L’ére du new labour est terminé, Face à la crise, le gouvernement britannique est prêt à taxer les riches

plabour2Le ministre des Finances britannique a présenté ce 24 novembre les grandes lignes de son prébudget 2009-2010. Alistair Darling, d’un ton sombre dicté par les circonstances, l’entrée en récession de la grande Bretagne, a décrit en détail devant les parlementaires la nécessité d’un grand virage à gauche. Que l’on se rassure ce n’est pas encore la prise d’assaut de Buckingam Palace, mais un retour à des recettes social démocrate ce qui fait hurler d’indignation les conservateurs….  Paris et berlin ont aussitôt pris leur distance, sans pour autant dire comment ils s’y prendraient pour sortir la zone euro de la récession.

En premier lieu, Alistair Darling a reconnu que les prévisions de croissance optimistes qui avaient marqué les budgets du New Labour n’étaient plus d’actualité en raison de l’entrée en récession. Pendant plusieurs années, des décennies, le New Labour avait été  convaincu d’une stabilité permanente du capitalisme, il avait pris comme tant d’autres la bulle de l’immobilier pour un accroissement continu de la prospérité. C’était une illusion.

Face à cela, le labour doit jeter son bonnet de gestionnaire fidèle du capitalisme par dessus les moulins.  Il avait promis de n’emprunter que pour investir. Aujourd’huin Alistair Darling invente “une règle temporaire de fonctionnement”: laisser glisser les déficits et emprunter autant que l’exige la situation.

Mais le pire, ce qui a littéralement cloué sur leur banc  les conservateurs  a été la rupture avec le sacro saint principe de ne pas imposer plus les riches. Ils l’ont dit, crié: où va-t-on si les travaillistes se prennent au sérieux et prétendent défendre les travailleuirs.

Alistair darling va  notamment proposer, à partir de 2011, une hausse du taux d’imposition sur la fortune, qui passera de 40 à 45 % pour ceux dont les revenus excèdent 150 000 livres par an (180 000 euros). En augmentant l’impôt sur la fortune, le chancelier Alistair Darling “rompt un tabou vieux de quinze ans au New Labour”, note The Guardian.  Désormais, “l’ère du New Labour est révolue. Bienvenue à la social-démocratie”, se réjouit Polly Toynbee, chroniqueuse du quotidien The Guardian. Elle se félicite du choix de “taxer les riches et d’accroître les dépenses pour protéger l’emploi”.

Avec ce plan d’un montant de 20 milliards de livres [environ 23,5 milliards d'euros], le Parti travailliste suit enfin sa vraie nature, soupire de soulagement The guardian, alors que le Parti conservateur défend les intérêts des riches. Certes, reconnaît Toynbee, le plan travailliste n’est pas pour autant révolutionnaire mais il est chargé de sens au niveau symbolique. “L’histoire dira qu’hier fut un tournant : le Labour a déployé sa vieille bannière pour la justice sociale et les conservateurs ont choisi de foncer dans la bataille. Les uns comme les autres prennent un risque en abandonnant le champ du centre, mais, à présent, les électeurs ont vraiment le choix.” “Beaucoup de gens à gauche désespéraient de voir un gouvernement travailliste réintroduire une politique fiscale de gauche. Le Trésor a dû faire un virage à 180° en raison de la détérioration des comptes publics causée par la récession et le coût du plan de relance inscrit dans ce prébudget”, souligne le journal londonien. Le projet s’inscrit dans un plan de relance budgétaire qui prévoit par ailleurs une baisse immédiate de la TVA de 17,5 à 15 %. L’objectif est de faire repartir la consommation et de limiter la récession.”

En revanche, le quotidien conservateur Times fait l’éloge posthume de ce que fut le new labour:  “C’était trop beau pour durer. Pendant un peu plus de dix ans, le parti de centre gauche du Royaume-Uni New Labour a tourné le dos à la bêtise économique du passé. Il s’était rendu compte qu’il pouvait proposer aux électeurs un mélange détonant. Il est devenu non seulement le parti de la justice sociale, mais également le champion sans vergogne du progrès économique et de la promotion individuelle. Mais, placé devant des choix difficiles en ces temps de grave crise, il a abandonné ses nouveaux dogmes pour d’anciennes certitudes. Le principal attrait de la nouvelle formation était sa prétention à la compétence économique et à la prudence budgétaire, une philosophie qu’il a mise en pratique durant ses années au pouvoir et qui a reçu pendant longtemps une large adhésion. Le New Labour était convaincu que la création de richesses et la justice sociale étaient interdépendantes. Il était, pour reprendre les termes d’un de ses dirigeants, “intensément à l’aise avec l’idée que les gens puissent devenir scandaleusement riches”. Il avait décidé de ne pas relever le taux d’imposition des plus hauts revenus : lors de trois élections, ce fut un engagement qui symbolisait le fait qu’il partageait désormais les espoirs et les ambitions des familles des classes moyennes.”
A l’époque de Blair, les travaillistes s’étaient à plusieurs reprises engagés à ne pas augmenter les impôts sur le revenu ou la fortune.

Mais que l’on se rassure :  Paris et Berlin rejettent le choix de Londres

Mesure centrale du plan présenté par le ministre des Finances britannique, Alistair Darling, la baisse de la TVA de 17,5 à 15 % jusqu”à la fin 2009 au Royaume-Uni a d”emblée été rejetée par Paris et Berlin, rapporte le Financial Times. “Cette décision anéantit tout espoir d”un plan de relance budgétaire rapide et coordonné des plus importantes économies d”Europe”, commente le quotidien économique. A l”issue de sa rencontre, hier, à Paris avec le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré qu””une baisse générale de la TVA [était] peut-être la réponse choisie par certains pays, mais pas par la France ni l”Allemagne”.

Les deux dirigeants en sont certes au refus commun mais ils n’ont pas jusqu’à ce jour élaboré la moindre réponse  commune sur la façon de protéger la zone euro de l”impact de la récession.(1)

DB

(1)D’ailleurs notre Président, qui commence à gonfler tout le monde en réunissant n’importe qui à n’importe quel moment sans que personne n’en voit réellement l’utilité, laissera un souvenir impérissable aux autres dirigeants de l’Union européenne.  Alors qu’il est président en exercice de l’Union européenne, il a annoncé qu’il allait rencontrer le dalaï lama en Pologne pour y célébrer avec un autre vieux réac calotin , Lech Walesa, l’anniversaire de leurs prix Nobel. A l’annonce de ce camouflet, la Chine qu refuse toute atteinte à son intégrité territoriale a suspendu la rencontre qu’elle devait avoir avec les dirigeants de l’Union Européenne. L’ennui est qu’il y avait un certain nombre de gouvernement qui tendaient déjà la sébille… Quand je pense qu’il se trouvera des crétins en particulier à gauche pour lui donner crédit de cette stupidité…

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