la Republique de Pridnestrovie répond à G.W.Bush

On n’est pas sorti de l’auberge.

Les Etats-Unis haussent le ton vis-à-vis de Moscou: le président américain George Bush appele la Russie à respecter la souveraineté de la Géorgie et à retirer ses troupes. Face à ces déclarations, je reçois  à l’instant une proclamation de la República de Pridnestrovie  qui lance une grande mobilisation pour aider le peuple frère d’Ossétie du Sud…. Pridnestrovie déclare fièrement : “Le même jour où le Président Nord-américain G.W. Bush a annoncé plus d’aide pour la République de Georgie, son homologue,  Igor Smirnov, Presidente de Pridnestrovie,  a annoncé une grande mobilisation de son pays pour aider le peuple d’ossétie du sud victime d’une agression militaire de la Georgie”

BUSH :“Nous attendons des forces russes entrées récemment en Géorgie qu’elles se retirent du pays. Les actions de la Russie soulèvent des questions sur ses intentions en Géorgie et dans la région. Ces dernières années, la Russie a cherché à s’intégrer dans les structures diplomatiques, politiques, économiques et sécuritaires du 21ème siècle. Les Etats-Unis ont soutenu ces efforts, aujourd’hui la Russie met ses aspirations en danger.”

La Secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice va se rendre à Paris puis à Tbilissi, pour manifester la “solidarité inébranlable des Etats-Unis avec la Géorgie”, a déclaré le président americain.

Face à ces déclarations, je reçois  à l’instant une proclamation de la República de Pridnestrovie  qui lance une grande mobilisation pour aider le peuple frère d’Ossétie du Sud…. Pour ceux qui l’ignoreraient  La République moldave de Transnistrie (appelée « Pridnestrovie » par les russophones, Transnistrie  par les roumanophones, et parfois Transdniestrie à l’étranger, ce qui signifie « au-delà du Dniestr »-Nistru en roumain), est une république autoproclamée qui a fait sécession de la république de Moldavie en 1991 à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique.

13 août 2008: Le même jour où le Président Nord-américain G.W. Bush a annoncé plus d’aide pour la République de Georgie, son homologue,  Igor Smirnov, Presidente de Pridnestrovie,  a annoncé une grande mobilisation de son pays pour aider le peuple d’ossétie du sud victime d’une agression militaire de la Georgie.
Le Chef d’État a ordonné que soient commencées des actions concertées de la part des autorités publiques de la République de Pridnestrovie pour apporter une aide immédiate aux républiques des soeurs Osetia du Sud et d’Abjasia en vue d’en finir avec l’agression armée de la part de la Géorgie.
 
 Entre autres apports Pridnestrovie propose : :
a) une formation de bases de volontaires et de brigades de travailleurs de la santé pour aider les citadins malades ou blessés d’Osetia du Sud durant un mois;

;
b) l’organisation de l’une un système d’information où depuis Pridnestrovie on pourra fournir une couverture médiatique non – déformée des événements de l’ Osetia du Sud et d’Abjasia, en utilisant les ressources médiatiques du Comité Exécutif de la Communauté pour la Démocratie et les Droits des Peuples;

c) la formation d’un centre de presse international, de caractère permanent et basé dans l’agence de nouvelles de la Communauté. 

d) l’envoi d’une  assistance humanitaire à la république de Ossétie du Sud.

e) le recueil et l’envoi d’une assistances financière et de dons de fabriques, de centres d’études, d’organisations et de particulier dans  Pridnestrovie  pour le Gouvernement de la république de Ossétie du Sud.

f) Le don de sang pour les victimes dans les zones des  hostilités. 

g)  préparation d’un possible repliement et lieu d’accueil pour les réfugiés d’ossétie. Du Sud;

h)  Assistance hospitalière de Pridnestrovie pour recevoir les blessés et les citoyens ayant besoin de convalescence provenant de la Républiqe d’Ossétie du Sud et de la république d’abakasie.

e) Les activités de préparation et de formation de caractère idéologique.

k) la formation et l’assignation de volontaires à la Brigade de Constructeurs et de Maçons pour une période de 3 mois. Cette dernière brigade  arriverait dans Tskhinvali (nom antérieur : Staliniri), la capitale de la République d’Ossétie du Sud, avec l’objectif de reconstruire la ville le plus rapidement  possible après les bombardements intenses des troupes Géorgiennes, en utilisant des armements provenant d’Israël et des États-Unis.
 En priorité  il y a la reconstruction de   l’Avenue Staline (son  nom actuel ); l’avenue principale de la  capitale, dont les façades et constructions sont actuellement détruites presque totalement. .
La république de Pridnestrovie veut souligner aussi que la République d’Osetia du Sud n’est pas un état séparatiste, puisqu’en 1989 c’était les géorgiens qui voulaient se séparer de l’Union soviétique tandis que les Ossétiens s’opposaient à telle décision.
C’est ce qui s’est passé également à Pridnestrovie où la Moldavie – les vraies séparatistes – voulait sortir de l’Union tandis que Pridnestrovie désirait se maintenir à l’intérieur de l’Union
.

Source en russe

http://www.olvia.idknet.com/ol157-08-08.htm
(Agencia Estatal de Noticias de la República de Pridnestrovie)

Service de la Presidence de la República:
http://www.president.pmr-gov.org/

 Cette proclamation à un caractère touchant face à la superpuissance nord-américaine, en particulier je crois que notre petit blog fait partie de l’entreprise de la république destinée à mener une campagne médiatique internationale sur le rétablissement des faits. En recevant ce texte, j’ai été émue par cette “campagne médiatique internationale”, au moment même où l’enorme machine de propagande occidentale était en train de nous manipuler à grande échelle. Ainsi on apprennait que CNN avait utilisé et diffusé des images provenant de l’Ossetie du Sud bombardée et de sa population desespérée pour monter la fiction de l’agression des Russes.

Cette manière de tabler sur notre petit blog comme on envoie une bouteille à la mer pour faire entendre la réalité de ce qu’on vécu des tas de gens de l’ex-Union Soviétique et dans le Caucase résumé par  l’argument: “nous ne sommes pas séparatistes, ni nous, ni les Ossètes, ni les Abkazes, ce sont les autres qui ont voulu quitter l’Union Soviétique” .

Est-ce que oui ou non l’Union Soviétique était une patrie ?  Ce que l’on nous présenté comme la victoire de la démocratie n’a été que le jeu d’apparatchicks vendus à l’Occident qui se sont emparés de l’appareil d’Etat pour le privatiser, pour y faire du trafic d’influence, pour que des clans y règnent sans partage aux dépends des peuples qui ont été privés de leurs droits sociaux, de leur emploi. Ils ont été livrés aux mafias, ils connaissent l’insécurité, le terroriseme provoqué et la mise en ordre par la Russie est quelquefois terrible comme ces 350 morts dans une école en Ossétie du Sud par suite d’une prise d’otage terroriste. Aujourd’hui ce sont les géorgiens qui les bombardent. Voilà la réalité.

Donc  pour qui sait lire, elle témoigne de la volonté de résistance, du refus au moins pour une partie de la population de l’ex-Union Soviétique de ce démantélement et aussi du caractère explosif de la situation. Elle témoigne de ce qui m’avait toujours frappé dans l’ex-Union Soviétique, une certaine méconnaissance de l’extérieur, un projet lié à l’espace soviétique et l’idée qu’ils se soient lancés dans une lutte médiatique me touche surtout quand j’ai l’impression qu’ils comptent sur moi…

Enfin elle témoigne de la tragédie qu’a été la décomposition de l’ex-URSS et l’irresponsabilité de ceux qui déjà sous Gorbatchev ont commencé ce processus de décomposition dont les peuples ont fait les frais, entraînant des hostilités, des guerres civiles larvées ou ouvertes entre des gens qui s’étaient mêlés durant toute l’Union Soviétique. Comment ne pas voir qu’aujourd’hui quoiqu’on en pense c’est la Russie qui demeure la garantie d’une stabilité que ni l’Union Européenne et a fortiori les Etats-Unis ne peuvent apporter. Ne pas le comprendre c’est réellement mal agir.;

voici quelques renseignements complémentaires sur cette République par Frédéric Delorca, suivi d’une analyse des zones de confrontation directe avec l’OTAN

Voici en quelques mots les impressions que je retire de la République moldave autoproclamée de Transdniestrie/Transnistrie/Pridnestrovie (République moldave de Pridnestrovie -  RMP) après un séjour du 2 au 6 juillet dans le cadre d’une mission d’observation, sous réserve d’enquêtes et d’analyses complémentaires.

1) Economie

La Transdniestrie (RMP) est un pays riche par rapport à ses voisins. Elle affiche un PNB par habitant de 1 000 dollars, soit la moitié de celui de la Moldavie, mais ce chiffre, dont la base de calcul reste obscure, ne reflète pas la réalité visible dans le mode de vie des gens, ni le potentiel remarquable de ce pays qui fut une des régions les plus industrielles de l’Union soviétique (métallurgie, textile, machines, agroalimentaire), bénéficiant d’une main d’œuvre de haut niveau qualifiée, et de terres agricoles très rentables. La RMP est fortement pénalisée par l’absence de reconnaissance internationale qui dissuade les investissements et pèse sur le commerce en raison des règles de double enregistrement des entreprises à Tiraspol et Chisinau qui entraînent des doubles taxations.  

Le pays a dû se lancer dans des privatisations, qui ont conduit à des pertes d’emplois. La RMP reconnaissait en 2004 un taux de chômage de 16 %. Les privatisations ont aussi entraîné l’émergence de l’oligopole Sheriff, holding qui contrôle la distribution d’essence, une partie des supermarchés, et une part croissante de l’industrie. Cet oligopole avoue fournir 15 % du budget de l’Etat sans qu’on puisse établir comment est calculé ce chiffre. Son influence sur les institutions est opaque. On sent chez les dirigeants une aspiration croissante à une reconnaissance occidentale qui permettrait de faire fructifier l’appareil productif. 

Les terres agricoles n’ont pas été privatisées, restent propriété d’Etat et sont louées à bail pour 99 ans comme en Chine (y compris à des collectifs de travailleurs). Une partie des privatisations ont abouti à un contrôle des usines par les collectifs de travailleurs qui détiennent des part d’actions majoritaires.

2) Droits sociaux

De nombreux avantages sociaux de l’époque soviétique ont été conservés : éducation gratuite d’un bon niveau, santé gratuite au moins pour les soins minimaux, attribution des emplois, vacances en Crimée pour les enfants, diverses formes de soutien de la collectivité aux individus.  La constitution du pays met en valeur autant les droits individuels que les droits sociaux. Elle insiste sur l’éducation, la santé, la récompense du travail, le respect de l’environnement.
 
3) Démocratie

Le système politique reste marqué par une culture de consensus soviétique, qui explique en grande partie la reconduction régulière du président Smirnov à la tête de l’Etat (le leader de l’opposition parlementaire ne s’est pas présenté aux dernières élections présidentielles pour ne pas “fragiliser” l’Etat non reconnu). Les députés ne sont pas élus par tendances politiques, et les partis (10 au total, y compris un parti social-démocrate qui demande le rattachement à la Moldavie, mais beaucoup de ces partis sont liés à leur équivalent moscovite) ne constituent pas des ensembles cohérents et ne paraissent pas présenter de réels programmes, à part les deux partis communistes (opposition), qui n’ont pas de représentant au parlement (Soviet suprême) et qui défendent la renationalisation de l’économie. Néanmoins on relève des efforts importants pour faire prévaloir l’Etat de droit. Une cour constitutionnelle a été créée qui fait respecter la séparation des pouvoirs et des principes relativement libéraux (dans un cadre présidentiel inspiré du modèle russe). Un ombudsman prend en charge les litiges avec les administrations.  L’indépendance relative de la justice semble s’être vérifiée récemment avec l’échec de la belle-fille du président Smirnov à faire annuler par les juges l’élection de son rival dans la circonscription de Slobozya (sous réserve d’investigations complémentaires sur ce sujet).

Dans la rue les gens critiquent ouvertement le gouvernement et ne paraissent pas subir de répression dans l’expression de leurs opinions. Leurs positions sont assez apolitiques dans l’ensemble, notamment quant à l’avenir de l’entité transdniestrienne. 

4) Relations interculturelles

Les autorités mettent beaucoup en avant la guerre de 1992, la supposée intolérance politique et linguistique du gouvernement de Chinisau, et leur propre attachement à une cohabitation harmonieuse entre les principales cultures moldave, ukrainienne et russe, et leur refus du communautarisme.

Si le trilinguisme se retrouve dans les inscriptions officielles, le moldave (dans sa version écrite en alphabet cyrillique) est peu présent en ville. Sociologiquement les Moldaves restent une population plus rurale et peut-être moins représentée dans les centres du pouvoir. Il s’emble qu’une sensibilité nationaliste moldave favorable au rattachement à la Moldavie, voire à la Grande Roumanie, susbisterait dans certains cercles intellectuels universitaires. A l’inverse des députés moldaves du Soviet Suprême soutiennent que les Moldaves de RMP, qui ont toujours écrit en alphabet cyrillique et ont toujours été tournés vers l’Ukraine et la Russie feraient l’objet de persécutions de la part des Moldaves de Chisinau, qui ont récupéré en 1989 l’alphabet latin introduit dans le Roumain du XIX ème siècle, traditionnellement liés à la Roumanie. 

Des rumeurs non vérifiées existent sur des boycotts des élections dans les villages moldaves (ce que nient les autorités). En tout état de cause on ne perçoit pas de tensions intercommunautaires fortes. Les Russes et Ukrainiens, et même des Moldaves interrogés dans la rue sans présence des autorités affirment que les appartenances identitaires n’entrent pas en ligne de compte dans les rapports sociaux et disent ne pas avoir peur pour la conservation de leurs droits en cas de rattachement à la Moldavie. Certains vont d’ailleurs travailler ou étudier à Chisinau. Les diplômes prinestroviens sont reconnus en Russie et en Ukraine pour ceux qui veulent poursuivre leurs études. En Moldavie en revanche on les “confisquerait” pour remettre à leur place des diplômes moldaves, selon un de nos interlocuteurs (point à vérifier).

5) Relations internationales

La RMP est un petit pays de 550 000 habitants très provincial qui n’a qu’une vague idée de ce qu’est le monde au-delà de ses voisins immédiats. La Russie a les moyens de mettre fin à cette entité en cas d’accord entre Moscou et Chisinau. Depuis la « révolution orange », on a noté un raidissement de Kiev envers Tiraspol, entraînant en particulier l’obligation pour les marchandises pridniestroviennes de transiter d’abord vers l’Ouest, par la Moldavie, avant de pouvoir revenir à l’Est et entrer ou transiter par l’Ukraine, ce qui augmente les coûts d’acheminement. La mise en place d’une diplomatie de la RMP avec d’autres partenaires que les milieux russes, ou ex soviétiques (abkhazes, ossètes) qui lui restent fidèles, semble assez aléatoire. Toutes les rumeurs de liens entre la RMP et des puissances anti-américaines, proche-orientales par exemple, paraissent extrêmement saugrenues, tout comme les accusations de participation à des trafics illégaux, en particulier parce que les frontières de cette république enclavée sont totalement contrôlées par les douanes ukrainiennes ou moldaves. Cela étant, il est vrai que la Pridniestrovie n’a pas pu acheter ni dans l’UE ni dans la CEI, en raison de sa non-reconnaissance, les machines nécessaires au contrôle de ses frontières selon les normes de l’UE. Elle se les est finalement procurée en Afrique du sud. L’aéroport de Tiraspol  (un ancien aéroport militaire) reste fermé, car Chisinau continue de contrôler l’espace aérien de la République «autoproclamée ». La RMP n’a pas véritablement développé de vision globale des rapports internationaux, même s’il semble que le gouvernement de Tiraspol commence à prendre conscience de la nécessité de sortir du tête-à-tête diplomatique obligé avec les puissances de la CEI et l’UE accrochée à la « souveraineté moldave ».
 

       Frédéric Delorca

Cf : vidéos sur http://www.youtube.com/watch?v=_SNQSKfSyJ8 et http://www.youtube.com/watch?v=U9lA5yVn4oY.

Et article relatif à notre mission sur http://www.vspmr.org/News/?ID=1115

Par Luc MICHEL

Républiques: zones de confrontation directe avec l’OTAN , la CEI 2

    Un des points chauds de cette confrontation, ce sont les Républiques auto-proclamées de Pridnestrovie, Abkhazie et Ossétie du Sud, que l’on appelle aussi la « CEI-2 ». C’est là que la confrontation entre l’OTAN et la Russie s’exprime directement, aux frontières caucasiennes et aux marches européennes de la Russie.

 

« LES REPUBLIQUES VENUES DU FROID »

L’Abkhazie (capitale Soukhoumi), ex-république autonome de la Géorgie soviétique depuis 1931, a combattu les forces géorgiennes de 1992 à 1994, au lendemain de la dissolution de l’URSS en décembre 1991. Soukhoumi ne reconnaît pas la souveraineté de Tbilissi sur son territoire et applique une politique visant à accéder à une indépendance reconnue par la communauté internationale.

Ex-région autonome de la Géorgie d’après la division administrative de l’URSS, l’Ossétie du Sud (capitale Tskhinvali) a proclamé son indépendance le 20 septembre 1990. Tbilissi a alors riposté et les opérations militaires ont fait des milliers de morts de part et d’autre de 1990 à 1992. Lors du premier référendum de janvier 1992, au lendemain de la disparition de l’URSS, l’Ossétie du Sud s’est massivement exprimée en faveur de son indépendance envers la Géorgie. Les Sud-Ossètes mettent le cap sur le rapprochement avec l’Ossétie du Nord, république du Caucase du Nord russe, notant que les Ossètes, du Nord comme du Sud, ont bénévolement intégré la Russie en 1774, une bonne trentaine d’années avant la Géorgie. Près de 99% des Sud-Ossètes ont dit « oui » au référendum organisé ce 12 novembre 2006 par les autorités séparatistes et proposant de faire de la région un Etat indépendant. Tskhinvali ne cache pas son objectif stratégique de réunification avec l’Ossétie du Nord, une république russe du Caucase du Nord, et refuse catégoriquement de reconnaître la souveraineté géorgienne sur son territoire.

La Pridnestrovie (la PMR, capitale Tiraspol), zone la plus industrialisée de l’ancienne République soviétique de Moldavie et peuplée aux deux tiers par des Slaves, a proclamé son indépendance envers Kichinev en 1992, après la dislocation de l’URSS et à l’issue de plusieurs mois de combats contre les forces moldaves pro-roumaines. Depuis, Tiraspol refuse de reconnaître la souveraineté moldave sur son territoire et applique une politique indépendante, renforcée après le référendum sur l’indépendance de septembre 2006, très largement remporté par les partisans du rapprochement avec la Russie. Le 17 septembre dernier, un référendum a eu lieu en effet en République Moldave de Pridnestrovie (PMR), et, dans le cadre de cette consultation nationale, la majorité écrasante de la population de cette république autoproclamée s’est prononcée pour la poursuite de la politique d’indépendance de la Pridnestrovie et de son union avec la Russie.

Enfin le Nagorny-Karabakh (capitale Stepanakert), qui se veut « le deuxième Etat arménien », enclave à majorité arménienne en Azerbaïdjan, a fait sécession de Bakou au terme d’un conflit armé qui a fait, entre 1988 et 1994, des milliers de morts. Le Haut-Karabakh bénéficiait, au sein de la république soviétique d’Azerbaïdjan, du statut de région autonome. En 1988, à la faveur de la perestroïka gorbatchévienne, la population locale a exigé la réunification de l’enclave à la république soviétique d’Arménie. Malgré de multiples tentatives de Moscou de faire revenir le calme dans le pays, une véritable guerre a éclaté entre la région et l’Azerbaïdjan après la chute de l’URSS en 1991. Le 2 septembre 1991, les autorités séparatistes ont proclamé l’indépendance de la République du Haut-Karabakh englobant la région autonome du Haut-Karabakh et le district de Chaoumian. Un cessez-le-feu est intervenu en 1994 mais la situation reste tendue, malgré des efforts de médiation du groupe de Minsk de l’OSCE. Depuis, des négociations sont en cours à différents échelons entre Bakou et Erevan.

 

QUATRE « CONFLITS GELES »

Quatre « conflits gelés » perdurent autour de ces quatre républiques, que l’on tente, avec l’appui de l’OTAN et de Washington, d’annihiler par la force. En Abkhazie et en Ossétie du Sud agressées par la Géorgie, les combats n’ont cessé qu’après l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix. La situation reste tendue dans le Haut-Karabakh, malgré le cessez-le-feu et les efforts de médiation de l’OSCE. La Pridnestrovie réclame depuis 16 ans son indépendance par rapport à la Moldavie, au travers de plusieurs referendum, et abrite un contingent de paix russe malgré l’opposition moldave.

A noter que le 30 septembre 2006, les présidents des parlements de trois de ces républiques non reconnues – mais néanmoins en Droit international reconnues comme « sujets de droit international » en tant que parties à des conflits – (Abkhazie, Ossétie du Sud, Pridnestrovie) ont signé un accord instituant l’Assemblée parlementaire de la Communauté « Pour la démocratie et les droits des peuples ».

Cette Communauté, qualifiée depuis de « CEI-2 », a été instituée en juin 2006 par les leaders des trois républiques et le Traité d’amitié prévoit une assistance mutuelle au niveau politique et économique, mais aussi, en cas d’agression, une assistance militaire.

 

LE COMBAT DE LIBÉRATION DE LA GRANDE-EUROPE
PASSE PAR TIRASPOL, SOUKHOUMI ET TSKHINVALI

Nous avons choisi de nous engager aux côtés de ces jeunes Républiques et de leurs dirigeants courageux. Non seulement parce que le combat de libération de la Grande-Europe passe par Tiraspol, Soukhoumi et Tskhinvali, mais aussi parce que nous sommes idéologiquement proches d’elles (1) (comme nous le sommes du Belarus du président Lukashenko, avec son « socialisme post-soviétique ») et singulièrement de la Démocratie directe en action à Tiraspol (2).

 

L’OTAN C’EST LA GUERRE EN EUROPE !
Mais notre solidarité avec nos frères de Pridnestrovie, d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud n’implique aucune hostilité de notre part envers les peuples de Moldavie et de Géorgie, conduit à la guerre et au chaos par leurs mauvais dirigeants pro-américains. Depuis 40 ans nous affirmons que l’OTAN c’est la guerre et le militarisme. Et les conflits de la « CEI-2 » le démontrent à nouveau.

C’est l’OTAN qui pousse à la pérennisation de ces conflits, à l’hostilité entre les peuples voisins. Parce que l’OTAN a intérêt à créer des abcès de fixation, à entretenir la logique de guerre pour laquelle elle a été créée. Parce que l’OTAN soutient directement les extrémistes aux thèses fascisantes de Kichinev et de Tbilissi (comme elle le fait aussi dans les pays baltes en soutenant étroitement les extrémistes baltes dans leur haineuse xénophobie anti-russe), contre les partisans de la paix.

Moscou a proposé divers plans de paix, sur base de la fédéralisation des Etats concernés, tous torpillés par les extrémistes soutenus par l’OTAN.

C’est l’OTAN, Washington et la division de l’Europe qu’ils entretiennent depuis 60 ans qui est responsable de toutes ces guerres civiles entre Européens. Demain, dans la Grande-Europe, unie, grande et libre, de Vladivostok à Reykjavik, il n’y aura plus de place pour des guerres civiles de division entretenues par l’étranger pour des intérêts impérialistes extra-européens.

 

DEMAIN TOUS CITOYENS UNIS
DE NOTRE GRANDE PATRIE EURASIATIQUE !

Nos frères de Pridnestrovie et de Moldavie, d’Ossétie, d’Abkhazie et de Géorgie, auront de droit, comme tous les autres européens, toute leur place dans la Nouvelle Europe libre. Ajoutons une place égale en droits et en devoirs, autour d’une même citoyenneté, et non pas des droits réduits et variables selon l’origine comme dans la très inégalitaire et anti-démocratique l’Union Européenne (où cohabitent le « peuple des seigneurs » du noyau fondateur muni de tous les droits, des « peuples de seconde zone » comme les nouveaux adhérents dont les citoyens ont des droits réduits et qui fait face aux « peuples ilotes » à qui est promis un jour lointain l’entrée dans l’UE).

Européens de l’Est et de l’Ouest, sans aucune distinction d’origine nationale, ethnique, linguistique ou confessionnelle : Tous citoyens unis de notre Grande Patrie eurasiatique !

 

Luc MICHEL

 

(Article publié initialement dans LA CAUSE DES PEUPLES, Bruxelles-Paris,2006

2 Réponses vers “la Republique de Pridnestrovie répond à G.W.Bush”


  1. 1 Ninishka 14 août 2008 à 6:00

    Non mais vraiment! Depuis quand Bush est contre la guerre et demande à des troupes de se retirer d’un pays? Depuis que ça fait pas son affaire gros singe cave! Qu’il commence donc par s’occuper de retirer ses propres troupes d’Afghanistan et pas se pointer la face en Iran. De toute manière, c’est bien de sa faute ce qui se passe en ce moment, alors qu’il se la ferme. Et oui, c’est de belles intentions de la part de la República de Pridnestrovie, mais je leur souhaite bonne chance, parce que dans ma tête, c’est une mission impossible.
    De toute manière, Bush est sensé envoyer de l’aide humanitaire non? Hahaha quel connard ce Bush! Il est vraiment pas transparent en tout cas ….

  2. 2 Frédéric Delorca 24 août 2008 à 11:23

    Il est aimable de votre part de citer l’article que j’ai publié l’an dernier à mon retour de Pridnestrovie, qui est en effet un petit pays très attachant. Comme vous le soulignez, la Pridnestrovie, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie ont en commun d’avoir été des territoires restés fidèles à l’URSS (et les gens qu’on interviewe dans les rues à Tiraspol aujourd’hui le sont encore), confrontés à des politiques nationalistes intolérantes (celle des Moldaves pour les Transnistriens, celle des Géorgiens pour les Abkhazes et les Ossètes du Sud). Aujourd’hui les Occidentaux (et notamment les néo-conservateurs étatsuniens) jouent la politique du pire dans le Caucase. Pour la Transnistrie, c’est plus ambigu, du fait des relations “évolutives” c’est le moins qu’on puisse dire, entre le gouvernement moldave de Chisinau et Moscou.


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