Plus d’incertitude sur le scénario complexe pakistanais par Txente Rekondo

Rebelión traduit par danielle Bleitrach pour http://socio13.wordpress.com/

Le président pakistanais, Pervez Musharraf a annoncé publiquement qu’il abandonnait sa charge, et l’annonce est intervenue peu de temps après que les partis au gouvernement aient mis en marche une procès en destitution contre lui. Lors de son apparition télévisée, Musharraf en a profité pour se défendre publiquement des accusations qui portée contre sa personne et contre le travail « exercé » dans une charge ou une autre depuis neuf ans » et dans le même temps il a accusé le gouvernement de « tisser toute une série de mensonges » contre sa personne.

Dans les derniers jours l’activité diplomatique et politique dans les coulisses pakistanaise a été très intense et dans cet obscur scénario il paraissait qu’il était en train de se tramer une date de départ  pour  le président du pays, sous la supervision et l’appui des États-Unis et de l’Arabie Saoudite. En ce sens, au milieu de toute la spéculation qui entoure toujours ce type d’événements, quelques sources locales remarquent qu’après la démission, “Musharraf pourrait abandonner le pays et prendre la direction de la capitale saoudienne, où il resterait au moins durant trois mois”, jusqu’à ce que la situation s’éclaircisse un peu au Pakistan.
Depuis un certain nombre de mois la situation dans ce pays asiatique ne traversait pas ses meilleurs moments.

La frontière nord est avec l’Afghanistan était chaque jour plus dans les mains des milices locales talibanes, qui portaient appui à leurs voisins afghans dans leurs attaques contre les troupes du gouvernement de Kabul et de ses alliés occidentaux. Dans le même temps dans cette région conflictuelle, la loi qui domine est celle qu’imposent les talibans pakistanais, et la présence gouvernementale brille par son absence. Les tentatives militaires pour transformer cette situation n’ont fait que rendre encore plus fragile les positions du gouvernement central devant les tribus locales.
En même temps le pays était confronté à d’autres crises de fond sur des bases structurelles. L’économie est dans la pire situation depuis des décennies, avec une augmentation de l’inflation annuelle, des pertes des valeurs mercantiles et avec une énorme récession des investissements étrangers ce qui joint à l’augmentation de l’insécurité politique ne laisse pas prévoir des temps optimistes pour l’ensemble du pays.
Eb plus, les prix sont en train d’exploser, sur tout dans le secteur des aliments, les coupures de lumière et d’eau sont chaque fois plus longues, (dans la ville de Karachie, ceux qui n’ont pas d’eau tout le jour sont toujours plus nombreux)ce qui fait que la population la plus pauvre est celle qui souffre le plus de cet apprfondissement de la crise.
Un autre facteur préoccupant dans ce pays pour accroître la complexité du scénario est le retour de la tension entre le Pakistan et l’inde. La récente attaque avec bombe contre l’ambassade de l’Inde à Kabul et l’accroissement  des hostilités intermittentes entre les deux états autour de la Ligne de Contrôle du Cachemire, après cinq ans de calme relatif, sont deux exemples évidents de cette nouvelle orientation qui pourraient exaspérer tensions dans la zone, dépendantes sans aucune doute des mouvements provoqués depuis Washington.
La participation des acteurs étranger dans équation est évidente.


L’acteur principal, les États-Unis, mène la danse depuis quelques mois en manoeuvrant pour obtenir des accords stratégiques avec l’Inde, ce qui est vu depuis Islamabad  avec beaucoup une méfiance. Jusqu’à ce jour, l’allié clef de la politique américaine dans la région a été Pakistan, et son personnage clef Musharraf, cependant cet apparent tournant de la politique extérieure de la Maison Blanche aurait incité des protagonistes locaux déterminés (l’ISI) à agir pour éviter que cela arrive. Dans ce contexte l’accusation de la CIA a désigné et publiquement identifiés ses anciens alliés les services secrets pakistanais comme les auteurs de l’attentat de Kaboul. Alors que d’autres mesures, comme le développement de l’aide économique (non militaire) de Washington a fini par se multiplier par trois, et depuis l’Arabie Saoudite est supprimée la dette du pétrole.
Le récent voyage du premier ministre Gilani aux Etats-Unis  peut être interprété comme l’intention du gouvernement de convaincre les dirigeants étasuniens de ce que la « guerre contre la terreur recevra l’appui de son pays à partir du départ de Musharraf”.
L’attitude de l’armée jouera un rôle clé


En ce moment l’institution militaire a trop de fronts ouverts (l’Inde, l’EU, le gouvernement, la rébelion locale et les divisions internes), et sa popularité n’est pas au zénith (ce qui peut l’amener à se concentrer dans la récupération d’une image mise à mal). De plus, quelques rapports remarquent que le mécontentement envers le général Ashfaq Kayani est en augmentation, et à l’intérieur de ses propres rangs il est perçu comme un serviteur des intérêts des EU dans l’armée.
Dans la même ligne il faudra voir quelle sera la réaction des puissants services secrets (ISI) qui depuis plusieurs mois mènent une lutte très dure contre les partis du gouvernement disposés prêts faire des actions pour aboutir à ce qu’ils n’ont pas obtenu pour le moment.
L’avenir du gouvernement lui-même, et de l’ensemble de la scène politique pakistanaise continue d’être une inconnue. Il y a des doutes sur le maintien de la coalition gouvernementale après le départ de Musharraf, et le fait est que jusqu’à ce jour ils ont été incapables d’apporter des solutions aux graves crises que le pays affronte, n’envisageant pas d’autre politique que de se débarrasser d’un président détesté.
Comme le signalait récemment un prestigieux média occidental : ‘Il y a plus préoccupant que Musharraf”. L’incertitude de ce qu’il adviendra du  Pakistan à partir de ce nouveau scénario augmente chaque jour qui passe. Le mécontentement populaire devant les crises successives, que subissent  majoritairement les classes les plus défavorisées de la société, est l’autre facteur à prendre en compte dans les prochains mois. Gagner leu confiance peut être un facteur que certains acteurs et d’autres manœuvriers pourront jouer pour maintenir leurs privilèges ou pour les récupérer.
TXENTE REKONDO.- Gabinete Vasco de Análisis Internacional (GAIN)

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