Le seul qui mérite le nobel c’est karl marx…

Voici un éditorial du journal financier les echos, ce que l’on peut en tirer est un premier constat: si l’on prétend “réformer” le capital et en faire un truc vertueux comme le proclame Sarkozy et que dans le même temps on a le souci prioritaire de préserver la propriété du dit capital, on ne s’en sort pas. C’est dans le fond ce que dit Fidel Castro à Obama :

Néanmoins, même s’il a surmonté bien des épreuves, Obama n’a pas encore affronté la principale de toutes : que fera-t-il très bientôt quand l’immense pouvoir qu’il vient de saisir s’avérera absolument inutile pour surmonter les contradictions insolubles, parce qu’antagonistes, du système ?”

Nicolas Sarkozy lui indique la voie à suivre, il faut créer un leurre, faire porter le débat sur le bonus que toucheraient les banquiers pour préserver l’essentiel, l’absence de contrôle réel sur l’argent public déversé dans leur escarcelle. La question des dividendes permet en effet d’occulter une autre question touchant au sacré saint des saint: le droit de propriété. Quand une banque déverse de l’argent dans une entreprise, elle prend automatiquement une part du capital comme garantie, mais l’Etat français n’en fait rien, il continue à laisser les même gérer quitte à leur faire les gros yeux sur les bonus et les parachutes dorés.  le centre du problème est bien là, l’intouchable, le saint des saint, le tabernacle, l’arche d’alliance entre le gouvernement et le capital est la propriété privée, l’intouchable…

Le second constat découle du premier, l’impuissance de ceux que l’on nomme grand, y compris le plus grand d’entre eux, le président des Etats Unis à faire face aux contradictions du système cepitaliste. Le seul qui a un peu réflechi sérieusement à la situation est malheureusement mort, mais il  faut immédiatement lancer une pétition pour proposer le futur nobel d’économie au seul économiste qui ait compris la nature de la crise, je veux parler de karl Marx.

 Pour comprendre le dilemne que représente la réforme du capitalisme par les capitalistes, essayons de suivre la destination finale de l’argent que l’Etat a fourni abondamment aux banques: va-t-il atterrir dans la production, dans la trésorerie des entreprises qui en ont besoin  ou plus logiquement vu ce qu’est le capital dans la poche des actionnaires ?  En ce moment même les banques sont en train de reconstituer leur marge de profit à grande vitesse avec l’argent du contribuable, le mien, le votre, sans que nous bailleurs de fond ayons le moindre droit de regard sur l’utilisation des fonds publics.

Mieux Nicolas Sarkozy toujours dans le cadre de sa croisade morale invente un colloque  sur “un capitalisme nouveau, pour un monde nouveau”, dont il confie l’organisation à cette conscience éclairée qu’est Etric besson et dans la foulée il convoque  à l’Elysée les dirigeants des grandes banques françaises pour leur faire renoncer à leurs bonus. Ces opérations médiatisées sont destinées à nous masquer le fondamental à savoir l’absence totale de  de participation directe de l’Etat dans les établissements,( donc pas de droit de vote ni de regard aux conseils d’administration) à l’octroi de la seconde tranche de 10,5 Mds € d’aide aux banques, accordée au même moment.

Il est clair que l’on s’étonnera après cela que l’investissement public ait donné si peu de résultats dans l’économie réelle… mais pour que la caricature soit complète, voici non pas la question des “bonus” mais celle de savoir qui va bénéficier de la manne versée par le contribuable : l’entreprise qui a besoin de souplesse dans sa trésorerie ou l’actionnaire ?

Pour que l’on ne nous accuse pas de partialité idéologique je vous propose de suivre  la démonstration d’ un éditorialiste du journal financier les Echos, daté du 19 janvier 2009, pour mieux comprendre à quel point  la réforme du système capitaliste est impossible  parce qu’il y a une contradiction fondamentale entre intérêt général et propriété privé du capital.

“Avant d’en venir aux questions du jour, il semble indispensable de rappeler des notions de base qui semblent parfois oubliées. Le dividende est, selon Le Robert, la « quote-part des bénéfices réalisés par une entreprise, attribuée à chaque associé ». C’est la rémunération logique de l’actionnaire qui apporte son argent dans une aventure économique. Elle n’est pas la seule : il y a aussi la plus-value, l’appréciation de la valeur de l’action, qui est souvent moins taxée par le percepteur que le dividende. Mais pour éviter les à-coups, limiter les risques de bulle spéculative, il vaut mieux que les actionnaires, en particulier les fonds de pension qui gèrent des retraites, touchent un revenu plutôt que de vendre brutalement un paquet d’actions. Dernière précision essentielle : le dividende rémunère le capital, mais aussi le risque. Il peut donc monter mais aussi descendre, à l’inverse des intérêts fixes versés à un prêteur. C’est la différence fondamentale entre une action et une obligation.

Première question d’actualité : le gouvernement peut-il interdire le versement de dividendes ? En temps normal, la réponse est bien sûr non. Sauf que nous ne sommes pas en temps normal. Des fleurons financiers et industriels veulent emprunter de l’argent à l’Etat. Or un prêteur peut exiger ce qu’il veut. Il y a vingt ans, on parlait de « la dictature des marchés » quand les prêteurs internationaux exigeaient de la France des mesures pour rééquilibrer ses comptes. Dans la crise actuelle, ce n’est plus le marché, mais l’Etat qui est en mesure de dicter ses conditions. Aux Etats-Unis, les pouvoirs publics ont par exemple plafonné le dividende 2008 de la banque Citigroup à… un cent de dollar en échange d’un plan de sauvetage. En revanche, une fois que l’accord est conclu, le prêteur n’a plus droit à la parole (à l’inverse de l’actionnaire). Nicolas Sarkozy peut demander aux banques de supprimer les dividendes avant de leur prêter de l’argent. Pas après.

Deuxième question d’actualité : une entreprise en pertes peut-elle verser des dividendes ? A suivre notre ami Le Robert, il n’en est pas question. Pas de bénéfices, pas de quote-part. Même réponse en menant un raisonnement économique élémentaire : quand une entreprise perd de l’argent, il est malsain d’en perdre encore plus en rémunérant ses actionnaires. Cela revient à prélever du sang sur un homme en pleine hémorragie. Mais la réalité est tout autre. Citigroup va donc récompenser ses actionnaires malgré des pertes de 19 milliards de dollars. La Deutsche Bank aussi, avec un trou de 4 milliards d’euros. Cette poursuite du dividende peut se justifier quand la perte est exceptionnelle (1). Mais, dans le contexte actuel, personne ne peut sérieusement soutenir qu’il n’y aura pas de pertes en 2009.

Revenons aux fondamentaux : au-delà de toutes les excuses inventées par les financiers et leurs théoriciens ces dernières décennies, une société en pertes ne devrait pas verser de dividendes – sauf exception dûment justifiée. Tant pis pour les actionnaires petits et grands, déjà massacrés par la chute des cours de Bourse. L’action est un produit risqué, dont le rendement a de surcroît été extraordinairement élevé depuis deux décennies. L’idée qu’elle doit avoir un rendement régulier, ou permanent, est aberrante. C’est aux actionnaires de porter le risque, pas aux salariés ou aux contribuables. Faire croire l’inverse, c’est préférer la cupidité au capital comme fondement du système. Et donc passer du capitalisme au « cupiditisme ».

Dernière question, pour les prochains mois : la pluie après le beau temps. Une entreprise qui s’apprête à vivre un cru 2009 effroyable après avoir engrangé de beaux bénéfices en 2008 doit-elle verser un dividende sur les profits de l’an dernier, mais qui fera sortir de l’argent cette année ? Là encore, la réponse de bon sens est non. Dans une passe difficile, mieux vaut que les entreprises gardent leur argent pour éviter une asphyxie qui coûterait cher aux actionnaires. Là encore, de brillants esprits vont inventer toute une série de raisons abracadabrantes pour justifier de plantureux dividendes, quitte à piller des entreprises déjà très fragilisées. Ce système-là court à sa perte. Il se terminera dans le chaos. Ou par une loi. Ou par les deux.”

Sarkozy a organisé un colloque sur le thème “un nouveau monde, un nouveau capital”… Vous savez un truc plus moral, plus “entrepreunarial”, plus concerté, etc…etc…Il y invite Tony Blair et quelques prix Nobel…

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