Chine et France : Le futur d’une relation « stratégique et particulière », par Cai Fangbai, ancien Ambassadeur de Chine en France

00114320df400a6f994703114 février 2009« L’histoire a démontré que les relations sino-françaises ont toujours revêtu un caractère stratégique et particulier et ont marqué profondément la politique internationale et le développement de la situation mondiale, » commence par rappeler M. Fangbai, avant de déplorer – dans la langue de bois fleurie propre aux dirigeants chinois – que les « jours rayonnants de grâces printanières, » laissent quelquefois place à des moments « sombres et tumultueux. » Selon lui, la position française sur le Tibet, « inconstante et capricieuse », a laissé apparaitre la présence des « éléments les plus instables depuis le début des années 90 du siècle dernier. » Son diagnostic ? L’occident perçoit que « la puissance de l’Occident a diminué relativement et que la capacité de celui-ci de contrôler les affaires internationales est amenuisée, » et il tenterait ainsi d’affaiblir la Chine. Après avoir réaffirmé avec force que la question tibétaine relève de la « souveraineté et de l’intégrité territoriale », et n’est donc à ce titre pas négociable, il considère que la position française « porte atteinte aux intérêts vitaux et fondamentaux » de la Chine. Au delà de ces points de frictions, la France et la Chine peuvent pourtant développer une relation stratégique, estime M. Fangbai, car elles oeuvrent toutes deux à la naissance « d’un monde multipolaire et utilisent ensemble le pluralisme et le multilatéralisme pour faire face aux défis lancés à la face du monde. » Mais, prévient-il « le nœud doit être dénoué par celui qui l’a fait. ».Cette excellente introduction de contreinfo me paraît devoir être complété sur un point essentiel. Celui que je souhaiterais approfondir justement, ce que j’appelle d’un néologismela desoccidentalisation”. Pas encore un concept, une simple notion, il faut des faits qui dépassent l’intuition,approfondir la nature du processus, mais celui-ci existe. Je crois que c’est dans ce domaine que  la Chine apporte le plus à la planète et en particulier aux pays du sud. Dans ce texte M.Fangbai l’exprime clairement, l’Occident, ici le France, doivent se rendre compte que le monde a changé et que cela exige de nouvelles relations. Si j’ai le temps, j’essayerai de commencer à consacrer le week-end à cette notion que je tente d’explorer: “la desoccidentalisation”. De toute manière, vous en entendrez parler. DB

 
Par Cai Fangbai, Le Quotidien du Peuple, 4 février 2009

J’ai passé au total vingt quatre années en France à commencer par l’établissement de l’Ambassade de Chine en France dont j’ai participé au travail puis en assumant par la suite la fonction d’Ambassadeur de Chine accrédité auprès du gouvernement français. Ce qui est profondément gravé dans ma mémoire, c’est l’événement du 27 janvier 1964 : les gouvernements chinois et français ont publié en même temps chacun de son côté un bref communiqué conjoint en deux phrases annonçant l’établissement des relations diplomatiques au niveau d’ambassadeur entre les deux pays.

L’histoire a démontré que les relations sino-françaises ont toujours revêtu un caractère stratégique et particulier et ont marqué profondément la politique internationale et le développement de la situation mondiale. Quarante cinq années sont écoulées depuis et aujourd’hui ce que tout le monde s’intéresse en général, c’est que doit-on faire pour poursuivre l’œuvre des prédécesseurs et pour ouvrir de nouvelles perspectives aux relations sino-françaises qui ont été perturbées ?

La situation difficile est due à l’appréciation erronée de la partie française quant à l’évolution de l’échiquier international.

Au cours des 45 années qui ont suivi l’établissement de leurs relations diplomatiques, les relations entre la Chine et la France ont connu des jours rayonnants de grâces printanières, mais également des jours sombres et tumultueux. Ces dernières années, et surtout en 2008, la situation internationale a connu un profond changement et une importante réorganisation. Les principaux événements d’importance, dont la crise financière internationale, le conflit entre la Russie et la Géorgie, la réussite des Jeux Olympiques de Beijing, … etc., montrent que la puissance de l’Occident a diminué relativement et que la capacité de celui-ci de contrôler les affaires internationales est amenuisée. Parallèlement, de nouvelles puissances émergentes ont fait leur apparition dans le monde, leur influence s’accroît de jour en jour et elles jouent un rôle grandissant quant à l’évolution de la situation internationale. Dans le contexte ci-dessus, il est apparu dans les relations sino-françaises des éléments les plus instables depuis le début des années 90 du siècle dernier. Et surtout après les troubles et les émeutes qui ont éclaté le 14 mars 2008 à Lhassa où les fauteurs de désordre ont profité de l’occasion pour commettre des actes de violence, de destruction, de pillage et d’incendie, les médias français dans leur ensemble ont tout fait pour noircir l’image de la Chine. Les autorités françaises ont tenu à maintes fois des propos négatifs à l’encontre de la Chine et ont lié les Jeux Olympiques de Beijing au problème du Tibet. Lors du passage à Paris du relais de la flamme olympique, la relayeuse handicapée Jin Jin a été attaquée par un malfaiteur qui a tenté d’arracher la torche qu’elle tenait dans ses mains. La mairie de Paris ne s’est pas laissé dépasser sur ce point-là, elle a décerné au Dalai Lama le titre de « citoyen d’honneur » de la ville de Paris. Ce qui est encore plus grave, c’est qu’au moment où les relations bilatérales étaient en voie de rétablissement, le dirigeant français, au mépris des démarches répétées entreprises par la partie chinoise, s’était obstiné à rencontré avec fanfaronnades et vantardise, en tant que Président de la République française et Président tournant de l’Union européenne, le Dalai Lama qui est de fait un réfugié politique qui se consacre depuis longtemps à la division et à la séparation de la patrie. Le problème du Tibet concerne la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine. Les agissements de la partie française portent atteinte aux intérêts vitaux et fondamentaux de la Chine et c’est cela qui met une fois de plus en péril les relations sino-françaises.

On se demande pourquoi la partie française se montre inconstante et capricieuse en se dédisant, en se rétractant et en se déchaînant pour faire des histoires au sujet du problème du Tibet et des Jeux Olympiques de Beijing ? Je pense que la raison principale c’est que la partie française n’a pas tenu compte de l’évolution rapide et complexe de la situation internationale et elle a oublié que le caractère stratégique et particulier des relations sino-françaises non seulement ne s’est pas affaibli ni diminué dans notre monde actuel, il s’est au contraire renforcé et accru. Cet oubli a fait qu’elle a commis des actes nuisant aux intérêts fondamentaux de son partenaire stratégique. D’autre part, le développement rapide de la Chine fait pression sur la France et lui apporte des inquiétudes. Ne pouvant s’adapter à cette situation qui lui semble quelque peu intenable, la France tente alors d’utiliser les Jeux Olympiques de Beijing et le problème du Tibet pour faire pression sur la Chine. En outre, elle crée des difficultés à cette dernière quant à d’autres problèmes, tels que le droit de propriété intellectuelle, le taux de change du renminbi, le déficit commercial, la politique chinois à l’égard de l’Afrique, … etc., ce afin de faire obstacle au processus de développement de la Chine. Elle joue également à l’encontre de celle-ci la carte des droits de l’homme pour tenter détourner l’attention et pour diminuer autant que possible la pression sur elle.

Le caractère stratégique et particulier des relations sino-françaises existe toujours.

L’avenir en perspective m’inspire toujours une grande confiance et une pleine espérance quant à l’avenir du développement des relations entre la Chine et la France. En remémorant le parcours du développement des relations des deux pays durant les 45 années passées, je suis persuadé que le caractère stratégique et particulier des relations sino-françaises existe toujours. Ca été toujours ainsi que ce soit qu’elles se développent de façon satisfaisante ou que ce soit qu’elles rencontrent des difficultés, car le développement complet des relations de partenariat stratégique entre la Chine et la France répond non seulement aux intérêts fondamentaux des deux pays, mais contribue également à la paix, à la stabilité et au développement commun du monde entier.

Sur le plan politique, les points en commun sont plus nombreux que les points litigieux. La Chine et la France préconisent toutes les deux l’établissement d’un monde multipolaire et utilisent ensemble le pluralisme et le multilatéralisme pour faire face aux défis lancés à la face du monde. Les deux pays appliquent tous les deux une politique diplomatique indépendante et autonome. Leur position est identique ou semblable sur de nombreux problèmes internationaux d’importance, c’est pourquoi les deux parties peuvent coordonner et coopérer réciproquement pour régler ces problèmes.

Sur le plan économique, la Chine et la France sont d’importants partenaires de coopération économique et technologique. Malgré que suite à l’agrandissement de la puissance effective générale de la Chine, la concurrence des deux pays sur le marché international augmente sans cesse, mais leur complémentarité reste toujours en première position. La Chine a besoin des technologies et des expériences de gestion avancées de la France, ainsi que de ses équipements sophistiqués, alors que celle-ci a besoin de son côté du marché toujours grandissant de la Chine et de ses produits de bonne qualité et à bas prix. Les deux parties peuvent en outre coopérer en faisant valoir chacune ses supériorités et ses avantages. A ce titre-là, elles peuvent procéder ensemble à des recherches scientifiques et au développement et étendre ensemble leurs affaires sur le marché d’un pays tiers, créant ainsi une situation de « double gagnant ». Pour faire face à la plus grave crise financière internationale depuis plus de sept décennies, il est particulièrement important que les deux parties renforcent leur coopération et leur coordination.

Sur le plan culturel, la Chine et la France sont toutes les deux des anciens pays dotés d’un passé plusieurs fois millénaires, d’une civilisation brillante et d’une culture rayonnante. Les deux parties préconisent toutes les deux la pluralité culturelle et sont décidées à contribuer par leurs efforts au dialogue et aux échanges entre différentes civilisation et à l’établissement d’un monde harmonieux caractérisé par une paix durable et une prospérité commune.

Les points communs susmentionnés sont en fait les précieux acquis réalisés par les deux parties durant de longues années et ils constituent la source de la force potentielle qui promeut le développement continuel des relations bilatérales entre les deux pays qui doivent les apprécier et les prendre en considération et leur attacher un grand prix.

La transcendance des préjugés idéologiques permet d’apporter une solution judicieuse aux problèmes.

Il existe certainement une différence notable entre la Chine et la France quant à leur système social, à leur contexte culturel et à leur niveau de développement, c’est pourquoi il est tout à fait naturel qu’il y ait entre les deux des litiges et des différends quant à certains problèmes. Les relations sino-françaises sont entrées actuellement dans une phase clé et l’on se demande comment doit-on faire pour poursuivre l’œuvre des prédécesseurs et pour ouvrir de nouvelles perspectives au développement de ces relations. « Le nœud doit être dénoué par celui qui l’a fait », « la clochette doit être décrochée par celui qui l’a accrochée », le problème important du moment c’est que la partie française doit envisager sérieusement les préoccupations de la parties chinoise et prendre des mesures effectives pour remédier au préjudice et au dommage qu’elle a causé aux relations bilatérales, pour dissiper l’effet négatif, pour renforcer la confiance politique mutuelle et pour construire ensemble avec la partie chinoise un avenir radieux aux 45 années suivantes des relations de coopération amicale entre la Chine et la France.

Sur le web

CCTV retrace la carrière de M. Fangbai en introduction à un entretien en français avec l’ancien mbassadeur.

1 Réponse vers “Chine et France : Le futur d’une relation « stratégique et particulière », par Cai Fangbai, ancien Ambassadeur de Chine en France”


  1. 1 Luoge 20 février 2009 à 7:40

    Après la destruction et le pillage de Yuanmingyuan (圆明园), en 1860, dans le contexte de la seconde guerre de l’opium, Victor Hugo écrivait entre autre dans sa lettre de 1861 au capitaine Butler :

    « Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France. L’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion : les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois les bandits, les peuples jamais.

    L’empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il étale aujourd’hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été. J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée. En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate. »

    Près de 150 ans plus tard, qu’en est-il de la restitution des trésors volés à la Chine ?

    Ci-après l’opinion des Chinois à propos d’une vente aux enchères qui doit se tenir la semaine prochaine à Paris :

    Mise à jour 17.02.2009 13h08
    Qui collectionnent les anciens objets d’art de la Chine ?

    Le Palais impérial d’été Yuanmingyuan (Jardin de la Splendeur Rayonnante), incendié et détruit en 1860 par les forces anglo-françaises envoyées pour faire pression sur l’empereur Xianfeng de la dynastie des Qing (1644-1911), est un lieu disparu qui supporte tout le poids du chagrin, de la douleur, de l’affliction et de la tristesse de toute la nation chinoise, c’est pourquoi la toute prochaine vente aux enchères dans un pays étranger de deux anciens objets d’art qui appartenaient autrefois à ce palais suscitent une fois de plus un grand intérêt et une préoccupation toute particulière de l’opinion publique chinoise.

    Bien que des organismes officiels chinois, dont le Ministère des Affaires étrangères et le Bureau d’Etat des Musées et des Découvertes archéologiques, ont déclaré explicitement leur opposition à cette vente aux enchères et que la délégation chinoise populaire d’avocats dirigée par Liu Yang ait envoyé à la partie vendeuse un message et une déclaration d’avocats plaidants, mais cette dernière – la Société de vente aux enchères Christie’s (France) – persiste dans son programme de vente aux enchères.

    Les deux anciens objets d’art en question, la sculpture en cuivre d’une tête de lapin et une autre d’une tête de rat, vont-elles apparaître sur le lieu de la vente aux enchères ? Les démarches faites par la délégation chinoise d’avocats susmentionnée pour réclamer le retour au pays des deux objets d’art qui avaient été volés vont-elles donner des résultats ? La Chine toute entière fixe les yeux et attend la suite des événements.

    C’est la première fois qu’une délégation chinoise d’avocats s’apprête à intenter un procès pour que d’anciens objets d’art appartenant à la Chine, qui ont fait l’objet de pillage et de vol, puissent être rendus à celle-ci et retournés dans le pays.

    Christie’s (France) a annoncé au milieu de l’année dernière qu’il y aura du 23 au 25 février 2009 au grand Palais Royal de Paris, en France, une vente aux enchères spéciale des « objets d’art précieux collectionnés par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé » et que parmi les objets d’art figurent deux têtes en cuivre, l’une de lapin et l’autre de rat, qui appartenaient autrefois au Palais impérial de Yuanmingyuan, dont le prix total estimé s’élève à 200 millions de yuans renminbi environ.

    « La vente aux enchères publique des têtes d’animaux en cuivre volées en Chine est un dédain évident et une provocation flagrante à l’encontre du sentiment des Chinois. », a indiqué Liu yang qui, de concert avec quatre vingt autres avocats chinois, a organisé et mis sur pied en fin de l’année dernière une délégation composée d’avocats volontaires pour « la recherche et le retour au pays des anciens objets d’art de Yuanmingyuan écoulés à l’étranger ». Le but de la délégation chinoise d’avocats c’est d’utiliser le moyen d’action en justice pour empêcher la vente aux enchères des trésors nationaux chinois et pour réaliser leur retour au pays. C’est la première fois en Chine qu’on établi une délégation d’avocats pour se mettre à la recherche des anciens objets d’art perdus et écoulés à l’étranger et pour intenter des procès pour que ces objets puissent retourner dans le pays.

    La délégation d’avocats en question a adressé officiellement, le 9 février, un message et une déclaration d’avocats à la Société Christie’s et à Pierre Bergé. Le 12 courant, Christie’s a fait une déclaration publique : « Vu que les deux têtes d’animaux en cuivre qui vont être vendues aux enchères possèdent des certificats explicites d’appartenance légale, c’est pourquoi leur vente aux enchères va se dérouler à la date prévue. »

    Devant cette situation, la porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères Jiang Yu a indiqué que les deux têtes en cuivre de lapin et de rat en provenance de Yuanmingyuan ont été pillées et enlevées de force par des soldats des troupes anglo-françaises et ces précieux trésors de la nation chinoise ont été écoulés à l’étranger depuis de longues années. La Chine dispose à leur égard du droit indéniable et incontestable de propriétaire et de possesseur, c’est pourquoi ils doivent être à juste titre rendus à la Chine.

    Qui collectionnent les anciens objets d’art de la Chine ?

    Les deux objets d’art en question font partie de la tête en cuivre des douze animaux qui marquent l’année de naissance d’après le calendrier lunaire traditionnel chinois (rat, bœuf, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, mouton, singe , coq, chien et porc). Les forces anglo-françaises qui envahirent la Chine en 1860 pillèrent et incendièrent le Palais Yuanmingyuan et emportèrent avec eux tous leurs butins, dont les douze têtes d’animaux en cuivre. Jusqu’à maintenant, seulement cinq des douze têtes en cuivre sont de retour au pays.

    En réalité, ces douze têtes d’animaux en cuivre de Yuanmingyuan sont seulement une partie minime des objets d’arts et des trésors nationaux chinois écoulés à l’étranger. Selon les statistiques incomplètes établies par l’Organisation des Nations-Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), dans les objets d’art conservés dans plus de 200 musées de 47 pays du monde, il y a à peu près 1,64 millions de pièces qui sont d’anciens objets d’art de la Chine. Le nombre total des objets d’art chinois écoulés à l’étranger, y compris ceux collectionnés par des individus, se chiffre au moins à plus de 17 millions de pièces, un chiffre qui dépasse de loin la quantité totale des objets d’art nationaux conservés dans les musées chinois.

    Xie Chengsheng, célèbre spécialiste en matière d’objets archéologiques et Président honoraire de la Société chinoise des vestiges culturels et des pièces archéologiques, a dit que la plus grande partie de ces précieux anciens objets d’art écoulés à l’étranger ont été pillés et volés en dehors du pays par les puissances occidentales et les soi-disant « explorateurs » occidentaux qui ont profité de la faiblesse de la Chine de l’époque moderne en utilisant la force armée, la transaction inéquitable, les fouilles illégales et le vol, la duperie et la tromperie, la contrebande, … etc. pour atteindre leur but.

    Quant à Song Xinchao, Directeur du Département des musées du Bureau d’Etat des Musées et des Découvertes archéologiques, il a indiqué récemment que ledit Bureau d’Etat s’oppose fermement et énergiquement à l’ « achat en retour » avec l’argent de la Chine des objets et des choses qui appartenaient à elle-même et qu’il désapprouve et refuse la vente aux enchères de ce genre d’objets. Tout en lançant des appels en tenant compte de la moralité et de la convention internationale concernée, on peut réaliser le retour au pays de ces objets au moyen de la compensation et on encourage à cet effet la donation et l’offrande par des fondations ou par des particuliers.

    Le bon droit et le tort quant au retour au pays des anciens objets d’art historiques.

    On apprend que dans la phase actuelle en Chine, le retour au pays des anciens objets d’art se fait sous plusieurs formes dont essentiellement la réclamation d’après la loi, l’achat par l’Etat, l’achat par des particuliers et le don.

    D’après Liu Yang, le principal fondement de sa délégation c’est la « Convention sur les objets d’art volés ou exportés illégalement » établie par The International Institute for the Unification of Private Law (UNIDROIT), dans laquelle il est stipulé explicitement que les possesseurs des objets volés doivent rendre les objets volés. La France est un des pays membres de cette Convention, alors qu’en adhérant en 1997 à cette convention, la Chine a fait la déclaration suivante : la République populaire de Chine se réserve le droit de réclamation illimitée du temps de ses patrimoines culturels qui ont fait l’objet de pillage en temps de guerre, de vol et de contrebande et qui ont été ainsi écoulés à l’étranger.

    Une grande quantité de trésors nationaux chinois sont conservés dans un grand nombre de musées de l’Europe et de l’Amérique. Le 9 décembre 2002, dix neuf musées et instituts de recherches européens et américains, dont The British Museum, ont publié conjointement la « Déclaration sur l’importance et la valeur des musées universels », dans laquelle il est dit que les dix neuf musées s’opposent à la restitution des objets d’art, et surtout des anciens objets d’art historiques, aux pays auxquels ils appartenaient dans le passé.

    « Face à la situation actuelle où une grande quantité de nos anciens objets d’art historiques sont toujours aux mains de pays étrangers, nous devons persister dans notre position grave, sévère et sérieuse pour réclamer le retour au pays de ces objets. A cet effet, nous devons agir de concert avec les principaux pays exportateurs d’objets d’art, les autorités gouvernementales concernées doivent conjuguer leurs efforts avec ceux des organisations populaires, et ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de réaliser, au plus haut degré, le retour au sein de la patrie des objets d’art historiques emmenés en outre-mer. », a déclaré Li Liqian.

    Source: le Quotidien du Peuple en ligne

    Mise à jour 18.02.2009 16h41

    L’administration du Palais Yunmingyuan s’oppose à la mise aux enchères des deux bronzes volés en Chine

    Les responsables de l’ancien Palais d’Eté de Beijing (Yuanmingyuan) ont déclaré mardi s’opposer à la mise aux enchères de deux bronzes anciens qui y ont été volés dans les années 1860, et refusent de les racheter, alors que la maison Christie’s s’apprête à les mettre en vente à Paris, à la fin février.

    Néanmoins, l’Administration du palais n’a pas décidé si elle serait plaignante dans le procès lancé par un groupe d’avocats chinois pour arrêter l’opération de vente.

    Les deux têtes de bronze – une tête de lapin et une autre de rat – faisaient partie d’une fontaine érigée sous la dynastie des Qing (1644-1911) dans le palais d’été impérial, le Yuanmingyuan. Elles ont été volées quand le palais a été pillé et brûlé par les troupes franco-britanniques durant la Seconde guerre de l’opium en 1860.

    Les objets, qui seront vendus aux enchères du 23 au 25 février, appartiennent actuellement à la Fondation Yves Saint-Laurent et ont été affichés pour la mise aux enchères par son compagnon Pierre Bergé.

    Les objets anciens volés doivent être rendus à la Chine. La Chine est le propriétaire incontestable de ces objets, a annoncé l’Administration du Yuanmingyuan dans une déclaration.

    Une équipe de 81 avocats chinois a écrit à la maison Christie’s pour arrêter la vente des deux reliques en bronze.

    “Nous intenterons un procès à Pierre Bergé, si le géant Christie’s met les bronzes aux enchères”, a averti Liu Yang, un des avocats. “Le meilleur plaignant serait l’Administration du Yuanmingyuan”.

    Mais l’administration n’a pas encore décidé s’il elle serait plaignante dans l’affaire, a dit Zong Tianliang, son directeur adjoint.

    “Mais nous sommes directement concernés par cette affaire”, a-t-il dit.

    Le responsable des relations publiques de Christie’s en Chine, Mme Chen Yan, a dit que les recettes provenant de tous les articles de la collection de Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé seraient utilisées à des fins charitables. Tous les objets, y compris les deux sculptures en bronze, détiennent des documents juridiques prouvant leur possession de manière tout à fait légale, a-t-elle expliqué.

    Les spécialistes s’attendent à ce que les deux têtes de bronze se vendent de 8 à 10 millions d’euros chacune (environ 10,4 à 13 millions de dollars).
    Source: xinhua

    Mise à jour 18.02.2009 16h47

    Restitution des têtes de lapin et de rat en bronze de Yuanmingyuan : un avocat chinois s’envole aujourd’hui pour la France
    « Si tout se passe bien, je m’envole après-demain pour la France pour des préparatifs avant d’introduire cette affaire en justice », a révélé le 16 février Liu Yang, avocat de Beijing et initiateur de l’action pour la restitution des antiquités perdues de Yuanmingyuan. Il s’est engagé à réclamer jusqu’au bout les têtes de lapin et de rat en bronze de Yuanmingyuan.

    « Je serai seul à voyager cette fois, mais je vais rejoindre 3 membres de notre groupe qui vivent en France. L’objectif de mon voyage est de participer à cette action en justice. Il y a quelques jours, nous avons confié l’acte d’accusation et la procuration à notre avocat français. Nous attendons désormais la réponse du tribunal français. »

    Liu Yang a déclaré aux journalistes qu’une fois arrivé en France, il allait demander tout d’abord à ce que le tribunal français interdise la vente aux enchères des têtes de lapin et de rat en bronze : « Cela serait la meilleure solution. Dans le cas contraire, nous assisterons le 23 février à la vente aux enchères chez Christie’s à Paris ». Si les objets sont vendus aux enchères, nous poursuivrons la société française Christie’s ainsi que le nouvel acquéreur afin de récupérer coûte que coûte nos antiquités.

    Liu Yang a également confirmé que le groupe d’avocats, engagés dans cette action pour la restitution des antiquités perdues de Yuanmingyuan, comptait actuellement 90 membres. Ces derniers se sont déclarés plus confiants après l’adhésion de 4 avocats confirmés.

    Le 17 janvier dernier, après avoir appris que les têtes de lapin et de rat en bronze allaient être mises aux enchères par la compagnie française Christie’s à Paris, Liu Yang a regroupé plusieurs avocats dans l’objectif d’empêcher cette vente par voie juridique. Le dit groupe a envoyé une lettre officielle à la société française Christie’s exigeant l’annulation de la mise vente. Toutefois, Christie’s a récemment répondu que « les têtes de lapin et de rat en bronze, appartenant à la collection d’Yves Saint-Laurent mise aux enchères, étaient accompagnées de certificats légaux » et que, par conséquent, la vente se déroulerait comme prévu.

    Source: China.org.cn


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