Il est toujours important de regarder les événements d’un autre point de vue. Davantage quand ce point de vue est celui de gens, de révolutionnaires engagés dans un processus de changement profond et qui sont de surcroît voisins des dits événements. A ce titre nous plaçons en fin de notre article celui d’un observateur vénézuélien qui est assez représentatif de la manière dont toute l’Amérique latine et la zone Caraïbe perçoit les problème des Antilles(françaises?), c’est-à-dire comme la dernière colonie qui devra bien se séparer et réintégrer son aire. Pourtant si la solidarité de tous les pays d’Amérique latine et singulièrement celle de pays comme Cuba, ou le Venezuela est totale on ne peut manquer d’être frappé par le caractère attentif à tous les sens du terme de l’observation.Ce texte paru sur le site aporrea et que j’ai traduis pour vous donne bien la tonalité générale.
Llegó la hora para Martinica, Guadalupe y la Guayana ¿francesa?
par Omar Montilla
On sera frappé en lisant cette analyse par son ton assez calme. Il s’agit d’une colonie qui se révolte, on pourrait s’attendre à des prises de position enflammées, il n’en est rien. La solidarité est totale mais on ne jette pas d’huile sur le feu. et de surcroît on s’interroge sur ce que cherche Sarkozy ? Quelle opportunité va saisir le président français ? Il ne s’agit bien sûr pas de l’individu mais du capital français et de son évolution vers le financier, le militaire et l’intégration atlantiste. Et si celui-ci voulait “se débarrasser” de cette colonie dont le coût devient excessif pour une France en crise ? Et dans quelles conditions ?
Si les prises de position en Amérique latine, dans les pays les plus avancés manifestent à la fois solidarité et attentisme, est-ce parce que dans le fond, malgré la désignation de dernières colonies, leurs voisins pensent que les habitants de ces îles demeurent majoritairement attachés à la France? J’ai reçu ici quelques commentaires qui comparent la situation de ces départements à celle de la Corse. Il y a d’ailleurs une sorte d’unanimité narquoise dans le discours à commencer par celui des “békés”, c’est une révolte sans lendemain, tout va rentrer dans l’ordre, personne ne veut l’indépendance qui couperait le cordon nourricier, celui de la manne pour les riches békés, celui de l’assistanat pour la population misérable, celuidu clientélisme pour les élus. Marc harpon, qui m’a téléphoné hier note à quel point les leaders indépendantistes traditionnels comme Mariejeanne ont paru dépassés devant un mouvement de lutte des classes et pour qui la question du “statut”est secondaire. Mais ne faut-il pas aller au-delà dans la réflexion ?
Incontestablement le souffle qui aujourd’hui balaye l’Amérique latine, exigeant la souveraineté pour le socialisme, pour un développement endogène égalitaire laisse derrière lui beaucoup de formes traditionnelles dépassées. Nous sommes au coeur d’une crise qui dans beaucoup de pays déjà débouche sur des émeutes de la faim, une crise de forme inconnue qui exige un changement de société. La dimension de classe et la souveraineté, sont au coeur des processus. Et il est clair que le destin des Antilles, cette économie de comptoir au profit des “maîtres”, sous perfusion nécessite des changements radicaux. Il est frappant de voir à quel point les collectifs qui mènent les grèves font la place à une autre génération, à des hommes comparables a ceux qui ont surgi en Amérique latine face à un personnel usé et corrompu. Sont-ils eux aussi aptes à sortir de ce mouvement une perspective politique ? Ce qui est sûr c’est qu’ils ne se laisseront pas abuser par “les effets d’annonce”‘. Elie Domota, le leader et porte-parole du LKP, quelques instants après l’allocution du président de la République sur RFO Télé-Guadeloupe, a déclaré.”Il est revenu au 28 janvier” en se référant au “Message aux Guadeloupéens du secrétaire d’Etat à l’Outremer” qui avait été lu par le préfet de la Guadeloupe. Le préfet avait, immédiatement après, quitté la table de négociations (alors radio-télévisées) réunissant LKP, patronat, élus et représentants de l’Etat.”à part les Etats généraux, il n’a rien annoncé de nouveau”.”Nous sommes extrêmement prudents et nous nous méfions des effets d’annonce: nous irons donc vérifier ce qui est caché derrière ce qu’on nous annonce”, a précisé M. Domota.(1)
Car là est le problème que soulève justement cet article venu du Venezuela voisin: est-ce que Sarkozy qui représente le patronat français le plus âpre, celui qui a coulé l’industrie française pour se financiariser, celui qui est étroitement lié au développement militaire intégré dans l’OTAN, celui qui a renoncé à l’indépendance nationale, ne va profiter de cette crise pour se débarrasser des ces “départements d’outre mer”, laissant s’installer une crise comparable à celle qui jadis a dévasté haïti ? Que vont faire les Etats-Unis, prendre pied face au Venezuela et à Cuba?
Voilà les questions que cet article ne pose pas directement mais que nous devons avoir présent à l’esprit face aux événements en Guadeloupe et Martinique. Là encore, il est de plus en plus clair que dans un monde mondialisé nous ne pouvons rien penser de manière isolée, ni par rapport à la nature de la crise, ni par rapport aux enjeux internationaux et singulièrement au fait que l’intégration des occidentaux face au reste du monde s’accélère.
Danielle Bleitrach
(1) Une prudence que nous avons tout intérêt à adopter dans nos propre jugements. Il convient désormais de surtout ne jamais nous fier à ce que disent les médias, qui dans cette affaire font une fois de plus la preuve de leur servilité non seulement au pouvoir mais au système de propagande (annonceurs plus patrons de presse) qui les tient. Et comme le monde politicien français n’a pas d’autre perspective que d’assurer leur présence dans les dits médias, il est clair que nous avons peu de chance d’être éclairés par tout ce monde là.Comme le souligne Jean Pierre martin dans mon blog favori :” le système médiatique a transformé les gentils grévistes luttant contre l’exploitation en des “bandes de jeunes, cagoulés, armés, parfois sous l’emprise de stupéfiants, pour certains âgés de 15 ans”. De même, le combat contre la pauvreté et l’inégalité est devenu une vulgaire expression d’un “racisme anti-blanc”.
Voici donc l’article venu du Venezuela:
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L’heure est venue pour la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane, française ?
Por: Omar Montilla
date de publication: 19/02/09 , traduit par Danielle Bleitrach pour changement de société
Les îles de la Martinique et de la Guadeloupe, que la France continue à garder comme colonies sous la suggestive dénomination de “départements d’outremer” ont été secouées par des troubles qui ont débouché sur des morts et des blessés, à la suite d’une grève générale d’un mois contre la disette quotidienne. ces manifestations menacent de s’étendre en Guayane française (Cayenne). Ces trois territoires d’outre-mer et voisins du Venezuela,ont une population approximativement de millions 200 mille habitants.
Les protestations qui paralysent depuis le 20 janvier l’île antillaise de la Guadeloupe gagnent en force jour après jour,malgré les appels au calme du gouvernement et des syndicats.
Tandis que ces événements ont lieu, le président français, Nicolas Sarkozy, qui ne s’était pas prononcé jusque là sur la situation dans les Antilles, a confirmé mercredi dans une intervention télévisuelle qu’il recevra le jeudi les députés antillais “pour répondre à l’angoisse,l’inquiétude et une certaine forme de désespérance de nos compatriotes” de ces territoires.
Le premier ministre Français, François Fillon, a condamné “fermement” “les actes de violence extremement graves” en Guadeloupe, tandis qu’il annonçait l’envoi d’un renfort de 300 gendarmes dans l’île où ils arriveront dans les prochaines heures.
En Guadeloupe il y a eu des mise à sac, des incendies et des affrontements entre des jeunes gens et des policiers six agents ont été blessés par des décharges d’armes de feu.
Quelques commerces ont été pillés et les agitateurs ont élevé des barricades, certains d’entre elles incendiées avec pneus et essence, dans les rues de Pointe à Pitre et sur les routes qui entourent la capitale.
La grève a gagné depuis le 5 février aussi sur l’île de la Martinique.A Cayenne, dans la Guyane française, des marches de protestation contre “la chereté de la vie et pour une réduction du prix du combustible dans les Antilles”, le territoire dépend des importations des aliments et du combustible et le niveau de chômage est trés élevé. Le paradoxe est qu’alors que le pétrole est partout à son prix plancher à Cayenne il atteint des sommets.
En Guadeloupe, le “collectif contre l’exploitation” (LKP), mouvement qui dirige la grève, a lancé par radio “un appel au calme(…)en réclamant que l’on ne mette pas en péril sa propre vie et celle des autres”. Le leader du LKP, Elie Domota parle en “créole”, qui est la langue native dérivée du français. Le LKP réclame une augmentation de 200 euros sur les salaires les plus bas et une baisse du prix des aliments et des produits basiques. Mais la grève est aussi l’expression d’un profond mal être économique et social, ainsi que des tensions entre la minorité blanche et la majorité nègre et mulâtre, qui forme les 90% de la population.
Ainsi, certains commerces et entreprises propriété des familles blanches, “les békés” (descendants des colons) ont été saccagés.
A mon avgis, cette crise peut être mise à profit par Sarkozy, qui a déclaré la nécessité d’avoir une réflexion “de fond” sur l’avenir des territoires d’outre mer et, spécialement, des départements qui font partie de la République. C’est-à-dire que la France pourrait considérer “qu’elle doit se retirer” des départements caribeens étant donnée la crise que la métropole vit aussi. Il ne leur est pas déjà indispensables de se maintenir dans des territoires aussi lointain qui se sont convertis dans une charge trés pesante.Par cela, Sarkozy envisage qu’au-delà des revendications initiales du conflit actuel en Guadeloupe, cette crise amène à se demander quel serait “le modèle social désirable pour ces territoires, le type de développement économique qui veut être promu, l’organisation politique à adopter ou la relation qui veut s’établir avec la métropole.”
Sarkozy est d’accord que les problèmes économiques de ces îles sont liés à des problèmes structurels liés à l’insularité. Le “statut” colonial que les français ont entretenu durant des siècles sur ces territoires n’est aujourd’hui plus viable parce qu’il dépend en majeure partie des importations métropolitaines et le prix des matières premières a atteint des dimensions “insupportables” .
En plus de la solidarité que notre révolution porte aux pays frères, le Venezuela doit être attentif à ce qu’il advient dans ces territoires, par le fait de notre voisinage.
Correo: omar1montilla@gmail.com
Internet: http://lapaginademontilla.blogspot.com/
Autant je suis convaincu que les casseurs n’ont pas lieu d’être dans les manifestations pacifistes, autant on l’a vu en Grèce, des policiers déguisés en casseurs, c’est possible aussi. Mais bon, en république française, me semble-t-il, on a déjà vu ça… Il n’empêche qu’un raz-le-bol généralisé puisse engendrer de tels débordements.
Mais une autre question, réélement pertinente, me taraude l’esprit ces temps-ci. Sur le même sujet, mais observé sous un angle différent. J’ai trouvé minables, les propos de la ministre de l’intérieur. Il y a le feu dans les iles, un réél brasier social, et la ministre a trouvé intolérable les évènements qui ont lieu ces temps-ci dans les DOM…
Ah… Juste une question de bon sens, biscotte je ne comprends pas tout. Voilà : Est-ce que sous la “Commune”, les révoltés étaient des casseurs ? Et aussi, est-ce que les acteurs de la “Révolution Française” étaient des casseurs ? Et pour finir, est-ce que dans nos iles, et bientôt sur notre territoire, les “révoltés” seront des casseurs ? Obligatoirement des casseurs ?
Car à défaut de cracher sur “La Commune” et “La Révolution Française”, pour cause de “casseurs”, on ferait bien de prendre en compte la cause des “Révoltés” et des seuls moyens qu’ils ont pour se faire entendre. Puisque même les urnes ne sont pas respectées, on le voit avec la constitution européenne, et la chute des droits fondamentaux de notre république, les moyens dont disposent les populations pour se faire entendre sont réduits à peau de chagrin. Droit de grève aussi !
Si une révolution se lève dans ce pays, et à juste titre, le mot “casseurs” fera rire les foule. Parce que l’histoire de notre pays parle pour nous, la révoluton française est notre héritage, et parce qu’une véritable révolution se passe dans la rue lorqu’il n’y a plus personne pour nous entendre.
J’ai envie de dire ceci :
“Eh ! Vous là-bas… Vous avez intêret à courir vite, si le peuple se lêve ! Pourquoi désirer nos voix, et nous mépriser tout aussitôt, dés la victoire acquise ? Et pourquoi, vous qui avez le pouvoir, étes-vous si loin de nos préoccupations ? Ne demandez plus nos voix, si c’est pour les piétiner si facilement ! Vous avez de trés beaux discours, parfois même osés et sympathiques, mais vous étes bien loin de nos besoins réels, et de nos exigeances. Vous construisez ce qui fait votre petite gloire passagère, mais votre politique n’est qu’un égarement de mots ! Vous avez la vie belle et vous gouvernez sans nous ! Alors franchement, voter encore pour vous… Non merci ! Vous avez intêret à courir vite, si le peuple se lêve !”
Lou Florian