LE DESSOUS DES CARTES COLOMBIENNES par Danielle Bleitrach

Nous sommes avec la Colombie devant une situation extraordinairement compliquée qui ne concerne pas seulement les acteurs locaux que sont le gouvernement colombien et les FARC, mais bien dans une géostratégie dans laquelle l’impérialisme étasunien veut utiliser la Colombie comme une sorte d’israël du Moyen -orient. Cet article tente d’analyser ces enjeux et comme il ne faut jamais faire ce que veut l’adversaire, quelle issue les communistes français, les progressistes devraient appuyer. Comme toujours il s’agit de la solution qui favoriserait la paix dans la région et dans le monde.

UNE OPERATION DIGNE DU PROFESSIONNALISME ISRAELIEN ?

Ingrid Betancourt l’a déclaré à son arrivée à Bogota, l’opération d’infiltration des FARC menée par l’armée colombienne et qui a permis sa libération et celle de quatorze autres otages avait tout d’une opération israélienne, le savoir-faire, la minutie et le professionnalisme. Cette opération dénommée Operation Jaque témoigne à quel point la Colombie joue un rôle dans la stratégie impérialiste, ne serait-ce qu’à travers la présence des Israëliens. Une chaîne de télévision israélienne affirmé jeudi que  « La libération d’Ingrid Betancourt, c’est l’opération d’Entebbe des Colombiens », elle a indiqué que le général de réserve Israël Ziv, ancien membre de l’état-major de Tsahal. Ziv est le conseiller israélien numéro un en Colombie, mais il n’est pas le seul, selon une chaîne de télévision israélienne et a bénéficié de l’aide de d’autres agents secrets du Mossad ou du Shin Beth installés à demeure en Colombie pour soutenir le gouvernement d’Uribe.
Des dizaines d’officiers dont trois généraux, des anciens agents du Mossad et du Shin Beth, les services secrets israéliens, ont activement participé à la préparation et à la réalisation de l’opération. Ils auraient été recrutés sur un contrat de dix millions de dollars.
La plupart de ces conseillers, spécialistes de la collecte de renseignements, sont intégrés au dispositif Lancero, un programme de formation à la lutte anti-insurrectionnelle, notamment l’interrogatoire de prisonniers, selon des méthodes décriées en Israël même par les organisations des droits de l’homme.
Nous avions sur ce blog publié l’interview de Davidi le secrétaire du Maki du parti communiste israëlien qui nous avait expliqué qu’Israël était  le premier fournisseur d’armement de la Colombie. Des équipements qui, selon des publications spécialisées, comprennent des armes légères, des drones, des systèmes de surveillance et de communication et aussi des bombes spéciales qui permettent de détruire les plantations de coca.(1)
La coopération entre les deux pays a encore été renforcée en février dernier, avec la visite en Israël du ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos.
Cette présence des Israëliens vient en appui des services des Etats-Unis dont bénéficie déjà la Colombie. Ce pays représente en effet pour l’impérialisme  la plate-frome d’où pourront être menées toutes les actions de déstabilisation et de terrorisme contre les gouvernements progressistes et en particulier contre le Venezuela.
Dans un récent billet Fidel Castro a mis p^lusieurs fois en garde contre les manœuvres de la IV e armée étasunienne qui, dans le contexte de la crise pétrolière, pourrait à chaque moment utiliser un prétexte fourni par la Colombie pour envahir le Venezuela. Il faut également noter que ce pays subit quotidiennement les infiltrations et les tentatives de destabilisation, voire les menaces d’assassinat venu de son voisin. Il s’agit de désamorcer la bombe.
LE CONTEXTE INTERIEUR DE LA COLOMBIE

Le président Uribe est non seulement l’homme des paramilitaires et des narco-trafiquants mais il est de ce fait celui des Etats-Unis qui peuvent dire de lui ce qu’ils disaient du cruel et corrompu dictateur Somoza du Nicaragua: “c’est un fils de pute mais c’est notre fils de pute”. Il s’avère qu’au plan intérieur Uribe était de plus en plus contesté, lui et sa politique d’affrontement.
Dans un récent article de Prensa latina, Rafael Calcines Armas analysait la situation en Colombie après le succés de l’opération menée par l’armée colombienne aidée ou non par les agents du MOSSAD et des conseillers étasuniens en soulignant les faits suivants :
« Sur le plan interne le succés de l’action militaire paraît renforcer la ligne suivie par le gouvernement d’affrontement militaire des FARC, en accord avec la politique de Sécurité Democratique prônée par le Président Uribe. .

Les envoyés militaires ont admis eux-mêmes qu’ils ont mené l’enlévement grâce à l’opération, sans brûler une seule cartouche.
Si dans le même cas il y avait eu la mort d’un quelconque des otages il s’en serait suivi un désastre pour le gouvernement, disent tous les analystes.
Dans ce cas les autorités ont eu de la chance, à la différence d’autres fois dans lesquelles les tentatives de sauvetage par le feu et le sang ont abouti à la mort des otages.
Pour les partisans d’une nouvelle réelection du président uribe, l’occasion offre une opportunité exceptionnelle. Aussi bien la grande presse que les partis qui le cautionnent, n’arrêtent pas de faire l’éloge de la personne et de sa politique.
Ce succés historique va surement être utilisé pour promouvoir le maintien des Uribe à la tête de l’exécutif, en ce moment dans lequel sa légitimité est en débat. .

La cour suprême a déclaré récemment illégitime la réelection du gouvernant parce qu’il a été découvert qu’il a été commis une fraude dans la campagne de 2006 qui l’avait porté à la présidence pour la seconde fois ?
En réponse, Uribe s’était prononcé pour un référendum populaire pour légitimer sa réelection de 2006.
Si la convocation avait lieu aujourd’hui, le succés de l’Opération Jaque surement rapporterait de juteux dividendes.
Mais de surcroît, suit la question de la recherche de la paix dans le pays.
Pour une partie de la polarisée société colombienne, l’action militaire renforce l’idée que l’affrontement armé avec la guérilla est la solution.  Les autres sont partisans de continuer à chercher le dialogue pour un accord humanitaire qui permettrait la libération du reste des prisonniers retenus par les insurgés.
Cequi paraît être oublié est que, à cause de ses caractéristiques, il est quasiment impossible que l’Opération Jaque puisse être répétée et l’emporter une seconde fois auprès des FARC. Alors la nécessité d’aller à la table des négociations s’impose
. »

Cette analyse non seulement se prononce pour  la voie pacifique mais elle se prononce pour chercher des appuis qui empêcheraient l’action des Etats-Unis. Il s’agit d’enlever les crocs venimeuses du président Uribe, en l’attirant plus ou moins malgré lui au sein de l’Amérique latine comme cela avait été fait après l’assassinat de Reyes dans la réunion du groupe de Rio.

C’est dans un tel contexte qu’il faut analyser l’intervention du président Chavez :

LE PRESIDENT CHAVEZ FELICITE URIBE

Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé jeudi qu’il avait appelé au téléphone son homologue colombien Alvaro Uribe et l’avait félicité pour la libération de quinze otages par l’armée colombienne.
“Nous félicitons la Colombie. J’ai appelé Uribe et je l’ai félicité”, a déclaré M. Chavez à Isla Margarita, dans le nord du Venezuela, où il participait à une réunion de pays du Mouvement des non-alignés.
“Nous restons disponibles pour aider jusqu’à ce que le dernier otage de la guérilla colombienne soit libéré et que l’on parvienne à la paix, la paix complète, en Colombie”, a ajouté M. Chavez, qui avait été impliqué au début de l’année dans la libération de six otages de la guérilla.
Le chef de l’Etat vénézuélien a une nouvelle fois appelé les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) à renoncer à la violence et à libérer tous les otages qu’elles détiennent encore.
Après la libération mercredi par l’armée colombienne de quinze otages, la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, trois Américains et onze Colombiens, les Farc détiennent encore plusieurs centaines de personnes.
“De mon point de vue, le temps des fusils est passé. Espérons qu’il ne revienne jamais, que l’on ne nous oblige pas à revenir à ce temps. Je lance de nouveau un appel à la guérilla pour qu’elle réfléchisse”, a déclaré M. Chavez.
“Nous partageons la joie” suscitée par la libération des otages, “nous sommes heureux de cette libération, et encore plus heureux parce que, selon ce que l’on nous a dit, elle s’est faite sans qu’une seule goutte de sang ne soit versée”, a ajouté le président vénézuélien.
M. Chavez a évoqué la possibilité que des pays latino-américains, dont le Venezuela, s’impliquent dans la recherche d’une solution pacifique du conflit entre la guérilla et les autorités colombiennes.
“Je suis sûr que presque tous les pays du continent seraient disposés à former un groupe qui serait garant d’un accord de paix, dans lequel les parties et les engagements seraient respectés”, a-t-il déclaré.

LA STRATEGIE DE DETENTE

Paradoxalement malgré des déclarations plus ou moins controvesées par exemple celle sur le « professionnalisme » digne des Israéliens faites par Ingrid bétancourt, lors de sa libération, ce qu’Ingrid bétancourt  propose va dans le sens de la détente souhaitée par Chavez et sans doute les Cubains, même s’ils n’ont pas l’habitude de se départir d’une certaine réserve quand ils traitent avec un individu aussi méprisable que le Président uribe. L’article de prensa latine donne pour une part leur opinion quand il note que Ingrid Bétancourt qui jouit désormais d’un grand prestige en Colombie et au plan international a  « au moins en deux occasions a considéré que les Présidents Hugo Chávez, du Venezuela, et Rafael Correa, de Ecuador, sont les alliés les plus importants dans la recherche d’une paix négociée.  Aussi il faut appeler à amplifier la médiation internationale et en mentionnant spécialement la présidente de l’Argentine, et la continuité de l’appui du gouvernement français à cette cause. Néanmoins, les déclarations du ministre de la Défense, ne laissent pas de doute sur la position gouvernementale « nous chercherons le liberté des otages par une voie quelconque ».

Comme l’a déclaré l’hebdomadaire du Parti Communiste venezuélien Tribuna popular , il “faut avoir les pieds sur la terre et garder la tête froide” Le peuple Colombien ne peut continuer à supporter un terrorisme d’Etat doublé de celui atroce des narcoparamilitaires, instrument de l’impérialisme des Etats-Unis qui depuis 1964 a multiplié les assassinats, les disparitions, les exécutions sans jugement et qui fournissent la preuve du chemin que continue à suivre l’oligarchie colombienne, celui de la guerre et du sang versé des innocents. Il faut saisir une opportunité historique et considérer que le futur de la Colombie ne peut pas être le conflit armé.”Tous les amis du peuple colombien, à commencer par le Parti communiste vénézuélien, qui a lui-même pratiqué la guérilla, en appellent au bon sens, et à ouvrir un espace de paix et de justice parce que la guerre ne peut qu’aider les plans de l’impérialisme. C’est seulement dans ce contexte là que pourra être extirpée la politique criminelle des narco-trafiquants et para-militaires qui est celle d’Uribe.

Il me semble que la France, les progressistes doivent continuer à agir dans le sens de la détente qui est la seule manière d’empêcher le bellicisme des Etats-Unis contre les pays progressistes et en particulier le Venezuela dont les énormes ressources pétrolières représentent une attirance irresistible pour les Etats-Unis, outre la volonté d’en finir avec le rôle de Chavez tant en Amérique latine qu’au niveau de l’OPEP.

Et si Ingrid Bétancourt est prête à s’engager dans cette voie, si Nicolas sarkozy l’est également, quelle que soit l’opinion que nous avons non seulement sur ce dernier mais également sur son ministre Kouchner, aussi proche du MOSSAD qu’il est possible, il faudrait que nous soyons capables de peser en ce sens, sans illusion mais en sachant quels sont nos objectifs.

Danielle Bleitrach

(1) analyse rapportée par RFI

26 Réponses vers “LE DESSOUS DES CARTES COLOMBIENNES par Danielle Bleitrach”


  1. 1 andrea 4 juillet 2008 à 8:22

    j’aimerais connaitre le nombre des victimes du terrorisme d’Etat des forces armées du narcotraficant uribe, avec ses bandes militaires et paramilitaires, tous ces morts, disparus, prisonniers politiques, déplacés. est-ce possible que nous pourrons lire ces chiffres dans nos médias bourgeois? ou entenderons nous seulement parler des prisonniers oubiés que détient encore la Farc?

  2. 2 D.be 4 juillet 2008 à 9:54

    (…)Paradoxalement malgré des déclarations plus ou moins controvesées par exemple celle sur le « professionnalisme » digne des Israéliens faites par Ingrid bétancourt, lors de sa libération, ce qu’Ingrid bétancourt propose va dans le sens de la détente souhaitée par Chavez et sans doute les Cubains,(…)

    Il est un peu trop tôt pour savoir ce qu’ Ingrid Betencour propose, car elle dit aussi soutenir Uribe et les militaire contre les FARC.

    De plus, nous n’ avons pas pour le moment de communiqué des FARC. Sans oublié qu’ Uribe va certainment se présenter à nouveau devant les électeurs.

  3. 3 Michèle 4 juillet 2008 à 11:00

    Une politique de paix et de dialogue (en admettant qu’il y ait un espace pour une solution pacifique du conflit) permettrait peut-être de contrecarrer la stratégie impérialiste des Etats-Unis en Amérique Latine, notamment la déstabilisation du Vénézuéla. Mais par rapport aux FARC, ça signifie quoi ? Libérer les derniers prisonniers et après rendre les armes, faire amende honorable et rentrer dans le rang ?

  4. 4 viktor dedaj 4 juillet 2008 à 11:08

    à Andrea,

    s’agit-il d’une vraie question ou d’une question rhétorique ?

    En tout état de cause, je n’ai pas les chiffres en tête, mais les pourcentages donnés par les ONG de défense de droits humains sur les violations commises en Colombie sont les suivants :

    Violations des droits humains en Colombie :
    - commises par les paramilitaires : 80%
    - commises par l’armée régulière : 10%
    - commises par les guérillas : 10%

    (si ma mémoire ne me joue pas des tours, mais je crois que c’est ça)

  5. 5 rodriguez 4 juillet 2008 à 11:21

    Ingrid versus le Che ?

    D’accord avec toi Danielle :)
    Il y a aussi une dimension idéologique de combat auprès de l’opinion publique la plus large et des secteurs qui cherchent une issue à la domination impériale et capitaliste.
    J’entendais ce matin dans la revue de presse de 8h 30 de France inter que je ne sais plus quel éditorialiste opposait la figure régionale ET MONDIALE d’Ingrid Bétancourt à celle du Che. Et il rajoutait en quelque sorte qu’à la perspective de transformations révolutionnaires il convenait d’OPPOSER une perspective réformiste “respectueuse des droits de l’homme” (ce n’est pas les termes mot à mot !).
    Cette ligne politique et cette opposition a évidement besoin d’incarnations concrétes ce qui explique aussi – pour partie- le battage médiatique.
    Beaucoup de boulot de démystification au-delà des élans compationnels, dans le respect de la joie humaniste et sincère de tous ceux qui se sont engagé dans un combat tout à fait généreux à leur niveau.
    On remarquera aussi DANS LE MEME TEMPS, la discrétion médiatique sur le sort odieux réservé chez nous à Marina Petrella que notre gouvernement accule au désespoir.

    G. R.

  6. 6 alain girard 4 juillet 2008 à 12:26

    comment sortir de la guérilla ? c’est depuis hier les mots qui dominent.
    D’abord plus facile à dire qu’à faire et quand même c’est étonnant ces gens qui arborent l’effigie du Che, qui prennent le maquis aux Buttes Chaumont, qui empruntent l’avion avec Sarkosy ou lui demandent des signatures pour les présidentielles.
    Cette gauche qui stérilise les luttes, chloroforme la pensée marxiste, boboise à tout va, mais qui montre le chemin aux Farc.
    Je me répète mais je ne connais aucun communiste qui prenne son pied en même temps que le armes.
    6000 militant de gauche assassinés en Colombie , bien sur les médias bourgeois n’en parlent pas mais eux au moins sont à leurs places
    Alors bien sur il y a les pays voisins et le fait d’utiliser la Colombie comme terre sainte états unienne.
    Aller dans le sens de la détente pourquoi pas mais à quel prix, les cubains savent ce que la détente de Moscou leur a coûté, les Farc doivent elles devenir elles mêmes otages de la politique d’apaisement voulue par les dirigeants voisins ?
    Le PCV est le premier a dénoncer les crimes des paramilitaires et de l’armée et il faudrait que les Farc aillent dans un tel guêpier, encore une fois ? Quel est le bilan de la gauche non armée colombienne, sur quoi et sur quels rapports de force peut-elle appuyer ses propositions?
    Comment peut on croire que Sarkosy va peser pour le règlement de la situation par la paix, lui qui mène la guerre à son propre peuple, qui intègre notre pays à la stratégie de guerres américaine, lui qui milite pour le choc des civilisations ?
    Le seul moyen de ramener la paix c’est chasser Uribe et les paramilitaires qui convenons en tous, ne prendront pas les armes si ils voient émerger une gauche électorale qui puisse l’emporter, bien sur que non, ce ne sont que des tigres en papier.
    J’ignore où en sont les Farc mais elles sont chez elles et le savent sûrement mieux que moi ce qu’elles ont à faire.
    Par contre je suis étonné du rôle international qui serait celui de madame Bétencourt, car si rôle il y a , encore une fois ce n’est pas cela dont discutaient mes collègues de boulot ces temps dernier.
    La reconnaissance du rôle de cette dernière présente autant d’intérêt que celui de Rika ZARAI dans Tsahal, une anecdote toute relative.
    Que et qui faut-il sacrifier pour sauver le Vénézuéla ? Et surtout à refuser la confrontation cela n’encourage t’il pas plutôt l’ennemi ?

  7. 7 alain girard 4 juillet 2008 à 1:54

    Les FARC auraient touché des millions pour libérer Ingrid Betancourt

    Des dirigeants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) auraient touché des millions de dollars pour libérer leur otage Ingrid Betancourt et ses 14 compagnons, a affirmé vendredi la Radio Suisse Romande.

    Vendredi 4 juillet 2008 13:53
    AFP

    “Les 15 otages ont en réalité été achetés au prix fort, après quoi toute l’opération a été mise en scène”, a rapporté la radio publique dans son journal de la mi-journée, citant “une source proche des événements, fiable et éprouvée à maintes reprises ces dernières années”.

    La Suisse a été chargée ces dernières années avec l’Espagne et la France, par le président colombien Alvaro Uribe, d’une mission de médiation avec les Farc.

    Quelque 20 millions de dollars ont été versés aux ravisseurs, a assuré la RSR, précisant que les Etats-Unis, dont trois agents ont été libérés mercredi, étaient “à l’origine de la transaction”.

    Selon la RSR, c’est l’épouse de l’un des gardiens des otages qui a servi d’intermédiaire pour la transaction, après avoir été arrêtée par l’armée colombienne. Réintégrée au sein des Farc, elle a obtenu de son mari qu’il change de camp, a expliqué la radio.

    Mise en scène
    La “mise en scène” de la libération des otages permet selon la radio suisse au président Uribe “de s’en tenir à sa ligne qui exclut toute négociation avec les rebelles tant que les otages ne sont pas libérés”.

    “Ce coup d’éclat lui permet de redorer son blason” alors qu’il a demandé l’organisation d’une élection présidentielle anticipée, selon la RSR.

    Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a expliqué mercredi que la libération des otages avait été le fruit de l’infiltration d’un agent de renseignements au sein de la direction de la guérilla.

    Ce militaire est parvenu à rassembler les 15 otages (Ingrid Betancourt, trois Américains et onze Colombiens), détenus jusque-là séparément en trois groupes, dans un lieu où ils ont été récupérés par un hélicoptère de l’armée colombienne, sous le prétexte de les remettre au chef des Farc, Alfonso Cano, selon la version officielle.

  8. 8 BENBARA abdallah 4 juillet 2008 à 3:56

    A propos de l’opération israéliene à Entebe on avait dit à l’époque qu’israel n’avait eu aucune perte ,quelques années aprés on apprend que le frére de benyamin nethan yahou avait trouvé la mort lors de cette opération d’entébé.Un film en a été tiré quelqu’un peut il confirmer ce que je dis?

  9. 9 socio13 4 juillet 2008 à 5:29

    où dans les titres, la speakerine commente ressemblance méthodes libération Betancourt avec celles du Mossad ( ce qu’a d’ailleurs déclaré Madame Ingrid! ) puis suit l’interview sur ce sujet d’un responsable de l’anti-terrorisme israélien!
    http://www.guysen.com/tv/index_flash.php?vida=2423
    transmis par un ami qui n’avait visblement pas lu l’article ci-dessus.
    DB

  10. 10 BENBARA abdallah 4 juillet 2008 à 7:19

    Je viens de me connecter au lien ci dessus et on fait le parallele avec l’opération d’entebe laissant entendre qu’il n’y avait pas eu de perte du coté israelien ce qui est faux.Hitler faisait des juifs des sous hommes la propagande israélienne veut en faire des surhommes.
    les israéliens sont des hommes comme les autres il y a parmi eux des gens admirables (maitre Felicia Langer ,le genéral peled) mais aussi des criminels de guerre (ariel sharon et ceux qui tuent des enfants palestiniens).

  11. 11 gilles questiaux 4 juillet 2008 à 7:54

    Je suis inquiet par l’ampleur de l’ouragan Ingrid qui semble dévaster la cervelle de nombreux camarades. On croirait assister à la resurrection de lady Di. J’aimerai bien savoir pourquoi Alain Bocquet, par exemple, juge bon sur son blog à peu près muet d’habitude d’en remettre une couche sur les “terroristes des FARC” par rapport à l’Huma. Lui non plus ne veut pas être confondu avec ces affreux “marxistes”?

  12. 12 alain girard 4 juillet 2008 à 8:02

    Moi qui suis chti, qui ait milité sous l’autorité du monsieur je me permets de te dire Gilles qu’Alain est un grand, très grand, un formidable, un inégalable opportuniste.
    Souviens toi de cette histoire où Bocquet accuse Hue de répondre au coup de sifflet de Jospin et qui se couche le lendemain devant le Hue
    tu as Bocquet, le grand Bocquet, le beau Bocquet avec son cheval et son grand lasso !
    Miser un kopeck sur cet individu c’est un placement à fonds…perdus.

  13. 13 JP 4 juillet 2008 à 9:07

    Fidel Castro : la détention de civils et militaires par les FARC manque de justification

    Fidel Castro a affirmé que « aucun but révolutionnaire ne peut justifier » la détention de citoyens.

    Le chef de la révolution cubaine, Fidel Castro, a exprimé ce jeudi que la retenue de civils et militaires, par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), n’a aucune justification.

    L’assertion a été faite par le chef révolutionnaire à travers une réflexion intitulée « l’histoire réelle et le défi des journalistes », à un jour du sauvetage par l’Armée de 12 citoyens colombiens et de trois Américains.

    « Jamais aucun civil n’aurait dû être kidnappé, ni le maintient de militaires comme prisonniers dans les conditions de la forêt.Ce sont des faits subjectivement cruels. Aucun but révolutionnaire ne peut le justifier », exprime Fidel Castro dans le document.

    Comme exemple il a renvoyé qu’à Cuba « nous avons gagné notre guerre révolutionnaire en mettant immédiatement en liberté et sans aucune condition les prisonniers. Nous livrions à la Croix Rouge Internationale des soldats et des fonctionnaires capturés dans chaque bataille(…)», a t-il dit.

    Il a considéré qu’à un certain moment « il serait nécessaire d’analyser avec profondeur les facteurs subjectifs » de la guérilla colombienne pour mener à bien ces actions.

    Il a rappelé que depuis 20 ans Cuba soutient un processus de paix en Colombie, « le plus nécessaire pour l’unité et la libération des peuples de notre Amérique ».

    Il a souligné que dans la recherche de cette fin, le président du Vénézuéla, Hugo Chavez, et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, ont effectué une grande tâche qui a permis, entre janvier et février, la libération de l’ex directrice de campagne d’Ingrid Betancourt à la présidence de la Colombie, Clara Rojas, Consuelo González de Perdomo, Luis Eladio Pérez, Eduardo Gechem, entre autres.

    Cependant, ce chemin vers la paix a été tronqué par le bombardement qu’a ordonné le gouvernement colombien, le 1° de mars dernier, d’un campement temporaire des FARC en sol équatorien où dormaient des guérilleros et des jeunes en visite de diverses nationalités, « avec utilisation de technologie yanqui, occupation de territoire, tirs sur des blessés et kidnapping de cadavres comme une partie du plan terroriste du gouvernement des Etats-Unis ».

    D’autre part, Fidel Castro a dénoncé que quelques secteurs profitent de l’événement pour dévier l’attention d’autres problèmes de la Colombie et de l’Amérique latine.

    « Nous observons avec préoccupation comment l’impérialisme essaye d’exploiter ce qui s’est produit en Colombie pour dissimuler et justifier ses horribles crimes avec d’autres peuples, dévier l’attention internationale de ses plans interventionnistes au Vénézuéla et en Bolivie, et la présence de l’IV Flotte en appui de la ligne politique qui prétend liquéfier totalement l’indépendance et s’autorise à exploiter des ressources naturelles des autres pays au sud des Etats-Unis », a t-il dénoncé.

    En ce sens il assure que les journalistes ont la tâche d’ « illustrer » ces faits, parce que « la vérité en nos temps navigue par des mers orageuses, où les mass médias sont entre les mains de ceux qui menacent la survie de l’humanité avec leurs immenses ressources économiques, technologiques et militaires ».

    TeleSUR- Granma/ms – AV

    http://www.telesurtv.net/noticias/secciones/nota/29766-NN/fidel-castro-retencion-de-civiles-y-militares-por-parte-de-las-farc-carece-de-justificacion/

    Traduction faite par JP M.

  14. 14 Caius 4 juillet 2008 à 11:16

    tiens au sujet de terrorisme : Le département d’état US vient en ce mois de juillet de retirer définitivement l’ANC et Nelson mandela de la liste des mouvements terroristes…
    (Et encore une fois admirable analyse de Castro …)

  15. 15 socio13 5 juillet 2008 à 3:22

    Je suis , comme d’habitude d’accord avec la position de Fidel, et sans^hurler avec les loups contre les FARC, je tiens ou tente de tenir cette ligne depuis pas mal de temps. C’est pour cela que je me suis mise en colère devant “les ragots” alors qu’il y avait une position politique pour les communistes français “oeuvrer à la paix” et y compris pour les FARC eux-mêmes créer cet espace de paix et de négociation.

    C’est tout le sens de cet article, on peut être ou non d’accord mais si vous le relisez vous verrez qu’il n’y a pas un mot de condamnation des FARC et pourtant il y a un choix politique clair qui est celui de Chavez et de Fidel, la conscience du danger et de ce que veut l’ennemi.

    Danielle Bleitrach

    PS voici la traduction en espagnol, il y en une autre en italien

    Los entresijos colombianos

    AUTOR: Danielle BLEITRACH

    Traducido por Juan Vivanco

    En Colombia nos hallamos ante una situación sumamente complicada, en la que intervienen no sólo los actores locales (el gobierno colombiano y las FARC), sino también una geoestrategia en la que el imperialismo estadounidense pretende utilizar a Colombia como una especie de Israel americano. Este artículo intenta analizarla y, como nunca hay que hacer lo que quiere el adversario, proponer la alternativa que los comunistas franceses y los progresistas deberían apoyar. Como siempre, se trata de la solución que propicie la paz en la región y en el mundo.

    ¿Una operación digna de la profesionalidad israelí?

    Lo ha dicho Ingrid Betancourt al llegar a Bogotá, la operación de infiltración en las FARC del ejército colombiano que se saldó con su liberación y la de otros 14 rehenes tenía todos los ingredientes de una operación israelí, la habilidad, la minuciosidad y la profesionalidad. Esta operación, llamada Jaque, revela la importancia de Colombia en la estrategia imperialista, así sea a través de la presencia de los israelíes. Una cadena de televisión israelí dijo el jueves: «La liberación de Ingrid Betancourt es la operación Entebbe de los colombianos», y señaló que el general en la reserva Israel Ziv, ex miembro del Estado Mayor del ejército, es el principal consejero israelí en Colombia, pero no el único, pues cuenta con la ayuda de otros agentes secretos del Mossad o del Shin Beth con destino permanente en Colombia para dar respaldo al gobierno de Uribe.

    Varias docenas de oficiales, tres generales y ex agentes del Mossad y del Shin Beth, los servicios secretos israelíes, han participado activamente en la operación. Al parecer, su contrato asciende a diez millones de dólares.

    La mayoría de estos consejeros, especializados en recabar información, están integrados en el dispositivo Lancero, un programa de formación para la lucha contra la insurrección, en especial para el interrogatorio de prisioneros con métodos denunciados en el propio Israel por organizaciones de derechos humanos.

    En este blog hemos publicado la entrevista con Davidi, secretario del Maki (Partido Comunista Israelí), quien nos explicaba que Israel era el primer proveedor de armas a Colombia. Se trata, según publicaciones especializadas, de armas ligeras, aviones no tripulados, sistemas de vigilancia y comunicación y bombas especializadas para destruir las plantaciones de coca (1).

    La cooperación entre los dos países se estrechó el pasado febrero con la visita a Israel del ministro colombiano de Defensa, Juan Manuel Santos.

    Esta presencia israelí refuerza la de los servicios de Estados Unidos que ya operan en Colombia. Para el imperialismo, el país es la plataforma desde donde se podrán lanzar todas las operaciones de desestabilización y terrorismo contra los gobiernos progresistas y, sobre todo, contra el de Venezuela.

    En una reciente «Reflexión», Fidel Castro ha alertado sobre las maniobras de la IV Flota estadounidense que, en una crisis petrolera, podría en cualquier momento aprovechar un pretexto proporcionado por Colombia para invadir Venezuela. No hay que olvidar que este país sufre a diario infiltraciones e intentos de desestabilización, por lo hablar de amenazas de asesinato, procedentes del país vecino. Hay que desactivar la bomba.

    La situación interna de Colombia

    El presidente Uribe no sólo es el hombre de los paramilitares y los narcotraficantes, sino, por eso mismo, el hombre de Estados Unidos, que puede decir de él lo que decía del cruel y corrupto dictador nicaragüense Somoza: «Es un hijo de puta, pero es nuestro hijo de puta». Es un hecho que en el interior Uribe cada vez recibía más críticas, y con él su política guerrerista.

    En un reciente artículo publicado en Prensa Latina, Rafael Calcines Armas analizaba la situación en Colombia tras el éxito de la operación del ejército colombiano, con o sin la ayuda de los agentes del Mossad y los consejeros estadounidenses, y destacaba estos hechos:

    «En el plano interno el éxito de la acción militar parece reforzar la línea seguida por el gobierno de enfrentar militarmente a las FARC, a tono con la política de Seguridad Democrática propugnada por el presidente Álvaro Uribe.

    Los propios mandos militares admitieron que respiraron aliviados tras la operación, sin quemar un solo cartucho. Si en el intento hubiera muerto alguno de los rehenes hubiera sido un desastre para el gobierno, coinciden analistas.

    En esta oportunidad las autoridades navegaron con suerte, a diferencia de otras en las cuales los intentos de rescate a sangre y fuego culminaron con la muerte de rehenes.

    Para los partidarios de una nueva reelección del presidente Uribe, la ocasión se presenta excepcional. Tanto la gran prensa como los partidos que lo respaldan, no cesan de alabar su figura y su política.
    Este histórico suceso seguramente será empleado para promover la continuidad de Uribe al frente del ejecutivo, en momentos en que su legitimidad está en entredicho.

    La Corte Suprema declaró recientemente ilegítima la reelección del gobernante tras descubrirse que se cometió fraude en la campaña del 2006 que lo llevó a la presidencia por segunda vez.

    En respuesta, Uribe se pronunció por un referendo popular para legitimar su reelección del 2006.
    De producirse la convocatoria en este momento, el éxito de la Operación Jaque seguramente reportaría jugosos dividendos.

    Pero además, sigue como una interrogante la búsqueda de la paz en el país. Para una parte de la polarizada sociedad colombiana, la acción militar refuerza el criterio de que el enfrentamiento armado a la guerrilla es la solución. Otros insisten en continuar buscando el diálogo para un acuerdo humanitario que permita la liberación de los demás retenidos por la insurgencia.

    Parece obvio que, por sus características, es casi imposible que la Operación Jaque pueda repetirse y engañar por segunda vez a las FARC. Entonces la necesidad del diálogo continúa sobre la mesa.»

    Este análisis no sólo se pronuncia a favor de la vía pacífica, sino también por buscar apoyos que impidan la intervención de Estados Unidos. Se trata de ir quitando las trampas venenosas del presidente Uribe y hacerle entrar, de buena o mala gana, en el redil latinoamericano, como se hizo tras el asesinato de Reyes en la reunión del Grupo de Río.

    Este es el marco en el que debemos analizar la intervención de Chávez:

    El presidente Chávez felicita a Uribe

    El presidente venezolano Hugo Chávez anunció en jueves que había llamado por teléfono a su homólogo colombiano Álvaro Uribe y le había felicitado por la operación del ejército colombiano que había liberado a 15 rehenes de la guerrilla. «Felicitamos a Colombia, yo anoche llamé al presidente (Álvaro) Uribe y lo he felicitado», declaró Chávez desde Isla Margarita, al norte de Venezuela, donde participaba en una reunión del Movimiento de Países No Alineados. «Desde aquí seguimos a la orden y a la disposición para ayudar, no sólo a la liberación de hasta el último rehén de la guerrilla colombiana, sino más allá, para lograr la paz en Colombia, la paz, plena paz», añadió Chávez, que a principios de año se había implicado en la liberación de seis rehenes de la guerrilla.

    El jefe del estado venezolano hizo un nuevo llamamiento a las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC) para que renunciaran a la violencia y dejaran libres a todos los rehenes que aún tienen en su poder.

    Tras la liberación por el ejército, el miércoles pasado, de los 15 rehenes (la francocolombiana Ingrid Betancourt, tres estadounidenses y 11 colombianos), las FARC retienen aún a varios cientos de personas.

    Chávez declaró que, a su entender, «el tiempo de los fusiles ya acabó», y que esperaba que no volviera nunca más. «Hago un llamado de nuevo a la guerrilla colombiana para que lo piense».

    «Nosotros compartimos el júbilo. Estamos jubilosos y alegres por la liberación de esas personas y además, más alegres aún porque, según han informado al mundo y estoy seguro de que así ha sido, se hizo la liberación sin que se derramara una gota de sangre», añadió el presidente.

    Chávez dijo estar seguro de que muchos países del continente americano, sobre todo de Suramérica, estarían dispuestos a conformar un grupo de países garantes de un acuerdo de paz, que respete a ambas partes.

    La estrategia de distensión

    Paradójicamente, y pese a unas declaraciones más o menos controvertidas, como el comentario sobre la «profesionalidad» digna de los israelíes, lo que propone Ingrid Betancourt tras su liberación va en el sentido de la distensión deseada por Chávez y seguramente por los cubanos, aunque estos últimos suelen mostrarse precavidos al tratar con un individuo tan rastrero como el presidente Uribe. El artículo de Prensa Latina podría reflejar su opinión, cuando señala que Ingrid Betancourt —que goza en este momento de gran prestigio en Colombia y en el mundo—

    «al menos en dos ocasiones consideró que los presidentes Hugo Chávez, de Venezuela, y Rafael Correa, de Ecuador, son “aliados muy importantes” en la búsqueda de una paz negociada.
    Asimismo llamó a ampliar la mediación internacional y mencionó especialmente a la presidenta de Argentina, Cristina Fernández, y la continuidad del apoyo del gobierno francés a esa causa.
    Sin embargo, las declaraciones del ministro de Defensa, Juan Manuel Santos, no dejan lugar a dudas sobre la posición gubernamental: “buscaremos la libertad de los rehenes por cualquier vía”.»

    Como leemos en un comunicado de la ANNCOL (Agencia de Noticias Nueva Colombia) reproducido en el periódico del Partido Comunista de Venezuela Tribuna Popular,

    «Ahora más que nunca nuestro llamamiento … es a tener los pies sobre la tierra y pensar con la cabeza fría … El pueblo [colombiano] no tiene por qué seguir soportando una política de Terrorismo de Estado, adelantado por las fuerzas militares-narcoparamilitares, instrumento del imperio estadounidense, que es en últimas quien está detrás de la guerra en Colombia … es necesario llamar a las partes —guerrilla y gobierno— a no echar en saco roto una oportunidad histórica. Definitivamente el futuro de Colombia no puede ser la guerra civil».

    Todos los amigos del pueblo colombiano, empezando por el Partido Comunista Venezolano, que también fue guerrillero, hacen un llamado a la sensatez, a abrir un espacio de paz y justicia, porque la guerra sólo puede favorecer los planes del imperialismo. Únicamente en estas circunstancias podrá extirparse la política criminal de los narcotraficantes y paramilitares, que es la de Uribe.

    Creo que Francia y los progresistas deben seguir trabajando por la distensión, que es la única manera de impedir el belicismo de Estados Unidos contra los países progresistas y en particular contra Venezuela, cuyas enormes reservas petrolíferas ejercen una atracción irresistible sobre Estados Unidos, además de su voluntad de acabar con el papel de Chávez tanto en Suramérica como en la OPEP.

    Y si Ingrid Betancourt está dispuesta a seguir por esa senda, y Nicolas Sarkozy también, cualquiera que sea la opinión que tengamos de él y de su ministro Kouchner, tan próximo al Mossad, deberíamos ser capaces de influir en este sentido, sin hacernos ilusiones pero teniendo claro lo que queremos.

    (1) Análisis emitido por Radio France Internationale.

    ——————————————————————————–

    Fuente: http://socio13.wordpress.com/2008/07/04/le-dessous-des-cartes-colombiennes-par-danielle-bleitrach/

    Artículo original publicado el 4 de julio de 2008

    Sobre el autor

    Juan Vivanco es miembro de Rebelión, Cubadebate y Tlaxcala, la red de traductores por la diversidad lingüística. Esta traducción se puede reproducir libremente a condición de respetar su integridad y mencionar a sus autores y la fuente.

    URL de este artículo en Tlaxcala: http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=5430&lg=es

  16. 16 Michèle 5 juillet 2008 à 8:54

    Ma question (voir ci-dessus) était peut-être simpliste, mais c’est celle que m’avait inspirée la lecture de l’article de Danielle Bleitrach en essayant de me placer de son point de vue. Mais les différents articles ne m’ont pas permis d’avancer sur ce point précis.
    Par ailleurs, ne connaissant pas l’espagnol, je ne peux malheureusement pas lire l’article de Fidel sur le sujet.

  17. 17 alain girard 5 juillet 2008 à 9:00

    désolé Danielle mais je ne supporte pas les leçons de Chavez aux Farc, pas plus que les propos de Fidel à leur égard.Fidel est Fidel,il n’est pas infaillible ou alors retombons dans nos vieux démons.
    Je croie encore une fois que Chavez a coûté très cher aux Farc et chacune des avancées ou concessions de ces dernières se sont terminées par la mort de guérilléros.
    De quel droit Chavez ou quiconque peut prétendre à donner la leçon car c’est bien de cela qu’il s’agit.
    Les Farc n’ont jamais demandé la guerre, n’en ont jamais fait un but, elles ont des adversaires armés, équipés , financées par les impérialismes.
    Peut-être ne suis-je pas assez politique et que l’on me pardonne de réagir cmme tout à chacun lorsque le voisin vous parle de la paille sans voir la poutre….
    Chavez et Moralés sont menacés et voici les Farc aux milieu, à elles de désarmer, de renoncer à leurs propres valeurs pour s’aligner sur la ligne bien en contradiction avec ce que je trouve à la page 385 de Cuba, Fidel et le Che.
    “nous ne voulons pas la moindre paix avec l’impérialisme.Tant que l’impérialisme existera et tant que les peuples lutteront contre l’impérialisme leur cause sera la nôtre à n’importe quel coin du monde”
    Fidel Castro 1965
    Alors le conditions du combat changent faudrait il encore que Bush, Uribe, Sarkosy le sachent et l’acceptent quant à peser sur ces gens là cela me semble aussi chimérique que lorsque j’entends parler d’Europe sociale dans une Europe où les forces qui devraient porter ce concept sont parfois atomisées (Espagne, Italie) ou désemparées idéologiquement.
    Si l’édifice se révèle fragile au Vénézuéla, en Bolivie cela tient avant tout à des raisons internes et je n’ose imaginer les réactions si les Farc déclaraient alentours: voila ce que doit faire Chavez, voici où se trompe Morales car dans le fond 40 ans de guérilla leur donne bien plus de légitimité aux Farc non ?!
    Pourtant elles s’en tiennent au respect de l’indépendance des autres mouvements.
    Bon désormais je m’attends à la volée de bois vertt mais
    vive les Farc

  18. 18 socio13 5 juillet 2008 à 9:10

    Alain,

    il ne s’agit pas d’abandonner la lutte impérialiste de la part de Fidel, ni de Chavez, il s’agit de la mener selon les principes léninistes:

    que veut l’ennemi, qu’est-ce que je veux moi, quels sont ses point forts et donc mes points faibles, quels sont mes points forts, comment entraîner l’adversaire sur le meilleur terrain, le ligoter, l’empêcher de nuire.

    Il ne s’agit pas d’abandonner les FARC au contraire, il s’agit de créer un processus de paix avec les garanties régionales et même internationales pour réintégrer les FARC dans le jeu politique, ce que Uribe, les narco-trafiquants, les paramilitaires et surtout les USA ne veulent à aucun prix, pas plus qu’ils ne veulent la paix au Moyen orient. Cela passe par un geste des FARC la libération des otages.

    Il y a aujourd’hui un processus trés dangereux en Amérique latine, séparatisme, prétextes d’intervention de la 4 e armée. L’affaire des otages avec comme par hasard la présence de Mac cain , lui aussi partisan de la manière forte, présent en Colombie.

    C’est de tout cela qu’il est question. Relis attentivement mon texte, celui de Chavez, celui de Fidel, relis ce qui se passe en Bolivie, en equateur et comprends bien qu’il s’agit de conforter autour de la Colombie la paix… Comment faire ?

    Uribe est une ordure comme bush, Mac cain et tous les autres, mais justement il faut renforcer le camp de la paix pour, les FARC eux-mêmes qui ont pris des coups trés durs et pas à cause de Chavez.

    Danielle Bleitrach

  19. 19 alain girard 5 juillet 2008 à 9:15

    il ne s’agit pas d’abandonner la lutte impérialiste de la part de Fidel, ni de Chavez, il s’agit de la mener selon les principes léninistes:

    que veut l’ennemi, qu’est-ce que je veux moi, quels sont ses point forts et donc mes points faibles, quels sont mes points forts, comment entraîner l’adversaire sur le meilleur terrain, le ligoter, l’empêcher de nuire.

    je crois que la réponse est abattre les Farc d’abord et en finir avec les autres ensuite.

  20. 20 socio13 5 juillet 2008 à 9:26

    Mais Alain, je crois que si Fidel avance ainsi, et c’est la première fois c’est parce qu’il donne un coup de pouce au débat qui doit se développer y compris au sein des FARC. Je te signale qu’il n’intervient pas sur la guérilla mais sur les otages.

    Personnellement je l’ai écris dans ce blog, l’article a été traduit en espagnol, “je ne suis pas d’accord avec le fait de prendre des otages, mais ceux qui condamnent les FARC à cause de cela sont de sacrés hypocrites parce que les paramilitaires ne font pas d’otages, ils assassinent”. Voilà ce que j’ai écris et je le pense, donc je te le répète il ne s’agit pas de dire quoi que ce soit contre les FARC mais au contraire de tenter de réintégrer non seulement les FARC mais la Colombie tout entière dans un autre processus de lutte celui d’un continent. Et de ce point de vue les FARC doivent entrer aussi dans une stratégie collective d’endiguement de l’impérialisme. En tout cas aider à enlever le détonateur colombien.

    Je n’ai pas le culte de l’infaillibilité de Fidel, mais l’expérience prouve qu’il voit loin, trés loin, qu’il faut tenir compte de ses avis. N’oublie pas qu’en ce moment nous sommes dans une situation de tension extrême avec des émeutes de la faim, une crise trés violente, le prix du pétrole qui monte, il y a eu la multiplication de rencontre entre Evo, Chavez, Fidel et même les Chinois.

    Cela dit Alain tu as pris ma remarque pour toi, elle était plus générale.

    Danielle Bleitrach

  21. 21 JP 5 juillet 2008 à 9:29

    Piedad Cordoba : La position d’Ingrid est ” compréhensible ”, mais ” il faut attendre ”

    TeleSUR

    La sénatrice colombienne Piedad Cordoba a qualifié ce vendredi la position d’ Ingrid Betancourt, qui a défendu la réélection du président Álvaro Uribe, comme « très respectable et très compréhensible ».

    Toutefois, elle a jugé qu’il fallait laisser passer le temps pour que les choses « se décantent » et que l’ex détenue « evalue si cette affirmation est encore valable ou non ».

    L’attitude de la franco-colombienne est « très respectable et très compréhensible du fait des circonstances dans lesquelles elle revient à la liberté, évidemment, après tout ce qu’ a signifié pour elle six années au pouvoir des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie) », a dit Cordoba.

    Toutefois, selon Piedad Cordoba, l’ex-détenu « n’a pas eu beaucoup connaissance du contexte. Je ne sais pas s’il sait de manière consistante que plus de la moitié du Congrès et les partis pro-Uribe, en alliance claire avec le paramilitarisme, ont choisie, surtout, le président Uribe ».

    La législatrice d’opposition a considéré logique de sentir de la gratitude envers le Gouvernement de Álvaro Uribe, qui a été celui qui a mené à bien l’opération d’intelligence et de sauvetage.

    « Je pense que ceci est un élément important pour elle comme pour tout autre personne. Or, je crois qu’il faut espérer qu’il passe du temps et qu’elle-même evalue si cette affirmation est encore valable ou non », a t-elle souligné.

    Deuxièmement, elle a mis en doute que Betancourt ait connaissance de la manière comment on a obtenu et approuver la réforme de la Constitution qui a permis la réélection et que, en outre, l’ex congressiste Yidis Medina se trouve actuellement en prison pour corruption.

    Cela a été « un grand acte de corruption qui a indiscutablement transformé la vie politique dans ce pays », a dit Cordoba.

    « Je crois qu’une chose est un être dans la forêt, en ayant sûrement des nouvelles isolées, une autre chose est d’arriver à analyser le quotidient du pays qui est absolument polarisé », a souligné Cordoba.

    « Ce n’a pas été un sauvetage militaire »

    La sénatrice libérale a estimé que l’opération qui a permis la libération d’ Ingrid Betancourt, des trois mercenaires américains et des 11 militaires colombiens, n’a pas été « un sauvetage militaire dans le sens strict du mot ».

    « Ça a été une tâche d’intelligence, le gouvernement avait offert 100 millions de dollars aux possibles guérilleros qui leur permettraient d’avoir une information pour le sauvetage ou qui leur livreraient (les détenus) », a t-elle rappelé.

    « (Uribe) Y compris a offert, dans un Conseil communautaire de el Valle,d’envoyer (les guérilleros) vers pays qui les recevrait, leur donnant des garanties de non extradition », a t-elle rappelé.

    Elle a ajouté que « évidemment, en offrant 100 millions, parce que celà signifie qu’ils leur ont payé ou qu’il y a eu les moyens nécessaires, comme il a été ratifié dans l’intervention qu’a faite le ministre de la Défense (Juan Manuel Santos) et le général (Mario) Montoya (commandant de l’Armée) dans la nuit de mardi ».

    La parlementaire a estimé que l’Armée colombienne « a été accompagnée par ceux qui soutiennent de manière très spéciale le Plan Colombie et le Plan Patriota, qui sont américains et on a même connaissance qui il y a aussi eu hypothétiquement appui du Mossad, c’est-à-dire des israeliens ».

    Toutefois elle a précisé que celà a été « une stratégie très bien calculée, cela est indiscutable ».

    « Ils ont trompé la guérilla »

    Sur les 20 millions de dollars présumés qui ont été payé aux guérillas, cette stratégie est connu comme César, Cordoba a indiqué qu’il s’agit « d’une stratégie qu’ils (les autorités) ont utilisée et qu’ils dénomment “sapos” et c’est cette stratégie qu’ils ont utilisé dans ce cas et crois qu’ils ont trompé la guérilla ».

    Cordoba a dit que le pays « est satisfait pour la liberté de ces personnes », puisque ceci « peut être une fenêtre vers ce que nous soutenons indiscutablement, l’accord humanitaire. Mais je crois qu’avec le temps les vérités vont surgir. Il faut attendre aussi le communiqué des FARC ».

    (…)

    TeleSUR/sb – MC

    http://www.telesurtv.net/noticias/secciones/nota/29798-NN/piedad-cordoba-posicion-de-ingrid-es-entendible-pero-hay-que-esperar/

  22. 22 socio13 5 juillet 2008 à 9:36

    C’est un position, celle de la sénatrice Piedad Cordoba d’une trés grande sagesse et cette analyse mérite d’être lue avec attention ligne après ligne, elle prend acte mais préserve l’avenir.
    Y compris elle manifeste un grand respect pour les FARC, dont elle attend comme nous tous l’intervention.

    Voilà des gens qui font de la politique et cherchent le meilleur, cela change de notre conception agitée et à courte vue de l’événement, voilà ce que j’attends d’un parti communiste qu’il nous restitue cette capacité collective et individuelle de ne plus nous laisser prendre dans le jeu médiatique.

    daniell Bleitrach

  23. 23 NOSE DE CHAMPAGNE 5 juillet 2008 à 1:19

    Libérée par la seule armée colombienne, ou après une rançon versée, ou de quelque manière que ce soit, la libération d’Ingrid Betancourt n’a rien à voir avec le pataquès qu’on nous joue, tous médias confondus, hélas, “L’Huma” comprise.

    Dans un traitement de l’info où on pose tout sur le même niveau, ou on ne hiérarchise pas ce qui tient de l’anecdote et ce qui est fondamental dans la stratégie impérialiste sur le continent latino-américain et dans la lutte des peuples pour maîtriser leur avenir, on a beaucoup de mal à y voir clair si on ne passe pas par la lecture des événements que nous présente encore ici Danielle Bleitrach. Une fois de plus, je dis un grand merci à Danielle.

    Moi aussi, je suis content de la libération de Madame Bétancourt, mais bon, çà va, il faut arrêter d’en faire trop… Il reste encore à libérer moult otages, partout dans le monde, et particulièrement Marina Petrella ou Cesare Battisti, hein… par exemple !

    Quant au traitement médiatique éhonté fait autour de çà (la libération de Bétancourt), il faut voir accourir cette multitude de “spécialistes” qui trainent dans la boue, pêle-mêle, les FARC, Chavez, Correa, Morales, Cuba (bien sûr !), etc. Là-dessus, une fois de plus Rance-Inter a fait très fort, ainsi que TF2 en invitant des “figures de mouches” (de l’IFRI et autres) qui déversaient leur haine de classe et sussuraient que c’était la victoire de la fermeté contre les narco-terroristes soutenus par des dictateurs aussi infâmes que Chavez, etc.

    On voit bien ce qui se cache derrière tout çà… On voit bien qu’une partie extraordinairement complexe et difficile se joue là dans la confrontation mondiale contre l’impérialisme avec une contre-attaque pour reprendre une partie du terrain gagné par les peuples ces dernières années. Pour tous les révolutionnaires, les communistes, il y a là à voir, et à réfléchir, bien sûr, mais il y a aussi à affirmer une solidarité internationaliste de classe sans faille… Cela n’a rien à voir avec les compromissions dans lesquelles on voit notre parti se faire prendre ces jours-ci.

    Il s’est joué là une partie du même tonneau que celle qu’on a observée sur l’affaire Tibet-Chine. Il y a une constante dans l’attitude de notre parti à nager dans l’ambiguïté, à s’y laisser engluer… Il faut sortir de cette ornière en se débarrassant des actuels dirigeants et de leur ligne de confusion.

    NOSE DE CHAMPAGNE

  24. 24 socio13 5 juillet 2008 à 1:36

    je suis tout à fait d’accord avec toi Nose, j’ajouterai que pour nous communistes, et singulièrement ceux qui sont encore “encartés” et préparent un congrès se pose d’abord la question des analyses qui vont nous permettre d’agir.
    Alors il n’est pas question de hurler avec les loups, il faut au contraire expliquer la situation réelle de la Colombie, c’est-à-dire à la fois la politique nationale et internationale de Uribe, ses liens avec les USA, les narcos et les paramilitaires. Il y a le livre de Calvo Hospina au temps des cerises, et en ce moment sur le site grand soir le rapport d’amnisty international.

    Il faut aider à la paix y compris montrer que les FARC le souhaitent.
    Parler des dangers qui pèsent sur le processus progressiste en Amlérique latine…
    Ce que nous tenons de faire ici et partir de l’événement pour recréer des solidarités internationales, une autre information.
    Ils ont réussi leurs opérations, l’impérialisme humanitaire, il n’est de digne de compassion que ce qu’ils nous désignent mais les palestiniens enfermés à Gaza, ceux dans les prisons israëliennes ou colombiennes, les paysans boliviens humiliés par des nazis, tout cela mérite que nous tissions d’autres liens, d’autres mobilisations…

    C’est ce que nous tentons de faire ici et dans d’autres sites, je trouve que nous avançons, je me souviens de 2003, quand il y a eu le déchaînement contre Cuba, j’avais l’impression d’être seule et puis il y a eu Viktor CSP, puis la fête de l’huma où partout dans les stands la pétition était relayée… Les communistes n’avaient plus de direction mais ils étaient là… Aujourd’hui la conscience s’est élargie au-delà de nos rangs.

    Il faut continuer… Et surtout ne pas se laisser diviser. Qui viendra à l’université d’été de sanary, à la rencontre que propose Gérin ?

    Danielle Bleitrach

  25. 25 JP 5 juillet 2008 à 1:38

    « La guérilla doit s’ouvrir au dialogue »

    Carlos Lozano est directeur du journal communiste colombien Voz. Membre de la commission des « sages », lors du processus de dialogue entre le gouvernement et la guérilla des FARC (1998-2002), il est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du conflit colombien.

    Comment analysez-vous l’opération militaire qui a conduit à la libération de quinze otages, dont Ingrid Betancourt ?

    Carlos Lozano. Plus qu’une opération militaire ce fut une opération audacieuse des services secrets qui a permis à l’armée de libérer ces personnes, sans tirer un seul coup de feu, et sans qu’elles aient été mises en danger. C’est ce que l’on appelle une opération propre. Il me semble néanmoins que les fonctionnaires gouvernementaux et les forces publiques ont insuffisamment expliqué cette opération. Des détails ont été livrés. On parle d’infiltration du secrétariat des FARC. Mais cela n’a pas fini de me convaincre. Le secrétariat n’avait pas sous son contrôle les séquestrés. D’une manière relativement facile, les soldats ou les officiels du gouvernement qui ont récupéré les otages ont convaincu des cadres moyens de l’organisation chargés de surveiller les otages. Certains sont même montés dans l’hélicoptère. Il s’agit donc plus à mes yeux d’une infiltration de l’armée de ceux qui gardaient les otages que du secrétariat. Cela ne reste qu’une hypothèse, différente de la version du gouvernement qui n’a pas intérêt à dévoiler plus de détails. Il est important de relever que les premières déclarations faisaient état d’une opération strictement colombienne, menée exclusivement par les Colombiens. Aujourd’hui, j’ai entendu le sous-secrétaire d’État américain confirmé quy avait eu assistance des États-Unis. Il convient également de signaler jusqu’à quel point aussi il y a eu participation des services secrets français. Il ne faut pas perdre de vue que, jusqu’à récemment, le gouvernement colombien a fait circuler la version selon laquelle les émissaires français et suisses se réunissaient avec Alfonso Cano. Ce qui est faux. J’ai l’impression qu’il s’agissait là de faire diversion.

    Vous évoquiez les facilités d’infiltration des FARC. Sont-elles fragilisées ?

    Carlos Lozano. Bien sûr, et surtout le système de récompenses du gouvernement n’y est sans doute pas pour rien. Ceux qui commandaient les séquestrés ont été très visibles. Ils se sont montrés depuis le début de l’année, en accompagnant les six personnes libérées par les FARC grâce à la médiation de Hugo Chavez et de Piedad Cordoba. Cette identification des personnes a sans doute permis à l’armée de parvenir jusqu’à eux. Il est peut-être également question de récompense offerte. Mais, pour l’heure, j’insiste, ce ne sont que des hypothèses.

    Après les morts des leaders du secrétariat, peut-on parler d’un mouvement agonisant ?

    Carlos Lozano. J’écoutais à l’instant le général Freddy Padilla qui insiste sur « la fin de la fin de la guérilla ». Je ne suis pas aussi catégorique. En revanche, je crois qu’elle a été très fortement frappée. Cela doit motiver la réflexion et le débat interne pour qu’elle s’ouvre à la politique, à une solution politique du conflit. Car il est évident que la voie militaire n’est pas l’alternative. Et cela vaut tout autant pour le gouvernement que pour la guérilla. Il ne peut se croire triomphant et estimer que la voie des opérations militaires en finira avec la guérilla. C’est aussi vrai pour les FARC : elles n’ont pas les conditions pour prendre le pouvoir par la voie des armes.

    Il s’agirait de créer les conditions d’une négociation pour une réinsertion dans la vie politique ?

    Carlos Lozano. Correct ! À la guérilla de comprendre qu’elle doit s’ouvrir à la politique, faciliter des espaces de négociations permettant d’un côté de libérer les personnes séquestrées, et de l’autre d’ouvrir une possibilité pour que le pays mette un terme à cet odieux conflit qui charrie tant de barbaries et de terreurs.

    On sait les communications très compliquées entre les membres du secrétariat des FARC. Comment pourraient-ils y parvenir ?

    Carlos Lozano. Elles sont affectées c’est vrai, mais pas éliminées. Les FARC ont leurs moyens de communication. Certes la prise de décision peut tarder. La guérilla doit faciliter les choses, dépasser des intransigeances et les dits « inamovibles » (conditions – NDLR), ceux qui ont empêché, conjointement avec ceux du gouvernement, de trouver le chemin d’une solution pacifique.

    Dans l’immédiat, qu’elle peut être la réaction des FARC ?

    Carlos Lozano. J’espère celle de la sérénité, de l’analyse, de l’assimilation de la situation avec tranquillité. On spécule ici sur des représailles contre les autres séquestrés. Mais je n’y crois pas. Les FARC ne l’ont pas fait par le passé, pas même après le coup dur qu’a constitué la mort de Raul Reyes. Le plus important est que prime entre eux la capacité de trouver des alternatives différentes à celle de la guerre.

    Le nouveau commandant des FARC peut-il y contribuer ?

    Carlos Lozano. Alfonso Cano est un homme de capacité politique. Il a l’expérience des négociations, des dialogues de paix. Des qualités suffisantes pour influer sur l’orientation des FARC vers le terrain des solutions politiques.

    Le gouvernement colombien aurait-il intérêt à négocier avec les FARC ?

    Carlos Lozano. Le président Alvaro Uribe, tout comme le ministre, a dit qu’il était disposé à des dialogues de paix. Certes, ils ont des raisons pour être très satisfaits de la situation, car la jubilation intervient dans un contexte de grande difficulté pour le gouvernement, qui se trouve dans une crise politique assez profonde. Avec les derniers événements, cette crise est reléguée à un second plan et il s’en trouve fortifié. S’il y a volonté du gouvernement et des FARC, le pays lui aussi est disposé à l’appuyer indépendamment de la polarisation. C’est l’unique perspective réelle de solution à ce conflit.

    Entretien réalisé par Cathy Ceïbe

    http://www.humanite.fr/2008-07-04_International_-La-guerilla-doit-s-ouvrir-au-dialogue


Laisser un commentaire