j’ai besoin de savoir à quoi je sers par danielle bleitrach

Il y a un moment où les choses vous apparaissent avec sinon clarté à tout le moins vous vient la conscience qu’il y a dans la manière d’occuper l’actualité quelque chose qui vous masque l’essentiel. Il y bien sûr le massacre qui a eu lieu à Gaza,on en finit pas de revivre ces supplices. C’est juste, il faut que les criminels soient jugés et on découvre d’autres, par exemple cette histoire des rabbins incitant au meurtre. Pourtant faute d’issue politique, cela reste de l’ordre des chroniques, rien de bien nouveau depuis les croisades. On dit que quand les hordes chrétiennes sont entrées dans Jérusalem, les chevaux avaient du sang du massacre de juifs et de musulmans jusqu’au poitrail. La croisade avait été prêchée et elle avait poussé en avant non seulement des chevaliers mais des masses si abjectes qu’elles se livrèrent au cannibalisme sur le champ de bataille. Je pourrais vous décrire des horreurs semblables de la Chine à l’Amérique latine en passant par l’Afrique. Et tout cela assiège ma mémoire jusqu’à la nausée comme si toutes mes lectures n’avaient été que des livres d’horreur, comme si tout le patrimoine de l’humanité n’était qu’un château sadien.

Il y a ce texte sur le “choix de sophie” que quelqu’un a déposé en commentaire, il est question du film en oubliant qu’il s’agissait d’un livre, celui d’un écrivain étasunien maniaco-dépressif, Styron. Pourquoi parler du film et pas du livre, est-ce que cela a de l’importance? Ai-je un doute sur la véracité et ce doute s’introduit-il par le biais de ce détail ?

 Je suis tout le temps en train de rectifier des détails comme ça et je me dis, de quoi est-il, exactement question et à qui tout cela profite-t-il? Ce qui est sur c’est que tout cela tourne en rond et ne débouche sur aucune action susceptible de réellement changer les choses. Il y a le boycott, il semble qu’il ait des effets,on le devine parce qu’il y a des tentatives de contre boycott, mais pour le moment qu’en est-il nul ne le sait. Juger les criminels, des ONG, des institutions internationales s’en mêlent, des listes circulent, elles font penser à celles qui circulaient au moment de l’irak, souvenez-vous du jeu de cartes des proches de saddam. Mais qui imagine voir le responsable en chef, je parle de Bush finir au bout d’une corde. Ni même un dirigeant israélien. Ils ont les appareils d’Etat, leur armée, leur police, mais aussi leurs médias, et nous quelles forces organisées, coordonnées avons-nous?
Quelle issue cherchons-nous? Je m’obstine à tenter de dire qu’il faudra bien construire une issue politique, faute d’une telle perspective, de quoi rêvons-nous de quelle apocalypse ? Est-ce que nous pouvons même envisager un processus comparable à celui qui avance en Bolivie, en Amérique latine, ou des hommes et des femmes sont entrée dans une lutte démocratique pour créer des nations unies, justes qui laissent derrière eux les crimes coloniaux, les années d’exploitation raciale, le martyre des peuples et tente d’affronter l’actuelle crise du capitalisme? Non nous n’en sommes pas là, nous tournons autour du massacre de Gaza, on nous fait tourner autour sans autre perspective que l’exaspération  des haines.

Je reçois jour après jour les mêmes textes, les mêmes descriptions abominables, un rêve de vampire et de goules. Qu’est-ce qu’on en fait et qu’est-ce qu’on cherche? Avez vous remarqué ce qui a disparu: la crise, la responsabilité des patrons, la montée des difficultés et du chômage. On ne comprend rien à ce qui s’est passé à la Révolution française si l’on ignore à quel point les gens avaient faim. Est-ce que les habitants de Gaza ont faim, oui, certainement… Est-ce que la crise se développe en israël, où en était le chômage? A qui et à quoi sert la guerre ?

Je ne supporte plus cette danse macabre sans perspective mais peut-être faut-il en passer par là pour que surgisse la nécessité de la transformation, pour que notre conscience s’élève à la hauteur de celle de l’Indien des Andes qui lui sait qu’il y avait derrière les haines raciales une dimension de classe. Je n’y crois pas en France, en Europe, je sais trop à quel point ceux que révolte l’horreur sont minoritaires, les autres s’enferment un peu plus dans l’impuissance.

Voilà j’ai besoin de sa voir ce que je fais à quoi je sers pour agir. Aujourd’hui, un collègue d’une université nord-américaine lecteur de ce blog m’a dit qu’il lui arrivait de proposer des textes extraits de ce blog aux étudiants de son cours de français, “pour les réveiller, en particulier face à la politique de Bush”, il ajoutait “Obama démarre pas trop mal”… J’ai repensé à Fidel et à son appréciation positive assortie d’une mise en garde sur le système auquel va se heurter Obama et face auquel l’immense pouvoir qu’il croit détenir ne représente rien. Fidel a raison, mais qui détient le pouvoir? Qui peut quelque chose ? Quel niveau de conscience, quelle organisation?

Et c’est face à l’exigence du moment que je me prends à douter…

Bon voilà tout ça pour vous dire qu’une fois de plus j’ai des doutes sur ce que je tente de faire ici, je contient l’horreur quand je la crois inutile, quand elle n’est productive de rien, quand elle tourne en rond. Il faut témoigner, il ne faut pas laisser retomber le silence sur les palestiniens, comme du temps de ce blocus où j’ai parfois crié mon désarroi devant le silence dont je savais qu’il préparait l’assaut. De ce point de vue, il y a eu un gain incontestable, la cause palestinienne a avancé, un peuple est apparu au-delà des divisions, un peuple qui moralement a gagné devant un adversaire puissamment armé et plein de haine. Qu’est-ce qu’on peut faire à partir de là ?

Et chez nous comment on les combat, parce que ce sont les mêmes… Je ne veux pas dire que l’armée israélienne est ici même si elle tient des galas, je veux dire que ce qui permet l’impunité des criminels colonialistes de Gaza, c’est l’alliance impérialiste pour l’exploitation et le pillage, et cela je doute comme fidel que cela change… Alors comment chacun combat les siens ? Il va y avoir ici cette journée du 29, peut-être serat-elle le début de quelque chose, mais l’inertie des forces organisées, des syndicats est grande. Il est clair que beaucoup se sont laissés bureaucratiser, corrompre, l’Union européenne est une grande machine à organiser le consensus social, la corruption. Mais il y aussi d’autres difficultés, la transformation de l’entreprise sous l’influence du financier, la manière dont l’entreprise a été disloquée, dont on prétendu dans nos pays garder les fonctions de direction et délocaliser, externaliser comme ils disent… Et tout cela nous ramène à ce qui devrait être mieux compris,  mieux dénoncé sur la folie de ce système dont nous ne voyons que les cadavres parsement des champs de bataille.

Voilà, en ce moment j’ai le sentiment que le témoignage indispensable ne permet plus de comprendre ce qui engendre le crime, et donc ce blog et le travail qu’il exige perd son utilité. j’ai besoin de réflechir, je ne sais pas si c’est pareil pour vous ?

Danielle bleitrach

6 Réponses vers “j’ai besoin de savoir à quoi je sers par danielle bleitrach”


  1. 1 serge adam 27 janvier 2009 à 4:02

    Je constate que tu poses de très bonnes questions et ta réflexion ne peux nous laisser indifférent. C’est souvent dans les petites choses que naissent les grands projets. La Palestine et Gaza a occupé l’espace médiatique et maintenant que se passera-t-il? Le capitalisme à la Obama va se poursuivre et nous aurons besoin de tous les progressistes du monde pour contrer le nouveau discours subtil de L’Impérialisme qui se manifestera et en ce sens tes propos nous seront utiles.

  2. 2 Arlequin 27 janvier 2009 à 9:07

    le Capitalisme a besoin de “divertir” l’attention et tous les moyens -les pires- sont et seront utilisés. L’Obamania est un modèle du genre ! croire encore au Sauveur Suprême détourne l’attention de l’ESSENTIEL : c’est la vie même sur la Terre qui est compromise.

    La crise est globale, profonde, interminable…si les peuples ne se soulèvent, là, est le passage obligé pour ouvrir des possibles. Le reste n’est que leurre c’est pourquoi les tentatives de durcissement des “gérants” du capitalisme ne peuvent se heurter qu’à un front large…l’Amérique latine est un point de résistance, sans le concours d’autres peuples, les expériences seront difficiles a étendre. Le combat pour la survie sera terrible; car il nous faudra éliminer la vermine…je dis bien “éliminer” ceux qui ont l’argent les armes et les pouvoirs.

    “Eliminer” s’entend par l’idéologie face aux médias inféodés. Partout, dans la moindre parcelle, il nous faudra reprendre le pouvoir pour permettre à chaque humain de vivre dignement.

    Pour “eux” comme le dit si bien Sarko : Hors du capitalisme rénové c’est le TOTALITARISME (sic)!!

    De Gaza au génocide par la faim, toujours revenir à l’essentiel et “fou qui fait le délicat quand les blés sont sous la grêle”, c’est pourquoi je pense aussi que nos combats doivent se mener CONTRE l’ADVERSAIRE et non pas s’égarer dans des luttes intestines qui n’apportent pas un crouton de pain à qui que se soit.

    Le déchirement des forces de Gauche est un handicap, pire une ERREUR FONDAMENTALE…devant un Capitalisme qui seul à une conscience de classe développée et qui sait se serrer les coudes. S’unir au delà des mots et des litanies le plus largement possible concrètement ici et maintenant sans s’épuiser à éreinter les “camarades” qui heureusement ne nous ressemble pas !

    LA QUESTION vitale : Allons-nous laisser faire devant la “6ème Extinction” ?

    …Et si besoin est : “ils” nous remettrons un Hitler pour maintenir leurs taux de profits.

    Quand aux religions que ce soit le Benoit qui cautionne les négationnistes, les religieux qui ont pénétré Tsahal, les Ayatolas de tout poil…ce ne sont que béquilles du Capital.

    Et je regrette que nous tombions trop souvent dans les pièges tendus : critiquer que le Sarko n’avance pas à grand chose…
    Se retourner contre ses camarades de combat c’est jouissif pour les lansquenet et les laquais….cela nous detourne de l’ESSENTIEL.

    J’ai “fréquenté” ces énergumènes pendant ma carrière professionnelle, les mafiosis ne sont que des gamins (et des auxiliaires) …ils sont pires encore que nous pouvons l’imaginer.

    Seul ne compte que le Profit le plus gros possible le plus vite possible et s’il faut s’associer avec le diable, bon dieu pourquoi pas !

    Mais des chants montent des vallées, des luttes se multiplient c’est la Guerre de Classe l’aurions nous oublié ?

    Il se peut que la cristallisation des luttes en France et ailleurs se produisent…rien n’est écrit d’avance, tout les possibles sont devant nous, le meilleur comme le pire

    C’est pourquoi ton site et les équivalents font partie des armes utiles, mille soldats de ci de là sur tous les pitons, c’est bien de NOTRE RESISTANCE commune que se construira un avenir…humain.

    Nos combats sont sans commune mesure avec ce que subissent les femmes et les enfants sous les bombes !

    En ce matin gris et tristounet, je pense aux enfants qui vont mourir de faim, de maladies aujourd’hui…et notre dignité c’est de continuer les luttes sous toutes les formes. Nous ne sommes pas surhumain et n’avons pas à culpabiliser (ce serait leur faire trop d’honneur !)nous avons des moments de lassitude quoi de plus normal…

    continuons chacune et chacun d’entre nous de lutter à la mesure de nos moyens…ce ne sont que quelques grains de sable qui font couler les dunes).

    Il nous faudra plus que RESISTER mais CONSTRUIRE et là ce seront des tâches bien plus difficiles…

    Mais qui imaginait le 13 juillet 1789 qu’un avenir s’ouvrait ?

    qu’à la veille de Mars 1871, quelques parisiens en defendant “leurs canons” allait révolutionner le monde ?

    Tout ceci n’est que processus, contradictoire ouvrant de multiples possibles, chacune chacun d’entre nous à son rôle, fusse si petit à jouer … conscience citoyenne du Monde.

    Salut et Fraternité

  3. 3 Jacques Viala 27 janvier 2009 à 11:23

    Madame,
    permettez moi de vous remercier pour ce que vous faites, c’est à mes yeux une chose rare, donc précieuse. Et, vous demandez à quoi vous servez ? Qui peut le dire ? Peut-être faut-il s’en préserver. Pour réponse j’ai pensé à de petits textes que j’envoie par mail à des amis, je les appelle ainsi. La réponse n’en sera pas une, ça tombe bien, ce n’est pas possible. Cinq textes de circonstances, il y a les liens qui renvoient à leur cause. Dont le dernier, qui était le premier chronologiquement, se termine par une question, qui est ma façon de répondre. Et cette question dit : c’est quoi un symptôme ?
    Vous y répondez vous-même : un détail. Et ce détail c’est quoi ? Vous y répondez encore : le doute sur la véracité et ce doute s’introduit par un détail. C’est joliment dit !

    Jacques Viala
    Toulouse

    Texte n° 1

    http://www.ism-france.org/news/article.php?id=11044&type=analyse&lesujet=R%E9sistances
    c’est dans le début du texte et c’est une citation de Marx :
    « La religion est la théorie générale de ce monde, (..) sa logique sous forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son comportement solennel, sa raison générale de consolation et de justification. (…) La misère religieuse est à la fois l’expression de la misère réelle et d’autre part la protestation contre cette misère. La religion est le soupir de la créature accablée, le cœur d’un homme sans cœur, comme elle est l’esprit des temps privés d’esprit. Elle est l’opium du peuple… ».

    Alors, on comprend toute la portée réactionnaire qu’il y a eu, dans le colportage empressé par cette petite bourgeoisie éclairée, celle de gauche, de ce simple mot d’ordre : “la religion est l’opium du peuple”.
    Ceci c’est quoi ? C’est la continuation sous une forme autre de ce qu’aujourd’hui d’aucuns formalisent comme : la pensée coloniale, ou de l’adhésion de classe à l’oppression impérialiste.
    Quand Marx voyait, dans la religion un moyen de lutte, certes désespéré mais de lutte quand même, la petite bourgeoisie s’avançait avec ses oripeaux ! Et, la gauche n’était pas la dernière, faisant parade de toutes ses qualités : “athée” ,”républicaine” ,”démocrate” , et tout et tout, et encore tout… !
    Mais Zazie sema la zizanie : mon cul dit-elle !

    Voici comment se termine le texte :
    “J’ai donc une proposition très concrète à faire : nous devons lancer un appel pour faire retirer le Hamas de la liste des organisations terroristes. Nous devons nous opposer aux tentatives européennes actuelles d’y placer également le Hezbollah.
    C’est la moindre des choses que nous puissions faire si nous prétendons soutenir la résistance palestinienne, libanaise et arabe. C’est la condition démocratique minimale pour qu’un soutien à la résistance soit possible et qu’une confrontation des courants politiques différents au sein de la résistance à l’impérialisme soit possible. C’est la condition politique indispensable pour que la gauche ait la moindre chance de se faire entendre par les masses en lutte contre l’impérialisme.
    Je suis parfaitement consciente que mes convictions politiques sont minoritaires dans la gauche et en particulier parmi les communistes européens. Cela me préoccupe profondément, non pas pour mon propre sort, je ne suis qu’une militante parmi d’autres, mais pour l’avenir de l’idéal communiste qui est la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme et, dès lors, inéluctablement, l’abolition de l’oppression impérialiste, coloniale et néo-coloniale.”

    Enfin, lisez-le !

    Texte n° 2

    http://www.ism-france.org/news/article.php?id=11030&type=analyse&lesujet=Poursuites%20Judiciaires
    Un texte pitoyable, désespérant, un texte de vieux, de rassis, de donneur de leçon, de content de soi. Je l’envoie quand même preuve de ma grande ouverture d’esprit (je rigole ! je reste le plus buté des hommes !!!)
    je cite : ” L’Histoire reste là. Après l’Holocauste, comment la communauté internationale pouvait-elle ne pas tout faire pour offrir au peuple rescapé du nazisme une pérennité ? Décision incontestable … ”
    Et mon cul ! Dirait Zazie et elle ne se tromperait pas, dévoilant même la vérité. En effet voilà bien, si vous le permettez, les paroles d’un vrai con. Un con, ou un cul comme le dit Zazie, et elle le sait, ça jouit.
    Où a-t-il vu, ce monsieur, qu’en ces affaires, en quelque affaire qu’il soit, il y ait possibilité de réparation. En d’autres termes qu’il y ait des jouissances adéquates.
    Foutus humanistes ! Foutus juges ! Aveuglés dans leur contentement de soi. Ces idéalités détestables qui sont la racine même de ce qu’ils prétendent combattre.
    Devant tant de connerie, accablé, épuisé, je m’arrête, je ne vais pas plus loin. Mais puisque dans un souci didactique j’ai projeté d’envoyer ce lien je vais continuer la pénible lecture.
    Logique avec lui même, ce monsieur, si beau, si grand, si magnifique, lui qui a voulu tout réparer et a offert aux juifs une terre (qui ne lui appartenait pas) en constate maintenant le malheur, il veut encore (impénitent qu’il est) réparer. Mais, qu’est-ce qu’il fait ? Rien (le pénitent dit c’est déjà mieux). Il disserte (le pénitent dit c’est un début). De quoi ? Le pénitent dit des palestiniens ? Non, pensez-donc ! Vous oubliez qu’il est impénitent ! Il ne s’intéresse qu’a l’Histoire. C’est lui qui l’écrit ainsi avec un H majuscule. Et là, ce n’est pas notre Histoire. Alors des israéliens ? Ben, oui ! Et ils ne sont pas gentils et s’ils continuent comme ça, on va devoir leur faire pan-pan cul-cul. C’est un avocat, il croit en la justice, il croit en la paix. C’est vrai que depuis que le monde est monde tout nous pousse à y croire !
    Mais les israéliens eux, s’en foutent ! Ou plutôt eux savent, ils sont quand même aux premières loges et leur histoire (ici avec un petit h) reste là. Ils savent que si, en cette affaire, ils ne tiennent pas compte de quelque chose s’en est fini. S’en est fini de quoi ? C’est ça la question ! C’est ça toute l’histoire (avec un petit h encore puisqu’elle est commune et que c’est ainsi que l’on écrit les noms communs). Et c’est à répondre à cette question que chacun se détermine face à ce qui là bas se passe comme ici, l’histoire, une histoire. La seule différence n’en est que la scène.
    Tout le reste n’est que pipi de chat, autrement dit un contentement de soi et qui n’est là que pour l’oublier, cette histoire.

    Texte n° 3

    http://www.aloufok.net/spip.php?article34
    Au regard de ce texte, qui a un intérêt historique et retrace le parcours de l’épopée palestinienne, se pose une question : comment se fait-il qu’une analyse des rapports de force rencontre toujours quelque chose qui y résiste ? Ici ce qui résiste c’est le Hamas. Comme s’il y avait dans cette histoire que Marx dit de lutte, de lutte des classes, comme s’il y avait quelque chose de radical, quelque chose dont on a horreur, comme Freud le disait, lui, à propos du désir.
    Je cite le texte : bien que ce courant [le Hamas] incarne une orientation beaucoup plus combative vis-à-vis de l’occupant et refuse aujourd’hui les compromissions et l’abandon des droits nationaux des Palestiniens, il n’en demeure pas moins que l’idéologie réactionnaire (c’est moi qui souligne) est contradictoire avec la construction d’une résistance populaire dans laquelle tous (c’est moi qui souligne) les Palestiniens, notamment les femmes (c’est moi qui souligne), trouveraient leur place.
    On retrouve dans ce passage cette forme que je qualifie : du donneur de leçon. Et, ce faisant il se dévoile. Dans sa pieuse invocation à la totalité : “tous les Palestiniens”, pour en rendre compte, il commence par exclure ce qui n’en est pas, ici le Hamas et mettre à une place à part ce qui en fait raison, ici les femmes. C’est la façon relative de définir une chose, c’est établir un rapport. Ce qui est proprement l’envers de ce à quoi Marx nous convoque. Marx passe du relatif à l’absolu. Du qualificatif au nominatif. Autrement dit, il instruit une coupure radicale, ce qu’il appelle la lutte.
    Pour le Hamas comme pour le Hezbollah ce qui compte c’est qu’ils se sont mis sous le nom de quelque chose. Personne ne s’y est trompé, aussi les dit-on terroristes. Et ce nom s’appelle la lutte. Alors, pensez-en ce que vous voulez, mais si leur inscription sous ce nom est véritable, on n’y peut rien et vous n’y pourrez rien. On pourrait rêver à d’autres noms plus consensuels, plus dans l’air du temps, plus à la mode, moins contraignants et justement parce qu’ils n’en sont pas, comme la paix, la culture, l’émancipation, on peut aussi faire passer la lutte sous les formes maintenant débiles d’un mai 68 et de ses mjc, oui on peut, on peut … , sauf que l’on ne peut savoir par avance les formes que prendra cette lutte.
    La seule chose que l’on puisse dire c’est que c’est au risque de ce nom de : lutte, que l’on pourra y parvenir. Alors que l’on me montre ceux qui s’y rangent et je les soutiendrais et que l’on me démontre que le Hamas ou le Hezbollah n’en font pas partie alors je les oublierais.
    En attendant … !

    Texte n° 4

    http://www.aloufok.net/spip.php?article27
    chose étrange de constater le penchant amoureux, de nos-sociétés-de-droit, pour les traitres. Cela a commencé par Mitterrand, un expert à la fois comme acteur et utilisateur, et tous étaient fascinés. Puis ils vinrent en foule à la trace, tels des chiens. Que ce soit Sarkozy ou Obama, toujours la même musique. En Palestine via ces charmants personnages ce joue la même scène, avec du sang et de la merde ajouté au décor. Alors, c’est Mahmoud Abbas. J’ai peine à écrire ce nom tant je trouve ce personnage immonde. Il laisse son peuple se faire massacré sans dire un seul mot et maintenant bon prince il va distribuer l’aide ! Cette aide que ceux qui l’ont massacré donnent ! Le moins qu’il eut pu faire était de démissionner, le mieux de se suicider ! Mais, on n’est plus au temps de Rome, les procédures ont changées, les discours aussi. Et, cette “vertu” que l’on appelait courage est perdue. Le discours qui a valeur aujourd’hui c’est le discours capitaliste. Il s’appuie sur la jouissance établie comme une fonction adéquate. Et, pour ce faire il faut oublier l’existence de l’autre. C’est ici que l’on retrouve cette nécessité structurale du traitre. Ce traitre qui n’en est plus un, puisqu’il concourt à la clôture du dispositif, il le mondialise ! Aussi, le considère-t-on comme un visionnaire, car du point de cette clôture qui lui est dévolue il ne peut être que celui qui sait le mieux où il va. Il n’est plus assujetti à la vision archaïque d’un Tirésias, à laquelle on avait asserté et qui nous encombrait, on pouvait enfin oublier la dimension de l’autre. Archaïsme qui sans cesse nous rejouait la ritournelle du savoir que l’on ne sait pas. L’homme moderne lui, sait, il est lucide, il est dans le progrès, il sait où il va, il connait son désir, le vrai, le vrai de vrai. Aussi il peut le regarder en face sans sourciller, il n’a plus peur de Méduse, il n’est jamais médusé. La preuve, vous l’avez deviné, c’est le traite ! Ce héros moderne ! Le traitre jamais ne se laisse encombrer par une parole, et il en renvoie toujours la faute sur l’autre, la faute même de s’y être laissé prendre. L’homme archaïque appelait cela la culpabilité, pour le moderne c’est fini on ne lui reprendra plus ! Abbas, Olmert, Sarkozy, Obama, c’est le même combat ! Leur rêve ? C’est le rêve animal de l’homme ! Qu’on nous laisse jouir en paix de ce que l’on a. Ou ce qui revient au même c’est quand l’homme se prend pour un dieu : je suis ce que je suis.

    Texte n° 5

    La honte d’être français !
    de quoi Sarkozy est-il le nom ? (pour reprendre un titre célèbre) C’est d’une figure du corps, elle se nomme : le cul par dessus la tête

    En effet comme le disent les palestiniens de la bande de gaza dans ce texte que je cite :
    “Où était l’Elysée durant les 22 jours d’agressions sauvages de l’armée terroriste sioniste qui a exterminé plus de 1300 palestiniens et a blessé plus de 5450 d’autres dont la moitié sont des enfant et des femmes? Et pourquoi la France n’a pas agi d’une manière immédiate? Est-ce que notre peuple agressé d’une manière barbare ne nécessitait pas “des actions urgentes”
    En effet !

    Donc ça commence là : reconnaitre ça. Mais ça c’est quoi ? En cette affaire on ne pourra faire comme l’autruche planter sa tête dans le sable et montrer son cul. Ce « dire » ne ferait que reproduire l’image de ce qu’est le nom de Sarkozy : le cul par dessus la tête. C’est par exemple proclamer qu’il est méchant quand moi pas. Que disent les manifestants ?

    J’ai fait un texte là dessus. Non, c’est pas vrai ! C’est un commentaire d’un séminaire de Lacan, mais ça parle de ça.
    De l’holocauste par exemple. C’est quoi un holocauste ? Voici la définition du Robert : c’est un sacrifice juif où la victime était entièrement consumée. Ce qui intéresse là c’est le requis : qu’il ne reste rien. Sacrifier aux dieux c’est pour qu’ils nous soient favorables. Alors, qu’a de particulier de sacrifier tout aux dieux ? Quel est l’intérêt de ce sacrifice s’il ne me reste plus rien à bouffer ?
    Sarkozy est un homme simple, il le dit. C’est à dire qu’il ne fait pas de différence entre ce qui se passe dans sa tête et dans sa culotte, il est un, il est tout un. Telle est bien la définition du simple, l’unité ! Il sait aussi que ce qui commande (il a lu Freud) c’est le cul ! C’est un homme, d’où la formule destinale dont il s’est fait le nom : le cul par dessus la tête. Autrement on est divisé, il serait divisé. Et de ça, jamais ! Il n’en veut rien savoir, on conçoit qu’il y ait légions à le suivre !
    Sarkozy ne veut pas être agréable aux juifs ou à Israël. C’est ce qu’il dit et on peut le croire. Simple, il ne peut être qu’impartial. D’ailleurs il y croit dur comme fer ! Comme tous ! Impartial, c’est n’avoir pas de jugement, c’est s’en remettre à dieu. Et c’est dans cette impartialité qu’il les rejoint tous, dans cette unité. Les israéliens, comme les américains, et comme le bougeoirs dont l’appétit n’est non seulement pas contrarié par cet holocauste mais au contraire avivé, ils se « pansent » sous l’égide de dieu. L’holocauste est le requis ultime pour faire du un, constituer de l’un. Alors danger pour ce qui s’opposent à cette construction, qui y font symptôme. Marx, lui renversa la proposition, (Freud itou) y voyant là un symptôme. Il appela cela la plus-value. La jouissance si vous préférez.

    Alors on comprend « la frégate» et on comprend « qu’ils doivent finir le travail».

    En ce point on peut répondre à la question des gens de Gaza : Est-ce que notre peuple agressé d’une manière barbare ne nécessitait pas “des actions urgentes” . Peut-être ! Mais là n’est pas la question. Le travail n’est pas fini. Soyez patients ils reviendrons pour le finir, sans fin infiniment et ce sera soit vous, soit d’autres. Pour accomplir l’holocauste, ce sacrifice final qui nous feraient tous un. L’unité, la mondialisation. Pour cela l’autre doit disparaitre. Le symptôme doit disparaitre. Malheur à ceux dont le nom est le symptôme ! Car en ces temps de jouissance humaniste soyez assurés du pire et que malgré tous les dires personne ne viendra vous porter secours.

    C’est quoi un symptôme ?

    http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s78lHBfbJTGUu%2byrYAYdGdQL91p8%2fdw6v2vyzd5au1udLSgnGzwOS%2b1amk%2b81rIAyzI5mFZqQgdMMTFmZcaLEp0fGJyaG%2bkk4lJpaxhfHrNUk%3d

  4. 4 Marc Harpon 28 janvier 2009 à 12:31

    “Mais qui imagine voir le responsable en chef, je parle de Bush finir au bout d’une corde.” Tu ne mets pas de point d’interrogation…Mais je réponds quand même : moi…Je l’imagine et je le désire vivement…Mais, je suis réaliste, après 28 ans de contre-révolution conservatrice, de lavage de cerveau médiatique, de pleurnicheries droit-de l’hommiste à chaque fois qu’un régime de gauche à condamné un salopard…On ne pourra pas faire se balancer au bout d’une corde les salopards en chefs sans susciter l’indignation même d’une partie des victimes…

    “A qui et à quoi sert la guerre ?” Effectivement, la question n’ai jamais posée…Je lisais il n’y a pas longtemps dans l’Humanité que cette guerre risque de coûter cher au contribuable israélien…Mais la question pour expliquer la guerre en matérialiste, c’est bien, à qui ça profite, et non à qui sa coûte… Là, je dois aller faire un cours…Je poursuivrai la lecture de l’article à la récré…

  5. 5 Michel 2 février 2009 à 3:23

    Ton texte sent aussi le découragement, la lassitude. C’est notre lot à tous quand on compare la portée de nos actions et la puissance démesurée (militaire, médiatique, politique … et jusque dans la tête des gens !) mais ne t’en fais pas, “les mauvais jours finiront” !
    Et en attendant “quand tous les pauvres s’y mettront”, tes informations, tes analyses nous sont bien utiles.

    Amitiés, Michel

    • 6 socio13 2 février 2009 à 3:53

      Michel, merci,

      je suis lasse parce que j’ai le sentiment que les monde est comme une cocotte minute au bord de l’explosion, et qu’au lieu de faire de la politique qui peut aller de la guerre à la discussion pacifique sur l’intérêt collectif, on cherche le massacre de civils qui seul paraît apaiser les haines. Ma voix n’est plus assez forte pour construire ce politique, les partis politiques, les syndicats, les associations errent en proie à la confusion, alors je me dis “tu n’y peux rien pourquoi te fatiguer”… Et de surcroît j’ai l’impression que personne ne m’entend, comme dans le cri de Munch… Pire encore je sens de l’hostilité, je me dis “tu deviens parano!” mais je ne crois pas me tromper en disant que je provoque le désir de me blesser, ou alors peut-être tout le monde vit cela… Parce qu’en fait nous l’ignorons mais partout les gens se déchirent…

      Un exemple

      Il s’avère que je prépare mon voyage en Algérie et je lis donc la presse algérienne, la situation est trés dure parce que le prix de la nourriture ne cesse d’agmenter et bien sûr les rivalités ethniques et même confessionnelles sont exaspérées. C’est pareil partout mais tout à coup on regarde un lieu et pas les autres. Tout le monde ignore ce qui se passe dans le MZAB. Je voulais y aller simplement pour revoir la merveilleuse architecture qui dit-on a inspiré Le Corbusier, mais la violence règne, en ce moment à Berriane (Ghardaïa) pour le troisième jour consécutif, les affrontements d’une rare violence entre les communautés ibadite (Mozabite) et malékite (arabophone) se sont poursuivis, frôlant la guerre civile. La situation a empiré au moment où une Mozabite, circulant dans le quartier Boudouaya, selon des témoignages, a manqué d’être brûlée vive par un cocktail Molotov. Elle n’a dû son salut qu’à l’intervention de jeunes se trouvant sur les lieux, qui ont réagi à cette « agression » par des jets de pierres. Pour tenter de faire revenir le calme, les éléments des brigades antiémeute se sont interposés entre les deux belligérants.Voici ce qu’en dit El Watan d’aujourd’hui. Cet été des éléments salafistes ont été accusés d’être à l’origine des troubles graves entre non seulement Mozabites et malékites mais surtout entre l’Islam des uns et des autres.

      Néanmoins, plusieurs blessés ont été enregistrés durant cette journée. On a appris de sources officielles qu’il y a eu aussi plusieurs interpellations. Ces batailles rangées se sont poursuivies durant toute la journée d’hier, plongeant la localité de Berriane dans une effroyable psychose. Tous les quartiers empestaient les gaz lacrymogènes. Pour ce qui est des dégâts, en plus de ceux déjà enregistrés vendredi et samedi, d’autres maisons ont été incendiées hier. La localité donnait à voir de véritables scènes de guerre. Des colonnes de fumée noirâtre s’élevant dans le ciel, aux quatre coins de la ville. Devant ce chaos, les habitants des quartiers mixtes ont quitté leurs demeures, forcés à l’exil. Ce mouvement de population a, rappelle-t-on, commencé en mars 2008. Les protagonistes, d’un côté comme de l’autre, saccageaient et incendiaient habitations et commerces. 11h. La situation à Hay Saraâf et dans la rue de l’Indépendance a dégénéré. Aux jets de pierres qui fusaient de partout, les forces antiémeute ripostaient avec des tirs de bombes lacrymogènes.

      alors tu vois Michel, il n’y a pas de raison que nous soyons épargnés… simplement pour le moment cela reste feutré

      danielle Bleitrach


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