L’article paru sur notre blog a été repris un peu partout et en particulier la liste “tropique” sur l’amérique latine, cette liste a reçu la réponse suivante “de l’intérieur” qui selon moi reflète bien le débat aujourd’hui au sein des forces progressistes et communistes. Sans anticiper sur ce que j’écrirais ultérieurement sur la période, je voudrais dire à quel point l’Algérie me paraît dans sa masse hautement “politisée” et pourtant confrontée à une absence d’issue politique, un desespoir profond à la veille de ces élections présidentielles sans surprise. Je vais tenter de vous faire connaître ici des points de vue différents à partir du débat ouvert par nos camarades d’Alger Républicain. Voici donc une intervention qui apporte des nuances et même la contradiction face à l’analyse précédente. Danielle Bleitrach.
chers amis
je voudrais attirer votre attention sur une dimension de votre analyse qui considère, en gros les évènements qui se sont produits depuis les années 1991-92 et notamment les actes et assassinats terroristes commis contre les intellectuels, cadres et entrepreneurs et travailleurs comme une “contre révolution” laissant sous entendre qu’ils étaient dirigés “contre la Révolution” . Les visées des actes terroristes sont, du point de vue des intégristes islamistes, l’instauration de “l’état islamique”. Pour les tenants du régime -le bloc au pouvoir depuis 1962- il s’est agit de préserver leurs acquis et de mettre à profit les nouvelles règles du jeux – différentes de celles de la période fondée sur le système monopartisan de Parti Etat’- pour consolider leurs positions politiques et économiques .
Cette posture était confortée par le capital internatiional qui dans sa phase triomphante ne trouvera pas d’obstacles sérieux pour élargir ses territoires d’accumulation. N’oublions pas que durant cette période les zones de production d’hydrocarbures ont été bien sécurisées au point où pour y accéder le citoyen lambda avait besoin d’un visa “laisser passer”.
A mon avis, l’analyse développée qualifiant ces actes terroristes de contre révolution est à la fois vraie et erronée.
En effet, lc’est vrai car les forces et idées socialistes ont été ciblées en priorité et es militants et sympathisans des courants révolutionnaires et progressistes en ont pati de façon sanglante. Il faut préciser qu’Alger Republicain et d’autres journaux ont été les premiers a appeler l’Etat à dissoudre le Fis et à combattre par tous les moyens légaux, les activistes terroristes et leurs soutiens
politiques lovés y compris dans les instances les plus élevées.
Mais ces courants progressistes n’étaient pas seuls à s’opposer à cette dérive, loin s’en faut! Beaucoup de libéraux et de bourgeois se sont opposés au tenant de l’islamisme et de son expression armée le terrorisme. A un certain moment ce n’était plus l’orientation sociale du régime qui était en jeu mais carrément sa forme républicaine.
Socialiste, bourgeoise ou pas c’était secondaire!!!
Les affrontements violents et le climat de terreur instaurés par cette insurrection ont évidemement portés un grand tort au mouvement social et au courant porteur d’idées de progrès voire “communistes”, qui ne l’oublions pas, est entré en crise d’orientation depuis fin 1989 avec la chute du Mur et même plutôt avec les errements de la “voie non capitaliste” et le brejnévisme!
Parler de la période de Boumedienne sous le seul angle des “acquis” est de, mon point de vue, tordre le “cou à l’histoire”;
Des acquis à quel prix? Comment expliquer alors les enchainements qui lui ont succédés et notamment la période du Chadlisme et les graves compromissions dans lesquelles les forces politiques “dites progressistes” ont été entrainées, par manque de discernement, il est vrai, plus que par tentations personnelles conscientes?
Pour reconquérir de façon substantielle l’inflluence sur les segments de la société qui agissent et aspirent à la liberté politique à la démocratie et au progrès social, il est important que les partisans d’une Algérie progresiste tirent les leçons de cette période en prenant en compte l’ensemble du processus et non pas seulement ses opinions et propres visions, fussent elles les plus communistes! Taire
les erreurs et le manque de discernement du passé voire les justifier, en abordant les questions sous l’angle étroit de l’idéologie, ne pourra que maintenir dans la marginalité ces forces dont le peuple a besoin à condition qu’elles se départissent de cet esprit de suffisance qui consiste à croire qu’on est dans la vérité parce que ce qu’on le dit!
Avec mes cordiales salutations
From: mourad Sadou <moursad@gmail.com>
To: tropique@cablenet.com.ni
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