Le mépris des communistes ou l’opération Buffet et Mélenchon par danielle Bleitrach

buffet-gayssot-hueVoici plusieurs jours que je prévenais : le Congrès du PCf n’intéresse plus la direction de ce parti, leur problème est de mettre en place une architecture politicienne de sommet, des alliances pour les élections européennes. Il s’agit d’imposer aux militants des choix, des contenus, en particulier d’évacuer ce qui aurait pu être une question de congrès, à savoir la bataille pour la sortie de la zone euro, voire de l’union européenne (et en tout cas certainement de l’OTAN auquel est intégré la défense européenne et française). Alors même que comme on l’a vu au G20, et ces derniers temps, face à la crise du capitalisme la seule parade efficace se situe au niveau des nations, nationalisations, intervention des travailleurs, est-ce un hasard si ces questions ont été évacuées du congrès. L’alliance annoncée par le Monde du 18 novembre entre Melenchon et Marie georges Buffet, ce front dont l’ambition minable est seuelement “d’arriver avant le PS”, pourquoi faire, pour obtenir des places, pour quelle politique? Pour quelle manière de poursuivre en fait l’intégration européenne, accepter la politique de l’Union européenne qui nous a conduit à la crise?

Sur le fond, et je le dis avec d’autant plus de colère que j’ai par ailleurs de la sympathie pour certaines positions internationales de Melenchon: voilà vers quoi on nous conduit vers un contenu qui n’a jamais été discuté et ceci à la veille d’un congrès, sans même soumettre aux militants les choix. Sur la forme donc on conduit le PCFnon seulement vers une marche vers le link parti, l’intégration à une “gauche européenne” envisagée depuis longtemps, mais on le fait en accélérant l’éclatement du PCF par mépris des communistes et de leur congrès souverain.

Je n’arrive même plus à comprendre comment fonctionne la secrétaire nationale du PCF sans parler de sa garde rapprochée… Et Melenchon ? Est-ce qu’il ne se rend pas compte qu’un vent de fronde souffle dans le parti, que tout le monde en a assez de ces moeurs, il quitte le PS à cause des manipulations et vient contribuer à une manip digne du PS.

Nous sommes à la veille d’un congrès, la secrétaire du PCf, dont personne ne sait si elle était d’accord ou non avec sa garde rapprochée en pleine “métamorphose”, vu qu’elle est intervenue “courageusement” avant la publication du texte des métamorphosés dont elle avait connaissance depuis pas mal de temps. Ce qui lui permet une fois de plus de cultiver l’ambiguité. Non seulement on peut extraire comme l’a fait l’huma une phrase claire d’un galimatias ordinaire, mais les autres peuvent dire “elle est d’accord puisqu’elle ne répond pas” et ça fait des années que ça dure… Nicolas marchand a posé avec pertinence la question de l’intervention des “métamorphosés” et la “sortie” de Melenchon du PS. Ce qu’il faut mesurer c’est que tout cela ne date pas d’aujourd’hui et “les grandes manoeuvres” ont débuté avant l’été, la concordance ne peut pas être un hasard.

Le tout sur une fond de liquidation qui ne date pas d’aujourd’hui, avec le primat d’une union de la gauche, d’une gauche plurielle, qui ruine le parti de militant en leur substituant un parti “d’élus”, d’employés de cette gauche comme à Paris, des années qu’est appliquée partout la stratégie qui a donné les résultats que l’on sait en Seine saint denis et avec l’huma, des frères laurent, la démolition du parti, l’ambiguité, la censure de ceux qui ne sont pas d’accord, la parole donnée à la droite du parti exclusivement et l’invitation à ceux qui ne sont pas d’accord à quitter le parti.

Au niveau de la secrétaire nationale non seulement on laisse faire, on ne prend pas parti, on parle d’autre chose,mais désormais le mépris des militants grandit puisqu’on ne prend même plus la peine de respecter la procédure de leur consultation formelle et souvent manipulée. Puisque le congrès n’a pas tranché et on choisit pour eux une stratégie sur laquelle ils n’ont pas été consultés. On leur impose l’alliance M.G.Buffet et melenchon, un front livré clé en main sans débat. Cette prise de position commune de M.G.Buffet et de mélenchon est non seulement d’une rare indécence par rapport à ce que devrait être le respect du congrès souverain, mais elle éclaire l’opération des métamorphosés. Ces deniers sont apparus complétement incohérents, après s’être ingénié à faire voter la base commune y compris par fraude, ils la font voler en éclat le même jour où elle est adoptée. Pourquoi les principaux dirigeants du parti, le président du groupe communiste se lancent-ils dans pareille opération, si ce n’est parce que celle de mélenchon exige une accélération du calendrier et la déclaration commune de MGB et J.L.M n’en est que le prolongement.

En fait on renouvelle sur le fond et sur la forme la stratégie menée avec les collectifs anti-libéraux. C’était au dernier congrès qui s’était prononcé pour la candidature communiste aux présidentielles. Le lendemain Marie georges Buffet réunit quelques intellectuels et lance son affaire des collectifs. De deux solutions ou l’on mentait aux militants du congrès ou l’on mentait aux gens des collectifs qui ne voulaient pas d’une candidature communiste et on a vu le résultat, la division, la haine, l’affaiblissement du parti. Il est clair que la stratégie des collectifs anti-libéraux a été décidée par la direction du PS, elle était destinée à rassembler une extrême-gauche pour le premier tour en évitant les mécomptes de la candidature Jospin.

Et on remet ça.. A tel point que l’on  peut s’interroger sur qui est derrière Melenchon aujourd’hui ? Pourquoi melenchon et Dollez ne rentrent-ils pas au PCF ? Pourquoi au contraire prétendent-ils tirer celui-ci vers une “gauche européenne”, alors même que les militants communistes ne cessent de manifester leur volonté de conserver leur parti communiste ? Sans doute justement parce qu’il s’agit de ne pas tenir compte de cette volonté… Pourquoi une telle hate ?

Alors là tout prend un autre sens, l’intervention apparement inattendue, incongrue des “métamorphosés, qui ont le culot d’en appeler à la “démocratie” comme pour mettre un baillon sur la bouche de qui subit le viol. L’art de ne pas répondre de la secrétaire national et enfin la déclaration commune de MGB et J.L.M. Avec en toile de fond un mépris du parti et des adhérents encore plus caricatural  que dans le cas des collectifs, puisqu’on s’est permis de faire approuver une “base commune” incroyable, un galimatias à partir de laquelle il est impossible de dégager la moindre stratégie, on a entretenu la confusion. Pour la faire voter on a joué sur tous les légitimisme, dans certains endroits comme les Bouches du Rhône on a fait “voter les morts”, et les mêmes avant même d’attendre les résultats on fait paraître l’incroyable texte dit de la métamorphose, tandis que la secrétaire du parti menait ses propres embrouilles avec mélenchon.

On ne peut pas continuer comme ça…

Je crois que l’appel que j’ai publié ici des secrétaires du PCF réclamant un texte clair, l’unité du parti est plein de bon sens. Ce qui se passe est trés dangereux cela risque d’être l’acte final à travers lequel on achève le parti. On ne peut pas continuer avec une direction qui est soit irresponsable, soit liquidatrice. Quel que soit le dévouement, l’activité, la volonté des militants, ils ne peuvent suppléer à une telle carence à leur tête.

Comme le disent les secrétaires dans leur texte, c’est d’autant plus fou que jamais on a eu autant besoin d’un parti communiste. C’est fou mais aussi caractéristique, l’accélération de la liquidation alors que l’on a un besoin urgent des communistes montre bien d’où vient la manoeuvre, c’est le capital et ses organisations qui ont choisi d’en finir avec le PCF. Allons nous laisser faire?

L’idéal serait comme le soulignent une fois encore les secrétaires de cellules et de section du nord, que des gens respectés dans le PCF et qui ont récemmment témoigné de leur inquiétude légitime prennent la tête de tous ceux qui veulent l’unité du parti, et cela passe par un véritable congrès où les choix seraient exposés clairement, débattus, les arguments sur le fond échangés. Qu’il en soit terminé avec la confusion, les manoeuvres politiciennes, les divisions de personne faute d’enjeux clairs sur lesquels échanger les arguments.

Est-ce trop demander à tous les gens pressés d’imposer leur stratégie, leurs unions, de respecter la démocratie du parti ? Ce respect est pourtant le gage d’unité. Si la diversité, le débat qui témoigne de cette diversité est une richesse, la diversité ne doit pas être l’éclectisme, il faut que nous apprenions à construire ensemble. le rôle des directions devrait être d’aider à mener le congrès selon cet objectif. Le congrès devrait donc dégager quelques grands enjeux face à la crise terrible qui est là devant nous, à reconstruire un PCF capable de l’affronter et ce en recréant des organisations de base, en recréant les liens avec le monde du travail et les cités populaires, en recréant la formation des adhérents, en favorisant de nouvelles directions dans lesquelles on trouverait des gens en prise avec les classes populaires. C’est un énorme et enthousiasmant travail, il a besoin de tous :

le choix est là où le PCf choisit cette orientation comme le proposent André gérin et d’autres, ou on poursuit dans cette voie liquidatrice.

Danielle Bleitrach

8 Réponses vers “Le mépris des communistes ou l’opération Buffet et Mélenchon par danielle Bleitrach”


  1. 1 Jean-Michel Pascal 19 novembre 2008 à 8:29

    Pièce à verser au dossier dans le puzzle qui veut se mettre en place sur les décombres du parti, la lecture (Yves Salesse avant départ Mélenchon du PS) des ex-bovétistes et ou antilibéraux/anticommunistes se fédérant dans la “coordination nationale des collectifs unitaires” :

    http://cncu.fr/spip.php?article1662

    extrait : “En ce qui concerne le rassemblement, le PC « prend l’initiative de lancer un appel aux forces politiques et sociales, aux femmes et aux hommes représentatifs des courants politiques progressistes, comme du mouvement syndical, social et associatif, dans toute leur diversité ». La prétention à l’initiative fait sourire. Le retour au vocabulaire flou des « forces progressistes » n’est pas de bon aloi, alors qu’il n’est nulle part fait référence aux forces du Non. Enfin, le PC réclame au minimum qu’on lui réserve les deux circonscriptions dans lesquelles il a aujourd’hui des députés. Ce texte est une évolution importante par rapport aux déclarations antérieures prônant des listes du PC ouvertes à des personnalités. La direction du PC semble prendre en compte le risque de n’avoir plus aucun député européen.”

  2. 2 alain girard 19 novembre 2008 à 8:45

    1,93% des électeurs de notre pays ont soutenu Marie-George Buffet lors de l’élection présidentielle et ce n’est pas rien.
    10% des électeurs de notre pays ont soutenu les candidats communistes aux cantonales et c’est vraiment rien.
    Pourtant des deux cherchez qui est utile au monde du travail et qui est crédible à ses yeux?
    MGB est radieuse aux côtés de Mélenchon, gageons qu’en additionnant leurs égos nous allons assister à une belle empignade fraternelle entre Wurtz etles prétendants à une sucession pas ouverte.En contemplant cette photo de MGB radieuse on sent le bon viex temps où nous étions ministres, enfin eux pas nous,, ils sont mignons avec leurs sourires débonnaires pendant que nous en prenons plein la têt au boulot pour ceux qui en ont encore un, ils sont rayonnants de fierté, ils font la roue, il est sans doute temps de leur voler dans les plumes..
    Si tout cela vous donne la nausée ne vous y méprenez pas, les toilettes c’est au fond, à droite.

  3. 3 Jean-Michel Pascal 19 novembre 2008 à 9:40

    Le PCF, lui aussi, est au bord de «l’éclatement»
    Rodolphe Geisler

    http://www.lefigaro.fr/politique/2008/11/18/01002-20081118ARTFIG00006-le-pcf-lui-aussi-est-au-bord-de-l-eclatement-.php

    Extrait : “Place du Colonel-Fabien, on préfère hausser les épaules face aux déclarations d’André Gerin. «Il confond tout, la rencontre que nous devons avoir [mardi] avec Jean-Luc Mélenchon n’a rien à voir avec les préparatifs du 34e congrès. Cette réunion fait suite à une résolution, pilotée par le député européen Francis Wurtz, lors d’un conseil national en octobre – donc avant que Mélenchon quitte le PS -, où, à une très large majorité, l’idée d’un rassemblement pour les européennes avait été décidé», assure un cadre.”

    ==>
    1) On va parler de quoi au congrès ?

    2) Je suis obligé d’être lourd mais :
    Dans la BC du CN, texte “choisi” par 16% des militants revendiqués, il est écrit (avant dernier paragraphe) : “Mieux garantir, y compris entre les congrès, la souveraineté des adhérents”

    Page d’avant de cette chose au paragraphe “les élections européennes de 2009″ il est écrit en italique : “le conseil national arrêtera une décision le 24 octobre.”

  4. 4 FISCHER 19 novembre 2008 à 5:44

    Nous assistons à une évolution extrêmement rapide de la situation politique internationale et de la situation de la gauche et de l’extrême gauche françaises.
    L’évolution de cette situation passe par plusieurs projets, ces projets ont bien sûr des relations entre eux, mais ils ne sont pas exactement identiques.
    Il y a donc des points communs entre quatre situations et projets, il y a la préparation du prochain congrès du PCF, il y a la question du parti de la gauche de Mélenchon, il y a la question de la constitution d’un front de gauche et il y a la question de la préparation des prochaines élections européennes, ces quatre questions sont distinctes et il ne faut pas d’erreur quant aux véritables relations entre elles.
    De mon point de vue, les considérations suivantes sont importantes même si elles sont bien sûr subjectives, ce sont mes considérations personnelles et elles ne sont donc pas forcément celles des principaux acteurs.
    Premièrement, les militants du PCF préparent leur congrès entre eux et Mélenchon n’est pas un acteur de ce congrès.
    Deuxièmement, personne ne propose la fusion entre le parti de Mélenchon et le PCF, les futurs militants du parti de Mélenchon ne sont pas les actuels militants du PCF, je ne lisais aucune déclaration dans ce sens.
    Troisièmement, il y a le projet de la constitution d’un front de gauche. Sommes nous par principe contre la constitution d’un tel front ? De mon point de vue, la question la plus importante, c’est la question du programme politique, par exemple par rapport à la question de l’Europe ? Quel serait le programme politique d’un tel front ? Si ce programme va dans le sens de la défense des intérêts des peuples d’Europe, je suis pour la constitution d’un tel front.
    Quatrièmement, par rapport à la question des élections européennes, je pose le problème de la même manière. Quelle serait la base programmatique d’une telle liste, et si la base programmatique est positive, je suis pour la constitution d’une telle liste.
    Amicalement

  5. 5 socio13 19 novembre 2008 à 6:17

    Je crois avoir expliqué clairement qu’en ce qui me concerne
    :1) n’étant plus membre du parti, ayant été de fait obligée de le quitter, ma positiion manifeste simplement le regret de voir s’éloigner une possible ré-intégration à la suite de cette série d’événements;

    2) je considère quoique vous en disiez Fisher que la question du front est une question de congrès autrement on se demande de quoi il va discuter?

    3) Nous sommes loin d’un tel congrès, donc il sera difficile pour tous les communistes de coeur qui attendaient avec espoir ce congrès de venir et revenir dans des conditions aussi anti-démocratiques.

    4) enfin j’ai dit que si je me sentais proche de Mélenchon sur l’Amérique latine, sur l’Europe il ne me va pas du tout et donc votre remarque ne tient pas compte de mon analyse mais seulement de la votre ce qui est votre droit maiq qui mériterait débat que vous tranchez sans débat.

    Donc vous êtes à des kilomètres de ce que je tente de poser.
    amicalement
    danielle Bleitrach

  6. 6 Pascal Brula 19 novembre 2008 à 7:22

    A Fischer :
    Ce que vous proposez est exactement à l’inverse d’une démarche communiste. Il ne s’agit pas de refaire avec d’autres ce qui a échoué (je pense au programme commun et à toutes les tentatives de faire et refaire “union de la gauche”, “gauche plurielle”, “collectifs antilibéraux”…). Au contraire, il est nécessaire de faire descendre le centre de gravité de notre action et de notre union au niveau du peuple. Tout ce qui recommence cette démarche de sommet, programmatique, ne peut que nous envoyer dans le mur et contribue inexorablement à la réduction de notre influence. D’une part parce qu’elle nie l’intervention des travailleurs, des couches populaires et de l’union dans l’action. Et d’autre part, parce qu’elle nie l’existence particulière du parti communiste avec sa manière d’agir, sa manière d’analyser la situation concrète et de proposer action et transformation de la société capitaliste.
    Je pense donc que constituer un front de sommet (le sommet est quand même pas bien haut…) est vain et inutile et ne peut donc être que voué à l’échec.

    Sinon, je vous signale l’existence d’une motion que l’on souhaite soumettre au vote des congressistes :

    “Un congrès pour faire vivre le choix des communistes :

    Avec le vote sur les textes du 34ème congrès, les communistes ont confirmé très majoritairement pour la seconde fois en un an leur volonté de faire vivre et renforcer le PCF.
    Certains ont exprimé ce choix au travers du vote pour le texte proposé par le Conseil national sortant. D’autres ont voulu renforcer cette exigence et lever toutes les ambiguïtés en votant à 40% pour les textes alternatifs.
    Nous constatons que des camarades, qui n’ont par ailleurs pas souhaité présenter des textes alternatifs, tentent de remettre en cause ce choix des adhérents et de remettre au centre du débat des propositions que les communistes ont écartées : construction d’une nouvelle force politique, changement de nom du parti, métamorphose pouvant conduire à un nouveau parti.
    La plupart de ces camarades appartiennent à la direction nationale sortante, souvent l’exécutif. Ils ont été pleinement associés à la préparation du congrès, souvent chargés d’animer les collectifs de travail et autres ateliers.
    Cette attitude crée une situation inquiétante.
    - D’une part, elle laisse à penser qu’une partie de la direction n’a que faire de la souveraineté des communistes et ne met pas toutes les cartes sur la table puisque ces camarades n’ont pas souhaité soumettre leur point de vue au vote des communistes et pour la plupart ne l’ont pas exprimé ouvertement avant ce vote. Le projet de base commune n’était il là que pour noyer le poisson avant que le véritable débat se dévoile ? Est-ce là la raison des ambiguïtés de ce texte ?
    - D’autre part, elle empêche les communistes de travailler à concrétiser l’objectif qu’ils se sont fixés – faire vivre et renforcer le PCF aujourd’hui- et maintient ainsi le PCF dans les difficultés mortifères dont il faut absolument s’extraire.
    La direction du parti, tout particulièrement la secrétaire nationale, peut décider de sortir de cette impasse. Il faut pour cela s’appuyer sur le choix majoritaire des communistes et proposer à tous ceux qui le partagent dans le respect de leur diversité de s’atteler à la rédaction de la feuille de route du 34ème congrès.

    Malheureusement, ce choix n’est pour l’instant pas exprimé clairement par Marie-Georges Buffet.
    Au contraire, les manœuvres se multiplient pour exclure les communistes qui ont défendu les textes alternatifs affirmant la nécessité de poursuivre le PCF. Il n’y a ni appel au rassemblement, ni même volonté de débattre. Délégations réduites dans les conférences fédérales, filtres renforcés pour les délégués au congrès, volonté de réduire ces camarades dans les comités départementaux et le Conseil national au motif d’arguments techniques et administratifs, nous sommes très loin de l’appel à toutes les énergies communistes pourtant si nécessaire aujourd’hui.
    Les rencontres annoncés avec Jean-luc Mélenchon comme l’annonce de la volonté de listes communes aux européennes alors que le congrès ne s’est pas encore tenu, renforce l’inquiétude des communistes et le doute quant à la volonté réelle de la direction du parti et de sa secrétaire nationale. Nos dirigeants semblent en effet ne tirer aucune leçon des expériences qui nous ont conduits au bord du gouffre.
    Faut il penser que la direction du parti préfère prendre le risque de l’éclatement du PCF ou de sa dilution dans une gauche aléatoire plutôt que de se mettre au travail avec ceux qui se sont toujours engagés pour faire vivre le PCF et n’ont pas hésité ces dernières années à contester des orientations alors majoritaires qui ne leur semblaient pas aller dans ce sens ?
    Ce n’est pourtant pas le moment, quand les méfaits du capital s’abattent avec hargne sur le peuple, de prendre le risque de saborder le PCF alors que ses adhérents s’engagent majoritairement pour le faire vivre.
    Nous appelons les communistes à faire respecter leur choix de la poursuite et du renforcement du PCF et à créer autour de cet objectif les conditions du rassemblement des adhérents et de l’élection de directions composées de femmes et d’hommes qui ont fait la preuve de leur volonté de travailler dans ce sens.
    Oui à la revitalisation du PCF dans les quartiers populaires et les entreprises, oui à des propositions qui attaquent le capital au cœur de ses pouvoirs, oui à un PCF autonome.
    Avec le 34ème congrès, créons les conditions d’un PCF à l’offensive !”

  7. 7 socio13 19 novembre 2008 à 7:58

    je vais dire les choses simplement et sans doute me trouverez vous trés idéaliste, mais si je suis communiste c’est comme le dirait le Che pour que puisse se réaliser un jour l’homme nouveau, pour chercher le meilleur de l’être huùmain. Je crois fondamentalement qu’un communiste ne peut pas employer n’importe quel moyen, il doit se donner toujours comme but d’élever la conscience des masses. Donc rien ne me met plus hors de moi que la manipulation cynique que tant de gens confondent avec l’intelligence politique. C’est ce que j’aime chez Fidel, il passe un temps infini à convaincre pas à imposer, il a su créer la confiance et ça c’est la véritable intelligence politique d’un communiste…
    Danielle Bleitrach

  8. 8 Eric 19 novembre 2008 à 9:44

    Je ne crois pas m’écarter du débat en l’élargissant à l’exemple italien, qui éclaire et complète l’exemple allemand, que l’on cite plus souvent.
    Je vous livre deux infos que je n’avais pas repéré lors de leur parution et qu’il est impossible de ne pas rapprocher du contexte qui intéresse aujourd’hui le PCF et le scénario qui est semble-t-il mis en route par l’équipe Cohen-Séat/Borvo et les signataires du texte des « 20 ».
    Je vous livre le texte brut de l’Huma en sachant que le journaliste n’avait pas spécialement été sévère avec les minoritaires du PRC, au moment du congrès qui a vu leur défaite, cet été. Pour le contexte italien, Je renvoie les lecteurs aux différents articles parus alors, notamment sur les sites suivants : « Vive le PCF », « changement de société » ou « Réveil communiste » et à l’Huma.

    1) dans l’Huma du 7 novembre, une brève :

    Scission à Refondation communiste ? Le Parti de la refondation communiste (PRC), plus divisé que jamais, est menacé de scission. Les partisans du dépassement du communisme, battus lors du dernier congrès par une majorité qui tenait à conserver l’identité communiste, ont annoncé lundi qu’ils entendaient lancer des listes avec d’autres forces de gauche, contrairement au mandat de congrès, qui prévoit uniquement des listes du PRC. De plus, la minorité structure son association, La gauche, avec une campagne d’adhésion parallèle, ce qui augure « une scission de l’unique force de gauche qui a une consistance », selon Claudio Grassi, membre de la direction du PRC.

    2) dans L’Humanité du 12 novembre :

    Lancement d’une nouvelle formation de gauche italienne

    Italie . L’irruption d’une liste unitaire pour les européennes vient diviser la gauche, et fait douter d’une scission au sein de Refondation communiste.
    « Nouveau sujet politique ». Ce terme qui émaille la vie politique italienne depuis des années n’en finit pas de faire des petits, et de diviser la « sinistra ». Vendredi, une nouvelle association, Per la sinistra (Pour la gauche), a été créée. Promue par le leader de la minorité de Refondation communiste (PRC) Nichi Vendola, le député socialiste européen, et le coordinateur de la Gauche démocrate (SD) Claudio Fava, elle rédigera une déclaration d’intentions et lancera une campagne d’adhésions. Le but est de refonder « une gauche sans adjectifs », unitaire, capable d’agréger les hommes et femmes issus des mouvements sociaux.

    Lundi dernier, l’un des représentants de la minorité de Refondation, Gennaro Migliore, a annoncé pour les européennes le lancement de listes communes à la minorité de Refondation (47 % lors du dernier congrès) et à la Gauche démocrate (SD). Cette formation est composée d’anciens démocrates de gauche (DS) qui ont refusé l’incorporation dans le Parti démocrate (PD). Cette liste serait ouverte aux autres forces, à la gauche du PD. En fait, il n’y a que les minorités du Parti des communistes italiens (PdCI) et des Verts qui répondent à l’appel.

    Au coeur de la discussion au sein de la gauche transalpine, le rapport avec le Parti démocrate, dont toutes les forces de gauche ont dit lors de la précédente campagne qu’il était une formation centriste. Seule force constituée à prendre partie dans Pour la gauche, la Gauche démocrate estime maintenant, par la voix de Claudio Fava, que « le PD est notre interlocuteur principal, (…) notre allié naturel », quand les autres forces de gauche font alliance au coup par coup, localement. De plus, se posera inévitablement pour cette liste la question de sa collocation internationale. La Gauche démocrate ne fait pas mystère de vouloir ancrer la gauche italienne à la famille socialiste européenne.

    En fait, cette proposition ne vient qu’entériner une division supplémentaire à gauche. Deuxième formation de gau-che, le Parti des communistes italiens, a déjà décliné l’offre et rappelle que sa formation souhaite la fusion des deux organisations communistes de la péninsule. Troisièmes en taille, les Verts ont décidé de courir seuls. Pour la direction de Refondation, la proposition est inacceptable. Après la défaite de l’aventure unitaire de la Gauche-l’Arc-en-ciel aux législatives d’avril, « au congrès nous avons décidé d’aller avec nos propres listes, ouvertes peut-être à des représentants de gauche », prévient Paolo Ferrero, secrétaire général de Refondation dans le quotidien il Riformista.

    Gaël De Santis
    ———————————————–
    Mon commentaire :

    Peut-on imaginer autant de coïncidences, à l’échelle européenne (Allemagne, Italie, France …) dans une période aussi rapprochée, alors que ces différents partis sont membres du PGE et qu’ils préparent tous leurs listes aux élections européennes, en concertation et dans le cadre du calendrier défini par le PGE ?

    Mesurons-bien jusqu’où sont prêts à aller les « post-communistes » pour mener à bien leur projet. Il nous faut tout faire aujourd’hui pour dévoiler leurs manœuvres, les isoler et les battre politiquement. Ce sont les camarades qui ont voté pour la « base commune » qui doivent désormais choisir leur camp :

    - ou ils demeurent les otages de ceux qui veulent liquider le PCF à plus ou moins long terme et subissent leurs petits jeux politiciens pendant les « travaux pratiques de la liquidation »

    - ou ils travaillent au grand jour, en exerçant leur souveraineté notamment lors de nos conférences de section et fédérales, à l’unité combative des communistes, en faisant vivre leur parti, en animant les luttes, en étant aux côtés des millions de français qui subissent et vont subir la crise et ses conséquences.

    C’est à nous de donner ces éléments, pour travailler ensemble à reconstruire un PCF utile à son peuple, qui retrouve pleinement sa fonction de parti révolutionnaire, dans une période où le capitalisme est contesté comme jamais et que dans le monde (notamment en Amérique latine), des peuples à nouveau portent l’espoir d’un autre type de société, le socialisme du XXIe siècle.
    Nous sommes vraiment à l’heure des choix. Il n’y a plus désormais à hésiter. Faisons partager cela à la grande majorité des camarades qui ont voté pour la « base commune » et qui veulent continuer à faire vivre et à animer leur parti.

    Fraternellement,
    EJ


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