La conférence de section qui se tenait le week-end dernier a approuvé à 100% les orientations et le rapport d’activité. La section s’était prononcée très majoritairement pour le texte alternatif “Faire vivre et renforcer le PCF”. Reconstruire nos organisations de base, reconstituer une implantation communiste pour mener les luttes : le témoignage de notre camarade Jean BAUS, secrétaire de la section de Jarny en Meurthe-et-Moselle.
Lire aussi l’article dans le Républicain Lorrain du 24 novembre.(1)
Le nord de la Meurthe-et-Moselle et l’ouest de la Moselle sont des terres de forte implantation communiste : c’est un ancien bassin minier et sidérurgique, autour de Longwy, Briey, Homécourt, Audun-le-Tiche, Gandrange. Une bonne partie de l’activité militante se faisait sur le lieu de travail : je travaillais aux aciéries de Gandrange qui comptaient encore en 1980 près de 11.500 ouvriers, et à l’époque chaque atelier avait sa cellule du Parti ! Mais la Lorraine a été frappée de plein fouet par la crise des années 1980 et les délocalisations : « charbon et acier trop chers à produire, comme on disait à Bruxelles ou à Paris, il faut bien s’adapter ». Les mines ont fermé les unes après les autres en Lorraine et SACILOR, nationalisée à cette époque, les socialistes sous la houlette de Mitterrand, se sont mis à licencier par milliers les travailleurs de Sacilor. Le Parti s’est retrouvé dans la tourmente : c’est toute sa base militante qui était touchée par les « restructurations ». Par-dessus le marché, c’était l’époque de notre première participation au gouvernement avec les socialistes : fallait-il rester en coalition avec des gens qui nous licenciaient ? Beaucoup de camarades sont partis, beaucoup de sections se sont mises à vivoter. La « Mutation » engagée à partir de 1994 n’a rien fait pour arranger les choses : nouvelle fuite de militants à cause de la deuxième participation au gouvernement avec les socialistes dans la « gauche plurielle », beaucoup d’élus qui ont quitté le Parti … En 2001, nous perdons la mairie de Villerupt, en 2002 c’est la catastrophe des présidentielles et aux législatives qui suivent notre candidat ne réalise que 12,7 % à Jarny. Est-ce la fin du PCF, comme l’espèrent le MEDEF et tous les médias ?
Quand j’ai pris la tête de la section de Jarny en janvier 2005, nous partions de bas. Quelques chiffres et quelques exemples : il y avait à cette date 22 camarades encartés dans le Jarnisy, et la moyenne d’âge était très élevée. Certains d’entre eux étaient directement rattachés à la fédération, d’autres figuraient sur les listes mais ne payaient plus leurs cotisations depuis bien longtemps. Il n’y avait plus aucune activité politique, les tracts que le national ou la fédération nous envoyaient partaient par milliers directement à la poubelle, les finances étaient dans le rouge, nous avions l’huissier sur le dos, on nous avait coupé le téléphone et dans la trésorerie il y avait 2,32 euros. Bref, à Jarny, notre Parti était à l’agonie.
Nous nous sommes remis au travail avec détermination, pour redonner une visibilité au Parti dans le Jarnisy et lui rendre sa raison d’être : entraîner les travailleurs pour battre et dépasser le capitalisme. Nous sommes d’abord allés voir les camarades qui avaient quitté le Parti ou qui ne payaient plus leurs timbres : cela nous a permis de refaire un peu nos forces. Mais c’est le référendum sur la « constitution » européenne en 2005 qui nous a donné une première occasion de nous manifester, et nous a vraiment remis le pied à l’étrier : nous avons fait campagne contre l’Union Européenne des capitalistes et pour l’indépendance des peuples.
Ce qui fait aujourd’hui la force de notre implantation, c’est l’activité militante que nous avons réussi à déployer. Nous nous efforçons d’être présents sur tous les terrains de lutte de la région : un des derniers exemples en date, les aciéries de Gandrange, désormais propriété d’Arcélor-Mittal, où pendant quatre jours au mois de juin nous avons soutenu financièrement et par notre présence les travailleurs qui se battaient pour défendre leurs emplois.
Mais le combat communiste, c’est aussi aller à la rencontre de la population et confronter nos projets et ses attentes : dès 2005, nous avons beaucoup misé sur la propagande et sur l’action auprès des habitants du Jarnisy. En plus des tracts et des pétitions que nous faisons signer régulièrement, nous distribuons sur les marchés et dans les boîtes aux lettres notre journal de section, L’Avenir, qui a vu le jour en avril 2006 : nous en sommes aujourd’hui au numéro 19, et nous l’écoulons maintenant à 4000 exemplaires. Nous avons également créé un journal « Spécial Jeunes » que nous distribuons devant le lycée Jean Zay de Jarny à 600 exemplaires, deux à trois fois par an, en présence de camarades élus quand leur emploi du temps le leur permet. On peut être élu sans pour autant renier qu’on est aussi avant tout militant communiste ! Le bureau de section assure par ailleurs des permanences tous les vendredis à la Maison du Peuple de Jarny, qui nous permettent de coller aux plus près des attentes de la population : nous avons même réussi que le quotidien régional, Le Républicain lorrain, annonce chaque semaine les horaires des permanences dans ses pages locales !
Les campagnes présidentielles et législatives de 2007 ont été très difficiles pour nous : c’était la période de la « gauche populaire antilibérale », il ne fallait surtout plus prononcer le mot « communisme » ou se réclamer de celui-ci. Nous avons donc décidé de mener localement la campagne que la direction du Parti refusait de faire à l’échelle nationale : nous avons porté bien haut les couleurs du PCF ; en tant que militants communistes, nous avons utilisé ces élections comme une tribune pour porter notre combat de classe et si possible faire élire des camarades aux postes de responsabilité pour changer le quotidien des travailleurs.
Service minimum donc pour les présidentielles, vu que nous n’avions pas de candidat communiste à soutenir, et concentration de tous nos efforts sur les législatives. Nous avions comme candidat notre camarade Jacky Zanardo : on a su mobiliser tous les camarades de la section, ainsi que des élus communistes et non communistes autour de lui pendant plus de 6 mois. Jacky avait comme suppléante Monette Cascinelli, maire de Moutiers, un choix fort apprécié par tous les camarades. La section du Jarnisy était chargée d’assurer la campagne dans une cinquantaine de communes de la circonscription sur un périmètre de plus de 70 kilomètres. La majorité de ces localités n’avaient plus vu un militant communiste depuis plus de 18 ans !
Nos efforts ont payé, nous sommes redevenus crédibles. Depuis janvier 2005, nous avons réalisé 58 adhésions ou ré-adhésions. Surtout, le PCF redevient pour les habitants du Jarnisy un parti utile. Il suffit de regarder le résultat des derniers scrutins pour s’en convaincre ! Aux dernières législatives, notre camarade Jacky Zanardo a réalisé 35,7% à Jarny (à comparer aux 12,7 % de 2002) et sur le canton de Conflans 24.41% (en 2002 : 9.83%). Aux municipales de cette année, Jacky a conservé la mairie de Jarny dès le 1e tour, notre camarade Evelyne Didier a conservé au Parti la mairie de Conflans également dès le 1e tour, et nous réussissons même à gagner les mairies de Joudreville et Hatrize.
Etre communiste c’est se remettre en cause tous les jours pour faire avancer les idées révolutionnaires dont nous sommes porteurs.
PCF 54 – J.Baus: «On veut la clarté»- Interview au Républicain Lorrain
POLITIQUE pcf du jarnisy
Jean Baus : «On veut la clarté»
En prélude à la conférence départementale du 6 décembre à Auboué, la section Jarnisy du Parti communiste s’est réunie samedi à Jarny. Détail des travaux de cette matinée avec son secrétaire, Jean Baus.
En quoi a consisté cette matinée de travail ?
«Cette conférence participe à la marche normale de notre section, en vue de la conférence départementale, le 6 décembre à Auboué, et du 34e congrès national, les 11, 12, 13 et 14 décembre à Paris. Nous avons réalisé le rapport d’activités de la section du Jarnisy du Parti communiste français, depuis février 2006, soit avant notre précédent congrès, en présence de Jacky Zanardo, Olivier Tritz, Evelyne Didier, Jean-Marc Léon et de multiples élus du secteur. Un deuxième temps a été consacré à notre orientation politique. C’est un point très important, car trois motions ont été présentées au niveau national : la motion du conseil national et deux autres, s’y opposant. Notre section a personnellement défendu l’une ces deux dernières. Les deux motions opposantes ont fait 40 %, contre 60 % pour le texte national. Mais cela ne représentait qu’un tiers des votants à l’échelle de la France. Nous allons maintenant essayer de faire amender cette motion nationale, soit à la conférence départementale, soit au congrès national.»
En quoi la motion que vous soutenez diffère-t-elle ?
«Nos divergences sont nombreuses : nous sommes pour la nationalisation de la sidérurgie et d’EDF-GDF ; pour un Smic à 1 500 € net. C’est le programme du Parti communiste qui est remis en cause au niveau national. Il existe quelques forces qui veulent en faire un parti d’alliance, comme le Linkspartei en Allemagne. Et ça, nous n’en voulons pas. Nous souhaitons la plus large ouverture à ceux qui veulent le changement et aux forces progressistes, au 2e tour. Mais, au 1er tour de toute élection, nous revendiquons notre autonomie.
Nous n’avons pas eu de candidat PC aux élections présidentielles. Marie-George Buffet s’est présentée sur les valeurs anti-libérales et il y a eu confusion. C’est vrai qu’au niveau national, ça a été un échec, mais parce que ce n’était pas clair. On veut la clarté.»
Et localement, comment se porte la section du PCF ?
«Je ne donnerai qu’un seul chiffre : depuis la dernière conférence en mars 2006, nous avons gagné 58 adhérents. Même si nous avons eu un décès et une mutation, nous avons ressenti une très forte progression et surtout un rajeunissement qui prouve l’activité de la section : beaucoup de jeunes d’une trentaine d’années nous ont rejoints. Notre force principale est la permanence que nous tenons tous les vendredis de 16 h à 18 h. Avant, elle ne durait qu’une heure, mais avec les personnes que nous recevons, cela ne suffisait plus. La majorité des nouvelles adhésions se sont faites là. Notre bureau se compose de dix personnes : j’en suis le secrétaire avec deux secrétaires adjoints, Pascal Galantini pour Jarny, et Jean-Marc Satambrogio pour Conflans. Elise Baus est trésorière. Quant au reste de la répartition des fonctions, elle est encore à déterminer lors d’une prochaine réunion. Avant, celles-ci se faisaient le vendredi, tous les quinze jours. Cela va probablement changer : nous avons désormais beaucoup de jeunes qui travaillent, alors qu’auparavant il s’agissait surtout de retraités. Nous allons donc devoir adapter le rythme.»
X. J.

Un seul mot: bravo!!! bravo camarades, pour votre courage et votre ténacité, je suis fière d’être communiste en lisant ce témoignage.
je crois que l’essentiel de ce témoignage est que ces communistes là ne se sont pas enfermés sur eux-mêmes et leurs divisions stériles, ils sont allés à la rencontre de ceux qui avaient besoin des communistes, de leur combat, de leur aide…
Danielle bleitrach
Pendant que les liquidateurs et ceux qui les écoutent sans broncher “débattent”, des militants communistes se battent et font vivre leur parti.
Bravo à ces camarades qui prouvent que le déclin du socialisme et du communisme non seulement ne sont pas gravés dans le marbre, mais qu’il peut être vite inversé, pour peu qu’on en ait la volonté politique, ce qui manque aux carriéristes liquidateurs alignés sur le parti des bouffons roses
Je démissionne tous les soirs du parti communiste pour
y ré-adhérer tous les matins.
— Aragon.