Europe: une déclaration des plus communes

Un camarade attentif à ce qui se dit et s’écrit dans ce blog, m’adresse ce texte.  Il est clair que tout communiste un peu conscient de la situation européenne devrait ressentir le même sentiment: ces gesn là n’ont rien à voir avec moi! Quant à en éprouver de l’indignation, la mienne est usée. Je finis par la réserver à ceux qui s’aprêtent à voter pour les mêmes pour éviter les “liquidateurs” à la sauce Gayssot ou à celle des refondateurs, sans parler du “parti” de besancenot soutenu par Sarkozy lui-même. C’est la politique de Gribouille, je me jette dans le lac pour éviter d’être mouillé par l’orage. Jusqu’où ira cette folie légitimiste, faut-il réellement se suicider en allant jusqu’au bout de la logique stalinienne de l’infaillibilité du dirigeant? De tels principes ne sont pas communistes, ils sont la résurgence des principes du christianisme, ils ont justifiés l’esclavage antique, magnifié le servage médiéval, plaidé l’opprssion du prolétariat sous le capitalisme et l’ont maintenu dans la soumission jusque dans sa révolution. De tels principes sont contradictoires avec les buts du communisme, l’émancipation, la fin de l’exploitation, la libération humaine, parce qu’ils entretiennent la lâcheté, le mépris de soi et de sa capacité à penser dans la soumission à celui que l’on ne eput pourtant en toute lucidité que finir par mépriser. Pourquoi alors même que l’on ne cesse de vous faire repentir, pourtant jamais ces directions qui bradent tout tiennent-elles à cela et ne le remettent jamais en question, parce que justement quand l’idéal communiste disparaît, il ne demeure que l’oppression et l’aliénation.

Lundi 7 juillet 2008
Une déclaration des plus ‘communes’…
La direction du Parti communiste français vient de signer une « déclaration commune » avec le Parti socialiste, le MRC et les Radicaux de gauche, relative aux « priorités » que ces organisations, souhaiteraient promouvoir dans le cadre de la « présidence française » de l’Union européenne.

Le texte commence par cette affirmation, pour le moins hasardeuse :

« Le référendum irlandais, qui a vu la nette victoire du non, ne traduit pas un rejet de l’Europe, mais une exigence de réorientation des politiques en clarifiant les priorités de la construction européenne ».

Or, selon tous les sondages, le vote négatif a été massivement le fait des couches les plus pauvres de la société irlandaise, les ouvriers, les employés, les petits agriculteurs, les quartiers populaires et les jeunes. Il s’agit donc d’un vote de classe, identique à celui des peuples français et néerlandais, en 2005, qui exprime l’hostilité, non seulement aux politiques dont ils sont victimes, mais également aux institutions qui les mettent en oeuvre.

En France même un récent sondage montrait que seulement 49% des cadres et 13% des ouvriers souhaitaient poursuivre l’aventure européenne.

Si le non irlandais et l’attitude du politico-médiatique à l’égard de ce non, comme celui des Français ou des Hollandais a démontré quelque chose, c’est bien que le projet « constitutionnel » ne prétend pas installer une nouvelle souveraineté des peuple, leur offrir des pouvoirs démocratiques nouveaux mais bien leur enlever ce qu’ils ont en matière de droit.

Au profit de qui ?

 l’Europe , à partir de ce refus de prise en compte du vote populaire, apparaît pour ce qu’elle est, elle n’existe pas pour les peuples, mais pour mettre en œuvre une politique globalisée sous souveraineté directe des Etats-Unis, à partir d’accord plus ou moins occultes entre les gouvernants de l’Union Européenne et les Etats-Unis. Le projet d’un grand marché Europe-Etats-Unis est en construction, comme l’est une Europe de la Défense intégrée à l’OTAN. Il ne s’agit pas simplement du traité de Lisbonne, mais bien d’une orientation plus globale, celle de l’occident capitaliste, impérialiste contre le reste du monde.
Il n’y a pas que le traité de Lisbonne, il s’agit de cet organisme monstrueux, bureaucratique qui échappe complétement au regard des citoyens, un conglomérat de peuple désunis par le mal vivre de chacun, dominé par l’influence des lobbies financiers et des transnationales qui tissent les liens dans lesquels nous sommes pris.   jour après jour se met en place cette réalité là, sont signés des dispositions qui modifient le droit international en conformité avec ce qu’exige le droit national étasunien (1). Non seulement le vote n’est pas respecté mais sans le savoir clairement nous sommes peu à peu ligotés, interdits, privés d’organisations de résistance, soit par intégration des directions, soit par flicage total.
Le 23 juin 2006, le « New York Times » avait révélé l’installation par la CIA d’un programme de vigilance sur les transactions financières internationales (2). Sous couvert de lutte contre le terrorisme et de coordination dans cette lutte ce sont les biens et les personnes qui sont mises en fiche. L’Europe tout entière a accepté d’être un espace extra-territorial pour les avions qui charriaient des prisonniers vers les centres de torture des Etats-Unis.

Face à cette réalité, celle d’une politique qui fait toujolurs plus pression sur l’emploi, sur les salaires, sur les services publics, mais qui développe la peur des autres, nous range en ordre de bataille derrière les Etats-Unis, quelle est la politique du PS ?  Et celle du PCF quand avec ce parti elle signe une telle déclaration ?

En quoi consiste cette analyse, en quoi se distingue-t-elle des thèses de Sarkozy, des dirigeants européens qui cherchent à accomplir la forfaiture de passer outre le vote majoritaire de trois pays pour poursuivre la construction européenne dans le sillage des Etats-Unis ? Leurs arguments sont les mêmes, les irlandais après les Français et les Hollandais n’ont pas bien compris telle ou telle disposition, il faut changer telle ou telle chose, bref changer les choses pour qu’elles demeurent en état.

Comment comprendre l’attitude des dirigeants du PCF qui acceptent de rédiger un texte commun ave le parti de Pascal Lamy et de Dominique Strauss-Kahn, qui président respectivement l’OMC et le FMI, dont chacun connaît les orientations « progressistes et sociales », la soumission de fait aux diktats des Etats-Unis  ?
En réalité, Marie-George Buffet, dont cinq années de gouvernement de « gauche plurielle » n’ont rien appris, ne rêve que de rééditer l’expérience. Elle sait pertinemment que le Parti socialiste milite activement pour l’Europe du Capital, que la politique suivie tant au sein des gouvernements, qu’au sein de l’Assemblée de Strasbourg, par les formations sociales-démocrates européennes, ne diffèrent en rien de celle des partis chrétiens-démocrates, avec lesquels elles collaborent en permanence.

Comment, dans ces conditions, oser prétendre pour le PCF, agir avec les dirigeants socialistes pour « réorienter » « la construction européenne » dans un sens social, à l’opposé des politiques que ces mêmes socialistes mettent en œuvre quand ils sont au pouvoir.

La politique sociale des dirigeants socialistes c’est l’acceptation du déni démocratique, le vote du traité de Lisbonne, alors même que le peuple français a dit NON. La politique des dirigeants socialistes ce sont les privatisations, l’acceptation du modèle concurrentiel européen y compris jusque dans le service public réduit à sa plus simple expression, le bradage d’EDF-GDF et tant d’autres fleurons de l’industrie française, la politique sociale du parti socialiste c’est l’intégration d’une Europe de la Défense complétement livrée à l’OTAN, la politique sociale européenne c’est l’acceptation de fait des directives européennes sur l’immigration qui nous déshonorent dans toute la planète, la politique sociale européenne c’est l’acceptation de la fin d’une Banque de france pour être mieux soumis à une Banque “indépéndante” des peuples et des nations, pour mieux être soumise aux puissance d’argent, une orientation qui fait toujours plus pression sur les salaires et sur l’emploi.

Est-ce cela que les dirigeants du PCF ont choisi d’approuver pour être assurés de quelques strapontins ?

Aussi, demander à l’Union européenne, aux dirigeants des vingt-sept pays qui la composent, d’impulser une politique inverse de celle pour laquelle elle a été créée, c’est comme attendre de la  mafia sa reconversion en une organisation charitable…

Le PCF sait tout cela.

Et pourtant, malgré les militants qui se battent pour un changement de cap, la direction qui se prétend encore « communiste » ignore superbement cette volonté.

A six mois du congrès !

La « déclaration commune » avec le PS, prise dans ces conditions, augure mal du débat démocratique encore attendu par nombre de communistes, à l’intérieur du Parti.

Elle n’en rend que plus urgente l’action commune de tous ceux qui sont restés fidèles à la lutte de classes contre le Capital.

Nombreux sont ceux qui attendent avant de revenir dans la Grande maison, la preuve qu’ils n’y seront pas accueillis par ce mélange imbuvable de légitimisme, d’abandon des plus élementaires principes, et de perte totale de ce qui fonde un parti communiste : l’utilité à notre peuple, aux classes populaires et la capacité à être à la fois leur porte-voix et à favoriser leur initiative, les organiser.

Comment pouvez vous être crédible aux yeux du peuple français si vous n’êtes pas capable de vous donner une autre politique et d’autres dirigeants?

(1) L’acceptation de fait en 1998 de la loi helms Burton, instituant l’extra-territorialité des dispositions étasuniennes contre Cuba, fut un signe parmi d’autres de cette évolution.
(2) La société belge Swift a révélé ce journal avait accepté de transmettre au département du Trésor des Etats-Unis des dizaines de milliers de dossiers confidentiels sur les opérations de ses clients, violant de ce fait la confiditialité du droit Belge. Recemment on a appris par le journal le Guardian que les banques britanniques avaient accepté sur directives nord-américaine de fermer les comptes de l’Etat cubain, après que ces banques les aient transmises. Dans le cas de Cuba, l’hypothèse du danger terroriste n’a aucun sens.

2 Réponses vers “Europe: une déclaration des plus communes”


  1. 1 Gilbert 8 juillet 2008 à 11:02

    A la fête fédérale du PCF 17 LE 6 JUILLET 2008 on a pu entendre ces déclarations très révélatrices de l’orientation social-européiste de la direction PCF et émanant du secrétaire départemental:

    “L’EUROPE TERRAIN PERTINENT DE LUTTE CONTRE LE CAPITALISME”

    lors du débat du matin sur le capitalisme.

    et

    “LE POUVOIR VEUT TRANSPOSER A L’ECHELLE DE L’EUROPE LA POLITIQUE DE SARKOZY”

    lors de son allocution de clôture(évidemment non suivie de débat)

    Faut quand même le faire!

    Cordialement.

  2. 2 Michèle 9 juillet 2008 à 2:11

    Pour illustrer votre remarque sur le “flicage total”, je vous communique le décret Edvige qui organise le fichage généralisé et systématique dans notre “douce France”.

    Décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 portant création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « EDVIGE »
    NOR: IOCC0815681D

    Le Premier ministre,
    Sur le rapport de la ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales,
    Vu le code de procédure pénale, notamment son article 777-3 ;
    Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, notamment son article 26 (I à III) ;
    Vu le décret n° 85-1057 du 2 octobre 1985 modifié relatif à l’organisation de l’administration centrale du ministère de l’intérieur et de la décentralisation, notamment son article 12 ;
    Vu le décret n° 2007-914 du 15 mai 2007 pris pour l’application du I de l’article 30 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés ;
    Vu l’avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés en date du 16 juin 2008 ;
    Le Conseil d’Etat (section de l’intérieur) entendu,

    Décrète :
    Art. 1
    Le ministre de l’intérieur est autorisé à mettre en œuvre un traitement automatisé et des fichiers de données à caractère personnel intitulés EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale) ayant pour finalités, en vue d’informer le Gouvernement et les représentants de l’Etat dans les départements et collectivités :
    1. De centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs responsabilités ;
    2. De centraliser et d’analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ;
    3. De permettre aux services de police d’exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées.

    Art. 2
    Conformément aux dispositions de l’article 6 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, et dans la stricte mesure où elles sont nécessaires à la poursuite des finalités mentionnées à l’article 1er du présent décret, les catégories de données à caractère personnel enregistrées dans le traitement mentionné à l’article 1er et concernant des personnes physiques âgées de treize ans et plus sont les suivantes :
    ― informations ayant trait à l’état civil et à la profession ;
    ― adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;
    ― signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ;
    ― titres d’identité ;
    ― immatriculation des véhicules ;
    ― informations fiscales et patrimoniales ;
    ― déplacements et antécédents judiciaires ;
    ― motif de l’enregistrement des données ;
    ― données relatives à l’environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle.
    Les données collectées au titre du 1 de l’article 1er du présent décret ne peuvent porter ni sur le comportement ni sur le déplacement des personnes.
    Le traitement peut enregistrer des données à caractère personnel de la nature de celles mentionnées à l’article 8 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée. Celles de ces données autres que celles relatives aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à l’appartenance syndicale ne peuvent être enregistrées au titre de la finalité du 1 de l’article 1er que de manière exceptionnelle. Il est interdit de sélectionner une catégorie particulière de personnes à partir de ces seules informations.
    Le traitement ne comporte pas de dispositif de reconnaissance faciale à partir de la photographie.
    Les données concernant les mineurs de seize ans ne peuvent être enregistrées que dans la mesure où ceux-ci, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public.
    Les données collectées pour les seuls besoins d’une enquête administrative peuvent être conservées pour une durée maximale de cinq ans à compter de leur enregistrement ou de la cessation des fonctions ou des missions au titre desquelles l’enquête a été menée.

    Art. 3
    Dans la limite du besoin d’en connaître, sont autorisés à accéder aux informations mentionnées à l’article 2 :
    ― les fonctionnaires relevant de la sous-direction de l’information générale de la direction centrale de la sécurité publique, individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur central de la sécurité publique ;
    ― les fonctionnaires affectés dans les services d’information générale des directions départementales de la sécurité publique ou, à Paris, de la préfecture de police, individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur départemental ou, à Paris, par le préfet de police.
    Peut également être destinataire des données mentionnées à l’article 2, dans la limite du besoin d’en connaître, tout autre agent d’un service de la police nationale ou de la gendarmerie nationale, sur demande expresse, sous le timbre de l’autorité hiérarchique, qui précise l’identité du consultant, l’objet et les motifs de la consultation.

    Art. 4
    Le traitement et les fichiers ne font l’objet d’aucune interconnexion, aucun rapprochement ni aucune forme de mise en relation avec d’autres traitements ou fichiers.

    Art. 5
    Conformément aux dispositions prévues à l’article 41 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, le droit d’accès aux données s’exerce auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.
    Le droit d’information prévu au I de l’article 32 et le droit d’opposition prévu à l’article 38 de la même loi ne s’appliquent pas au présent traitement.

    Art. 6
    Sans préjudice de l’application de l’article 44 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, le directeur général de la police nationale rend compte chaque année à la Commission nationale de l’informatique et des libertés de ses activités de vérification, de mise à jour et d’effacement des informations enregistrées dans le traitement.

    Art. 7
    Le présent décret est applicable sur tout le territoire de la République.

    Art. 8
    Le présent décret entre en vigueur le jour de l’entrée en vigueur du décret n° 2008-631 du 27 juin 2008 portant modification du décret n° 91-1051 du 14 octobre 1991 relatif aux fichiers gérés par les services des renseignements généraux et du décret n° 2007-914 du 15 mai 2007 pris pour l’application du I de l’article 30 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978.

    Art. 9
    La ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales est chargée de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

    Fait à Paris, le 27 juin 2008.
    François Fillon
    Par le Premier ministre :
    La ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales,
    Michèle Alliot-Marie


Laisser un commentaire