Pourquoi le feu a-t-il été choisi comme réponse ? La Grèce, feu à discrétion par Dimitri Deliolanes

28011_une-grece-emeutesIl Manifesto, Traduit pour Rebelión por Gorka Larrabeiti et pour http://socio13.wordpress.com/ par Danielle Bleitrach

Il fallait avoir suivi cette crise jour après jour. Il fallait voir cette classe politique démocratique, les héritiers proclamés des grands leaders de la période qui a suivi celle des colonels : le petit – fils Karamanlis, et le fils Papandreou. Voir ses collaborateurs, ministres et  porte-parole en train de s’incliner devant les puissants, les voir soumis aux humiliations dans les télévisions privées en train de supplier les banques et de célébrer les louanges des  armateurs. Un spectacle déprimant. Une classe politique d’ignorants, d’inutiles, d’habiles acrobates. Ils connaissent l’anglais mais ils n’ont pas une seule idée, un seul projet. Ils n’ont pas d’autres ambitions qu’une résidence secondaire à Mykonos.
La crise qui a éclaté ces derniers jours en Grèce est là. La crise du néolibéralisme, à la sauce des conservateurs et des socialistes. Un modèle qui a signifié seulement une chose: que l’Etat n’existe pas. Une idée platonique, une illusion. Ce qui est là en vérité est une bureaucratie totalement soumise aux intérêts privés, qui vont depuis les puissants seigneurs des canaux de télévision aux grands promoteurs en passant par le policier un peu nerveux qui fait feu quand il lui semble bon.

C’est la Grèce que des jeunes hommes encapuchonnés tentent d’exorciser par leur révolte.   Un pays dominé par l’illégalité, la supériorité écrasante des  puissants, les abus du fameux “marché”. Les pouvoirs publics, les démocratiquement élus , sont dans d’autres lieux : dans les yachts,sur les plateaux de télévision, dans Kolmanki, le quartier chic d’Athènes dévasté hier. Ecartez vous, écartez vous les grands mendiants privés. Soyons clair : nous parlons de la droite au gouvernement. Bien que les socialistes n’aient pas été meilleurs, et les gens le savent.

Cette privatisation de tout et de tous  a eu des conséquences dévastatrices pour l’ordre public. c’était prévisible. Maintenant il n’existe plus un  policier grec qui n’est pas au service d’un intérêt privé légal (un parti ou un homme politique) ou illégal. Les salaires et les avancements dans la carrière se font en liant son sort à des groupes de référence privés et non une hiérarchie interne. L’année passée la police a tenté un coup de filet sur un champ de hachisch en Crète. Ils leur  a été répondu avec  des rafales de mitraillette : un mort et six graves blessés. La police n’a pas renouvelé sa tentative. Celui qui ne se joint pas à un groupe de ce genre, agit plus par ignorance que par honnêteté. Les pouvoirs criminels ? Les groupes mafieux ? Ils prennent leur aise. La Grèce  il y a 20 ans était l’un des pays les plus sûrs de l’Europe. Maintenant les couches populaires dans l’énorme banlieue d’Athènes ne savent plus qui elles doivent être protégées, des propriétaires, de la police ou des criminels ? Et la loi? L’année passée, trois juges corrompus ont été emprisonnés, mais la propreté n’a pas été faite pour autant. Cette non politique saugrenue de l’ordre non public est ce qui a transformé le quartier Exarjia, un coin pittoresque d’artistes et de bohèmes jusqu’à il y a vingt ans, en un bastion de rebelles, toujours à la limite du spontanéisme des barricades et de la délinquance ordinaires. Quand ils en sont à ne pouvoir contenir quelques centaines de “partisans de l’insurrection”, il y a toujours eu des policiers qui se sont vengés d’une manière excessive au profit des intérêts privés et de la plus mauvaise des manières.        .

Un désastre. Les rebelles ont cru et leur influence s’est étendue. Ces journées où Athènes est à sang et à feu a démontré qu’ils tiennent dans la main le mouvement de protestation? Une direction aveugle, sans issue et sans perspectives. C’est le résultat dans tous les cas, la récolte de semailles lointaines nommées le bipartisme parfait? S’il n’y a pas d’alternative crédible il ne reste plus qu’à mettre le feu.

2 Réponses vers “Pourquoi le feu a-t-il été choisi comme réponse ? La Grèce, feu à discrétion par Dimitri Deliolanes”


  1. 1 papou 11 décembre 2008 à 2:32

    C exactement la description de la société française actuelle; pas d’alternative (bipartisme parfait) classe politique discréditée, no future pour la grande majorité de la jeunesse etc….

  2. 2 MEUNIER 19 décembre 2008 à 4:10

    PARIS – Rassemblement samedi 20 décembre 2008 13H00 à la Fontaine des Innocents (Les Halles), organisé par les Etudiants et les Travailleurs Grecs à Paris.
    Il est temps que cette ville morte se réveille !!! Faites tourner !!!
    http://emeutes.wordpress.com/


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