Aujourd’hui a lieu la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Neuf ans après sa création, par l’Assemblée générale des Nations unies, la réalité demeure dramatique.
En 2007, elles étaient 137, en France, à décéder des suites de violences. Un chiffre alarmant mais qui n’est pas révélateur de l’ampleur réelle de ce phénomène.
En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son mari ou de son compagnon.
La violence touche tous les âges : enfants, adolescentes ; tous les lieux : rue, travail, domicile, et tous les milieux sociaux. Un phénomène qui est donc omniprésent et polymorphe : de la cellule familiale au couple en passant par le milieu du travail, les femmes sont constamment victimes de violences physiques, sexistes, sexuelles et psychologiques. Une multiplicité qui se matérialise au travers d’insultes et d’humiliations pour les agressions verbales ; d’actes de barbarie au nom de coutumes culturelles, telles que l’excision et l’infibulation, qui sont des mutilations sexuelles consistant en l’ablation du clitoris et en la fermeture du vagin par sutures ou agrafes ; d’agressions sexuelles, ou encore de coups et blessures. Autant d’actes ignobles et honteux qui sont perpétrés chaque année : 65.000 femmes et fillettes mutilées ou menacées de l’être, une femme sur six subit des pressions psychologiques au travail, 260.000 femmes victimes de violences sexuelles hors ménage, 130.000 viols, 70.000 adolescentes menacées de mariage forcé.
Le problème estcertes conjugal mais il est aussi social, les femmes n’ont pas de lieu où se replier, pas de protection réelle, leur salaire est 30% inférieur à celui des hommes, leur emploi est plus précarisé, alors qu’elles sont plus diplômées. Si elle veulent paertir elles se heurtent à une Insuffisance des moyens A l’heure actuelle, la France ne compte que 2.000 logements d’accueil alors que l’Allemagne en dispose de 40.000.
Et l’assemblée nationale organise une minute de silence pour saluer la mémoire de l’un de ces bourreaux: à quoi sert cette Journée, une hypocrisie de plus ?
Il y aurait beaucoup à faire dans le domaine des violences faites aux femmes, notamment un accès plus facile à des thérapies psychologiques qui permettent de comprendre et de relativiser ce qui est arrivé dans notre enfance et qui peut ressortir à l’âge adulte. Ceci afin de briser le cercle des répétitions à travers la succession des générations. Un homme périt sous les coups de sa compagne tous les 14 jours, le problème est partagé.
sans vouloir pinailler je vous signale qu’une morte tous les trois jours c’est un peu différent d’un mort tous les 14 jours et en général quand la femme se décide à tuer son époux c’est dans au moins la moitié des cas quand elle se sent menacée, elle ou ses enfants.
Mainteant je suis bien d’accord sur le fait que la brute machiste est probablement une victime, Hitler aussi devait avoir des excuses dans sa petite enfance. En règle générale cependant la brutalité est socialisée, acceptée, encouragée même comme une preuve de virilité. Et avant hitler il y a eu l’impunité pour les grosses brutes d’anciens combattants haineux d’avoir perdu la guerre qui ont assassiné Rosa Luxembourg et karl Liebnicht… Donc ce n’est pas seulement la petite enfance mais toute la société qui est en cause.
Danielle bleitrach
“Un homme périt sous les coups de sa compagne tous les 14 jours, le problème est partagé.” Oui, c’est vrai que l’homme est une victime, on ne le dit jamais assez…Les femmes, supérieures physiquement, harcèlent les hommes à leur travail, les sifflent dans la rue, les tabassent pour un oui ou pour un non, les obligent à rester à la cuisine ou à la maison pour s’occuper des gosses, vraiment, il faut faire quelque chose contre les hommes maltraités qui périssent sous les coups de leur compagne…
C’est tout un ensemble de volonté de tourner les gens vers la consommation, la concurrence de tous avec tous au lieu de privilégier le dialogue, la réflexion, la connaissance de soi qui mine notre société et qui ne créent pas les conditions pour dissoudre les conflits dont les violences faites aux femmes dont vous parlez aujourd’hui. Je ne sais plus quelle penseuse ou quel penseur qui disait que l’amour dans la société capitaliste était devenue une illusion car en contradiction avec le principe “des eaux glacées du calcul égoïste”.
la concurrence a bon don, l’espèce de salopard qui frappe sa femme mérite le pire… J’ai eu une amie qui une seule fois a été battue par son mari… dans la nuit elle a pris un rasoir et elle a tenu les bijoux de famille entre ses doigts en disant à la brute: “Tu vois si tu me touches encore une fois dis-toi bien que tu seras obligé de t’endormir alors je te le trancherai…” Le type a préféré divorcer il n’était pas sur de pouvoir se retenir de la battre, il est allé porter “sa virilité” ailleurs et ma copine a été libéré…
Danielle bleitrach
vous savez, les violences faites aux femmes ne datent pas d’aujourd’hui, donc je ne sais pas si c’est pertinent de faire un lien avec notre société d’aujourd’hui…
ma petite Astrée, tu es trés jeune alors écoute l’expérience de ton aînée: si tu laisses faire un homme une seule fois, il recommence… La règle absolue c’est donc de l’empêcher et de philosopher après… Surtout ne le laisse jamais te raconter qu’il est victime d’un malheureux enchaînelment de circonstances, que dans son âge tendre il a beaucoup souffert de voir sa maman battue par son papa… Il faut savoir interrompre ce genre de traditions, les étouffer dans l’oeuf… Moi je me souviens mon premier mari a esquissé un geste, il y avait sur une étagère de la bibliothèque une baÏonnette de la guerre de 14-18, je l’ai sortie de son fourreau et j’ai poursuivi ce garçon dans les escaliers sabre au clair… Et j’ai divorcé aussitôt… C’est la seule solution. Et il ne m’avait même pas touchée, mais il faut considérer seulement le geste comme irreversible, ne jamais pardonner… Il recommencera et avec de plus en plus de sadisme, de plus en plus de lâcheté…
On t’éduque à accepter les coups, on te dévalorise… Pour un psy ce genre d’individu a des excuses mais pas pour la victime qui doit être impitoyable…
En ce qui concerne l’histoire j’ai placé un texte de marx sur les femmes où il affirme que c’est à la manière dont l’homme traite la femme que l’on mesure son dégré de civilisation, parce qu’à travers la femme c’est lui-même qu’il respecte ou méprise.
Danielle bleitrach
Il faut bien voir que la sexualité et l’agressivité sont très liées tant au plan neurologique que symbolique. Que tout le monde est fortement et personnellement impliqué dans cette question. Certains comportements sont intolérables. L’important est de se poser les bonnes questions, celles qui font avancer. Les hommes sont plus majoritairement plus impliqués comme auteurs dans le cadre des violences liées à la sexualité et l’amour que les femmes. Est-ce pour autant qu’en traitant globalement les hommes de bourreaux et les femmes de victimes que l’on améliore la situation ?
Parlons concrètement de politique, de moyens à mettre en oeuvre, de lieux d’accueil, d’écoute psychologique, d’épanouissement des personnes, que préconisez-vous à ce sujet ?
je suis tout à fait d’accord avec toi Danielle, c’est pour ça que j’ai réagit avec ironie au message de “connexion” (qui doit être un homme, pour parler comme ça…)Je suis communiste ET féministe, l’un ne va pas sans l’autre d’ailleurs, pour moi être féministe signifie prôner l’égalité entre l’homme et la femme, non une égalité de nature (car qu’on le veuille ou non, l’homme est supérieur en masse musculaire à la femme, à part de rares exceptions, et profite d’ailleurs de sa force pour intimider ou brimer les femmes) mais une égalité juridique.
C’est un peu fort de café de pleurer sur le sort des hommes battus quand on sait que la femme a depuis la nuit des temps -et a fortiori depuis l’invention du christianisme- été considérée comme un être inférieur, dû à la “faute originelle” (le péché d’Eve, dans l’Ancien Testament, qui fait de la femme une pécheresse squi doit racheter sa faute en premier lieu par l’accouchement dans la douleur…Inferiorité d’Eve et soumission à Adam, lui qui est “fabriqué” directement par Dieu…)
Cette infériorité de la femme a d’ailleurs été véhiculée par les deux autres religions monothéistes (le voile de Marie Madeleine, on le trouve sous d’autres déclinaisons dans les deux autres Livres sacrés).
Donc s’il vous plaît monsieur ou madame Connexion, un peu de décence, et de lucidité…en fait ça me fout hors de moi de lire tant d’hypocrisie au sujet des rapports hommes femmes…
Et Danielle, ne t’inquiète pas, je ne suis pas femme à me laiser faire, si on cherche à me cogner, je cogne encore plus fort (sauf si je me retrouve devant un gaillard de 2 mètres…Là, c’est embêtant…:) )
bises à toi
Astrée
Il ne me viendrait jamais à l’idée de traiter tous les hommes de bourreaux, pas plus que de criminels, ce serait abominable d’imaginer un tel destin, alors que la relation du couple est l’une des plus riche qui soit… mais il s’agit de bien marquer qu’il existe des comportements délinquants que la société tolère et contre lesquels elle n’intervient pas, n’apporte aucune aide aux victimes.
Maintenant que les femmes ont un emploi la situation s’est améliorée puisque une femme peut se nourrir et nourrir ses enfants hors du cadre domestique. Donc tout ce qui libère la femme de l’enfermement domestique est bon, en particulier, l’éducation, la formation et les salaires égaux.
Par ailleurs comme je le souligne dans l’article il n’y a pas assez de lieux d’accueil ou une femme menacée puisse se réfugier avec ses enfants. Il me semblerait important qu’il y ait dans ces lieux d’accueil des possibilités de thérapie parce qu’une femme battue a été en général préparée par son bourfreau à subir les coups, à être dévalorisée, il faut qu’elle se reconstruise… Mais les femmes sont fortes pour la plupart d’entre elles et elles peuvent mener à bien ce travail si on leur assure dans le même temps des conditions matérielles décentes, en particulier au niveau du logement.
Honnêtement je ne crois pas qu’un couple puisse se reconstruire après des passages à l’acte répété, c’est prendre le risque inévitable de la rechute… Alors si le couple veut tenter l’aventure je crois qu’il doit faire l’effort de chercher psy, thérapie et je ne crois pas que l’on doive les forcer à y aller pour maintenir le couple.
là Connexion, je vous suis mieux…Mais ce n’est pas en prônant l’Amour et la “fraternitude” que les violences faites aux femmes vont se régler;..
Malheureusement je crois qu’il faudrait un sacré changement de mentalité, il faudrait détricoter tout ce qu’on a inculqué aux petites filles (chez moi si tu porte une jupe t’es une pute) et aux petits garçons (vroum vroum les beaux camions et les flingues en plastoc pour les ptits gars)…Justement en ce moment j’étudie un traité de pédagogie du XIVe siècle,le père, chevalier apprend à ses filles qu’il ne faut pas se vêtir de façon trop légère pour pouvoir plaire au garçon, pour qu’elle soit une “fille bien” (à l’inverse d’une “fille légère”, justement…héhé…). Mais c’est pareil pour le garçon, il ne doit pas s’habiller trop léger, ne pas dévoiler son corps de jeune adolescent susceptible de révéler ses attributs masculins naissants…Le vêtement au moyen âge cache la nudité de l’homme et de la femme, ça remonte à la Bible toutes ces histoires (voire avant?? sûrement…), en se rendant compte de leur nudité, pris d’une honte soudaine, Adam et Eve mettent des habits, après avoir goûté au fruit de la connaissance…bref..Je digresse…:)
Donc sûrement que le respect de la femme passe par l’éducation, c’est primordial, ça m’aurait évité bien des désagrément étant ado, si les gars avaient été mieux éduqués, et n’avaient pas fait l’équation femme = salope (sauf ma soeur et ma mère). C’est la vérité ce que je dis, hélas… Et je crois que cela traverse toutes les classes sociales…Chez les bourges aussi ça cogne,ça insulte ça méprise et ça rabaisse, mais on le voit moins…Et pourtant…
Donc, éducation dès le berceau, pas de formatage des petits garçons et des petites filles, s’éloigner du dogme judéo-chrétien-musulman qui fait de la femme un être nécessairement soumis…Alors peut-être, je dis bien peut-être, que les choses iront mieux…?
Danielle sur le plan individuel, vous avez raison, si un homme se met à vous frapper, il faut stopper net. Que proposez-vous à l’échelle collective qui devrait être importante pour vous qui êtes quelqu’un qui met ses espoirs dans ce que l’on peut appeler le communisme ? Ou alors pensez-vous que dans cette question, le collectif n’a pas sa place (ou n’a pas toute sa place) et que c’est à chacun de parcourir péniblement un cheminement qui peut éventuellement aboutir à une certaine plénitude qui permet un rapport apaisé avec l’autre sexe ?
Quel est votre avis à ce sujet ?
Je suis engagé dans une démarche individuelle de type psychanalytique pour des tas de raisons qui ne sont pas forcément en lien avec le sujet de ce soir et aussi parce que je regrette une colère inadmissible où j’ai hurlé, c’était la première et la dernière, mon ex-femme m’a quitté à la première colère. Elle a eu raison, j’avais complètement régressé à un stade infantile.
Astrée : La situation faite aux femmes dans le christianisme est intolérable, mais je vous prie de vouloir examiner la possibilité que je n’en sois pas responsable.
Les hommes sont les principaux responsables des violences liées à l’amour et à la sexualité, je le reconnais sans détours, mais abandonnons la victimisation et posons nous en sujet de notre propre histoire et avançons des propositions concrètes pour que cette hécatombe et ces violences s’estompent. Non ?
Oui je crois que la relation entre les hommes et les femmes ne lie pas seulement deux individus mais deux individus socialisés contraints par un cadre sociétal… Je crois que toute mon intervention dit cela… Par exemple, je considère que le service public est une grande question féministe. Avant les femmes devaient se charger de la totalité de l’éducation, des soins aux maladees par exemple. Avant le XIX e siècle, la femme meurt bien avant l’homme et ce ne sont pas les couches, mais les épidémies, la sous alimentation…
Donc il y a eu amélioration, et quel que soit le mal que l’on dit du socialisme, il a créé là aussi les conditions matérielles d’une libération, Todd explique cela…
Sur cette base matérielle se produit une évolution des mentalités et là-dessus je vous renvoie à ce magnifique texte de Marx publié ici, sur le rapport homme femme comme un rapport générique…
Nous avons porté en tant que femmes durant des siècles le poids de la réaction, mais nous l’avons entretenue, nous en étions les gardiennes autant que les hommes… Ma génération a été celle qui s’est engagé politiquement dans la lutte des classes et parrallélement dans des mouvements d’émancipation, qui ont bénéficié à tout le monde, y compris aux hommes qui ont eu des compagnes, des amis, des partenaires…
Votre femme a bien fait parce qu’il existe des femmes qui ne peuvent vivre avec un homme qu’elles méprisent, d’autres le peuvent parce que l’amour maternel pour l’enfant méchant l’emporte. Je crois que peu d’hommes mesurent à quel point une femme qui n’aime plus peut être impitoyable… Je epnse qu’il restera une part de différence entre les hommes et les femmes et c’est tant mieux, mais cette différence évolue, se transforme. Nous sommes “les hommes et les femmes des temps obscurs”, un jour les êtres humains s’étonneront de notre barbarie…
Danielle bleitrach
Je ne vous en tiens pas responsable, pas plus que mon mec ou mes amis masculins. Je sais faire la part des choses et je ne mets pas tous les hommes dans le même sac (ça n’aurait aucun sens).
Par ailleurs, le christianisme n’a pas le monopole de la violence -morale et physique- faite aux femmes, l’islam et le judaïsme ne sont pas en reste, ce sont des religions tout aussi abjectes dans leur traitement fait aux femmes.
Ce que dit Danielle est très clair: “une multiplicité qui se matérialise au travers d’insultes et d’humiliations pour les agressions verbales ; d’actes de barbarie au nom de coutumes culturelles, telles que l’excision et l’infibulation, qui sont des mutilations sexuelles consistant en l’ablation du clitoris et en la fermeture du vagin par sutures ou agrafes ; d’agressions sexuelles, ou encore de coups et blessures. Autant d’actes ignobles et honteux qui sont perpétrés chaque année : 65.000 femmes et fillettes mutilées ou menacées de l’être, une femme sur six subit des pressions psychologiques au travail, 260.000 femmes victimes de violences sexuelles hors ménage, 130.000 viols, 70.000 adolescentes menacées de mariage forcé.” Ces pratiques moyenâgeuses qu’elle dénonce, sont liées à des traditions qui vont même au-delà des religions, même si celles ci n’ont rien arrangé. Mais j’ai entendu dire de la part d’un ami malien que les mentalités évoluent, et les hommes sont de plus en plus conscients que la pratique de l’excision et de l’infibulation doivent impérativement cesser. Les consciences bougent peu à peu, donc…
Connexion, vous dites: “mais abandonnons la victimisation et posons nous en sujet de notre propre histoire et avançons des propositions concrètes pour que cette hécatombe et ces violences s’estompent. Non ?”: Je le répète, c’est en éduquant les enfants mais aussi les adultes, aussi bien hommes que femmes, que les choses changeront.
“Par exemple, je considère que le service public est une grande question féministe”: là je ne te suis pas Danielle: peux tu préciser? A moins que ton texte ait été coupé dans ce cas là j’attends avec impatience la suite de ton raisonnement.
bien fraternellement
Astrée
et bien voilà, j’ai ma réponse, et je suis tout à fait d’accord avec toi, Danielle!
Bonjour,
Le sexisme de l’homme à l’encontre de la femme remonte à bien avant l’existence des religions (christianisme, judaisme, islam, etc…).
Pour être plus précis, c’est un héritage de la société patriarcale (dans laquelle la femme se possedait tel un objet) qui s’est inclus dans les religions et qui subsiste encore partiellement aujourd’hui.
Comme le disait ce cher Karl Marx:
“Ce n’est pas la conscience qui détermine l’être mais l’être qui détermine la conscience”
Autrement dit, pour mettre fin à ce sexisme (et tout ce qui va avec) il faut d’abord changer les conditions matérielles des femmes et permettre ainsi une libération sociale.
Fraternellement.
Evgueni.