La Grèce, une crise profonde, mais peut-être en annonce-t-elle d’autres en Europe et dans le Monde

Greece RiotOn connaît l’historique de la situation quasi insurrectionnelle qui s’est déroulée en grèce, et qui a embrasé les principales villes du pays, aujourd’hui un calme précaire règne. Mercredi est prévue une grève générale de vingt-quatre heures à l’appel des syndicats. Tout le monde attend avec inquiétude cette journée. Calme précaire parce que l’incident rapporté  et la manière dont il a créé une colère et une violence collective laisse augurer que, comme le dit  le Figaro, il s’agit d’une crise “civilisationnelle”(sic), pour ne pas oser dire que le capitalisme est désormais entrée dans une crise profonde et qu’il se déchire et déchire de toute part. Ce n’est pas non plus un hasard si c’est la jeunesse, une sorte de mai 68 du désespoir, qui s’est soulevée et pas seulement celle des quartiers pauvres, mais les étudiants. C’est parce qu’en Grèce comme partout ailleurs c’est aux jeunes que l’on demande de s’ajuster à la crise de la société , de renoncer à tous les acquis de leurs parents et grands parents et ce pour que d’autres s’enrichissent d’une manière scandaleuse, une jeunesse spoliée qui ne voit autour d’elle que corruption et décomposition, pourriture des institutions. Il y a aussi comme partout une attaque contre le service public, l’éducation, la recherche… Tout a commencé par une manifestation pour défendre la santé publique. Crise de la jeunesse mais aussi crise latente en particulier révélée dans sa profondeur parles incendies de 2007 qui avaient témoignés de  l’incurie de l’Etat, la manière dont il était gangréné par la corruption et l’affairisme, la réélection de la droite et du premier ministre, Kostas Karamanlis a poussé jusqu’au bout une politique destrucrice et de profit pour les capitalistes et les profiteurs de toute espèce, une politique qui est celle de l’Europe…

Il ne s’agit pas seulement d’une jeunesse défavorisée mais d’une génération

Andreas, 15 ans, était le fils d’un ingénieur et d’une bijoutière du quartier huppé de Kolonaki. Ce n’était ni un extrémiste ni un marginal. Samedi soir, il se trouve pourtant parmi le groupe qui jette des pierres contre un véhicule des «gardes spéciaux» qui circule dans le quartier universitaire d’Exarchia près du centre d’Athènes. Un acte de défiance vis-à-vis de policiers qui ont la réputation d’être embauchés sur favoritisme politique? Le véhicule s’arrête, un policier sort et tire à trois reprises en direction d’Andreas. Mortellement touché à la poitrine l’adolescent s’écroule. Les blogs aidant, dans la nuit de samedi à dimanche l’information circule comme une traînée de poudre. Des incidents éclatent aussitôt dans plusieurs villes universitaires: Thessalonique en Macédoine, Ioannina en Epire, Patras et Tripoli dans le Péloponnèse, Héraklion Hania et Rethymno en Crête, Komotini en Thrace, mais aussi dans des îles comme Corfou et Mytilène. Des voitures, des magasins et des postes de police sont incendiés tout au long du week-end. Des affrontements ont eu lieu avec la police un peu partout. Les plus violentes que la Grèce ait connues depuis de nombreuses années. Le bilan des incidents est d’au moins 34 blessées, dont une femme dans un état grave et quatre policiers.

Génération 700 euros
Andreas appartenait à ce que l’on appelle la génération des 700 euros. Peu politisée, elle exprime sa révolte lors de matchs de football ou lors de manifestations. Une violence révélatrice d’un malaise plus profond. La société grecque est en crise. Une crise économique doublée d’une crise des valeurs. A force de voir les incidents se répéter, on redoutait une bavure. Depuis le secrétaire général du syndicat des policiers jusqu’à la députée du parti communiste grec, Liana Kanéli, nombreux sont ceux qui soulignaient depuis quelque temps que «la mort allait être un jour au rendez-vous» .  £Dans le pays, la confiance n’est plus là. A peine un an et demi après son élection, le gouvernement conservateur de Costas ­Caramanlis fait face à des scandales à répétition. Le dernier en date implique le Mont-Athos et des moines hommes d’affaires. Même l’Eglise orthodoxe à laquelle appartiennent plus de 80% de la population est mise en cause .
“(1)

Tous les partis ont condamné le meurtre du policier, mais on attend avec impatience l’analyse en profondeur du parti Communiste grec pour compléter l’information que nous recevons des agences de presse.

Les scènes que l’on a pu voir dans les médias et dans les vidéos sont celles d’une insurrection urbaines, les rues sont bloquées, les commerces, les portes d’église et les voitures sont brulées, pourtant il n’y a pas de pillage.  Les forces de gauche ont manifesté à la fois pour arrêter la violence et surtout pour dénoncer le meurtre qui l’avait provoquée, les manifestants étaient plusieurs milliers à commencer à manifester dans le centre d’Athènes, dimanche midi, comme dans cinq autres grandes villes du pays (Salonique, Patras, Iraklion, Ioannina).

Dimanche soir, les échauffourées avec la police n’ont fait que croître. Cinq policiers ont été blessés à Athènes et un dans la ville de Patras, dans le Péloponnèse. L’école polytechnique et la faculté de droit sont toujours occupées par des étudiants, préparant leur «révolte» selon les déclarations de l’un d’entre eux.

“le chef du commissariat d’Exarchia, quartier où s’est déroulé le drame, a été suspendu. Les deux policiers qui se trouvaient à bord du véhicule visé par les manifestants samedi ont été inculpés, celui qui a tiré sur le jeune homme pour «homicide volontaire» et le second pour «complicité».

Dans ce quartier estudiantin d’Exarchia, aux pieds de l’Acropole, les faubourgs ont été désertés. Connu pour être un repaire de jeunes anarchistes, ce quartier est quadrillé en permanence par les forces de l’ordre. Une présence qui irrite les jeunes depuis qu’un adolescent avait été tué, déjà par une bavure policière en 1985. À l’époque, l’opinion publique s’était émue et des manifestations s’étaient déroulées dans tout le pays. Les forces de police étaient déjà sur les dents ces dernières semaines, où elles ont affronté des étudiants et des manifestants contre la faillite du système de santé.

Aujourd’hui, toutes les institutions grecques sont mises en cause : l’État, englué dans ses scandales, l’Église, les politiques, les juges et maintenant la police. Cette dernière, sur le qui-vive, se prépare à des suites mouvementées dans toutes les villes du pays. Aujourd’hui en fin d’après-midi, deux autres marches sont prévues par la gauche. Et mercredi, la grève générale, prévue de longue date, risque de nourrir cette crise «civilisationnelle» que connaît la Grèce”.(2)

Sommes-nous à la veille d’un mai 68 noir qui embraserait peu à peu le monde, une révolte de la jeunesse condamnée à la perte d’emploi, exaspérée de voir l’école, la santé sacrifiée au profits, de constater que les institutions démocratiques font eau de toute part. Nous sommes au début d’une crise économique et sociale d’une extrême violence. Est-ce que les partis politiques prendront enfin partout dans le monde la mesure de leur reponsabilité, en france plus que partout ailleurs ou nous avons à la tête un individu qui est incapable de proposer autre chose que la mise en faillite de la santé, de l’éducation des droits sociaux, les cadeaux à ses amis banquiers, et la répression des faibles depuis la maternelle jusqu’à l’adolescence en passant par le malade mental et le SDF… En attebndant le gros morceau: la répression des travailleurs en lutte, de ceux qu’on licencie massivement, une colère majoritaire, celle des masses.

Le parti communiste grec et d’autres petits partis de gauche organisent de grandes manifestaions cet après-midi lundi.

Emeutes en Grèce εξέγερση décembre 2008

Danielle bleitrach
(1) Caroline Vallois-Yotis dans la Tribune de Genève du 8/12/2008

(2) Le Figaro en ligne 8/12/2008

8 Réponses vers “La Grèce, une crise profonde, mais peut-être en annonce-t-elle d’autres en Europe et dans le Monde”


  1. 1 Caius Gracchus 8 décembre 2008 à 10:46

    Oui très important ce qui se passe en Grèce : Visiblement aucuns journaux en France ne parlent clairement des revendications des étudiants qui comme en Italie ou en France se révoltent contre la casse du système éducatif et de recherche..
    J’ai entendu qu’aujourd’hui le part communiste grec appelle à des grandes manifestation.
    Et rappelons qu’au dernière élection le parti communiste a remporté un grand succès avec près de 9% de voix…

    Je pense que depuis quelques mois la situation a radicalement changé et que de moines copistes nous devons nous transformer en guerrier : peut être suis trop optimiste mais je sens que le temps de la contre offensive est arrivé…

  2. 2 alain girard 8 décembre 2008 à 11:23

    je crois qu’il est essentiel pour des marxistes de voir ce que révèlent ces mouvements de jeunes car parler d’émeutes alors qu’il n’y a pas ou peu de pillage, de viols, cela laisse à penser plutôt à une insurrection de la jeunesse qui se trouve confrontée à l’absence des partis politiques qui se sont coulés dans le moule du reniement.
    La particularité de la Grèce tient à son parti communiste qui appelle à descendre dans la rue plutôt qu’ à l’écarsement de cette jeunesse
    Ainsi ce qui monte en Grèce prend toute sa dimension de classe comme un période se termine et Danielle et Caius ont sans doute raison: la contre révolution est en fin de règne et tout commence maintenant

  3. 3 socio13 8 décembre 2008 à 4:46

    voici ce que j’ai retrouvé qui donne bien le contexte (c’est sur le site vive le PCF)

    Grève en Grèce, le 21 octobre 2008

    Communication du bureau international du Parti communiste grec, KKE (traduction depuis l’anglais – vivelepcf).

    Des centaines de milliers de manifestants ont marché dans à travers Athènes et les principales villes grecques en protestation contre les privatisations, le blocage des salaires et la réforme du système de retraite.

    Le gouvernement conservateur du premier ministre Costas Karamanlis entend en effet accélérer son programme de privatisation et réviser le système de pension du pays.

    Son plan comprend la suppression des dispositifs de retraites anticipées, la fusion de caisses de retraites avec des fonds de pension et l’absorption des retraites complémentaires.

    Dans tout le pays, les services publics ont dû rester fermés, des centaines de milliers de travailleurs ayant rejoint la grève nationale à l’appel du PAME [Front général des travailleurs militants] et de deux syndicats officiels.

    Près de 200 vols intérieurs et internationaux, de nombreuses liaisons ferroviaires ont été annulées. Des ferries sont restés dans les ports.

    Les transports publics ont été interrompus plus de 12 heures. Les hôpitaux d’Etat ont fonctionné avec des effectifs minimum alors que les écoles, les universités et les bureaux de poste n’ont pas ouvert leurs portes. Un grand nombre d’usines, d’entreprises privées, des milliers de petits commerces sont également restés fermés.

    Des employés de banque, des juristes, des journalistes, des ingénieurs civils se sont joints aussi au mouvement de grève. Les journaux n’ont pas paru, les chaînes de radio et de télévision n’ont pas émis pendant 24 heures. Le pays est effectivement resté paralysé.

    Dans beaucoup de secteur, le taux de grévistes a dépassé les 90%.

    De grandes assemblées et des manifestations ont été organisées par le PAME dans les 63 plus grandes villes du pays pour réclamer :

    - le rejet du projet de budget pour 2009 qui doit être soumis au Parlement cette semaine.

    - le rejet des mesures en faveur des banques et du grand capital prises en lien avec la crise.

    - le salaire de base à 1400 euros.

    - l’arrêt de toutes les privatisations

    - des mesures pour les travailleurs immigrés

    - la solidarité avec la grève des étudiants

    Les manifestants ont condamné le plan de 28 milliards d’euros décidé par le gouvernement pour venir à l’aide des banques frappées par la crise financière internationale. Sur une banderole, on pouvait lire : « pas un euro pour soutenir les capitalistes ».

  4. 4 Soviet 8 décembre 2008 à 6:10

    Réponse à la crise : dictature du prolétariat.

  5. 5 pedrito communista 8 décembre 2008 à 9:52

    C’est le commencement d’un long processus annoncé. Les conséquences de la crise universelle du système capitaliste n’en sont qu’aux prémisses, mais tout laisse à croire qu’elles seront incommensurables. Et c’est le moment que choisissent des politiciens pseudo communistes pour chercher fortune – et carrière – dans le marais glauque et puant du vieux monde capitaliste .

    Il FAUT RENFORCER LE PARTI COMMUNISTE !

    VITE !!

    LE REVIVIFIER, LE DEBARRASSER DE SES SCORIES !! EN FAIRE L’OUTIL DE LUTTE DONT LE PEUPLE A UN BESOIN IMPERIEUX, POUR ELOIGNER LES RAPACES QUI LE NOURISSAIENT D’ILLUSIONS, DE PROMESSES, DE DEMAGOGIE, ET DE MENSONGES.

    POUR ENFIN RECREER UNE VRAIE GAUCHE !

  6. 6 socio13 9 décembre 2008 à 10:27

    voici toujours sur le site Vive le PCF , relayé par Reveil communiste

    Déclaration du Comité Central du PCG (KKE) après le meurtre d’un jeune de 15 ans.
    Nous condamnons le meurtre de sang froid d’un jeune de 15 ans, Alexandros Andreas Grigoropoulos commis dans le district d’Athènes.

    Les dirigeants des forces de police et le gouvernement en portent la responsabilité écrasante. Ce drame est le résultat de l’instruction et des directives données aux forces de sécurité, qui les dirigent contre le peuple, contre le mouvement social et la classe ouvrière, contre la jeunesse en lutte.

    Les mesures répressives de l’État correspondent entièrement aux attaques qui frappent la vie quotidienne et le droit des jeunes au travail, à l’éducation, à un emploi stable, à travers la flexibilité. Leur but est d’intimider les travailleurs et la jeunesse.

    Les actes de vandalisme et les voies de fait n’ont rien à voir avec le mouvement populaire de masse. Ces actes légitiment la violence et l’autoritarisme. Par ailleurs, elles sont utilisées comme un alibi par le gouvernement réactionnaire de la « Nouvelle Démocratie » (droite NDRL) comme par ses prédécesseurs pour dissimuler le fait que la vraie cible de la répression étatique est le mouvement ouvrier.

    La seule réponse efficace aux provocations du gouvernement est l’organisation du mouvement social, la mobilisation de la jeunesse, combative, organisée et disciplinée. Les causes réelles et la responsabilité de ce drame ne doivent pas être dissimulées comme ça s’est passé dans d’autres cas (par exemple la torture des immigrés dans les commissariats de police, le passage à tabac d’un étudiant à Salonique, etc.)

    Nous appelons la jeunesse à exprimer fortement son indignation, et de faire, par l’intermédiaire de sa lutte organisée, désigner les responsabilités politiques, criminelles de la répression policière.

    Les écoles, les universités, les instituts d’enseignement technique, de formation professionnelle et les écoles du soir doivent rester fermés. Les organisations de masses doivent diffuser des déclarations condamnant les agressions policières et organiser des manifestations de masse et des rassemblements.

    Nous appelons les jeunes, ensemble avec les travailleurs à prendre part en masse à :

    • aux manifestations organisées par le Parti communiste de Grèce et la Jeunesse communiste à Athènes et dans toute la Grèce contre l’Etat policier

    • à la grève générale le mercredi 10 décembre par les organisations syndicales de classe, aux rassemblements organisés à Athènes et dans 63 villes de Grèce .

  7. 7 socio13 9 décembre 2008 à 5:59

    je reçois à l’instant assortis de photos d’une immense manifestation, le texte suivant de la jeunesse communiste grecque, texte que j’ai rapidement ttraduit.

    Les mécanisme manifestes et “occultes” de la répression seront mis en échec finalement

    Nous saluons les milliers de jeunes, de travailleurs, d’étudiants des écoles et de l’Université qui ont participé et se sont manifesté avec les grandes masses du KKE (Parti communiste grec) et de la KNE (jeunesse communiste), en faisant état de leur indignation devant l’assassinat de sang froid d’un jeune de 15 ans appelé Alexis et la violence de la répression étatique.

    Nous exprimons à tout le peuple et à la jeunesse greque notre condamnation face à l’organisation d’un plan d’intimidation, la création d’images de chaos, d’incendies et desastres qui n’ont rien à voir avec les explosions spontanées de rage de la jeunesse. Nous sommes confrontés à un mécanisme bien rôdé des services de l’Etyat et des partir de la ploutocratie. L’effort pour attaquer et dissoudre le rassemblement du KKE et du KNE dans le centre d’Athènes est un échec.

    Nous insitons fortement sur la nécessité pour toutes les branches politiques de la jeunesse de prendre une claire position de condamnation de ce mécanisme. Tout cela est créé pour que de nouvelles mesures répressives soient prises contre le mouvement ouvrier. Ceux-ci bien connus provocateurs avaient pour couverture le bloc de SYRIZA tout le long de toute la manifestation. ce sont ces forces là qui patronnent les provocateurs et pêchent en eaux troubles qui nourrissent la lutte contre le mouvement des jeunes et les ouvriers.

    L’unique réponse appropriée est que le peuple et la jeunesse ne baissent pas la tête. Il est plus nécessaire que jamais une réponse du mouvement organisé, politisé, contre le pouvoir des monopoles et l’impérialisme.

    - que tous aujourd’hui et demain participent aux manifestrations organisés par les syndicats d’écoluiers en lutte dans toutes les villes de grèce.

    - Que tous participent à la grève générale de mercredi

    Les mécanismes manifestes et “occultes” de ré&pression seront mis en échec.

    Atenas, 8-12-2008

    Office de presse du CC de la KNE

    ————————————————

    From: Communist Youth of Greece, (KNE), Tuesday, December 09, 2008

    http://www.kne.gr , mailto:int@kne.gr

    deuxième texte quelques heures après de la même source:

    Déclaration du Bureau de Presse du Conseil Central de la Jeunesse Communiste de Grèce (KNE)

    Sur l’assassinat d’un jeune de 15 ans

    Nous condamnons l’assassinat du jeune de 15 ans Alexis Grigoropoulos par un policier à Exarchia (quartier du centre ville d’Athènes).

    Les responsabilités de la direction de la police sont très lourdes.

    Ceci est clairement le résultat des orientations et de la formation réçue par les forces de sécurité, qui visent le « peuple ennemi », le mouvement populaire, le mouvement des travailleurs et des jeunes en lutte.

    La répression de l’état va de paire avec les attaques contre la vie et contre les droits des jeunes travailleurs, des attaques contre l’enseignement et contre l’horaire de travail avec la flexibilisation des relations du travail. L’objectif de cette répression est d’intimider les ouvriers, les salariés, les écoliers-étudiants et la jeunesse général.

    Les incendies et les destructions n’ont rien à voir avec le mouvement populaire des masses. Ces événements ne servent qu’à légaliser le climat de terrorisme qui règne aujourd’hui. C’est un alibi pour la politique de la Nouvelle Démocratie (parti au gouvernement), de la même manière que cela l’a été pour la politique des gouvernements précédents, dont l’objectif est clairement la répression du mouvement populaire et des travailleurs.

    La seule réponse à cette situation ne peut être que le mouvement populaire organisé, la mobilisation organisée et combative des jeunes. Celui-ci doit montrer les véritables raisons et les responsables dans l’état de la situation. Il ne faut pas faire comme par le passé lors de la torture des immigrés ou dans le cas des violences policières à l’encontre des jeunes étudiants à Thessalonique. Nous appelons l’ensemble des jeunes à montrer leur indignation, leur opposition et leur condamnation et par une lutte organisée et en revendiquant que les responsabilités politiques et pénales soient établies. La jeunesse doit fermer les écoles, les Universités, les hautes écoles et les écoles de promotion sociale. On encourage toutes les organisations de masses à voter la condamnation des services de répression et d’organiser des manifestations. La jeunesse doit prendre part massivement et de manière organisée, ensemble avec le mouvement populaire et le mouvement des travailleurs : Au rassemblement contre le terrorisme d’état.

    Athènes, 7-12-2008, le Bureau de Presse du CC de la JCG (KNE)

    *End*

  8. 8 Patrice Hénin 9 décembre 2008 à 10:27

    On savait que la pilule existait, et ce que cela représentait, et pourtant, elles n’osaient pas la demander à leurs médecins, trop tôt, 1967.

    On savait que de Gaulle avait été le sauveur de la France, mais c’est la France qui n’arrêtait pas de le sauver, de le récuperer, 2 mètres de poussière à l’Elysée.

    On devait fumer aux WC, à l’école, “mais on ne savait pas”, comme dit la publicité anti-tabac. Simplement, on ne pouvait pas aller aux toilettes, pendant que le “surgé” fumait dans la cour.

    On savait que l’Amérique avait libéré le monde “libre”, et qu’elle continuait encore et encore, au Vietnam, le droit de ce peuple à disposer de lui-même.

    Il fallait se forcer à faire des boums avec de la sangria, le samedi soir, jusqu’à vomir, alors que l’herbe était si douce.

    Et puis, des étudiants de Nanterre en grève dans l’indifférence générale, voient leur fac fermée.
    Ils vont à la Sorbonne.
    la police matraque, matraque, avec sadisme, dans la nuit du 6 au 7 mai.
    La photo de la jeune fille à terre, trois CRS-SS s’acharnant sur elle, fait le tour des kiosques à journaux le 7 mai au matin.

    Alors, les français horrifiés laissent les jeunes se réfugier dans les appartements rue Saint-michel, se mettent en grève, ne savent pas vraiment dire pourquoi, mais seulement qu’il le fallait, parce que cela ne devait plus être possible., alors que tout semblait devenir possible.

    A cause de trois matraques de trop.

    Hier, à 19 ans, j’ai vu, un peu participé dans le CAL (Comité d’Action Lycéen) du Raincy, en mai 1968.

    Je criais avec les autres “CRS ! SS !”

    demain, je crierai, “Sarkozy ! Pire qu’un nazi !”

    Et tout sera possible.

    patrice Hénin


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