Tradution de Danielle Bleitrach pour changement de société.
Tenue à Caracas, le 8,9,10 et 11 octobre 2008 avec la présence d’universitaires et chercheurs d’Argentine, d’Australie, de Belgique, Canada, Chili, Chine Carée du Sud,Cuba, Equateur, Espagne, Etats-Unis, France, Angleterre, Mexique, Pérou, Uruguay et venezuela, la Conférence Internationales d’Economie politique : Réponses du Sud à la Crise économique et financière de l’économie mondiale, les nouvelles perspectives, les défis pour les gouvernements et les peuples du Sud devant la crise fiancière internationale.
La Rencontre a estimé que la situation s’est aggravée durant les dernières semaines ? Des crises répétées des marchés financiers des pays centraux, nous sommes passés à une crise internationale d’une énorme gravité. Ce qui place les pays du Sud dans une situation très nuisible à leurs intérêts.
La crise menace l’économie réelle et, si on ne prend pas des initiatives énergiques et effectives immédiates, cela peut être un drame terrible pour les peuple du monde, en particulier pour les secteurs déjà les plus exposés et marginalisés.
La vulnérabilité des monnaies, les déséquilibres financiers et la grave récession qui se multiplient apportent aujourd’hui un démenti au mythe néolibéral sur la vertu de la déréglementation des marchés et de la solidité et la fiabilité des institutions financières actuelles, et questionnent sérieusement les bases du système capitaliste actuel.
Les contributions présentées dans le séminaire ont mis en relief le processus de la crise entamée depuis août 2007 et l’échec des concessions croissantes, de sauvetage et des prébendes à travers de l’intervention de l’État dans les pays capitalistes développés pour sauver les déchets d’un système financier mondial déjà disloqué.
Nous dénonçons la prétention de faire porter la charge et le coût du sauvetage financier à l’ensemble du système mondial, en aggravant la situation de pauvreté, de chômage et d’exploitation des travailleurs et des peuples du monde.
Ni le colossal interventionnisme étatique qui l’on a observé durant les dernières semaines pour sauver des entités désarticulées et viciées par la spéculation, ni l’endettement public massif ne sont des alternatives plausibles pour la sortie de crise. La dynamique actuelle anime de nouveaux cycles de concentration du capital et, faute d’une opposition ferme des peuples, elle serait aggravée et dans une forme encore plus perverse : la perspective de restructuration qui aurait pour seul but de sauver les secteurs privilégiés.
Cela pourrait aussi se traduire par le danger d’un tournant vers l’autoritarisme dans le fonctionnement du capitalisme, qui se manifeste déjà, comme très réactionnaire avec l’augmentation de la discrimination et du racisme face à la population immigrante des pays du sud envers les pays du nord.
Conserver les actuelles tendances de restructuration du système capitaliste aura d’énormes coûts productifs et sociaux et peut se frapper encore plus le substrat déjà très fragile de l’environnement.
La nécessité de recréer l’architecture économique et financière internationale est aujourd’hui inéluctable. C’est dans de telles perspectives que s’inscrit la nécessité d’une sortie post-capitaliste, désignée par le Venezuela comme « Socialisme du XXIe siècle ».
Dans un moment critique comme celui que nous vivons, les politiques nationales et régionales doivent donner la priorité aux dépenses sociales, et protéger les ressources naturelles et productives. Les Etats doivent introduire des mesures urgentes de régulation financière pour protéger l’économie, impulser la production et combattre le péril de libération des changes et des mouvements des capitaux.
La solution ira dans le sens du développent d’une plus grande complémentarité et de l’intégration commerciale régionale sous une forme équilibrée, en renforçant les capacités industrielles, agricoles, énergétiques et l’infrastructure. Des initiatives comme l’ALBA et la Banque du Sud devront agrandir leur rayon d’action et consolider leur perspective vers une plus grande intégration alternative qui inclut une nouvelle monnaie commune, dans la perspective d’une nouvelle architecture financière.
À une échelle globale, cela doit être prolongé par des demandes pour une réforme profonde du système monétaire financier international, qui implique la défense des épargnes et la canalisation des investissements dans les nécessités prioritaires des peuples. On doit casser la récurrence permanente d’un système qui privilégie la spéculation, et qui creuse les différences économiques et punit particulièrement les pays et les secteurs plus fragiles.
De la même manière, de nouvelles institutions économiques doivent être créées, sur de nouvelles bases, et qui disposent de l’autorité et des instruments pour agir contre l’anarchie spéculative A partir de là les interventions urgentes des autorités nationales qui s’opposent aux fondements du marché et protègent les finances des peuples affectés deviennent indispensables. La crise souligne les intérêts communs des peuples de toutes les nations.
A partir de ces analyses et considérations, la Conférence Internationale de l’Economie Politique « Réponses du Sud à la crise économique mondiale » a proposé les recommandations suivantes :
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS D’ACTION
Nous sommes partis de la caractérisation de la situation économique internationale suivante : nous sommes devant une situation inédite au niveau mondial. La crise économique et financière s’est aggravée et accélérée énormément dans les derniers jours. Et son développement futur, de surcroît difficilement prévisible, peut prendre, d’un jour à l’autre, des aspects dramatiques.
La crise a son épicentre initial aux Etats-Unis et dans les marchés boursiers, mais dors et déjà c’est une crise mondiale qui affecte tout le système financier et contamine d’une manière croissante l’appareil productif. La crise a un impact particulier maintenant en Europe Occidentale et orientale.
Initialement on a pu espérer que l’Amérique latine pourrait rester en dehors de la crise, qu’elle en était « prémunie » ; pourtant dès aujourd’hui des symptômes très accablantssont annonciateurs d’un proche impact. . Non seulement on peut s’attendre à une détérioration prolongée de son commerce extérieur, mais aussi à un choc financier très violent et dans le très court délai. En attendant plus le système bancaire et la bourse des valeurs,sont internationalisés et plus grande est la fragilité.
Nous faisons ces suggestions conscients de ce que dans les crises il y a toujours des gagnants et des perdants. Notre pari est de prendre les mesures qui garantissent le bien-être et les droits de nos peuples, de l’ensemble des citoyens et des citoyennes et non pas de favoriser les banquiers responsables de la crise comme cela est train de se passer en Europe et aux Etats-Unis.
En partant de ce nouveau scénario, et de son aggravation accélérée, nous considérons nécessaire de faire les recommandations suivantes d’action, certains d’entre elles devant être mises en application à travers des décisions politiques urgentes aux plus hauts niveaux.
À cet effet on doit se donner pour objectif la mise sur pied immédiate d’un Sommet extraordinaire de Présidents de l’Amérique latine et des Caraïbes, ou au moins de l’UNASUR.
SUR LE SYSTEME BANCAIRE
Avant le collapsus du système financier international, les Etats de la région doivent immédiatement prendre en charge la garde des systèmes bancaires sous la forme de contrôle, d’intervention, ou de nationalisations sans indemnisation en suivant le principe de la nouvelle Constitution de l’Équateur qui défend d’étatiser les dettes privées. (Art. 290 – un point 7-: “l’étatisation de dettes privées est défendue)
La fonction de cette mesure est de prévenir la sortie des capitaux vers l’extérieur, la corrida des changes, le transfert des fonds des succursales des banques étrangères, l’assèchement du crédit de la part des banques qui ne prêtent pas les fonds qu’elles reçoivent.
Il faut fermer les branches off shore du système bancaire de chaque pays et que seulement se constitue un écu régulatoire et fiscal dans ces circonstances très périlleuses, dans lesquelles les difficultés de liquidité provoqueront des effets de siphon depuis la périphérie.
Le contrôle bancaire doit être renforcé et les mécanismes de régulation rendre plus strict la représentation de la situation réelle des systèmes bancaires nationaux comme dépositaires des épargnes de la population. (Etant donné le caractère des services financiers comme de service public). L’une de ces mesures devrait garantir un minimum d’investissement national à l’intérieur des actifs liquides du système (coefficient de liquidité domestique).
On doit encourager la promotion de la gestion populaire non lucrative par les populations résidant sur les territoires d’installation de ces entités pour leur développement local.
En cas d’une intervention, les États doivent récupérer le prix du sauvetage avec le patrimoine des banques et le droit de saisie sur le patrimoine des actionnaires et des administrateurs.
NOUVELLE ARCHITECTURE FINANCIERE
L’absence de politiques monétaires coordonnées produit une guerre de “dévaluations compétitives” qui aggrave la crise et exacerbe les rivalités entre nos économies, en empêchant une réponse coordonnée de la région, et même elle menace structurellement les progressions intégrationistes comme l’UNASUR. Pour cela, on devrait donner un signe clair de l’existence d’un accord monétaire latino-américain qui d’une manière immédiate montrerait les possibilités additionnelles de protection de notre macro-économie. Ainsi, la définition d’un système de compensation de paiements basé sur une corbeille de monnaies latino-américaines servirait pour chaque pays de moyens additionnels de liquidité permettant de se protéger de la crise du dollar.
Dans le même souci de construction institutionnelle pour la protection de nos économies, une plus grande articulation est nécessaire entre les banques centrales, qui en finiraient avec le dogmatisme néolibéral et qui procéderaient à un maniement beaucoup plus efficient et adapté des réserves internationales. En ce sens il est important d’avancer dans la proposition d’un Fond du Sud alternatif au FMI, avec des disponibilités en liquidités susceptibles de parer à toute éventualité d’encaissement fiscal ou de balance des paiements.
En mettant à profit l’augmentation des réserves excédentaires de chaque pays provoquée par la création de moyens additionnels de paiement avec le système de compensation de paiements (des droits régionaux ) et par l’existence du Fonds Commun du Sud, des ressources peuvent être mobilisées pour activer immédiatement la Banque du Sud, en lui assurant un fonctionnement démocratique et en ne reproduisant pas en son sein la logique des organisations financières multilatérales de crédit. Cette Banque doit être le coeur de la transformation du réseau déjà existant de banques latino-américaines de promotion, orientées vers la reconstruction des appareils productifs basés sur les droits de l’homme fondamentaux.
Il est indispensable d’établir le contrôle des changes dans les pays où il existe, mais aussi où il n’existe pas encore afin de protéger les réserves et d’empêcher la sortie des capitaux.
Dans le cadre de la suspension de paiements qui a créé la crise du système financier international il s’impose que les pays de la région considèrent comme indispensable la suspension du paiement de la dette publique. La mesure a pour objectif de protéger de manière transitoire les fonds souverains menacés par la crise et à éviter le vidage des Trésoreries des pays.
L’Amérique latine et les Caraïbes doivent tirer la leçon de ce qui arrive en Europe, où chaque pays a joué cavalier seul. Nous devons mettre en place des mécanismes d’intégration alternatifs de développement dans la région.
URGENCE SOCIALE
Nous proposons de constituer un Fonds Régional d’Urgence Sociale pour assurer immédiatement la souveraineté alimentaire et énergétique, ainsi que pour s’occuper du problème aigu des migrations et du transfert des « remesas » (fonds que les immigrés envoient à leurs familles restées au pays) . Ce Fonds pourrait fonctionner à l’intérieur du Banque du Sud et de la banque de l’ALBA.
En s’en tenant au principe de ne pas secourir les banquiers, et de secourir nos peuples, les budgets publics doivent être assurés pour la dépense sociale et ont doit prévoir leur croissance devant les effets imminents de la crise internationale sur nos peuples, voilà les priorités : une assurance d’emploi, de revenu universel, de santé et d’éducation publique., un logement.
ORGANISMES FINANCIERS
La crise financière internationale a mis à une évidence la complicité du FMI, de Banque mondiale et du BID avec les banquiers transnationaux qui ont provoqué l’actuel collapsus avec ses conséquences sociales terrifiantes. La perte de prestige de ces organismes est manifeste. C’est l’opportunité pour que les pays de la région, en suivant l’exemple de la Bolivie, se retirent du CIADI. Et en reprenant l’interpellation du Venezuela, il faut se retirer du FMI et de la banque Mondiale et commencer à aider à construire une nouvelle architecture financière internationale.
Nous les convoquons à la Deuxième Conférence Internationale sur une Économie Politique des “Réponses du Sud à la Crise Économique Mondiale”, qui aura lieu à Caracas dans le premier quadrimestre de 2009.
Caracas, 11 de octobre de 2008
Caracas, 11 de octubre de 2008
Ça laisse rêveur; on voit clairement deux systèmes politiques avec des finalités différentes et en conséquence des pilotages de crises différents.
je suis ravie que vous vous aperceviez de l’aspect trés important de ce texte qui pour le moment est passé un peu inaperçu. Gilbert m’a avisé par courriel qu’il le diffusait et y a apporté quelques corrections que je viens d’inscrire.
Danielle Bleitrach