” Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.

sarkozy-napoleon-naboleon-7 Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a  pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé “.

Victor HUGO, dans ” Napoléon, le petit “

transmis par jacques Coignard pour le PRCF

2 Réponses vers “” Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.”


  1. 1 Marie 25 novembre 2008 à 8:22

    NAPOLÉON??!!
    Moi qui ne croyais pas à la réincarnation, voilà que je doute!!..
    Surprise à la lecture de la signature!confondant!!

  2. 2 Caius Gracchus 26 novembre 2008 à 11:55

    On doit toujours relire Victor Hugo.
    Mais comme je pense qu’il n’était pas doté du don de voyance (même si, parait-il, il pratiquait le spiritisme), si son portrait tombe aujourd’hui si juste c’est qu’il ne décrit pas finalement un homme précis, Louis Napoléon Bonaparte, mais bien un caractère politique, celui du bonapartisme régressif.
    Loin des discours sur la démocratie que nous servent les intellectuels de régime, on peut comprendre, rien que par ce petit texte, comment le “bonapartisme soft” est aujourd’hui le mode d’organisation politique dont la bourgeoisie à besoin pour éviter que ce soit mis en cause sa domination. (D’ailleurs Napoléon III ne fut il pas celui qui s’appuyait sur le suffrage universel (masculin) qui utilisait l’élection en plébiscite, transformant les citoyens en supporteurs.
    Comme quoi pour prendre le pôle “de gauche” du bonapartime soft, le mode de fonctionnement de Ségolène Royal, y compris dans ses postures putschiste à l’intérieur du PS, ne se comporte pas autrement que notre omniprésident (les éléphants du PS jouant ici, un rôle à peu près aussi progressistes que les que les Cavaignac et Lamartine…)


Laisser un commentaire