Archive pour février 2009



Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

1237619-161333111« C’est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s’est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n’est illégitime. Aucune n’est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu’elle représente, ni dans ce qu’elle implique en relation avec l’ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d’avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu’alors s’était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle – à savoir les luttes jusqu’alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales…

Lire la suite ‘Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.’

la conquête du pouvoir politique… par le Parti communiste guadeloupéen

flemin1Ce week end je vais tenter de vous exposer, comme nous le faisons dans ce blog, une mise en perspective dans le temps d’un lieu de rébellion. Nous connaissons mal les Antilles, nous ignorons à quel point la Guadeloupe a toujours été un foyer de lutte intense, le rôle des communistes. Le Parti communiste Guadeloupéen qui a récemment tenu son congrès et s’était prononcé pour un Front large est totalement partie prenante du mouvement social. Son secrétaire général a expliqué à cette occasion sa stratégie que nous publions ici.

De surcroît pour que l’on comprenne les racines de ce parti et sa position nous faisons à la suite de sa prise de position actuelle

1- un bref historique 

2-Une de ses  militantes historiques, la première femme avocate et députée Gerty Archimède, communiste et féministe.

Lire la suite ‘la conquête du pouvoir politique… par le Parti communiste guadeloupéen’

La Révolution française aux Caraïbes et l’esclavage dans Le siècle des Lumières d’Alejo Carpentier par Madeleine BORGOMANO

sieclelumiere1L’histoire de la Révolution française aux Caraïbes ” perpétuellement changeante, contradictoire, excessive ” (1) est la grande oubliée des livres d’histoire de France, qui tendent à la mémoire collective un ” miroir truqué ” (2) ; elle est également absente de la fiction française. Et pourtant, la ” vérité romanesque ” (3) ne pourrait-elle pas, dans les œuvres majeures, ouvrir un accès à une histoire différente et suppléer aux silences ? Pour connaître cet ailleurs de notre histoire, qui est aussi son ” envers ” (4), il faut lire des romans venus de l’autre monde des Antilles.
Le Siècle des Lumières (5) chef-d’œuvre de l’écrivain cubain Alejo Carpentier, est l’un des plus saisissants parmi ces romans. Son intrigue se déroule aux Antilles, entre 1789 et 1808, et raconte les effets de la Révolution française sur le monde caraïbe.
Le Siècle des Lumières adopte, sur la Révolution aux Caraïbes et l’esclavage un point de vue de blanc, un peu extérieur, mais d’autant plus ” juste ” que l’auteur atteint une plus grande authenticité, en s’en tenant à un point de vue proche du sien, plutôt qu’en reconstituant fictivement, un point de vue totalement ” autre ” .(6)
Ce roman conjugue le respect de l’histoire avec le déploiement de l’imaginaire. Par des procédés remarquablement maîtrisés, il parvient à une ” vérité romanesque “. L’historien Paul Veyne définit l’histoire comme ” un roman vrai ” (7). Certains romans savent dire à leur façon la ” vérité ” de l’histoire.
 
Le titre et son ambivalence

Le Siècle des Lumières semble plutôt un titre d’essai historique, s’il est pris à la lettre, mais il ouvre de multiples avenues de sens, s’il est lu ” poétiquement “. Nommer ainsi le XVIIIe siècle met l’accent sur le mythe. L’épigraphe, tirée du Zohar : ” Les mots ne tombent pas dans le vide “, nous avertit qu’il faut prendre garde aux mots. Ces ” lumières ” idéales de la raison qui se croit triomphante, engendrent les ténèbres qui assombrissent le monde entier en cette fin de siècle. Après ce titre éclatant, les premiers mots du livre : ” cette nuit j’ai vu se dresser la Machine “, opposent aux espoirs éveillés par les Lumières, la nuit et la guillotine (la Machine), qui arrive ” au Nouveau Monde avec la liberté ” (p. 181), une liberté bien provisoire et à double tranchant. Ces ” lumières “, ne contrastent pas moins avec les effarantes et cruelles contradictions dont deviennent victimes les noirs, libérés au nom des ces Lumières pour se voir, presqu’aussitôt, enchaînés de nouveau. Le lecteur se trouve introduit au cœur même des contradictions et des ambivalences de cette révolution, cœur de ténèbres plus que de lumières.

Lire la suite ‘La Révolution française aux Caraïbes et l’esclavage dans Le siècle des Lumières d’Alejo Carpentier par Madeleine BORGOMANO’

Manman lagrev baré mwen Mai 67 raconté aux jeunes par Ernest Pépin

phot_bandeau1Jeune homme! Viens m’aider à mettre de l’ordre dans mes papiers!
La voix de mon grand-père sonna comme un coup de clairon. Je ne pus m’empêcher de réprimer un mouvement de mauvaise humeur. J’avais mes affaires à faire et je sentais que cette voix là n’aurait toléré aucune discussion ni aucune dérobade. Il me fallait m’exécuter. Depuis qu’il est à la retraite, grand-père n’arrête pas de remuer de vieux papiers, des souvenirs, comme si, pour lui, l’heure était venue de passer en revue les grands moments de sa vie. Rien d’extraordinaire à mes yeux. C’était un Guadeloupéen comme les autres. Il portait bien ses 70 ans avec le corps de quelqu’un qui n’avait jamais couru devant le travail et qui savait ce qu’il voulait sur cette terre où nous ne faisons que passer. On pouvait lire sur son visage une certaine fierté d’avoir honoré son contrat avec sa famille, son pays et lui-même. N’avait-il pas, né au plus bas de la misère, réussi à élever dignement ses deux enfants, à construire une belle villa entourée d’un superbe verger, à aimer sa femme Anadine d’un amour solide qui se passait de grandes démonstrations mais qui coulait en eux comme l’eau d’une rivière. Parfois, je le voyais s’envoler dans de longues méditations ponctuées de gros soupirs. Je devinais alors qu’il revivait un mauvais moment, une passe difficile dans laquelle certains hommes se perdent.

Lire la suite ‘Manman lagrev baré mwen Mai 67 raconté aux jeunes par Ernest Pépin’

Dossier: textes d’universitaires israéliens et autres pièces (vidéo) qui démontrent pourquoi il faut en finir avec le sionisme sans la moindre once de judéophobie au contraire…

Il faut bien mesurer, et c’est une bonne chose que si les élections israéliennes ont enregistré une poussée vers l’extrême-droite, et si les voix dont nous faisons état systématiquement dans ce blog sont minoritaires marginales, il n’en demeure pas moins qu’elles existent.

a4-6411

qu’il s’agisse de celle d’universitaires ou d’intellectuels israéliens ou celle de ces jeunes qui ne veulent pas servir dans l’armée. L’idée même du sionisme et c’est une nouveauté est remis en cause et même celle déjà avancée par Maxime Rodinson et reprise par Sand: il n’y a pas de peuple juif, les palestiniens sont certainement les descendants des anciens hébreux, alors que les juifs dits de la diaspora ont été convertis en particulier durant le premier siècle durant lequel juifs et chrétiens étaient totalement confondus. La mythologie biblique ou ethnique ne sert qu’à justifier une entreprise coloniale comme d’ailleurs la référence à l’holocauste. Personne n’a le droit de s’en emparer surtout pour justifier des massacres coloniaux, et le monument qui le célèbre n’a rien à faire sur une terre volée. Il y a bien des camps où il aurait sa place. C’est ma position et je l’ai enoncée dès 2007 dans un texte intitulé “il faut en finir avec l’Etat d’Israêl”, je n’ai pas changé d’un iota et je suis trés heureuse de voir que ces idées avancent, que c’est la seule manière d’avancer vers une solution humaine et juste d’abord pour les Palestiniens ensuite pour les Israéliens déjà installés qui doivent choisir leur destin. Poursuivre la politique de la terre brulée ou écouter la voix de la sagesse… Oui j’espère qu’il y aura un Mandela et un De Klerk sur cette terre de palestine, mais pour les aider il faut se battre selon moi pour trois choses:

1) arrêter le blocus et les prisons ouvertes ou fermées de Gaza et de Cisjordanie, libérer les prisonniers enfermés dans les prisons israéliennes. Reconnaître le droit au retour des palestiniens alors même que l’on démontre que celui des Juifs n’a aucun fondement. Cela passe par le refus total de la moindre judéophobie.

2) répéter trés haut qu’il n’y a pas de solutions militaires et il faut négocier, je viens de signer une pétition adressée à l’Europe exigeant que le hamas ne soit plus considéré comme une organisation terroriste. Pourtant je ne suis pas une fanatique des organisations non laïques mais je ne les considère pas pour autant comme “terroristes” et je veux que l’on respecte la souveraineté palestinienne.

3) il faut continuer blocus et manifestations en faveur des palestiniens et de leur droit légitime à un Etat souverain et développer l’exigence du boycott autant que la pression sur nos élus et sur notre gouvernement.

Paradoxalement, il est clair qu’actuellement la crise s’étend en israêl et ce qui est sorti des urnes ne pourra pas gouverner. Si les divisions palestiniennes sont terribles, celle des israéliens sont abominables et rendent la situation ingérable. C’est dangereux, extrêmement dangereux mais cela peut aussi aller vers un changement.  (note de danielle Bleitrach)

Lire la suite ‘Dossier: textes d’universitaires israéliens et autres pièces (vidéo) qui démontrent pourquoi il faut en finir avec le sionisme sans la moindre once de judéophobie au contraire…’

Le rôle réel du gouvernement et du patronat dans les événements des Antilles par danielle Bleitrach

h_4_ill_1156304_18a9_guadeloupe71Le gouvernement français organise la répression en Guadeloupe, dans le même temps où il annonce de nouvelles  mesures qui ne tiennent pas compte de l’essentiel. L’essentiel est justement ce que craignent patronat et gouvernement :

1) qu’à la veille de la négociation du 18 février au plan national, le mouvement sur les salaires et  contre la vie chère entamée dans les Antilles, en Guadeloupe d’abord et en Martinique ensuite fasse tâche d’huile en métropole. Comme le notait Lilian Thuram récemment, il y a des précédents mai 68 a été précédé de mouvements en 67 dans les îles.

2) que justement soit posée la question des salaires, et pas simplement ce qui prévaut aux Antilles comme dans une moindre mesure en France: cadeaux continuels au grand patronat sous prétexte de favoriser l’investissement et la relance, surexploitation des travailleurs, chereté de la vie que rien ne vient freiner si ce n’est un discours illusoire sur les bienfaits de la concurrence alors que la consommation est déjà contrôlée par les monopoles de la distribution, enfin surendettement des ménages et des petits producteurs, périodiquement compensé par des aumônes et un système dit “d’assistanat” sur lequel on fait pression en détruisant le service public.

Lire la suite ‘Le rôle réel du gouvernement et du patronat dans les événements des Antilles par danielle Bleitrach’

Le blog de Jean-Pierre Martin, un petit cadre dans une grosse boiboite : qui est Chavez, examen dans une école de journalisme…

photoid_21471je suis une fan du blog de Jean Pierre martin, et si après avoir réussi à maîtriser l’illustration, j’arrivais à trouver les liens, je le mettrais illico dans changement de société, alors Jean Pierre Martin donne le nous SVP.
Mais voici un texte de Jean Pierre Martin sur  un savoureux examen d’une école de journalisme sur le “cas Chavez.
Quant à l’illustration, ce tango France-Argentine (0-2) il s’agit de ma part d’ un hommage à Maradonna et…. d’un carton rouge au journaliste stupide de l’huma dont le commentaire de  Maurice lecomte nous raconte à quel point il ne dépare pas la profession … Photo Steve Murez

lundi 16 février 2009
Chavez : un cas d’école
Une fuite à l’École Supérieure de Journalisme nous a permis de nous procurer l’examen final sur lequel plancheront les étudiants. Comme à l’accoutumée, les élèves s’attaqueront à un sujet d’actualité. Il s’agit cette fois de l’adoption de la réforme constitutionnelle au Vénézuela.

L’examen prend la forme d’un QCM,que nous reproduisons intégralement, corrigé inclus.

Lire la suite ‘Le blog de Jean-Pierre Martin, un petit cadre dans une grosse boiboite : qui est Chavez, examen dans une école de journalisme…’

Surtout ne changez rien !par Frédéric Lordon

rockefeller_center_nyc41C’est le mode d’emploi de la bombe à hydrogène politique, il n’est nul besoin d’aller en chercher les composants chimiques dans un obscur recoin de l’internet, tous sont là, exposés sous nos yeux, il suffit de les observer et d’attendre leur précipité. Petite recette de chimie détonante : 1) la tragique désorientation des décideurs ; 2) la (remarquable) persévérance dans l’obscénité des hommes de la finance, même aux tréfonds de la déconfiture ; 3) l’état de rage qui gagne une part croissante de la population ; 4) la cécité, par atermoiement ou simple incapacité, de la quasi-totalité des médiateurs, gouvernants, partisans et syndicaux, incapables de saisir l’enjeu véritable de la situation, qui ne réclame pas le retrait d’une réforme, ou même d’une politique, mais une nouvelle donne d’une ampleur semblable à celle qui eut lieu au sortir de la deuxième guerre.

Lire la suite ‘Surtout ne changez rien !par Frédéric Lordon’

Les derniers maîtres de la Martinique – Romain Bolzinger Interview de Romain Bolzinger, réalisateur des Derniers maîtres de la Martinique (video)

bolzinger-portrait1« Les Békés sont prisonniers de cette histoire… »
- Qu’avez-vous présenté aux Békés comme projet pour qu’ils vous ouvrent ainsi leurs portes ?

-Ça ne s’est pas passé comme ça. On voulait faire un reportage sur la Martinique d’aujourd’hui : son économie, sa société, ses grandes figures. Évidemment pour bien comprendre ce qui se passe sur l’île en 2008, il est nécessaire d’ appréhender ses spécificités historiques très fortes ! Je me suis donc d’abord intéressé aux grands patriarches de la communauté béké. Je suis allé voir Eric de Lucy, grand patron de la banane et directeur général du groupe Bernard-Hayot, et j’ai également rencontré Alain Huyghues-Despointes et bien d’autres personnalités non béké. J’ai bien-sûr dit que j’étais journaliste, je leur ai dit que je faisais un reportage sur l’économie de la Martinique et ses grands acteurs. Et que je voulais faire le portrait de ces personnalités qui jouent un rôle dans l’ économie de l’île. Ils jouent un grand rôle et ne s’en cachent pas. Ils voulaient me montrer qu’ils étaient puissants, ils m’ont emmené à l’Elysée, à Bruxelles au ministère de l’agriculture et de l’outremer, partout où ils défendent leurs intérêts économiques…

Lire la suite ‘Les derniers maîtres de la Martinique – Romain Bolzinger Interview de Romain Bolzinger, réalisateur des Derniers maîtres de la Martinique (video)’

LKP ka déklaré : Plus que jamais la lutte continue ! malgré la répression et les passages à tabac

34239_guadeloupe-barrage-une11Comme nous l’avions annoncé, les forces de l’ordre ont été envoyées sur place,et sous prétexte de lever des barrages ont été lancés les premiers affrontements et une cinquantaine de grévistes et manifestants guadeloupéens ont été interpellés lundi matin. Tous ont été libérés à la mi-journée, mais dix d’entre eux ont été convoqués devant la justice en juin.Et il y a eu un blessé léger. Le conflit entre dans sa cinquième semaine.Pendant le week-end, Élie Domota, leader du LKP et du syndicat UGTG na accusé le gouvernement de manquer à sa parole et avertissant que le mouvement allait “s’amplifier”. Il accuse l’État de “vouloir tuer les Guadeloupéens” en envoyant des renforts de gendarmes.La Martinique est également touchée. A la Réunion, des jeunes étudiants ont pris d’assaut les magasins en payant un euro symoblique pour manifester leur refus de la vie chère. Le monde politique s’ébranle enfin en métropole, une manifestations des forces d’extrême gauche a eu lieu à Paris. Et Sarkozy annonce qu’il va recevoir les élus des îles. Ce qui, vu la collaboration des dits élus, ne paraît vraiment, pas à la hauteur de la situation quand en même temps il choisit la répression et n’honore pas les engagements pris par l’Etat.

Par LKP  le dimanche, février 15 2009, 22:26 – Informations

Lire la suite ‘LKP ka déklaré : Plus que jamais la lutte continue ! malgré la répression et les passages à tabac’

« Page précédentePage suivante »



Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 68 followers