Fidel explique son silence. Décision de toute évidence de se retirer de plus en plus de la vie publique. L’aveu final est étonnant de la part d’un homme qui s’est battu sa vie durant…
En tout cas, au sujet d’Obama, il a encore une fois la formule qui fait mouche et pose clairement le fond du problème :
“Néanmoins, même s’il a surmonté bien des épreuves, Obama n’a pas encore affronté la principale de toutes : que fera-t-il très bientôt quand l’immense pouvoir qu’il vient de saisir s’avérera absolument inutile pour surmonter les contradictions insolubles, parce qu’antagonistes, du système ?”
La presse internationale s’étonne, presque en se scandalisant, du peu d’espace que les médias cubains ont consacré à l’ “évènement historique”. Quoi d’étonnant. Faut-il rappeler que les USA et leur Maison-Blanche sont les ennemis historiques de la Révolution cubaine (et de la nation cubaine tout court)? Et que les dix précédents locataires de la Maison-Blanche ont tous essayé, d’une manière ou d’une autre, de la détruire ?
Au fond (c’est mon point de vue), parce que président de l’Empire, Obama est un ennemi pour Cuba et donc présumé coupable. Qu’il fasse la preuve de son innocence, et on l’acquittera. Et l’on demande à voir.
Je trouve d’ailleurs Fidel vraiment trop gentil envers lui. Une fois qu’on a lu entier son discours d’investiture, on y retrouve à peu près tous les clichés éculés des USA et de leur classe dominante : la liberté, les valeurs américaines, la mise en égalité du fascisme et du communisme, la nécessité de leadership américain pour le monde, les USA en guerre contre un réseau d’ennemis terroristes, etc. Le Noir Obama a les neurones bien blanches, je trouve.
Oui, qu’il fasse ses preuves, et on verra. De toute façon, il a pour lui de succéder à huit ans de bushisme et de néoconservatisme : après ça, n’importe qui apparaît comme intelligent et “compatissant”… et presque révolutionnaire !
Bonne lecture
Jacques-François
Ah, j’oubliais : comme ses prédécesseurs, Obama et son équipe posent des conditions au dialogue que Cuba n’acceptera que, dixit Raúl, “sans carotte ni bâton”.
“Dans une interview avant son investiture mardi, Barack Obama s’est dit disposé à dialoguer avec Cuba si ce pays, qualifié de “dictature” par son prédécesseur George W. Bush, faisait des progrès réels dans le domaine des droits et des libertés.”
“La nouvelle secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait elle aussi souligné lors de son audition le 13 janvier devant le Sénat que Cuba devait profiter de la transition à la Maison blanche pour libérer les prisonniers politiques, actuellement au nombre de 207, selon la dissidence cubaine.”
Alors, la Révolution cubaine doit-elle pavoiser parce qu’Obama prend la tête de l’Empire? Je pense que des gestes vraiment de rupture auraient par exemple, de téléphoner, non seulement à Abbas, à Olmert, à Mubarak, etc., mais aussi au président du Hamas, ou encore d’annoncer qu’il était prêt non seulement à fermer la prison de Guantánamo, mais à fermer la base que son pays occupe illégalement à Cuba. Ça oui, ça aurait eu de la gueule!!!!
Lire la suite ‘Fidel s’explique, texte et introduction de J.F.Bonaldi’
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