est pourquoi la campagne contre le boycott des élections, son appréciation, peut même remonter jusqu’au plus haut niveau, celui de l’étalage des querelles interministérielles. Ainsi le premier ministre, Ahmed Ouyahia, maître d’oeuvre de la campagne présidentielle a fermement expliqué que "le boycott ne s’inscrit pas dans la culture démocratique" alors que le ministre de l’intérieur M.Zerhouni dit respecter ceux qui font ce choix et affirme ne pas "les empêcher"; le dernier veut sécuriser les bureaux de vote, le premier affirme que ce n’est pas seulement durant l’élection que la vie humaine est essentielle".

Derrière ces querelles dont la presse bruisse – et qui font étrangement songer au "canard enchaîné" et à ses ragots politiciens qui ne gênent pas le pouvoir, puisqu’il donnent  une allure "démocratique" et impertinente à ce qui peut apparaître comme une absence de choix réel et au "bétonnage" de tous les réseaux clientélistes- il y a d’autres enjeux beaucoup plus profonds et que reflètent aussi les querelles intergouvernementales.

La crise financière semble préoccuper le gouvernement algérien au plus haut niveau. Les recettes du pétrole devenant de plus en plus faibles, le pays est entré dans un temps de vaches maigres. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a rappelé, mercredi 11 mars, sur les ondes de la radio nationale algérienne, que la crise économique devait rendre l’Etat prudent face à toute tentation de privatisation excessive.

« La crise financière nous touchera, si j’en sais, le baril de pétrole est à 44 ou 45 dollars. Ceci veut dire que les recettes sont moindres par rapport à ce qu’elles ont été. » Tels ont été les propos tenus par le Premier ministre Ahmed Ouyahia, mercredi, sur les ondes de la radio nationale algérienne. Ouyahia  jauge les conséquences désastreuses de la crise financière mondiale, se demandant si l’Algérie a les capacités d’aller de l’avant dans le cadre de la relance économique décidée par le premier magistrat du pays, Abdelaziz Bouteflika.

Dans son constat de la situation socioéconomique du pays, le deuxième homme de l’Algérie affiche ouvertement son refus de la privatisation tous azimuts. Pour lui, la prudence doit être de mise. Mais sitôt cela affirmé, il s’agit de rassurer ceux sur qui repose l’équilibre politique et qui ont accepté la paix du pillage. Il ne s’agit pas d’un retour au socialisme mais d’une meilleure "régulation", voir d’une "moralisation", comme chez nous. Tout comme le chef de l’Etat, qui prône une politique rationnelle des dépenses publiques, Ouyahia n’a pas omis de rappeler l’irréversibilité du passage à l’économie de marché. « Nous sommes toujours inscrits dans une démarche de l’économie de marché. C’est irréversible. Nous avons des engagements internationaux », a-t-il rappelé lors de son intervention.

En parlant d’engagements internationaux, la rue bruisse également des 145 milliards d’épargne du gouvernement algérien placés en "bon du trésor" étasunien. "Ils auraient mieux fait de les investir dans le développement de l’emploi, des industries, de l’agriculture!", un homme m’explique qu’après l’assassinat de saddam Hussein le jour de l’Aïd tous les dirigeants arabes ont eu peur et ils ont acheté leur tranquilité et leur brevet de démocratie aux yeux des occidentaux en épongeant les bons du trésor nord-américains.

Pour le Premier ministre Ahmed Ouyahia, la privatisation des entreprises publiques doit être accompagnée d’une réflexion sérieuse. « Le secteur privé est porteur de beaucoup d’espoir en Algérie et doit se développer culturellement et structurellement », a-t-il déclaré. Réunir les conditions nécessaires pour ce faire constitue, pour Ahmed Ouyahia, une étape non négligeable dans la réussite de la politique de son gouvernement . De l’art on le constate de dire tout et son contraire. Il faudrait analyser plus longuement que nous ne pouvons le faire ici les mesures bancaires qui sont mises en place pour aider le développement des PME, donc ce secteur "privé", notons simplement qu’alors que l’Algérie a échappé à la titrisation et aux jeux financiers dans lesquels elle allait d’engager, le pays sous couvert "d’industrialisation" et de dynamisme du "privé" est en train d’envisager la création de "filiales" sur le capital risque et le capital investissement pour financer des "projets"gérés de fait par les "filiales" bancaires. Suivant comment cela est fait il est clair que tous les discours sur le refus de "la privatisation tout azimuth" sont pure démagogie.  Une affirmation liée à la démagogie pré-électorale, avec la recherche de ministres bouc-émissaires pour dénoncer la politique de privatisation et ses résultats catastrophiques pour l’emploi et le niveau de vie.

Des Algériens expliquent que le président Bouteflika gouverne dans un dialogue individualisé avec chacun des ministres, et qu’il peut s’en prendre violemment à l’un d’entre eux en cas de problème, lui attribuant l’échec d’une politique commune. Il fait école puisque le 11 mars le premier ministre a qualifié de "pipeau" la stratégie industrielle de son collègue Abdelaziz Temmar, ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements il a jouté "La stratégie industrielle a fait beaucoup plus l’objet de communication que d’actions et n’a jamais été adoptée en Conseil des Ministres". En fait Abdelaziz Temmar est surnommé "monsieur privatisation" et est en conflit ouvert avec l’UGTA à ce propos.

En fait il faut continuer la même politique en laissant l’illusion au peuple qu’il a son mot à dire et en fabriquant des leurres en matière de responsabilités. Pourtant la période, le désespoir de la jeunesse, exigent ici comme ailleurs un tout autre débat démocratique. Il est clair que de ce point de vue nous sommes mal placés nous Français pour donner des leçons, non seulement à cause de notre action colonialiste, de notre politique aujourd’hui et de la crise démocratique assez comparable à celle de l’Algérie que nous traversons. Personnellement j’ai beaucoup écouté mais je me suis refusée à donner des recettes que je n’avais pas pour mon propre pays.

Je me contente donc d’observer que ce qui est en effet contestée par la grande masse des Algériens à la veille des élections est le chômage, celui des jeunes, le fait que désormais tout est importé, que l’industrie a été plus ou moins détruite, la rente pétrolière couvrant les surprofits des importateurs (que l’on accuse également d’être proches dans l’alimentation des fondamentalistes religieux). Selon le dernier bulletin d’information statistique du ministère des PME et de l’artisanat (février 2009) on découvre que les importateurs privés contrôlent 73% des importations. Ces opérateurs privés ont importé des biens d’équipement industriels pour 8,98 milliards de dollars par les importateurs privés contre 4,04 milliards de dollars pour les importateurs publics. Mais ce qui touche plus directement la population algérienne est la hausse de la facture alimentaire qui est passée de 3 à 8 milliards de dollars en quelques années, c’est le fait que la filière dont on dit qu’elle a été le cadeau offert à la bourgeoisie intégriste est désormais dominée par le privé qui a importé pour une valeur de 6,06 milliards de dollars en biens alimentaires contre 1,98 milliards de dollars pour le public.

Il faut également voir que qui contrôle les filières d’importation contrôle également toute une politique de distribution licite ou illicite et donc une clientèle sociale. Si l’on encroit les chiffres du chômage, la survie serait impossible, il faut donc qu’il y ait toute une économie souterraine dans laquelle chacun est pris et s’enfonce pourtant dans l’amertume, le désir d’un ailleurs… C’est là-dessus que propspèrent la violence, les réactions religieuses fondamentalistes excédées par l’immoralisme et le désordre et qui s’abat non seulement sur les femmes mais également sur la plupart des jeunes. C’est un paradoxe dans une société où les femmes ont atteint un niveau de formation important, où elles occupent tous les métiers y compris celui de policier, une population que personne n’a jamais pu dompter, ni le colonialisme, ni la terreur… Ni le "système"…

je me contenterai de reproduire cet article sur la violence dans les stades et je noterai qu’il me semble que l’Algérie demeure infiniment plus rebelle que les pays voisins du Maghreb et que monte une exigence de changement profond, parce que ce pays est hautement politisé. Tôt ou tard il va exiger des changements.

Danielle Bleitrach

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jeudi 12 mars 2009, par Kaci Racelma       

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Notre correspondant en Algérie

 

Algérie : menacé de débordement, l’Etat reporte des matchs de football
Ces jeunes qui font trembler le pouvoir

« Si ça continue comme ça, avec des supporters armés de haches dans les tribunes des stades, on ira vers l’annulation du championnat. Carrément. » Laïd, 50 ans, rencontré au marché de Boumati à El Harrach, à 12 km à l’est d’Alger, est pessimiste. Fervent supporter de l’Union sportive Madinet El Harrach (USMH), Laïd dit ne plus aller au stade suivre son équipe. Raison : « Trop de violence ! ». L’appréhension est là, forte, au point que la Ligue nationale de football (LNF) a décidé du report du match retour contre le MCA, prévu hier et qui devait se dérouler au stade Omar Hamadi à Bologhine (ex-Saint Eugène).

 
« Nous n’assumerons pas une rencontre un dimanche qui coïncidera avec l’horaire de la sortie d’école et des bureaux. Nous avons proposé un jeudi ou un vendredi, en vain », nous explique Mohamed Laïb, président du club harrachi, contacté hier. On se souvient du match aller USMA-MCA (1-1) à Rouiba en août 2008 : « Des bagarres, des policiers en nombre insuffisant, des supporters des deux équipes mélangés dans la même queue pour entrer au stade, c’est normal qu’après ça dégénère », raconte un jeune supporter harrachi. Ensuite, il y a eu les graves incidents fin janvier au stade d’El Harrach lors de la rencontre USMH-ES Sétif, arrêtée à la 60e minute par l’arbitre suite à l’envahissement du terrain par les supporters. L’arrêt du match a eu lieu juste après le second but inscrit par Delhoum en faveur de l’ES Sétif (2-1), but contesté par l’équipe harrachie. L’intrusion des supporters après la destruction du grillage séparant les tribunes du terrain a été suivie par de violentes échauffourées entre le service d’ordre et les supporters. La LNF a pris plusieurs sanctions contre l’USMH : six matches à huis clos, match perdu par pénalité à l’USMH pour en attribuer le gain à l’ESS par le score de trois à zéro, l’entraîneur adjoint Bechouche Nacer interdit du banc de remplacement pendant 10 matches et une amende de 50 000 DA.

Sabres, haches, insultes et bagarres

Alors, El Harrach, club dangereux, avec ses supporters, ses kawassir (rapaces, en référence à une série télé syrienne), son « armée jaune » ? « Notre réputation nous devance là où nous allons pour suivre nos joueurs », regrette Imad, la vingtaine, adossé au mur du café du club de football de l’AREH, El Kahla, à la Rotonde au centre-ville d’El Harrach. Avec deux amis, casquette portée de biais, tasse de café à la main, ils ont suivi les Jaune et Noir partout. « Trouves-tu normal que les gens attendent les Harrachis avec des sabres et des haches ? On a nos agités, ceux qui veulent casser, voler, se bagarrer, mais on n’est pas tous comme ça ! », dit l’un d’eux. « ça démarre toujours avec les gamins, personne ne les accompagne, ne les encadre, mais quand d’autres gamins de l’autre équipe leur lancent des pierres, les insultent, ou que les policiers se mettent aussi de la partie, personne ne peut les arrêter. Puis les plus âgés interviennent pour venger les plus jeunes, des deux côtés… Et c’est la guerre », explique Imad. « Si ce match reporté était tenu dans un grand stade, au 5 Juillet ou à Blida, il n’y aurait que du football ! A Bologhine, c’est petit et pour y accéder, les supporters des deux clubs sont tout le temps au coude à coude. ça donne une situation où tout peut arriver ! », ajoute-t-il. « Quand on est partis à Annaba ou à Sétif, est-ce qu’il y a eu des problèmes de violence ? Non. On était dans une même galerie. Le problème est que certaines équipes ne se supportent pas. En plus, il faut voir comment la police réagit : pourquoi frapper des gamins ? Pourquoi se mettre à jeter des pierres sur nous ? Ils ne savent pas gérer, c’est tout ! », poursuit son ami Khaled, qui nuance : « ça ne veut pas dire que nous n’avons pas des gens à problèmes, on a de sacrés phénomènes, mais je crois bien que la majorité des supporters vont au stade pour le football ». « En fait eddoula (le pouvoir) ne nous aime pas, El Harrach c’est un million et demi de personnes qui n’ont d’existence que lorsqu’on parle dans les journaux de la violence dans les stades. Si au moins on parlait d’eux de temps en temps pour autre chose, de temps en temps seulement », concède-t-il.

« La violence est née parce que beaucoup de Harrachis vivent la hogra et la misère, ne cherchez pas plus loin ! Regardez autour de vous, la gadoue, les rues défoncées, le chômage, la saleté… Ici et ailleurs, les jeunes se sentent traités comme des non-humains ! », proteste celui qu’on appelle Rouji, qui tient un étal au marché Boumati. « Alors ces jeunes-là, quand ils cassent, quand ils brûlent, ils savent qu’ils existent… ils prouvent qu’ils existent. Même Al Jazeera parlera d’eux ! C’est tout ce qui leur reste », lance-t-il. Il est contredit par Hamma, un grand barbu qui tient l’étal d’en face : « Non, la vraie raison c’est le manque d’éducation des plus jeunes. J’espère que la décision de jouer à huis clos poussera tout le monde à réfléchir. ça a marché avec d’autres clubs. » « Les massacres, les balles, le terrorisme…On a grandi dans le “choc”. On n’a connu que cela, la violence. J’ai 28 ans, qu’est-ce que j’ai vu dans ma vie à part ça ?! », interroge Khaled, agitant sa tasse vide. Avant d’aller chercher un autre café, Imad lâche : « Qu’ils déplacent le derby au Sahara, comme ça, personne ne partira voir le match, pas de police, pas d’Etat, pas de casse… C’est ça ce que l’Etat veut ? ».

Par Adlène Meddi, pour El Watan

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2 Commentaires

  1. j’ai eu l’occasion d’écouter quelques candidats à la présidentielle du 9 avtil 2009 décliner leurs idées sur la chaine TV beur et je suis resté effaré par leur niveau de compétence et leur manière de parler; j’étais déçu que l’Algérie, en 47 ans années d’indépendance ait produit des gens aussi ignares et incultes que cela ; ceci est valable aussi pour le président candidat.Comment se fait-il que ces gens qui sont incapables de gérer leur famille ou à fortiori une commune veulent gérer tout un pays; c’est de la pure folie; si le peuple avait réellement de la voix et du pouvoir, il renverrait dare dare ces candidats chez eux et si le peuple était toujours magnanime il leur acheterait quelques moutons pour qu’ils puissent les faire paitre et appliquer l’adage qui dit "chacun son metier, les vaches seront bien gardées"

  2. Le lien au site de boycott cité plus haut est erroné.
    C’est http://www.boycott-dz.com/ au lieu de
    http://www.boycott.dz.com


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