Danielle Bleitrach: Que s’est-il réellement passé lors de la chute de l’Union soviétique

Tous les jours me parviennent des nouvelles faisant état de la protestation de citoyens qui refusent le dépeçage de l’ex-URSS. Cela peut paraître à la limite du folklorique mais je crois que si l’on suit bien la traduction de l’article de Left, paru hier sur ce blog,  il y a un véritable mouvement populaire qui partout proclame son attachement à l’ex-URSS, son refus des conditions de vie que leur impose le Capital (la bourgeoisie). Au-delà de ces événements qui paraissent avoir été déclenchés par l’agression de la Georgie, impulsée par les Etats-Unis, et la réaction de la Russie, on doit s’interroger sur ce qui se passe réellement, comme le peuple a vécu et continue de vivre la fin de l’ex-Urss. Est-ce que l’apparente inertie des soviétiques n’a pas été un pur montage occidental et de leurs médias qui dominent à 90% la représentation que nous avons de la planète? Je ne veux pas que nous inventions une contre-image toute aussi fausse, mais je veux que l’on s’emploie à reconstituer une réalité face à un théâtre d’ombre que l’on nous a imposé pour favoriser notre propre démission

Il est clair que si l’on considère ce qui se dévoile aujourd’hui c’est en Russie un regret de l’ex-Union Soviétique. marianne va nous apporter beaucoup de faits allant dans ce sens. Nous recevons en effet pour l’essentiel soit les médias occidentaux auxquels il est impossible de faire confiance, soit dees nouvelles de Ria novosti, l’agence de presse officielle, mais grâce aux traductions de marianne nous allons avoir d’autres informations. de surcroît je reçois tous les jours le récit d’évènements qui ne sont jamais rapportés dans les médias, je vous en livre deux aujourd’hui, les uns en Estonie, l’autre dans la petite république de Pridnestrovie.

Parce que même les chercheurs, les spécialistes ont eu le plus souvent accés à des “voix” officielles, et nous avons eu rarement de véritables enquêtes sur les peuples de l’ex-Union soviétique.

Donc ces décisions séparatistes qui se multipliens et plus intéressant cette revendication à devenir des Républiques Soviétiques ne peut pas être négligée. Il s’agit d’une masse paysanne opprimée, ou ouvrière,  de vétérans de la deuxième guerre mondiale qui n’acceptent par les manifestations pro-nazies (Estonie), ou encore comme en Ukraine d’une population aux fortes attaches russes qui  refuse  la main mise de l’OTAN et des Etats-Unis sous couvert des républiques de couleur et de la dégradation de la vie.

Qu’est-ce qu’on peut en tirer sur la fin de de l’Union soviétique c’est qu’ils font référence à de timides mouvements séparatistes, des protestations larvées ont eu lieu, mais aussi parfois de véritables guerres dont il n’a jamais été fait état en occident. Résultat on ne peut manquer d’être frappé par la forme de l’indépendance qui à l’inverse du pseudo-pacifisme médiatique des “révolution” de couleur avec leur ONG relayés par les grandes orgues de l’Occident, un groupe déterminé proclame des “soviets” et crée aussitôt une armée. Il y a une volonté de résister qui passe à la fois par les souvenirs des partisans de la Guerre et par le refus du mal vivre.

Il me semble qu’une autre leçon peut être tirée de ces événements: l’entente à l’époque entre le pouvoir russe d’Eltsine et l’occident, le dépeçage de l’appareil d’Etat a gelé ces situations… Si les anciens hiérarques ont tout accepté, tout bradé” c’est qu’ils y trouvaient leur compte et les peuples se sont sentis plus ou moins vendus. Avec poutine, à tort ou raison, l’apparition d’un pouvoir fort a redonné un peu d’espérance. Avec l’offensive de la Georgie, le refus de la Russie, nous sommes devant le dégel et tout remonte à la surface. Pour nous communistes et progressistes français, un des effets les plus forts de la fin de l’Union soviétique a été le sentiment qu’il n’y avait pas de peuple pour protester, et si cela n’avait été qu’un des effets des médias  occidentaux, un de plus? Nous avons besoin de comprendre là encore ce qui s’est réellement passé, de mesurer la nature et l’importance de la protestation, qui pour le moment se présente d’une manière de faits minuscules éclatés dans les Républiques qui se sont séparées de l’Union soviétique et qui ont subi la pression de l’OTAN, de l’Union Européenne, avec en toile de fond les Etats-Unis.

Le doute qui me vient est le suivant : si nous avions été trompés comme nous l’avons été sur Cuba, trompés par les médias, mais aussi trompés par la direction du parti Communiste français qui dans sa propre débâcle s’est isolé des autres communistes, de ceux qui partout résistaient, pour se mettre à la remorque d’un PS dont la caracftéristique est que sur le plan international il va plus loin que la droite derrière les etats-unis, l’Europe vassalisée et l’otan. On pourrait dire alors j’accuse cette direction d’avoir contribué non seulement à la liquidation de toute formation, de toute organisation, mais de nous avoir trompé sur la réalité des communistes et de leur relation aux peuples hier comme aujourd’hui. A suivre…

Dans la seule journée du 3 septembre j’ai reçu ces deux nouvelles.

1) Deux villages d’estonie réclament leur indépendance et le rétablissement de la république soviétique d’Estonie.
San Petersburgo, 3 sep. Tribuna Popular TP/Crédito Ria Novosti.-
Deux villages estoniens ont proclamé le rétablissement de la République socialiste soviétique d’Estonie et ils demanderont à la Russie leur reconnaissance, a informé aujourd’hui le site Web de l’organisation régionale des “Communistes de Pétersbourg”.
Les partisans de la République socialiste soviétique d’Estonie récoltent déjà des signatures sous les documents respectifs sur l’indépendance qu’ils remettront aux autorités russes pour signer un accord d’amitié et d’aide mutuelle.
“La décision de se séparer de l’Estonie bourgeoise a été prise pour les paysans Andres Tamm et Aine Saar, dont les villages se trouvent dans le nord-est du pays près de la frontière avec la Russie”, lit-on sur le site web
où “Nous ne voulons plus vivre en Estonie bourgeoise où le destin) d’un citoyen de bout n’importe à personne, où ilscoupent les bois, où le chômage et la corruption règnent et où l’OTAN et les Nord-Américains commandent”, a dit Tamm.
“Mon grand-père a été antifasciste et a combattu dans la clandestinité, et je ne peux pas me suivre ceux qui en Estonie rendent hommage aux nazis”, a-t-il souligné.
En attendant, les voisins des villages sécessionnistes ont déjà formé leur gouvernement soviétique. En attendant, les habitants des villages sécessionnistes ont déjà formé leur Gouvernement soviétique. Quelques communistes russes y ont été intégrés invité à la “République socialiste soviétique d’Estonie”. Aussi les “milices populaires” ont été formées, elles sont appelées à défendre le nouvel “État”.

2- Célébration de la dix-huitième Journée d’indépendance de la Pridnestrovie

Jour de l’indépendance 2008 célébrant les 18 ans d’existence de la Pridnestrovie
Le 2 septembre de 2008, la république  de Pridnestrovie a célébré le 18 e anniversaire de sa proclamation comme République Socialiste Soviétique pour le maintien de la permanence de l’URSS.
La République s’est séparé alors de ce qui était la République Socialiste Soviétique de Moldavie dans les frontières soviétiques de la Moldavie en 1990, et commença la lutte armée sur son territoire quand la Moldavie l’a attaqué en 1992. Après l’avoir emporté la guerre pour la survie fut signé un accord de cessez le feu avec la Moldavie.

Chaque année le 2 septembre se célèbre la fête nationale  en Pridnestrovie. Le pays a commencé les célébrations du 18 e anniversaire mardi dans le mémorial de la Gloire dans la capitale, Tiraspol, en déposant des fleurs sur les tombes de ceux qui sont morts pour l’indépendance de la République.
Durant cette année d’anniversaire, le défilé solennel s’est déroulé le matin dans les rues de Tiraspol et a atteint le mémorial de la guerre où des milliers de citoyens ont déposé des fleurs à la mémoire des défenseurs locaux qui furent assassinés en défendant l’existence de la  Pridnestrovie durant les attaques des Moldaves en 1992.
Après s’est célébré dans le centre de Tiraspol le défilé de l’armée et des gardes frontières et de la police. Un des événements les plus importants en le programme des célébrations fut le traditionnel défilé militaire dans  Tiraspol. De nombreuses fêtes, de bazars et de culture et des événements sportifs ont été aussi célébrées jusqu’à de heures les plus avancées de la nuit.  Des délégations officielles venues de la Russie, de l’Ukraine, de l’Irlande, de la Biélorussie, de la Bulgarie, d’autres pays de la CEI et des républiques d’Abakhazie et d’Ossetie du Sud étaient présentes. Les événements se sont terminés la nuit avec un spectacle de glace dans la piste récemment inaugurée de patinage sur glace, dans Tiraspol, suivi  par d’énormes feux d’artifices dans toutes les principales cités de Pridnestrovie, tiré à minuit précises.

Appuyée par la Russie,  Pridnestrovie est actuellement à la recherche d’une solution pacifique et civilisée de divorce. Igor Smirnov a appelé publiquement son homologue de Moldavie Vladimir Voronin a reconnaître la République indépendante de Pridnestrovie (PMR)  et signer un accord d’amitié et de coopération entre les deux pays.
Smirnov a mis l’accent sur le fait que cette mesure de solution pacifique de conflits a déjà un précédent. Pridnestrovie depuis longtemps voulait négocier un “divorce civilisé” avec la Moldavie, sous la forme dans laquelle la République tchèque et la Slovaquie a été divisée en deux parties distinctes à la fin de la Guerre Froide.

En remarquant que les médiateurs et les observateurs insistent pour renouer le processus d’accord pacifique, Smirnov a ajouté que Pridnestrovie n’avait jamais refusé de participer à un dialogue constructif. Mais depuis que l’actuelle République de Moldova a déclaré son indépendance, Pridnestrovie n’a jamais été une partie réelle de l’actuelle Moldavie. Elle n’a pas non plus d’affiliation historique avec la Moldavie.

Le Président de Pridnestrovie Igor Smirnov a dit pour la foule: “Malgré ces 18 années que nous célébrons le monde ne nous a pas encore  reconnus comme un état. Malgré le fait que nous nous sommes garantis à nous même l’indépendance économique et politique, et que toutes les caractéristiques d’un État souverain fonctionnent”.

L’orateur a dit qu’il espérait que Pridnestrovie  rapidement pourrait s’unir à la Abakhasie et à l’Ossetie du Sud dans le fait d’être reconnu par les autres comme un pays indépendant. Lors du référendum de 2006 à Pridnestrovie autour de 98% des votants ont appuyé l’indépendance.
Fuente: http://www.tiraspoltimes.com/node/1841

traduction de danielle bleitrach pour http://socio13.wordpress.com/

4 Réponses vers “Danielle Bleitrach: Que s’est-il réellement passé lors de la chute de l’Union soviétique”


  1. 1 Pierre-Yves GAUTIER 4 septembre 2008 à 11:52

    Pour mon boulot qui inclut l’état-civil j’ai été amené à chercher sur internet des précisions sur l’intitulé des anciennes républiques qui constituaient l’URSS . WIKIPEDIA est une mine d’infos : je te livre l’url qui concerne la Pridnestrovie (ou transnistrie) http://fr.wikipedia.org/wiki/Transnistrie_historique

    Je ne sais pas qui a rédigé ces articles mais c’est super détaillé

  2. 2 socio13 4 septembre 2008 à 12:44

    Comme je l’ai déjà dit la dite république et son centre de communication a décidé de se jumeler avec notre blog et je reçois tous les deux jours des photos, des textes, je pense que la bien sympathique république se fait des illusions sur l’audience de notre blog. Encore que… une fréquantation en croissance continue qui a dépssé désormais les 2500 visites quotidiennes et dépasse les jours fastes les 3200… Et surtout les textes sont traduits, relayés, que ce soit au plan international comme dans les syndicats, les militants de toutes obédiences, beaucoup de textes sont là aussi repris… Ce qui m’a valu les attentions d’Aznar et de sa fondation comme d’ailleurs celle des disciples du dalaï lama qui me mettent consciensement périodiquement à l’index et m’expliquent gravement qu’il faudrait que j’aille faire retraite dans un monastère avant de causer. Je ne vous laisse pas tout passer parce que je n’ai pas envie que cela tourne au folklore mais le fait est qu’il n’y a pas que la république de Pridnestrovie (Trandinavie est moldave)pour nous prendre pour l’équivalent de CNN.
    Croyez bien que je regrette notre trop faible audience, les nouvelles que nous diffusons toujours assorties de précautions vallent mieux (ce n’est pas difficile) que celle de nos médias…
    Je pense que l’auteur de l’article est de Lorca, de l’atlas alternatif, dont j’ai cité ici le texte.
    Danielle Bleitrach

  3. 3 pedrito communista 5 septembre 2008 à 3:38

    Avec ta permission, Danielle, je voudrais poster un texte sur ton blog : le puis-je, et comment ?

  4. 4 Joannès BILLO 7 septembre 2008 à 10:55

    Pour l’essentiel ce qui a manqué à l’URSS on le vois avec le recul du temps et ce qui se passe en Amérique-Latine, c’est le défaut de démocratie participative. Tout s’est passé sans la participation du peuple! Si le contraire avait existé, les Cubains en savent quelque chose, l’URSS existerait encore. Et sans la particpation du Peuple Hugo CHAVEZ serait déjà mort,mais finalement l’expérience de Salvador Allend fait qu’il n’est pas mort pour rien. Il faut savoir retenir les leçons de l’histoire. Ce dont je ne suis pas sûr du tout que le Parti Communiste Français en ait encore tité les conclusions! Et puisqu’il continue à prêcher en sa Direction que le capitalisme c’est la démocratie? Tant pis pour la mort d’ALLENDE et tant d’autres !!!


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