Cubadebate, traduit par Julien Michel pour changement de société, http://socio13.wordpress.com/
Dans ces moments où l’Amérique latine est soumise à une invasion silencieuse sur plusieurs fronts: politique, économique, militaire, scientifique, informationnel, culturel, au sein des mailles d’une Doctrine renouvelée de Sécurité nationale et de son schéma contre-insurrectionnel actualisé, l’information s’est convertie en une arme de guerre.
L’appropriation des médias de masse par le pouvoir hégémonique mondial a transformé leur relation avec la société, et la désinformation est une arme qui fait partie de la guerre psychologique, comme un élément indispensable pour les nouveaux desseins de la contre-insurrection dessinés dans les dernières décennies.
L’objectif est de casser des projets politiques qui résistent aux plans hégémoniques, et les opérations de guerre sale sont utilisées pour avancer dans les nouveaux plans géostratégiques de recolonisation de l’Amérique latine.
Le façonnement du réseau des médias, qui répondent à un centre de desseins contre-insurrectionnels, a réussi à saper les institutions les plus représentatives de la vie souveraine de nos peuples.
Comme résultat, nous avons devant nous une évidence indiscutable. Dans les termes de Samir Amin, nous voyons comme « l’efficacité, la crédibilité, et la légitimité de la démocratie ont été percées (…) et il est spécialement difficile de faire des prédictions dans une période comme celle-là, quand tous les mécanismes politiques et idéologiques qui gouvernent la conduite des divers acteurs ont disparu. Quand est arrivée à sa fin la période de la post-Seconde Guerre Mondiale, la structure de la vie politique a collapsé. Traditionnellement les luttes politiques et la vie politique s’effectuent dans le contexte d’états nationaux dont la légitimité n’est pas discutable. Je signale – disait Amin dans une interview avec l’auteur – que se posait la légitimité d’un gouvernement, mais pas celle de l’Etat ».
Et dans ce sens, il faut considérer que derrière et à l’intérieur de ces états, « les partis politiques, les syndicats, des organisations étudiantes et diverses institutions et tout ce que les moyens de communication appellent « la classe politique » étaient la structure de base du système dans lequel s’exprimaient les mouvements politiques, les luttes de classes et les courants idéologiques. Mais maintenant nous nous rendons compte que dans tous les endroits du monde ces institutions ont perdu, dans une certaine mesure ou dans une grande partie, sinon toute, leur légitimité. Les gens ne croient plus en elles et à leur place se sont créés des mouvements divers, des mouvements centrés sur les demandes sectorielles, des mouvements pour la démocratie ou la justice sociale, et des mouvements qui affirment leur identité comme communautés ethniques ou religieuses. Cette nouvelle vie politique est ainsi grandement instable ».
Bien sûr on note comme une exception et une “récupération” étonnante, l’existence de gouvernements qui ont réussi à récupérer la confiance populaire et à changer ce scénario ces derniers temps, provocant la colère de l’empire.
Comptant avec le discrédit qui persiste encore, la guerre contre-insurrectionnelle se meut comme une anguille. Elle peut facilement, alimentant les droites les plus fondamentalistes, mais également en influençant des mouvements sociaux, des groupes qui ont quelques références de gauche, des secteurs divers, faire tomber des murailles qui paraissaient inébranlables. Et il se révèle facile de pénétrer médiatiquement dans tous les secteurs désarmés idéologiquement et spécialement dans les classes moyennes aussi bien hautes que basses dans divers pays.
La tour de Babel ne trompe pas seulement les peuples désinformés et manipulés jusqu’à satiété par le système, mais regrettablement ceux, que nous caractérisions dans certains cas comme des secteurs « progressistes » ou de gauche, avec une quantité de nuances chaque fois plus effacées.
Dans l’ère de la désinformation, les analyses les plus sophistiquées sur l’incidence des nouvelles technologies ne peuvent pas ignorer par des considérations abstraites les millions de morts qu’a laissé et que laisse la guerre contre-insurrectionnelle, la doctrine de sécurité nationale et l’anticommunisme, qui sont en plein essor sous couvert de lutte antiterroriste qu’impulse les Etats-Unis. Cela nous comprend tous, nous les latino-américains, parce que nous avons été et sommes considérés avec euphémisme comme l’”arrière-court”, ce qui veut dire la “réserve stratégique” de l’empire.
Cette considération est évidente dans les desseins de la Nouvelle Sécurité Hémisphérique annoncée par George W. Bush en 2002, et qui en réalité s’actualise à partir de toutes les expériences antérieures.
Il y a beaucoup de nouveaux éléments de la réalité à étudier au-delà des seuls énoncés du pouvoir hégémonique.
Nous devons savoir quelles sont nos faiblesses sur lesquelles ces projet peuvent agir effectivement et quels sont les arguments pour le faire. Bien sûr l’accaparement des médias de masses a été un pas stratégique pour ces objectifs.
Pour notre part, les démocraties des années 80-90, qui naquirent sous les pressions du pouvoir mondial en remplacement des dictatures – qui, à leur tour, accomplirent leur mission de “nettoyer le chemin”, par des génocides, pour imposer plus facilement et sans résistance les nouveaux plans de domination dans la région -, changèrent les caractéristiques de nos sociétés.
Il était logique que les gouvernements des « démocraties de sécurité » imposées échoueraient devant les perspectives désespérées des peuples qui sortaient de la terreur absolue. Cela aussi était prévu comme le « désenchantement » des démocraties.
Les médias accomplirent leur tâche terroriste, comme ils l’avaient fait durant les dictatures, pour collaborer à détruire l’image qu’avaient les peuples, au plus profond de leurs mémoires, des démocraties réelles.
Dans cette situation, Samir Amin a attiré l’attention sur les agendas du « culturalisme », quand commencent à sortir les mouvements et « communautés (religieuses, ethniques, sexuelles et autres) qui ont leurs propres valeurs irréductibles ; et qui n’ont pas précisément de signification universelle », dans une époque où il existe une stratégie politique globale pour le gouvernement mondial.
« L’objectif de cette stratégie est de produire la plus grande fragmentation possible des forces potentiellement hostiles au système, parrainant l’atomisation des formes étatiques d’organisation de la société (…) En liaison avec cela, la possibilité de manipuler des revendications basées sur les identités séparées est aisée. La question de l’identité de la communauté ethnique, religieuse ou de quelque autre classe est pour cela un des problèmes centraux de notre temps. Le principe démocratique fondamental, qui implique le respect réel de la diversité (nationale, ethnique, religieuse, culturelle et idéologique), ne peut tolérer aucune exception. L’unique manière de soutenir la diversité est dans la pratique d’une authentique démocratie. En ratant cela, il devient inévitablement un instrument que l’adversaire peut utiliser à ses propres fins », ajoutait-il.
Ce sont seulement quelques marques de changements sociaux qu’il est nécessaire de relever en abordant le terrain sur lequel agit la contre-insurrection informationnelle; ainsi que ce qui a réussi à être pénétré et confisqué.
Cela nous permet également d’analyser la signification qu’ont les nouveaux « coups doux » [« golpes suaves »] que promeuvent si bien les médias de masse, les dégâts occasionnés par l’intoxication informationnelle, et avec comme conséquence la possibilité d’amener les peuples à agir contre eux-même, comme nous l’avons vu lors des récentes opérations contre-insurrectionnelles dans divers pays de notre région.
Un exemple est ce qui s’est passé en Argentine cette année entre mars et juin dans le mal nommé « conflit de la campagne » ["conflicto del campo"], qui mit en évidence la capacité du système médiatique contre-insurrectionnel d’agir sur une société fragmentée et passible d’être intoxiquée ou paralysée par une action médiatique de choc. Le pays fut poussé au bord d’un « coup doux » sans que cela ait été averti par quelque secteur de la population que se soit, ayant pour effet que quelques groupes de gauche agirent ensemble avec les secteurs pro-coup d’état de l’extrême droite, dont des figures de la dernière dictature militaire.
La désinformation est l’arme la plus active dans les nouveaux essais de « coups doux » comme nous l’avons vu ces derniers temps, spécialement en Bolivie.
C’est une action typique de contre-insurrection où se trouvent toutes les variables des « guerres sales » et psychologiques qui, au travers du terrorisme médiatique, tentent d’éroder les bases de gouvernements et d’institutions, ainsi que des partis ou des personnalités politiques, « non fiables » ou « ennemis » du pouvoir hégémonique, et également d’activer les mécanismes de coups d’état, de tout type.
On ment massivement et globalement avec une impunité mafieuse et sans possibilité de réponse au même niveau, ce qui laisse l’Amérique Latine dans les mains d’un puissant ennemi, qui de plus attaque délibérément l’âme des peuples : leur culture et leur identité.
Les médias de masse, détournés de leur fonction prioritaire d’informer avec véracité et d’éduquer par des programmes spécifiques, deviennent ainsi des encenseurs des colonialismes traditionnels et des avancées coloniales sur nos pays.
C’est une époque dans laquelle les mots tuent et occultent des crimes brutaux sous couvert de messages bien calculés. Les mots jouent un rôle clé pour les desseins de guerres réelles et cybernétiques, avec des commandos spécialisés, avec des criminels atypiques, qui ne portent pas d’armes mais des discours médiatiques aussi destructifs que des missiles. Les généraux médiatiques et leurs soldats, bien payés et alimentés par la corruption, sont les premières lignes des troupes d’occupation.
Le journalisme actuel doit comprendre la responsabilité qu’il a quand il sert les desseins politiques guerriers, les terrorismes d’état, à découvert ou sous le voile, dont le meilleur et tragique exemple est aujourd’hui l’Irak où on dénombre déjà plus de 1 200 000 morts.
Dans ce cas l’activité médiatique est aussi criminelle que celle, militaire, qui largue les bombes assassines. Guantanamo est aujourd’hui un symbole du silence d’une presse qui s’autocensure devant un délit de lèse-humanité, passivement transmis par les réseaux du pouvoir mondial, sans que personne n’agisse réellement.
HISTOIRES OUBLIEESDans notre histoire récente nous pouvons noter quelques événements clés comme le fut la brutale invasion de Panama le 20 décembre 1989, un antécédent de base pour tout ce qui se ferait dans la région et dans le monde dans les années 90 et 2000. L’invasion a été précédée par une campagne de désinformation qui, dans ce cas, a réussi à pénétrer les secteurs progressistes et de gauche, paralysant des actions pour la défense d’un peuple agressé, comme le fut alors le peuple panaméen.
En 1989, cette invasion a marqué une étape historique pour ce qui viendrait. La manipulation de l’information sur « les raisons » qui alléguèrent les Etats-Unis à envahir un petit pays d’un peu plus de deux millions d’habitants, divisé en deux par une enclave coloniale que la puissance hégémonique maintenait depuis le début du siècle passé, fut incroyable et grossière, et encore maintenant il est impossible de comprendre comment s’est paralysée l’Amérique Latine.
Les médias des Etats-Unis et leurs suivants ont maintenu l’attention mondiale sur les succès en Roumanie et la vision télévisée de Panama ; ils furent mis en lumière alors que se commettait l’atroce invasion avec avions, bateaux, troupes, qui sortaient des bases du Commando Sud, c’est-à-dire du propre territoire panaméen.
Ce fut l’un des plus grands actes de lâcheté, tenant compte que Panama avait des forces armées naissantes et sans aucun type d’armes pour résister à une invasion, même à une invasion beaucoup moins importante que celle qui a eu lieu.
Jusqu’à aujourd’hui la plus grande partie du monde ignore que là moururent des milliers de personnes, et qu’il y a des disparus – qui inspirèrent aux mères de faire des hommages permanents en jetant des fleurs à la mer – et qu’il existe des tombes collectives, de celles dont il ne s’est ouvert que quelques-unes pour montrer les horreurs de l’invasion. Et aux Etats-Unis, il a été caché la quantité de soldats morts et blessés. Comme Guantanamo, le silence cache la mémoire d’un petit pays rasé et soumis à l’une des guerres sales les plus crues. De plus, il a été caché que durant cette invasion ont été essayées des nouvelles armes et technologies de guerre. Panama fut la « Guernica » de l’Amérique.
Cette action impunie fut l’expérimentation dont avait besoin les Etats-Unis pour aller de l’avant dans la dite opération « Tourmente du désert », au début des années 90, où s’est mobilisée une coalition internationale pour prétendument obliger l’Irak à se retirer du Koweit, utilisant plusieurs des armes et équipements, tels que les avions silencieux, testés à Panama. C’était le prélude des horreurs du XXIe siècle.
Dans les deux cas les médias d’information, avec le modèle des nouvelles en continu et importées à ce moment-là par CNN, imposèrent comme unique et indiscutable vérité l’information que livrait le Pentagone des Etats-Unis.
Les Etats-Unis et ses alliés pouvaient agir les mains libres et sans aucun contrôle, parce que les médias de masses dans le monde, exceptées de rares exceptions – qui de plus avaient un faible espace d’influence -, transmettaient les versions du Pentagone comme information.
Tout le dispositif de propagande, que les Etats-Unis a armé durant la Guerre Froide dans son combat contre l’Union Soviétique d’alors, a été globalisé, et après la chute de l’URSS, a été simplement, sans concurrence, propagé à l’ensemble du monde.
Les milliers de victimes de ce pouvoir sinistre et discret, les morts, les blessés, les torturés, les dépouillés et les maltraités, ont été occultées par une désinformation tolérée et admise. Dans beaucoup de cas, aidée par la confusion de quelques intellectuels qui, sans pouvoir séparer l’arbre de la forêt, travaillèrent en faveur des fausses argumentations impériales.
Aucun d’entre eux n’a l’humilité suffisante pour revenir en arrière et reconnaître leur erreur, ce qui laissent également les peuples orphelins de la vérité et la possibilité d’une maigre solidarité avec les victimes de ces guerres préventives, sans limite et sans frontière.
Autre cas qui a montré les faiblesses de notre propre camps, fut la désintégration programmée de l’ex-Yougoslavie entre 1991 et 1995 et toutes les actions dans les différentes étapes de cette désintégration au sein du plus fini des plans contre-insurrectionnels des Etats-Unis, de ses alliés européens et de l’OTAN.
Cela également désintégrera les Nations Unies avec son rôle de seconde zone dans tous ces conflits.
La désinformation et l’obéissance de quelques intellectuels aux campagnes de guerre sale et psychologique qui détruisirent les bases de l’ex-Yougoslavie, et amenèrent son démantèlement postérieur, ont laissé une somme de petites républiques, bien manoeuvrables et dociles aux effets de contrôle et de domination dans une zone stratégique. Ce n’est pas un hasard que l’ex-ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie Philip Goldberg, expert pour exciter des conflits ethniques et raciaux apparents ou réels, ait été directement envoyé du Kosovo à La Paz, où il a été expulsé par le président Evo Morales. Tout un symbole. Goldberg était un participant actif dans l’organisation des coups d’états dans ce pays, et un activiste de l’armée du terrorisme médiatique qui harcelèrent le président et le peuple bolivien.
Ou nous étudions le terrorisme médiatique appliqué dans les deux cas, ou nous nous soumettons à la dynamique que nous impose le système de laisser rapidement derrière cette histoire de morts et de déprédation, pour admettre un acte criminel comme un fait consommé et irréversible.
LE TERRORISME D’ETAT MONDIALCe sont seulement quelques exemples suggérés pour se plonger profondément dans ces histoires et dans d’autres, qui nous auront permis de construire des murailles dans les batailles d’idée et d’obtenir une authentique pensée critique, sans abstraction, parce que renforcer la conscience des peuples est ce dont il s’agit dans toutes ces réflexions.
Les étonnantes simplifications aident les desseins impériaux. Par exemple quand nous parlons de terrorisme impérial, il semble que tout aurait commencé comme “une réponse” aux actions diffuses d’un ambigu “terrorisme international” fondamentaliste, farouche, irrattrapable.
Al-Qaida, né des propres entrailles de l’empire, est un exemple typique d’un “ennemi” que le pouvoir hégémonique oriente à l’envie, où il en a besoin, pour justifier ensuite ses actions, comme tout au long de son histoire il a fabriqué des “ennemis” et des attentats destinés à favoriser ses plans de domination.
Le terrorisme d’Etat planifié aujourd’hui par la puissance hégémonique est aussi vieux que la naissance de ce pays, et va de l’esclavage ou l’extermination des indiens des mains des colonisateurs « civilisés », jusqu’aux invasions actuelles et pas seulement militaires.
Quasiment personne ne se rappelle le temps où aux Etats-Unis les colons « gagnaient » leurs possessions à feu et à sang en luttant prétendument contre les « axes du mal », qui étaient alors personnifiés par les communautés indigènes maîtresses de ces terres durant des milliers d’années.
Ces actions terroristes étaient reconnues explicitement à Washington qui donnait la possession des territoires « gagnés » à l’ « ennemi ».
Et cela a été effectué encore dans les temps de l’expansion qui coûta tant de vies et de territoires à notre Amérique au XIXe siècle, et qui se poursuivit au cours du XXe siècle, après que l’empire naissant ait frustré nos indépendances, situation qui se poursuit avec des nuances jusqu’à nos jours.
Elles furent terroristes les formations d’assassins paramilitaires des années 30 en Amérique Centrale et des invasions postérieures, qui laissèrent des milliers de morts dans notre Amérique. Et elles le furent aussi les dictatures « bananières » et celles de la Sécurité Nationale du XXe siècle.
C’est le même terrorisme qui s’applique aujourd’hui, juste avec de nouvelles méthodes, fruit des nouvelles technologies et de l’implantation de la dictature globale dans les années 90.
Les démocraties de la sécurité nationale (des Etats-Unis) furent dessinées bien avant que les attentats ne fassent s’effondrer les Tours Jumelles le 11 Septembre 2001, fait qui fut absolument fonctionnel pour les nécessités géostratégiques de mise en marche et de s’assurer par là le contrôle du monde du XXIe siècle.
La Colombie, dont le peuple est victime d’un long et sinueux terrorisme d’état déguisé, est un modèle pour comprendre de quoi les démocraties de Sécurité et prétendument antiterroristes, s’agissent, et que propose Washington.
Ce pays, stratégiquement enclavé, est une épine dans le cœur de l’Amérique Latine. Chaque jour le terrorisme d’Etat continue à faire de nouvelles victimes. Et la Colombie n’est pas loin tel l’Irak pour argumenter qu’on ne sait pas ce qui se passe.
C’est le pays où il y a eu le plus de morts dus à l’intervention des Etats-Unis au cours du XXe siècle et jusqu’à aujourd’hui.
Le rôle des médias colombiens dans ces temps requiert une investigation et une analyse comme celle qui s’est faite pour le Rwanda. Et elle est urgente la réponse solidaire au peuple de Colombie, qui résiste depuis des années, comme un des pas indispensables pour l’Amérique Latine, si elle veut concrétiser son indépendance définitive.
C’est qu’en ce moment, la Colombie est le siège du plus ambitieux Plan Géostratégique de Recolonisation de la région, qui se diversifie dans d’autres dérivations similaires. Le Plan Colombie et ses associés, comme le Puebla Panama (maintenant Mesoamérica) ou le Mérida du Mexique et tant d’autres, est la principale menace pour les peuples de l’Amérique Latine et les Caraïbes.
Il n’y a pas beaucoup de temps pour arrêter son pas sur le continent qui, en plus de compter les bases et les troupes des Etats-Unis avec l’ « immunité » pour agir, parcourt nos frontières, possède une armée sans uniforme, occupant quasiment tous nos pays. Ce déploiement au travers d’institutions d’intelligence comme le FBI, la CIA, la Dea et les indicibles Fondations aux noms séducteurs et comptant également avec des milliers de groupes de bases, en s’emparant de la majorité des ONG, représente une véritable, silencieuse et dissimulée avancée contre-insurrectionnelle.
Se montant sur la tragédie du chômage, ces institutions offrirent des fonds de financement prétendument donnés par de « généreuses fondations » pour les projets de quelques groupes sociaux qui, dans beaucoup de cas, ne savaient pas ce qu’il y avait derrière.
Assez d’étudier les connexions de quelques-unes de ces fondations comme la National Edowment Fundation (NED) – cyniquement appelée en espagnol « Fondation pour la Démocratie – ou la USAID (l’ancienne Agence Internationale pour le Développement, de tragique mémoire) ou l’Institut Républicain et d’autres, agissant comme les « façades sociales » de la CIA, pour constater l’impressionnant listing des nouveaux croisés civils de la contre-insurrection en Amérique Latine.
Rajeunis les schémas contre-insurrectionnels, les conflits et la guerre de basse intensité dans les années 90, l’ampleur actuelle n’est que l’accomplissement des énoncés de la Sécurité de l’Hémisphère et des desseins de la guerre préventive, sans frontière, sans limite, abolissant toutes les conquêtes du droit international, la souveraineté et l’autodétermination des peuples.
Adolf Hitler parlait des frontières sûres pour étendre le nazisme, et ainsi il a avancé et soumis plusieurs pays. Maintenant, avec la même conception, les Etats-Unis et ses alliés déclarent que le monde est dans son ensemble la « frontière sûre » au sein de leurs nouveaux schémas guerriers.
Les médias privés et l’incitation au génocide.Récemment le Centre International d’Investigation et de Développement du Canada a publié un rapport “Les médias et le génocide du Rwanda” édité par Allan Thompson (2007) où est citée une déclaration de Kofi Annan, ex-secrétaire général de l’ONU. Parlant à l’Ecole de Journalisme et de Communication de l’Université de Carleton à Ottawa, Annan a dénoncé que « les médias de communication furent utilisés au Rwanda pour disséminer la haine, pour déshumaniser les personnes, et plus encore pour guider les génocidaires jusqu’à leurs victimes. Trois journalistes et propriétaires de médias ont été reconnus coupables de génocide par le Tribunal Criminel International pour le Rwanda, et également d’incitation au génocide, de conspiration et d’avoir commis des crimes contre l’humanité. Nous devons trouver un moyen pour répondre à de tels abus de pouvoir… »
Cette déclaration fut passée sous silence au niveau mondial.
Dans le cas du Rwanda, Thompson a parlé des « médias de la haine au Rwanda – à travers ses journalistes, présentateurs et exécutifs – qui jouèrent un rôle d’instrumentation dans l’établissement des bases pour le génocide, et qui participèrent ensuite activement dans la campagne d’extermination ».
En évaluant le verdict de culpabilité émis par le Tribunal Criminel International, le jugement a soutenu que « la proposition d’observer le rôle des médias dans le génocide du Rwanda n’est pas seulement pour la mémoire. Nous avons encore beaucoup à apprendre de ce cas particulier et examiner la manière avec laquelle les journalistes et entreprises de médias se sont conduits pendant la tragédie et cela n’est pas seulement un exercice historique. Tristement, cela donne l’impression que nous n’avons ni discerner ni complètement compris les leçons du Rwanda.
Le jugement se référait aux faits ayant eu lieu au Rwanda quand, le 6 avril 1994 le président de ce pays Juvenal Habyarimana fut victime d’un attentat contre l’avion dans lequel il voyageait. L’avion s’est écrasé alors qu’il avait réussi à signer une paix à Arusha, en 1993 en Tanzanie, entre une population à majorité Hutu et la minorité Tutsi.
Le même jour, des médias locaux attribuèrent le crime aux Tutsis et dans la nuit déjà commencèrent les assassinats de milliers de rwandais. Des escadrons de la mort lançaient des grenades dans tous les lieux et dans tous les refuges. Quelque chose de similaire s’est passé en 1948 quand fut assassiné en Colombie, le leader libéral Jorge Eliécer Gaitán qui, avec un discours socialiste original, était soutenu par les masses populaires. La main de la CIA agit alors et la rébellion du peuple fut étouffée par une répression brutale et l’utilisation des « pájaros » ([« oiseaux »], paramilitaires) qui semèrent la mort dans les campagnes colombiennes. 300 000 morts ont été dénombrés dus à la dite « violence » d’alors.
Au Rwanda environ un million de morts ont été dénombrés et, au cours de l’année 2003, « le verdict du jugement des médias concernant des exécutifs de la station RTLM et du journal Kangura a été rendu. Le Tribunal Criminel International pour le Rwanda a confirmé sans nul doute le rôle des médias privés dans les assassinats (…) diabolisant les Tutsi et les accusant de posséder des pouvoirs diaboliques, associant des groupes ethniques avec « l’ennemi » et présentant ses femmes comme des « agents séducteurs » ennemis. Les médias ont appelé à l’extermination des groupes ethniques Tutsi en réponse à la menace politique qu’ils attribuaient à cette ethnie » (Verdict du tribunal 2003 : paragraphe 72).
Thompson estima « qu’une grande partie du massacre aurait pu être évité sans le rôle joué par les médias » et termina son travail par un cri « d’humanité » aux journalistes pour qu’ils assument leurs responsabilités.
Si j’ai cité la tragédie du Rwanda, c’est pour demander : que retenons-nous de tout cela, alors que le monde regarde impassible le génocide que commettent les envahisseurs et les occupants de l’Irak contre le peuple de ce pays ?
L’Afghanistan et l’Irak furent signalés comme « les axes du mal ». Mais pour qu’il y ait la possibilité d’envahir et occuper ces deux pays, les journalistes se prêtèrent majoritairement à la grossière fabulation. Les médias ont menti en sachant que chaque mot tuait des centaines d’êtres humains. Qui les condamne ?
L’OPERATION COLOMBO
De la même manière que dans le cas du Rwanda, a été passé sous silence le récent jugement de la justice chilienne des médias et journalistes qui participèrent à l’Opération Colombo planifiée par la dictature d’Augusto Pinochet avec l’aide de la CIA, des escadrons de la mort de la Tripe A (Alliance Anticommuniste Argentine) et des secteurs de l’intelligence et de la sécurité du gouvernement argentin d’alors (1975).
La presse joua un rôle clé dans cet enchaînement contre-insurrectionnel de « guerre sale », lorsque Pinochet a élaboré un plan pour tromper les Nations Unis qui le réclamaient pour une liste de 119 personnes disparus.
Il s’est alors décidé qu’ils feraient apparaître des cadavres dans divers lieux en Argentine, sur lesquels se trouvaient des faux documents qui détenaient les noms de cinq des chiliens que demandait l’ONU. De plus, sur les cadavres, se trouvaient des pancartes où prétendument il s’agissait d’une « vengeance » du Mouvement de la Gauche Révolutionnaire (MIR) du Chili. C’est-à-dire que les supposés exilés étaient en train de se battre entre eux. D’autre part, il s’est armé un ensemble d’informations dans les médias d’Argentine, du Brésil et du Mexique, qui devaient être « reprises » par la presse chilienne – dont le journal El Mercurio - en mentant sur un supposé affrontement dans la zone de la frontière argentino-chilienne, entre des groupes de guérillas qui prétendument tentaient d’entrer – comme si c’était un jeu d’enfants de traverser la Cordillère – pour agir au Chili, ce qui faisait 69 morts prétendument dus à des affrontements qui n’eurent jamais lieu.
Cette information est apparue entre autres dans le journal O’Día de Brasil, auquel a été remise une belle somme d’argent quand il était en faillite. En Argentine les hommes de José López Rega, l’ex-ministre du Bien-Etre Social du dernier gouvernement du général Juan Domingo Perón (entre 1973 y 1974) et créateur de la Triple A, ont fait publier, une seule fois, la revue « Lea ».
Dans cette édition la présidente María Estela Martínez de Perón, qui avait succédé à son mari décédé en juillet 1974, a dit être dégoûtée « par les combats dans lesquels se sont tués les gauchistes chiliens ».
Ce qui est sûr, c’est que tous ceux de la liste étaient disparus au Chili et, jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait qui sont ces cadavres rencontrés en Argentine.
La justice est arrivée tardivement, mais elle est arrivée et dans ce cas 33 ans après, le paiement d’une indemnisation a été imposé au journal El Mercurio et à d’autres qui participèrent à cette orchestration d’occultation et de mort. Et également des jugements ont été rendus contre les journalistes qui ont participé à cette sinistre action contre-insurrectionnelle.
Cela vaut la peine de se rappeler que, quand les commandos de la CIA, de la DINA et des groupes terroristes cubano-nord-américains de Miami, assassinèrent dans un attentat à Washington Orlando Letelier, ex-ministre de l’héroïque président chilien Salvador Allende, en septembre 1976, le chef d’alors de la CIA, George Bush (père) a dit à la presse de son pays, suivant le schéma de l’Opération Colombo, que cela avait été « une action de vengeance de gauchistes réfugiés ». Bush savait très bien qui avait tué Letelier parce que c’étaient ses propres hommes de la CIA et les groupes cubains qui visitaient quotidiennement ses bureaux où s’organisait une infinité d’attaques terroristes, comme celle qui est arrivé peu de temps après contre l’avion de ligne cubain aux Barbades, et qui a fait 73 victimes.
Maintenant la possibilité de faire la même chose qui s’est faite dans ces opérations contre-insurrectionnelles peut se mettre en scène à niveau mondial, puisqu’une seule puissance et ses commerçants de l’information contrôlent la majorité des médias.
Dans nos pays, les médias de masses, les monopoles, sont simplement des reproducteurs conscients d’un projet de désinformation qui peut amener la mort et la destruction, et viole les droits universels et de souveraineté.
Déjà dans les années 90, dans les nouveaux projets de la GBI, les ennemis étaient le narcotrafic, le terrorisme, le narcoterrorisme, les insurrections liées à cela, prévenant des conflits sociaux d’envergure, résurgences indigènes et paysannes, en réponse au plan néolibéral sans anesthésie qui serait imposé.
Un des plans stratégiques prioritaires fut l’accaparement de tous les médias de masses concentrés sous un pouvoir central. La télé dans ses mains, le contrôle des nouvelles technologies, signifiait s’assurer le premier point de la guerre qui déjà s’annonçait comme ce qu’elle est aujourd’hui.
Comme plusieurs analystes, dont Thierry Meyssan, l’ont signalé ; le concept d’ « information en continu » a bien servi par la façon avec laquelle elle diffuse des images de manière immédiate. Cela fait que les téléspectateurs croient qu’ils sont effectivement informés, quand on leur montre seulement les faits enregistrés à ce moment précis, manipulés et sans contenu aucun.
Comme le dit Meyssan « le journalisme n’est pas une technique de description, mais un art de la compréhension. Loin de garantir la vérité, l’immédiateté la rend vulnérable aux apparences et aux préjugés ».
Qu’il y ait des fuites et erreurs, il y en a, mais elles sont infiniment mineures en comparaison de ce que réussira l’équipe mondiale de désinformation dans sa tâche d’occulter et de déformer la réalité.
REVENIR AU SOURCESEtudier ce qui s’est passé, par exemple au Guatemala quand les Etats-Unis ont envahit ce pays en 1954, ou à Cuba en 1961, dans sa tentative d’invasion de l’île qui fut déjouée par le gouvernement révolutionnaire et le peuple héroïque, ou à Saint Domingue en 1965 pour empêcher l’accession au pouvoir du leader Juan Bosch, ou plus proche le coup d’état contre le président Salvador Allende en 1973 au Chili, pour comprendre que rien n’a changé dans la matrice terroriste de l’empire.
Le calque de ce qui s’est passé contre Allende et l’Unité Populaire au Chili nous amène inévitablement à la trame qui a précédé le coup d’état contre le président Hugo Chavez au Vénézuéla en avril 2002. Dans ce cas, il faut se rappeler la déroute historique de cette émeute des mains du peuple vénézuélien et des secteurs patriotiques de l’armée, qui réinstallèrent le mandataire moins de 48 heures après, ce qui n’était jamais arrivé dans le monde.
Cela et les votes successifs du peuple vénézuélien signifièrent également la déroute de la campagne de terrorisme médiatique, à laquelle la NED, l’USAID et d’autres fondations des Etats-Unis destinèrent des millions de dollars. Au Vénézuéla, comme un autre fait historique, a été sauvé des restes de la bonne mémoire la pensée contre-hégémonique fondamentale dans ces temps comme celui de l’actuel bolivarisme, avec lequel Simón Bolívar déjà au XIXe siècle a défié l’empire.
Et nous pouvons aussi visiblement comparer les agissements de la CIA au Chili et ce qui s’est passé ces derniers temps contre le président Evo Morales qui, comme Allende, a été persécuté bien avant son arrivée au pouvoir, comme le montrent des documents déclassés des Etats-Unis.
Ce qui ne se dit pas non plus, est la qualité de la résistance latino-américaine de notre époque, la mise en place d’une nouvelle carte qui, avec des différences visibles entre quelques pays, a mis en jeu les plus sérieux défis lancés aux Etats-Unis, administrant des déroutes diplomatiques et autres qui font déjà parties de l’histoire des résistances.
Au niveau populaire, il n’y a pas un continent qui enregistre une telle qualité de mobilisations populaires dans le monde, tel que l’Amérique Latine.
Dans une petite île située seulement à 90 milles de la plus grande puissance hégémonique du monde, la révolution cubaine est sur le point de fêter ses 50 ans. Nous allons célébrer le plus grand exploit ayant eu lieu sur notre continent par l’héroïsme et la capacité de résistance d’un peuple assiégé par un blocus médiéval, depuis quasiment un demi-siècle, et par les attaques constantes de ce terrorisme d’Etat mondial dont nous parlons.
Comment cela s’est fait ? C’est une histoire unique dans le monde et un fait historique pour l’humanité. Cuba a été l’unique lumière qui ait brillé dans des moments ténébreux de notre Amérique. Et nous devons à cette révolution d’avoir pu répondre – merci à son éternelle solidarité – à de nombreux coups contre-insurrectionnels qui ont été portés durant presque deux siècles contre nos peuples.
Cela nous oblige à chercher des voies de résistances multiples. L’heure de récupérer la parole est arrivée, d’installer la vérité contre les mensonges qui rendent complices les peuples de crimes atroces, par ignorance ou confusion. C’est le siècle de l’Amérique Latine, c’est l’heure des peuples. Ne perdons pas un des moments clés dans l’histoire des luttes pour récupérer nos indépendances définitives et avec cela aussi nos médias de communication, nos formes authentiques d’expression et les cultures endormies.
Nous sommes constamment en train d’aborder des thèmes comme les conséquences de l’énorme concentration du pouvoir dans les médias de communication. Nous avons des chiffres, des données indiscutables, des dénonciations qui viennent depuis un certain temps de différents congrès, mais à ce point elle est rare la réflexion sur ce que l’on doit faire face à cette offensive médiatique.
Nous, nous devons tout revoir. Voici un moment historique unique, mais nous pouvons le perdre bien que ce soit dans nos mains de faire quelque chose de différent. Que le XXIe siècle soit celui de l’Amérique Latine libre comme un hommage à tous ceux qui ont lutté depuis les débuts de la colonisation jusqu’à nos jours.
En momentos en que América Latina está sometida a una invasión silenciosa en varios frentes: político, económico, militar, científico, informativo, cultural, dentro del entramado de una renovada Doctrina de Seguridad nacional y su actualizado esquema contrainsurgente, la información se ha convertido en un arma de guerra.
La apropiación de los medios masivos de comunicación por el poder hegemónico mundial transformó la relación de estos con la sociedad y el arma de la desinformación forma parte de la guerra sicológica, como un elemento imprescindible para los nuevos diseños de contrainsurgencia trazados en las últimas décadas.
El objetivo es horadar proyectos políticos que resisten a los planteos hegemónicos y las operaciones de guerra sucia son utilizadas para avanzar en los nuevos planes geoestratégicos de recolonización de América Latina.
La ajustada red de medios que responden a un centro de diseños contrainsurgente, ha logrado socavar las instituciones más representativas de la vida soberana de nuestros pueblos.
Como resultado tenemos ante nosotros una evidencia incuestionable. En palabras de Samir Amin estamos viendo cómo “la efectividad, la credibilidad, y la legitimidad de la democracia han sido horadadas(…) y es especialmente difícil hacer predicciones en un período como este cuando todos los mecanismos políticos e ideológicos que gobiernan la conducta de los diversos actores han desaparecido. Cuando llegó a su fin el período de la post-Segunda Guerra Mundial, la estructura de la vida política colapsó. Tradicionalmente las luchas políticas y la vida política se dan en el contexto de los estados nacionales cuya legitimidad no era cuestionada. Yo señalo – decía Amin en una entrevista con la autora- que se cuestionaba la legitimidad de un gobierno, pero no la del Estado.”
Y en este sentido, hay que considerar que detrás y dentro de esos estados “los partidos políticos, los sindicatos, organizaciones estudiantiles y diversas instituciones y todo aquello que los medios de comunicación llamaban ‘la clase política’ eran la estructura básica del sistema en que se expresaban los movimientos políticos, las luchas de clases y las corrientes ideológicas. Pero ahora nos encontramos que en todos los lugares del mundo estas instituciones han perdido en un grado u otro gran parte, sino toda, su legitimidad. La gente ya no cree en ellas y en su lugar, han surgido movimientos de diversa suerte, movimientos centrados en las demandas sectoriales, movimientos por la democracia o la justicia social, y movimientos que afirman su identidad como comunidades étnicas o religiosas. Esta nueva vida política es por eso altamente inestable”.
Por supuesto se marca como una excepción y una “recuperación” asombrosa la existencia de gobiernos que han logrado recuperar la confianza popular y cambiar este escenario en los últimos tiempos, provocando la ira del imperio.
Contando con las desacreditaciones que aún persisten, la guerra contrainsurgente se mueve como el pez en el agua. Puede fácilmente, alimentando a las derechas más fundamentalistas, también digitar movimientos sociales, grupos que tienen algunos referentes de izquierda, sectores diversos y derribar murallas que parecían inexpugnables. Y resulta fácil penetrar mediáticamente a todos los sectores desarmados ideológicamente y especialmente a las clases medias tanto altas como bajas en diversos países.
La torre de babel no sólo confunde a los pueblos desinformados y manipulados hasta la saciedad por el sistema, sino lamentablemente a lo que caracterizábamos en algunos casos como sectores “progresistas” o de izquierda, con una cantidad de matices cada vez más desdibujados.
En la era de la desinformación, los más sofisticados
análisis sobre la incidencia de las nuevas tecnologías no pueden ignorar en planteamientos abstractos a los millones de muertos que dejó y deja la guerra contrainsurgente, la doctrina de seguridad nacional y el anticomunismo, que están en pleno auge bajo el disfraz de lucha antiterrorista, que impulsa Estados Unidos. Esto nos abarca a todos los latinoamericanos porque fuimos y somos considerados eufemísticamente el “patio trasero” lo que se traduce como la “reserva estratégica” del imperio.
Es evidente esta consideración en el diseño de la Nueva Seguridad Hemisférica anunciada por George W.Bush en el año 2002, que en realidad se actualiza sobre todas las experiencias anteriores.
Hay muchos nuevos elementos de la realidad para estudiar más allá de los propios enunciados del poder hegemónico.
Debemos saber cuáles son nuestras debilidades sobre las que estos proyectos pueden actuar más eficazmente y cuáles los argumentos para hacerlo. Por supuesto el apoderamiento de los medios masivos de información ha sido un paso estratégico para estos objetivos.
Por nuestra parte las democracias de los años 80-90, que nacieron bajo las imposiciones del poder mundial en reemplazo de las dictaduras- que, a su vez, cumplieron con su cometido de “limpiar el camino” mediante genocidio en la región para imponer más fácilmente y sin resistencias los nuevos planes de dominación -cambiaron las características de nuestras sociedades.
Era lógico que los gobiernos de “las democracias de seguridad” impuestos fracasarían ante las desesperadas expectativas de los pueblos que salían del terror absoluto. Esto también estaba previsto como el “desencanto” de las democracias.
Los medios cumplieron su labor terrorista como lo habían hecho durante las dictaduras para colaborar a destrozar la imagen que los pueblos tenían, en sus más soterradas memorias, de las democracias reales.
En esa situación, Samir Amin llamó la atención sobre las agendas del “culturalismo” cuando comienzan a surgir movimientos y “comunidades (religiosas, étnicas,sexuales, u otras) que tienen sus propios valores irreductibles, y que no precisamente tienen significación universal”, en tiempos en que existe una estrategia política global para el gobierno mundial.
“El objetivo de esta estrategia es producir la más grande fragmentación posible de fuerzas potencialmente hostiles al sistema, apadrinando la atomización de las formas estatales de organización de la sociedad (….)En conexión con esto, se da la bienvenida a la posibilidad de manipular demandas basadas en las identidades separadas. La cuestión de la identidad de la comunidadad étnica, religiosa, o de cualquier otra clase es por eso uno de los problemas centrales de nuestro tiempo. El principio democrático básico, que implica el respeto real por la diversidad (nacional, étnica, religiosa, cultural e ideológica), no puede mostrar ninguna excepción. La única manera de sostener la diversidad es mediante la práctica de una genuina democracia. Fallando esto, llega a ser inevitablemente un instrumento que el adversario puede usar para sus propios fines”, añadía.
Estos no son sino algunos señalamientos de cambios sociales que es necesario registrar en el abordaje del terreno en que actúa la contrainsurgencia informativa y lo que se ha logrado penetrar y confiscar.
Nos permite también analizar la significación que tienen los nuevos golpes “suaves” que tan bien promueven los medios de información masiva, los daños provocados por la intoxicación informática y como consecuencia la posibilidad de llevar a los pueblos a actuar contra sí mismos, como lo hemos visto en las recientes operaciones contrainsurgentes en diversos países de nuestra región.
Un ejemplo es lo actuado en Argentina entre marzo y junio de este año en el mal llamado “conflicto del campo”, que puso en evidencia la capacidad del sistema mediático contrainsurgente de actuar sobre una sociedad fragmentada y pasible de ser intoxicada o paralizada por una contundente acción mediática. El país fue colocado al borde de un “golpe suave” sin que fuera esto advertido por algunos sectores de la población, produciéndose el hecho de que algunas agrupaciones de izquierda actuaron junto a los sectores golpistas de la extrema derecha e incluso a figuras de la pasada dictadura militar.
La des-información es el arma más activa en los nuevos ensayos de “golpes suaves” como hemos visto en los últimos tiempos especialmente en Bolivia.
Es una acción típica de contrainsurgencia donde se registran todas las variables de las “guerras sucias” y psicológicas, que a través del terrorismo mediático intentan erosionar las bases de gobiernos e instituciones, así como partidos o personalidades políticas, “no confiables” o “enemigas” del poder hegemónico. Y también activar los mecanismos golpistas, de todo tipo.
Se miente masiva y globalmente con una impunidad mafiosa y sin la posibilidad de una respuesta del mismo nivel, lo que deja a América Latina en manos de un poderoso enemigo, que además ataca deliberadamente al alma de los pueblos: su cultura y su identidad.
Los medios masivos de comunicación sustraídos a su función prioritaria de informar con veracidad y educar mediante programas específicos, resultan así sembradores de colonialismos tardíos y avanzadas coloniales sobre nuestros países.
Son tiempos en que la palabra mata y oculta crímenes brutales bajo envolturas de mensajes muy bien calculados. Las palabras son claves en diseños de guerras reales y cibernéticas, con comandos especializados, con criminales atípicos, que no llevan armas sino discursos mediáticos, tan destructivos como un misil. Los generales mediáticos y sus soldados, bien pagados y alimentados por la corrupción, son la avanzada primera de las tropas de ocupación.
El periodismo actual debe entender la responsabilidad
que le cabe cuando sirve a los diseños políticos guerreristas, a los terrorismos de Estado, abiertos o encubiertos, cuyo mejor y trágico ejemplo es hoy Irak donde ya se registran más de un millón 200 mil muertos.
En este caso la actividad mediática es tan criminal como el que deja caer las bombas asesinas. Guantánamo es hoy un símbolo del silencio de una prensa que se autocensura como espectadora de un delito de lesa humanidad, transmitido pasivamente por las redes del poder mundial, sin que nadie actúe.
HISTORIAS OLVIDADAS
En nuestra historia reciente podemos registrar algunos acontecimientos claves como fue la brutal invasión a Panamá el 20 de diciembre de 1989, un antecedente básico de todo lo que se actuaría en la región y en el mundo en los años 90 y 2000. La invasión estuvo precedida por una campaña desinformativa que en este caso logró penetrar en sectores progresistas y de izquierda, paralizando acciones en defensa de un pueblo agredido como lo fue el panameño entonces.
En 1989 esta invasión marcó un hito sobre lo que vendría. La manipulación informativa sobre “las razones” que adujo Estados Unidos para invadir un pequeño país de poco más de dos millones de habitantes, dividido en dos por un enclave colonial que la potencia hegemónica mantenía desde principios del siglo pasado, fue increíble y burda y aún es imposible entender cómo se paralizó América Latina .
Los medios estadounidenses y sus repetidores mantuvieron la atención mundial sobre los sucesos en Rumania y la visión televisiva de Panamá fueron trazadoras de luces, mientras se cometía la atroz invasión con aviones, barcos, tropas, que salían desde las bases del Comando Sur, es decir desde el propio territorio panameño.
Fue uno de los actos de mayor cobardía, considerando que Panamá tenía fuerzas armadas incipientes (en formación) y sin ningún tipo de armas para resistir una invasión incluso mucho menor que la que sucedió.
Hasta hoy en la mayor parte del mundo se ignora que allí murieron miles de personas, y que hay desaparecidos, que inspiraron a las madres a hacer homenajes permanente arrojando flores al mar y que existen tumbas colectivas, de las que se han abierto sólo algunas para mostrar los horrores de la invasión. Y en Estados Unidos se ocultó la cantidad de soldados muertos o heridos. Como Guantánamo, el silencio esconde la memoria de un pequeño país arrasado y sometido antes a una de las más descarnadas guerras sucias. Se ocultó, además, que en esa invasión se probaron nuevas armas y nuevas tecnologías de guerra. Panamá fue la “Guernica” de América.
Esta impunidad fue el experimento que necesitaba Estados Unidos para llevar adelante la llamada operación “Tormenta del desierto” al comenzar los años 90 donde se movilizó una coalición internacional para supuestamente obligar a Irak a retirarse de Kuwait, empleando varias de las armas y equipos, como los aviones silenciosos probados en Panamá. Era el preludio de los horrores del siglo XXI.
En ambos casos los medios informativos, con el modelo de la noticia continuada y al momento implantado por CNN, impusieron como verdad única e indiscutible la información que proveía el Pentágono estadunidense.
Estados Unidos y sus asociados podían actuar con las manos desatadas y sin ningún control, porque los medios masivos de comunicación en el mundo, salvo raras excepciones -que además tienen un escaso radio de influencia- transmitían los partes del Pentágono como información.
Todo el dispositivo de propaganda que Estados Unidos armó durante la Guerra Fría en su combate contra la entonces Unión Soviética, fue globalizado y después de la caída de la URSS, simplemente, sin competencia, alguna avanzó sobre el mundo.
Las miles de víctimas de ese poder siniestro y sigiloso, entre muertos, heridos, torturados, despojados y maltratados, han sido ocultadas por una desinformación tolerada o admitida. En muchos casos ayudada por la confusión de algunos intelectuales, que sin poder separar el árbol del bosque, trabajaron a favor de las falsas argumentaciones imperiales.
Ninguno de ellos tiene la humildad suficiente para volver atrás y reconocer el error, lo que también deja huérfanos de la verdad a los pueblos y posibilita la escasa solidaridad con las víctimas de estas guerras preventivas, sin límites y sin fronteras.
Otro caso que mostró las debilidades en nuestro propio campo, fue la desintegración programada de la ex Yugoslavia entre 1991 y 1995 y todo lo actuado en las diferentes etapas de esta desintegración con el más acabado diseño contrainsurgente de Estados Unidos, sus socios europeos y la OTAN.
Esto también desintegraría a las Naciones Unidas convertida en una presencia de papel en todos estos conflictos.
La desinformación y el acatamiento de algunos intelectuales a las campañas de guerra sucia y psicológica que fueron derrumbando las bases de la ex Yugoslavia y su desmoronamiento posterior, dejó una suma de pequeñas repúblicas, bien manejables a los efectos del control y la dominación en una zona estratégica. No es casual que el ex embajador de Estados Unidos en Bolivia Philip Goldberg, experto en azuzar aparentes o reales conflictos étnicos y raciales, haya sido enviado en vía directa desde Kosovo a la Paz, de donde fue expulsado por el presidente Evo Morales. Todo un símbolo. Goldberg era un activo participante en el golpismo en ese país, y un activista del ejercicio de un terrorismo mediático en los medios que jaquean al presidente y al pueblo boliviano.
¿Estudiamos el terrorismo mediático aplicado en ambos casos o nos sometimos a la dinámica que nos impone el sistema de dejar atrás rápidamente esa historia de muerte y depredación, para admitir un hecho criminal como un hecho consumado e irreversible?.
EL TERRORISMO DE ESTADO MUNDIAL
Esto son sólo algunos ejemplos sugeridos para sumergirse a fondo en estas historias y otras que nos hubieran permitido establecer murallas en las batallas de ideas y un auténtico pensamiento crítico, sin abstracciones, porque de fortalecer la conciencia de los pueblos es de lo que se trata en todas estas elaboraciones.
Las simplificaciones asombrosas ayudan a los designios imperiales. Por ejemplo cuando hablamos de terrorismo imperial parece que todo hubiera comenzado como “una respuesta” al difuso accionar de un ambiguo “terrorismo internacional” fundamentalisa, esquivo, inatrapable.
Al Qaeda, nacido de las propias entrañas del imperio, es un típico ejemplo de un “enemigo” que el poder hegemónico ubica a su antojo donde lo necesita, para justificar luego sus acciones, como a lo largo de su historia fabricó “enemigos” y atentados destinados a favorecer sus planes de dominación.
El terrorismo de Estado escenificado hoy por la potencia hegemónica, es tan viejo como el nacimiento de ese país y va desde la esclavitud o las matanzas indígenas a manos de los “civilizados” colonizadores, hasta las invasiones actuales y no sólo militares.
Casi nadie recuerda en estos tiempos que los colonos “ganaban” sus posesiones en Estados Unidos a sangre y fuego luchando aparentemente contra los “ejes del mal”, entonces personificados por las comunidades indígenas dueñas de esas tierras durante miles de años.
Estas acciones terroristas tenían reconocimiento explícito en Washington que daba la posesión de los territorios “ganados” al “enemigo”.
¿Y lo actuado en los tiempos de la expansión que costó tantas vidas y territorios a nuestra América en el siglo XIX y que prosiguió a lo largo del siglo XX, después de que el imperio naciente había frustrado nuestras independencias, situación que sigue con matices hasta nuestros días?
Fueron terroristas las formaciones de los asesinos paramilitares en la Centroamérica de los años 30 y en las invasiones posteriores, que dejaron miles de muertos en nuestra América. Y lo fueron las dictaduras “bananeras” y las de la Seguridad Nacional del siglo XX.
Es el mismo terrorismo que se aplica hoy, sólo que con nuevos métodos, fruto de las nuevas tecnologías y de la implantación de la dictadura global en los años 90.
Las democracias de la seguridad nacional (estadunidense) fueron trazadas mucho antes de los atentados que desplomaron las Torres Gemelas el 11 de septiembre de 2001, hecho que fue absolutamente funcional para las necesidades geoestratégicas de ponerlos en marcha y asegurarse el control del mundo en el siglo XXI.
Colombia, cuyo pueblo es víctima de un largo y sinuoso terrorismo de Estado encubierto, es un modelo para entender de qué tratan las democracias de Seguridad y supuestamente antiterroristas, que propone Washington.
Ese país, estratégicamente enclavado, es una espina de tuna en el corazón de América Latina. Cada día el terrorismo de Estado sigue cobrando nuevas víctimas. Y Colombia no está tan lejos como Irak para argumentar que no se sabe lo que pasa.
Es el país que más muertes por la violenta intervención estadunidense tiene a lo largo del siglo XX y hasta la actualidad.
El papel de los medios colombianos en estos tiempos requiere de una investigación y análisis como lo que se hizo con Ruanda. Y es urgente la respuesta solidaria al pueblo de Colombia, que resiste desde hace años,como uno de los pasos imprescindibles de una América Latina, si quiere concretar su independencia definitiva.
Es que hoy, ahora, Colombia es la sede del más ambicioso Plan Geoestratégico de Recolonización de la región, que se diversifica en otras derivaciones similares. El Plan Colombia y sus aledaños, como el Puebla Panamá (Mesoamérica ahora) o el Mérida de México y tantos otros, es la mayor amenaza sobre los pueblos de América Latina y el Caribe.
No hay demasiado tiempo para detener su paso por el continente, que además de registrar la presencia de bases y tropas estadounidenses con “inmunidad” para actuar, que recorren nuestras fronteras, tiene un ejército sin uniforme, ocupando casi todos nuestros países. Está desplegado a través de las instituciones de inteligencia como el FBI, la CIA, la Dea y las inefables Fundaciones de nombres seductores y cuentan con miles de grupos de bases, al apoderarse de la mayoría de las Organizaciones No Gubernamentales (ONGS), una verdadera, silenciosa y disimulada avanzada contrainsurgente.
Montándose sobre la tragedia del desempleo, ofrecieron fondos de financiamiento supuestamente donados por “generosas fundaciones” para los proyectos de algunos grupos sociales, que en muchos casos no sabían lo que había detrás.
Basta estudiar las conexiones de algunas de esas
fundaciones como la Nacional Edowment Founation,(NED) cínicamente llamada en español Fundación para la Democracia o la USAID (la antigua Agencia Internacional para el Desarrollo, de trágica historia) o el Instituto Republicano y otros, actuando como las “caras sociales” de la CIA, para advertir el impresionante listado de los nuevos cruzados civiles de la contrainsurgencia en América Latina.
Remozados los esquemas contrainsurgente y los Conflictos y Guerra de Baja Intensidad en los años 90, la escalada actual no es sino el cumplimiento de los enunciados de Seguridad Hemisférica y del diseño de la guerra preventiva, sin fronteras, sin límites, aboliendo todas las conquistas del derecho internacional, la soberanía y la autodeterminación de los pueblos.
Adolf Hitler hablaba de las fronteras seguras para extender el nazismo y así avanzó y sometió a varios países Ahora, con la misma concepción, Estados Unidos y sus asociados declaran que el mundo es todo en su conjunto la “frontera segura” en sus nuevos esquemas guerreristas.
Y detrás- lo dicen también abiertamente- están las necesidades cada vez más acuciantes de recursos naturales, que el capitalismo en su perverso esplendor dilapidó sin control.
Los medios privados y la incitación al genocidio.
Recientemente el Centro Internacional de Investigación y Desarrollo de Canadá publicó el informe “Los medios y el genocidio de Ruanda” editado por Allan Thompson (2007) donde se cita una declaración de Kofi Annan, ex secretario general de la ONU. Hablando en la Escuela de Periodismo y Comunicación de la Universidad de Carleton en Ottawa, denunció Annan que “los medios de comunicación fueron usados en Ruanda ara diseminar odio, para deshumanizar a la gente, y más aún para guiar a los genocidas hacia sus víctimas. Tres periodistas y propietarios de medios han sido encontrados culpables de Genocidio por el Tribunal Criminal Internacional para Ruanda, y también de incitación al genocidio, conspiración y de cometer crímenes contra la humanidad. Debemos encontrar una vía para responder a tales abusos de poder…”
Esta declaración fue silenciada a nivel mundial.
En el caso de Rwanda, Thompson habló de “los medios del odio en Ruanda-a través de sus periodistas, locutores y ejecutivos-que jugaron un rol instrumental en el establecimiento de las bases para el genocidio, luego participaron activamente en la campaña de exterminación”.
Al evaluar el veredicto de culpabilidad emitido por el Tribunal del Crimen Internacional en el juicio sostuvo que “el propósito de revisar el rol de los medios en el genocidio de Ruanda no es solo para recordar. Aún tenemos mucho que aprender sobre este particular y examinar la manera en que periodistas y empresas de medios se condujeron durante la tragedia y esto no es solo un ejercicio histórico. Tristemente, da la impresión que no hemos discernido ni entendido completamente las lecciones de Ruanda.”
El juicio estaba referido a los sucesos en Ruanda cuando el 6 de abril de 1994 el presidente de ese país Juvenal Habyarimana fue víctima de un atentado contra el avión en que viajaba que se estrelló, cuando se había logrado firmar la paz en Arusha, Tanzania en 1993 entre una población mayoritaria Hutu y la minoría Tutsi.
El mismo día medios locales atribuyeron el crimen a los tutsis y en la noche ya comenzaron los asesinatos de miles de ruandaneses. Escuadrones de la muerte lanzaban granadas en todos los lugares y refugios. Algo similar a lo ocurrido en 1948 cuando fue asesinado en Colombia,el líder liberal Jorge Eliécer Gaitán, que con un discurso socialista original era respaldado por las mayorías populares. La mano de la CIA actuó entonces y la rebelión del pueblo fue sofocada por una brutal represión y el uso de los “pájaros” (paramilitares) que sembraron la muerte en los campos colombianos. Se calcula en 300 mil los muertos por la llamada “violencia” entonces.
En Ruanda se calcularon alrededor de un millón de muertos y en el año 2003, “el veredicto en el Juicio a los Medios de los ejecutivos de la estación RTLM y el periódico Kangura, el Tribunal Criminal Internacional para Ruanda confirmó sin ninguna duda el rol de los Medios privados de comunicación en los asesinatos(…)demonizando a los Tutsi y acusándolos de poseer inherentemente condiciones diabólicas, igualando grupos étnicos con ‘el enemigo’ y presentando a sus mujeres como ’seductores agentes’ enemigos. Los medios llamaron a la exterminación de los grupos étnicos Tutsi como una respuesta a la amenaza política que ellos asociaban con esta etnia” (Veredicto del tribunal 2003: parágrafo 72)
Thompson estima “que gran parte de la matanza hubiera podido evitarse de no haber sido por el papel jugado por los medios”y finalizó su trabajo con un grito “de la humanidad” a los periodistas para que asuman sus responsabilidades.
Si he citado la tragedia de Ruanda es para preguntar ¿qué nos recuerda todo esto, mientras el mundo mira impasible el genocidio que cometen los invasores y ocupantes de Irak, contra el pueblo de ese país?.
Afganistán a Irak fueron señalados como “los ejes del mal”. Pero para que existiera la posibilidad de invadir y ocupar ambos países los periodistas mayoritariamente se prestaron a la confabulación más grosera de la mentira. Los medios mintieron a sabiendas de que cada palabra mataba a centenares de seres humanos. ¿Quien los castiga?.
LA OPERACIÓN COLOMBO
De la misma manera que en el caso de Ruanda se silenció el castigo reciente de la justicia chilena a los medios de comunicación y periodistas que participaron en la Operación Colombo planeada por la dictadura de Augusto Pinochet con la ayuda de la CIA, los escuadrones de la muerte de la Triple A (Alianza Anticomunista Argentina) y sectores de inteligencia y seguridad del gobierno argentino de entonces (1975).
La prensa fue clave para este engendro contrainsurgente de “guerra sucia”, cuando Pinochet elaboró un plan para engañar a Naciones Unidas que le reclamaba por una lista de 119 personas desaparecidas.
Entonces se decidió que harían aparecer cadáveres en Argentina en distintos lugares, a los que se colocó entre las ropas documentos falsos, que tenían el nombre de cinco de los chilenos que demandaba la ONU. Pero además sobre los cadáveres se extendieron pancartas donde supuestamente se trataba de una “venganza” del Movimiento de Izquierda Revolucionaria (MIR) de Chile. Es decir que los presuntos exilados se estaban peleando entre sí. Por otra parte se armó un conjunto de informaciones en medios de Argentina, Brasil y México, que debían ser “tomadas” por la prensa chilena-entre ellos el diario El Mercurio”- mintiendo sobre un enfrentamiento en la zona de la frontera argentino-chilena, entre grupos de guerrillas que supuestamente intentaban entrar-como si fuera un juego de niños cruzar la cordillera- para actuar en Chile, lo que agregaba otros 69 muertos supuestamente en enfrentamientos que nunca sucedieron.
Esta información apareció entre otros medios en el diario O’Día de Brasil, al que se le entregó una buena suma de dinero cuando estaba en quiebra. En Argentina los hombres de José López Rega el ex ministro de Bienestar Social del último gobierno del general Juan Domingo Perón( entre 1973 y 1974) y creador de la Triple A hizo publicar por una sola vez la revista “Lea”.
En esa edición la presidenta María Estela Martínez de Perón, que había sucedido a su esposo fallecido en julio de 1974, dijo estar asqueada “por la peleas en que se estaban matando los izquierdistas chilenos”.
Lo cierto es que todos los de la lista estaban desaparecidos en Chile y hasta ahora nadie sabe a quien pertenecían los cadáveres encontrados en la Argentina.
La justicia llegó tarde, pero llegó y en este caso 33 años, se impuso el pago de una indemnización al periódico El Mercurio y otros que participaron en esta ronda de ocultamiento y muerte. Y también se impusieron castigos a los periodistas participantes en esta siniestra acción contrainsurgente.
Vale recordar que cuando los comandos de la CIA, la DINA, y los grupos terroristas cubano- norteamericanos de Miami, asesinaron en un atentado en Washington a Orlando Letelier, ex ministro del heroico presidente chileno Salvador Allende, en septiembre de 1976, el entonces jefe de la Cia George Bush (padre) dijo a la prensa de su país, siguiendo el esquema de la Operación Colombo, que había sido “una acción de venganza de izquierdistas refugiados”. Bush sabía muy bien quien había matado a Letelier porque eran sus propios hombres de la CIA y los grupos cubanos que visitaban a diario sus oficinas donde se trazaban infinidad de ataques terroristas, como el que sucedió poco tiempo después contra el avión cubano en Barbados y que dejó 73 víctimas.
Ahora la posibilidad de hacer lo mismo que se hizo en aquellas operaciones contrainsurgentes se puede escenificar a nivel mundial ya que una sola potencia y sus comerciantes de la información controlan la mayoría de los medios.
En nuestros países los medios masivos y monopólicos son simplemente reproductores conscientes de un proyecto de desinformación que puede llevar muerte y destrucción y viola derechos soberanos y universales.
Ya en los años 90, en los nuevos trazados de la GBI los enemigos eran el narcotráfico, el terrorismo, el narcoterrorismo, las insurgencias ligados a estos, previendo conflictos sociales de envergadura, resurgimientos indígenas, campesinos, como una respuesta al plan neoliberal sin anestesia que se impondría.
Uno de los planes estratégicos prioritarios fue el apoderamiento de todos los medios masivos de comunicación concentrados bajo un poder central. La TV en sus manos, el control de las nuevas tecnologías, significaba asegurar el primer golpe de la guerra que ya se trazaba como lo que es ahora.
Como lo han señalado varios analistas, entre ellos Thierry Meyssan bien sirvió el concepto de “información contínua” por la forma en que difunde imágenes en forma inmediata y esto hace que los televidentes crean que están absolutamente informados, cuando sólo se le muestran hechos registrados al momento, manipulados y sin contenido alguno.
Como dice Meyssan ” el periodismo no es una técnica de descripción, sino un arte de la comprensión. Lejos de garantizar la verdad, la inmediatez la hace vulnerable a las apariencias y a los prejuicios”.
Que hay fugas, las hay, pero son infinitamente menores a lo que logrará el equipo mundial de desinformación en su tarea de ocultar y deformar la realidad.
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Estudiar lo actuado, por ejemplo en Guatemala cuando Estados Unidos invadió ese país en 1954, o en Cuba en 1961, en su intento de invasión a la isla que fue derrotado por el gobierno revolucionario y el pueblo heroico, o en Santo Domingo en 1965 para impedir la asunción de líder Juan Bosch o más cercanamente el golpe contra el presidente Salvador Allende en 1973 en Chile, para entender que nada ha cambiado en la matriz terrorista del imperio.
El calco de lo actuado contra Allende y la Unidad popular en Chile nos lleva inevitablemente, al entramado que precedió al golpe contra el presidente Hugo Chávez en Venezuela en abril del 2002 . En este caso hay que recordar la histórica derrota de esa asonada a manos del pueblo venezolano y sectores patrióticos del ejército, que reinstaló al mandatario menos de 48 horas después, lo que nunca había sucedido en el mundo.
Esto y las sucesivas votaciones del pueblo venezolano significaron también la derrota de la campaña de terrorismo mediático, a los que la Ned, USAID y otras fundaciones estadounidenses destinaron millones de dólares. En Venezuela- como otro hito histórico se rescató de los rescoldos de la buena memoria el pensamiento contra-hegemónico básico en estos tiempos como es el bolivarismo, con que ya Simón Bolívar desafió al imperio en el siglo XIX.
Y también podemos comparar visiblemente lo actuado por la CIA en Chile y lo que ha sucedido en los últimos tiempos contra el presidente Evo Morales, que como Allende fue perseguido desde mucho antes de llegar al poder, como lo admiten documentos descubiertos en Estados Unidos.
Lo que no se dice tampoco, es la calidad de la resistencia latinoamericana en nuestros tiempos, la conformación de un nuevo mapa, que con las diferencias visibles entre algunos países, ha protagonizado los más serios desafíos a Estados Unidos, propinando derrotas diplomáticas y otras que son ya parte de la historia de las resistencias.
A nivel popular no hay un continente que registre tal cantidad y calidad de movilizaciones populares en el mundo, como sucede en América Latina.
A punto de cumplir 50 años, la revolución cubana, en una isla pequeña, situada sólo a 90 millas de la mayor potencia hegemónica del mundo, estamos celebrando la mayor hazaña ocurrida en nuestro continente ante el heroísmo y la capacidad de resistencia de un pueblo sitiado por un bloqueo medioeval desde hace casi medio siglo y por los constantes ataques de este terrorismo de Estado mundial del que hablamos.
¿Cómo lo hizo?. Es una historia única en el mundo y un hito para la humanidad. Cuba fue la única luz que brilló en momentos de tinieblas en nuestra América. Y a esa revolución le debemos haber podido responder- gracias a su eterna solidaridad- a muchos de los golpes contrainsurgentes que llevan casi dos siglos sobre nuestros pueblos.
Esto nos obliga a buscar caminos de resistencias múltiples. Ha llegado la hora de recuperar la palabra, de instalar la verdad sobre las mentiras que hacen cómplices a los pueblos de crímenes atroces, por ignorancia o confusión. Este es el siglo de América Latina, es la hora de los pueblos. No perdamos uno de los momentos claves en la historia de lucha por recuperar nuestras independencias defintivas y con esto también nuestros medios de comunicación, nuestra formas auténticas de expresión y las culturas adormecidas.
Estamos constantemente hablando de temas como las consecuencias de la enorme concentración del poder en los medios de comunicación. Tenemos cifras, datos incuestionables, denuncias que vienen desde hace tiempo en distintos congresos, pero en este punto hoy es escasa la reflexion sobre qué hacer frente a esta ofensiva mediática.
Nosotros tenemos que revisarlo todo. Existe un momento histórico único, pero podemos perderlo a pesar de que está en nuestras manos hacer algo distinto. Que el siglo XXI sea el de América Latina Libre como un homenaje a todos los que lucharon desde los inicios de la colonización hasta nuestros días.
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