Après être resté hier au bord du chaos à cause d’une vague de violence qui a déjà causé 10 morts, des troupes militaires ont débloqué pacifiquement à l’aube les accès vers les champs pétroliers du sud-est de la Bolivie, ce qui semblait un retour à la normalité de la région, bien que les adversaires du gouvernement d’Evo Morales annoncent qu’ils vont essayer de maintenir les mesures de force.
Le premier contingent militaire est arrivé à l’aube à Villamontes, à plus de mille kilomètres de La Paz, sur le chemin vers Yacuiba, où se trouve la station de pompage de Pocitos.
La mobilisation militaire a obéi à la décision du gouvernement d’Evo Morales d’affronter les violentes manifestations, annoncée hier à la fin d’un jour où des affrontements ont eu lieu au nord, dans la province de Pando avec une dizaine de victimes en majorité chez des paysans qui soutiennent le gouvernement démocratique élu.
Les manifestations et les violents affrontements font partie de l’affrontement politique, économique, culturel et même racial qui secoue la Bolivie, entre le projet du président Morales et ses adversaires qui sont les représentants des partis conservateurs, l’oligarchie blanche et les entrepreneurs.
Les techniciens de la station de pompage ont fermé les valves du conduit d’exportation vers l’Argentine hier midi, à cause des centaines d’adversaires du gouvernement qui cherchaient à occuper l’usine. Ce conduit transporte actuellement une moyenne quotidienne de 1,7 million de mètres cube de gaz naturel vers ce pays, bien que le contrat en vigueur prévoit un volume de 7,7 millions.
Le gouvernement a envoyé des troupes dans la région du sud-est pour éviter l’occupation de gisements pétroliers, après qu’ait été aussi affecté le conduit d’exportation de gaz vers le Brésil, sur un tronçon où des valves ont été fermées des valves pendant sept heures à la suite d’un incendie.
Ces actions de sabotage ont été définies par le gouvernement comme des actes “terroristes”, et condamnées en plus par les gouvernements régionaux, spécialement ceux du Brésil, l’Argentine et le Venezuela. De leur part, les adversaires d’Yacuiba se sont défendus en disant que l’incendie était la conséquence de l’action de gens « infiltrés » dans son mouvement contestataire.
Le blocage des accès qui conduisent à la région dans laquelle se trouvent les principaux champs de production d’hydrocarbure et les stations de pompage du brut et de gaz durent depuis 17 derniers jours.
ANSA . La Paz, le 12 septembre 2008.
Traduction de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi.
A cette nouvelle il faut ajouter ce que dit le Monde en ligne de ce soir:
‘armée bolivienne a reçu l’ordre d’arrêter le gouverneur de la région rebelle de Pando (nord), accusé d’avoir violé l’état de siège imposé par le président socialiste Evo Morales après une vague de violences, rapporte dimanche les médias locaux, citant des sources officielles.
L’information a été divulguée à la presse par le ministre de la présidence, Juan Ramon Quintana, qui dirige les opérations militaires dans cette région du nord, frontalière avec le Brésil, où de graves affrontements ont fait 18 morts et une centaine de blessés.(…)
Enfin voici de pagina 12 un journal argentin
Bolivie: deuil et colère pour l’assassinat de 15 paysans et déclaration de l’état d’urgence
14-09-2008
Hier sont apparus six cadavres flottant dans une rivière de la préfecture de Pando qui s’ajoutent aux neuf paysans massacrés par des forces parapolicières qui répondent aux mouvements autonomes. Le chef de l’armée a ratifié son attachement à la Constitution.
Dur avertissement du chef des Forces Armées aux insurgés de la Demie-Lune.
Le président Evo Morales et le préfet de Tarija, comme représentant des départements autonomistes de la Demie-Lune, se sont réunis hier à La Paz pour essayer de calmer la violence généralisée dans l’orient (est) bolivien. Quand le préfet Mario Cossio a accepté de se rendre au rendez-vous avec les Morales, le gouvernement lui a avancé dans une lettre que le dialogue serait amer : “Nous regrettons que pour ce changement d’attitude aient du avoir lieu autant de malheur, de dommages irréparables et de douleur”. Tandis que commençait la réunion, le cabinet des ministres a signé le Décret Suprême N º 29705, qui dicte l’état d’urgence dans le département de Pando. Il est estimé que 15 personnes, presque tous des paysans, ont été assassinés jusqu’à présent par des groupes paramilitaires dans ce département de l’Amazonie bolivienne. Hier, déclaré jour de deuil national, Morales a dit à Cochabamba : “Peut-être suis-je le coupable pour avoir dit aux Forces Armées et à la Police Nationale de ne pas utiliser d’armes contre le peuple. Peut-être pour cela plusieurs groupes en profitent pour offenser et humilier les Forces Armées et la Police”.
Hier à l’aube, le président Morales a ordonné à l’armée de débloquer toutes les routes su sud-est qui mènent aux champs pétroliers, pour éviter de nouvelles prises. Les adversaires ont protesté, mais finalement ils ont libéré les routes de manière pacifique. Jusqu’à la fermeture de cette édition, le gouvernement national n’avait pas informé si l’armée avait récupéré le contrôle des entreprises d’hydrocarbures de Tarija.
Parmi les déclarations de solidarité d’autres pays, il y en a eu une qui incommoderait tout gouvernement. Le Vénézuélien Hugo Chavez a affirmé que l’armée de son pays interviendra si quelqu’un ose renverser Morales. Le commandant en chef des Forces Armées, Luis Trigo, lui a répondu en uniforme de combat : “Nous disons à monsieur le président du Venezuela et à la communauté internationale que les Forces Armées refusent emphatiquement des intromissions externes de n’importe quel caractère, d’où qu’elles viennent, et elles ne permettront qu’aucun militaire ou force étrangère ne pénètre sur le territoire national”.
Et ensuite il s’est adressé aux groupes organisés par les civiques et les préfectures de l’orient : “Nous prévenons que nous n’allons plus tolérer les agissements des groupes radicaux violents qui cherchent seulement l’affrontement entre boliviens, provoquant douleur et deuil”.
Finalement, le chef militaire a assuré : “Au peuple bolivien, de qui nous venons et à qui nous devons, nous disons que les actions des Forces Armées sont encadrées par l’article 208 de la Constitution et en son accomplissement nous allons garantir le patrimoine de la Nation, le fonctionnement de l’appareil étatique et des services publics, ainsi que la conservation des ressources stratégiques. La citoyenneté doit avoir la certitude que tout le matériel et équipement ne sera pas utilisée contre le peuple. Tout type de mobilisation de troupe, de matériel et d’équipements militaires obéira strictement à l’exécution d’opérations militaires qui ont pour seul objet de garantir le règne de la Carta Magna et de l’ordre interne. Seulement dans un cas extrême elle sera employée pour garantir l’ordre interne et pour répondre avec fermeté et patriotisme à toute menace de ces groupes vandaliques et criminels”. Quelques heures après son discours a été dicté l’état d’urgence à Pando.
La nuit antérieure, quand il a annoncé le jour de deuil national, le vice-président, Alvaro Garcia Linera, avait lancé un dur avertissement. “Nous exigeons le repli immédiat de chacun des groupes de voleurs qui occupent les champs gazéifères et les institutions. Ils doivent savoir que tôt ou tard la force de la Constitution va s’imposer sur eux. Ils ont attenté contre la vie de boliviens et il doit y avoir une responsabilité pénale”, a-t-il signalé.
Hier soir, tandis que le ministre de la défense déclamait l’état d’urgence, un avion militaire a atterri à Cobija, la capitale de Pando, et a expulsé les autonomistes qui occupaient l’aéroport. Ensuite, les 200 soldats sont sortis pour patrouiller la ville, dans l’obscurité parce que les civiques ont coupé le service électrique. Il semble que le préfet Leopoldo Fernandez n’était plus dans la ville.
“Nous avions l’espoir qu’il y ait un dialogue, mais l’armée est entrée dans le Pando pour mettre des balles (sic). Si c’est le concept de dialogue du président Morales, il est très erroné”, a dit le président du Comité Pro Santa Cruz, l’entrepreneur agroindustriel et grand propriétaire foncier, Branko Marinkovic. Le préfet cruceño, Ruben Costas, a accusé le MAS pour la “violence assassine” régnante dans sa région. Dans les derniers jours, 30 édifices publics et 140 postes de péage ont été pris dans l’orient bolivien. Dans les départements autonomistes prévaut la notion selon laquelle le président Morales est coupable de la violence dans l’orient. “Nous avons besoin que les parties mettent tout leur engagement possible pour que, comme premier résultat, nous obtenions la pacification de la Bolivie. Huit morts et beaucoup de blessés à Pando, les prises de Santa Cruz avec des actions militaires, les militaires dans Villamontes, les actions militaires qui ont été planifiées et heureusement non exécutées avec une tension profonde dans le Beni et à Chuquisaca, sont suffisants pour la Bolivie récupère maintenant la sagesse”, a dit Cossio avant de se réunir avec Morales.
Le Conseil National Démocratique (Conalde), qui regroupe les dirigeants de la Demie-Lune (Beni, Pando, Santa Cruz, Tarija et Chuquisaca), mène depuis 20 jours des protestation pour que le gouvernement national restitue aux préfectures les 30 pour cent de l’impôt sur les hydrocarbures (IDH) qu’il leur a retiré pour financer un bon de 30 dollars destiné aux personnes de plus de 60 ans. Ils résistent aussi aux tentatives de Morales de soumettre à référendum la nouvelle Constitution.
Sebastián Ochoa, Pagina/12, 13 septembre 2008.
http://www.pagina12.com.ar/diario/elmundo/4-111544-2008-09-13.html
Traduit par http://amerikenlutte.free.fr
Merci pour vos traductions…
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On reproche parfois à Chavez son programme militaire. La situation de la Bolivie montre que la déstabilisation de la révolution par le Capital (notamment yankee)est un risque à prendre au sérieux. Si tu veux la paix prépare la guerre.