L’américanisation de la France et de L’Europe: vers la fascisation ?

La France inaugure une présidence européenne dans des conditions un tantinet brouillées par le non irlandais. Une présidence européenne de six mois n’est en général qu’un moment éphémère par rapport aux lenteurs bureaucratiques du monstre qu’est l’Union européenne.  Au titre des obstacles il y a le refus  des peuples de la dite Union européenne, au premier rang desquels les Français de plus en plus eurosceptiques, mais la prise en compte des exigences des citoyens n’est pas le problème de Sarkozy , il y a des intérêts puissants.
 La machine est monstrueuse, lourde, opaque, mais elle est lancée sur des rails et elle prend de la vitesse sans que personne ne paraisse s’apercevoir vers ou vers quoi nous conduit cette charette fantôme : aux côtés des Etats-unis, pour la plus grande gloire des multinationales, nous allons vers la guerre au reste de la planète pour l’appropriation des ressources et vers la traque de l’ennemi intérieur, une logique paranoïaque du choc des civilisations. Et là-dessus il semble y avoir entente tacite entre les foces politiques, la droite et le PS, mais aussi les petits partis satellisés, les verts mais aussi les communistes de toutes obédiences, le PCF comme la LCR pour parler d’autre chose.

1) Sarkozy n’est que l’homme d’un capital financier de plus en plus intégré aux Etats-Unis.

Est-ce un hasard si la crise des subprimes a débuté dans une banque française BNP-Paris bas ? La finance française est totalement engagée dans les fonds d’investissements situés aux Etats-Unis. Les enquêtes du FMI placent depuis 2005, la France en quatrième position mondiale par le volume des investissements financiers qui sont placés dans le monde. Dans les années 1960, le gaullisme a favorisé cette vocation mais ce sont les années mitterrand qui ont vu un effort de l’Etat, financement public massif et action de restructuration pour la compétitivité mondiale, déréglementation financière des marchés et consolidation du capital financier (Beregovoy). Le tout dans un contexte de chômage massif et durable et d’acceptation des inégalités sociales. Donc nous avons eu à partir de ce moment une logique qui ne cesse de s’accentuer quientraîne l’affaiblissement du capital industriel, une innovation technologique de plus en plus limitrée au secteurs financés par fonds publics et un déveoppement du capital financier parasitaire. la classe dominante française préfère placer ses capitaux au gré des spéculations financières complétement opaques. Si l’on veut comprendre l’Union européenne et son actuel président il faut se référer à cette réalité et pas seulement à son “métissage” pro-israélien vrai ou supposé. Sarkozy est l’homme du capital financier français, il est à ce titre complétement intégré au capital étasunien et à ses stratégies planétaires. Les récentes crises à l’intérieur du patronat français ont témoigné du déclin du capital industriel au profit d’une alliance entre le secteur financier, les clients de l’Etat et les services, le tout vers cette accélération atlantiste.

Le divorce entre le peuple français qui subit une situation de plus en plus défavorable et ses “élites” est noté par l’hebdomadaire The economist, qui s’étonne du divorce croissant entre l’opinion des citoyens français dont une minorité seulement déclare que “l’économie de marché est le meilleur système économique” et les innovations financières de “classe mondiale réalisée par les élites françaises grâce à une formation scientifique d’excellence dans les grandes écoles” (1) On retrouve, c’est naturel le même divorce entre l’Europe et les Français (2). Ce mécontentement ayant tendance à s’étendre à d’autres pays européens.

 
2 -L’Union européenne devrait  devenir une zone de libre échange des Etats-Unis ?

Voici à ce propos ce que déclare la motion présentée par le Sénateur du PS, jean Luc Melenchon au Congrès de ce parti qu’il accuse de faire opérer un virage d’intégration économique mais aussi géostratégique, la défense de l’Occident et de ses intérêts contre tous les autres, derrière les Etats-Unis, sans que cela ait été jamais débattu au sein du PS. J’ajouterai qu’aucune force politique jouissant d’une audience médiatique, y compris le nouveau chouchou des médias français, Olivier Besancenot, ne met en débat devant l’opinion publique. Il est probable que celui qui parle de cela sera aussitôt censuré par le système, condamné à la marginalité d’internet.

«  La gauche démocrate en Europe s’est en effet engagée, en accord avec la droite européenne, dans la construction d’un futur « grand marché transatlantique ». Ce projet avait été mis en échec par le gouvernement de Lionel Jospin en 1998. Mais il a été relancé en 2006 par deux rapports dont l’un défendu par une députée européenne du SPD en faveur d’un « grand marché transatlantique sans entraves en 2015 ». A l’époque les députés européens de notre parti s’y sont opposés. En mai 2008, une nouvelle résolution favorable à un marché commun transatlantique a été adoptée par le Parlement européen. » Cette fois, la quasi totalité des eurodéputés PS français l’ont soutenue et ce comme le note le sénateur du PS, Jean Luc Melenchon qu’il y ait le moindre débat au sein du PS français.  
 ”Le projet de grand marché transatlantique prévoit la création d’une zone de libre échange pour les services, l’élimination des barrières douanières, technique et réglementaire au commerce, la libéralisation des marchés publics de la propriété intellectuelle et des investissements. Il engage l’Europe dans une promotion fanatique du libre échange au niveau mondial comme le montre la déclaration commune du sommet UE-USA du 10 juin dernier : « nous résisterons au sentiment protectionniste à l’intérieur et nous nous opposerons au protectionnisme à l’étranger. Les modèles du libre et juste échange et de l’investissement ouvert sont les piliers de la croissance économique mondiale ». Il consacre l’évolution de l’Union européenne vers une vaste zone de libre-échange uniquement motivée par la libre circulation des biens et des services.
De plus, ce marché commun n’a pas seulement un objectif économique. Il est officiellement présenté comme la « base propice à l’établissement ferme du partenariat transatlantique, qui permettra à l ’Union et aux États Unis de relever ensemble les défis politiques et économiques mondiaux ». Il est même proposé de créer à terme une véritable « Assemblée transatlantique ». C’est donc un projet politique de grande ampleur impliquant des Institutions communes aux deux côtés de l’Atlantique.

Car si nous voyons bien son objectif économique, nous voyons aussi sa signification géopolitique. Il donne corps au projet de formation d’un « Occident politique » voulu par la doctrine américaine du « Choc des civilisations ». Telle est la ligne adoptée par de très nombreux dirigeants européens et en France par Nicolas Sarkozy. Cette vision géopolitique repose sur l’idée que l’hégémonie de « l’Occident » est mise en cause et qu’il faudrait répondre au phénomène par une intégration croissante des nations « occidentales » sur le plan économique comme militaire.

3) – L’ennemi est partout, du choc des civilisations aux émeutes urbaines en passant par les épidémies

 Il est normal que dans une telle logique, comme nous l’avions noté dans un précédent article, la France et l’Europe se donnent un système de défense-sécurité correspondant, totalement intégré à l’OTAN, mais qui désigne clairement l’ennemi extérieur et intérieur.
L’article 5 de la Constitution prévoit que le président de la république est  chef des armées. Le nouveau livre blanc sur la Défense va plus loin, Sarkozy, qui regrette visiblement de ne plus être ministre de l’intérieur, a adjoint à ce rôle de chef des armées, donc de la Défense, celui de grand coordonnateur de la Sécurité. Le domaine réservé du président de la république n’est plus seulement en priorité la Défense et les affaires étrangères. Avec la création du Conseil de sécurité nationale qui supprime la différence entre Défense et Sécurité, le chef des armées redevient premier flic de France.
. Cette réforme prend tout son sens dans le contexte présenté par le Livre Blanc, celui d’une création d’une Défense européenne intégrée à l’OTAN. Si la Défense européenne indépendante avait été le but, avant d’annoncer cette nouveauté de la suppression de cette frontière entre Sécurité et Défense, il aurait fallu au minimum s’entendre avec les autres nations européennes pour voir si leur conception de la sécurité s’accommode avec la notre. Mais il est clair que cela n’est plus utile si la référence commune, admise par les gouvernements européens (sur 27, 20 d’entre eux sont membres de l’OTAN) est effectivement l’OTAN sous directive européenne. Comme le notait Pascal Boniface en annonçant ce Livre Blanc : . «  Le cadre des relations France-OTAN a d’ores et déjà été clarifié. Tant le président que le ministre de la défense ont affirmé assez explicitement leur acceptation de voir la France réintégrer l’OTAN en échange d’une européanisation de celle-ci. Reste à connaître la réponse de Washington. » Elle a été enthousiaste et G.W Bush s’est félicité de ce retour français, a accueilli avec enthousiasme l’idée d’une Défense européenne.

Pascal Boniface dans le même article, à propos de l’abandon de la doctrine de la dissuasion nucléaire française note  que la Commission qui a été nommée par le Président pour rédiger le Livre Blanc de la Défense est composée de faucons néo-conservateurs : « Mais la composition de cette Commission, pour ce qui est des experts extérieurs, peut susciter sur ce point quelques inquiétudes. Elle est, sur le plan des idées stratégiques (où les clivages dépassent ceux des familles politiques), nettement moins diversifiée que celle mise en place par le ministère des affaires étrangères. L’horizon – étroit – va des atlantistes traditionnels aux partisans des thèses néoconservatrices les plus radicales. Des experts stratégiques pourtant proches de l’actuelle majorité politique, mais s’inscrivant plus dans la tradition gaullo-mitterrandiste, n’ont pas été retenus. Ceux qui l’ont été étaient favorables, ouvertement ou plus discrètement  pour ceux qui vivent de fonds publics, à la guerre d’Irak, même s’ils ont désormais sur ce point une mémoire défaillante. Nombre d’entre eux plaident aujourd’hui pour la fermeté, y compris par des moyens militaires, à l’égard de l’Iran. Ils étaient également pour la plupart, partisans du concept américain de riposte graduée (acceptant que les armes nucléaires soient considérées comme des armes de combat), opposé au concept français de dissuasion. »(3)
la réforme qui efface la différence entre Défense et Sécurité sous l’autorité d’un exécutif tout puissant,  tire incontestablement son origine de l’analyse néoconservatrice qui n’ayant plus d’ennemi à la fin de la guerre froide s’en est fabriqué un, le « terrorisme ». Le 11 septembre 2001 étant une divine surprise qui leur permettait d’affirmer que nous avions changé d’époque, une grande bataille est désormais ouverte dans un monde globalisé et interdépendant, les menaces sont partout, il n’y a plus de frontières et plus de différence entre sécurité extérieure et intérieure. Pour défendre la sécurité intérieure la guerre préventive (y compris nucléaire) doit être menée et le « renseignement omniprésent », on ne peut plus raisonner en terme de Défense nationale, la sécurité s’étend à la planète, elle justifie toutes les opérations préventives et au plan intérieur il faut protéger le territoire contre des agressions qui peuvent être de toute nature.(4)
Qui ne voit la nature réelle de l’ennemi, celui que nos médias nous fabriquent jour après jour : d’abord la peuplade étrangère qui sous les ordres d’un tyran nous refuse l’accès à ses ressources naturelles, mais aussi le phénomène dit des « banlieues », voire les luttes revendicatives qui peuvent être criminalisées,  l’amalgame est total entre les menaces à la sécurité de l’Etat (où “le citoyen” est redevenu l’individu isolé face à la dite menace « collective » et étrangère) et les luttes pour l’indépendance comme les luttes sociales. C’est la conception paranoïaque  mais pas gratuite des néoconservateurs qui est à l’œuvre.

Dernière citation, dans son blog, Alain Gresh spécialiste du Moyen orient dans le Monde Diplomatique nous met en garde : “Je n’ai pas l’habitude de réagir rapidement à une information. Pourtant, celle révélée par Isabelle Mandraud dans Le Monde du 20 juin, dans son article « Les surprises de la fusion entre les Renseignements généraux et la DST » mérite d’être largement diffusée.
Evoquant la fusion entre les renseignements généraux et la Direction de la sécurité du territoire, la journaliste écrit : « Comme prévu, les Renseignements généraux (RG) se scindent en deux : une partie de leurs effectifs fusionne avec la DST pour former le renseignement intérieur (RI), une autre rejoint la nouvelle sous-direction de l’information générale (SDIG) au sein de la sécurité publique. Doucement, le partage des missions et des effectifs s’opère, dans le cadre de la réforme mise en oeuvre par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur. Aux uns, le renseignement en milieu “fermé”, la lutte contre terrorisme et la protection des intérêts économiques, aux autres, la surveillance, en milieu “ouvert”, des violences urbaines, les sans-papiers, l’environnement, les voyages officiels… »
Mais la surprise est ailleurs :
« Deuxième innovation : si l’islam traditionnel, comme toutes les religions, reste du domaine de la SDIG, tandis que l’islam radical est du ressort du RI, la future direction centrale du renseignement intérieur pourra, quand elle l’estime nécessaire, et sans prévenir, intervenir dans tous les domaines. »
Si l’on comprend bien, le Renseignement intérieur (c’est-à-dire l’ancienne DST renforcée) pourra, quand il l’estime nécessaire, surveiller, infiltrer, interroger des musulmans ou des organisations ou des mosquées dont la pratique pourrait lui déplaire. Si cette interprétation était avérée, elle marquerait un tournant dans les pratiques sécuritaires en France. »

Voilà brievement esquissé la logique que l’on peut lire pour peu que l’on s’en donne la peine derrière les caricatures aisément brossées sur l’Europe. Nous sommes bel et bien devant un processus de fascisation impérialiste qui passe par l’intégration économique, institutionnelle et militaire de l’Occident. 

Danielle Bleitrach

(1) The economist “France has a paradoxical attitude to financial risk” 31.01.2008

2- Un récent sondage BVA (29 juin 2008) montrait que 13% des ouvriers français faisaient confiance à l’Europe pour 49% des cadres.

3) Pascal Boniface, le nécessaire débat sur le  nucléaire, La Croix, 14 janvier 2008
(4) L’arsenal militaire pour lutter contre le terrorisme  existe et a été rendu plus performant à partir de 1995 avec le plan Vigipirate, suite aux attentats du GIA algérien. Cette date de 1995 qui correspond non seulement à une série d’attentat mais à un autre livre blanc de la défense en 1994, est déjà celui d’une inflexion de la vision de la dissuasion.  Toute la politique de Nicolas Sarkozy peut être analysée comme à la fois une rupture mais aussi la poursuite d’infléchissements pris dans le cadre d’une Europe allant de plus en plus vers l’atlantisme et vers les grandes coalitions.

9 Réponses vers “L’américanisation de la France et de L’Europe: vers la fascisation ?”


  1. 1 Michèle 2 juillet 2008 à 9:00

    Cela risque malheureusement de ne pas être de la science-fiction, la machine capitaliste avec ses armées, sa police et ses médias est prête à tout pour imposer sa domination sur le monde. Cela passe par la mise au pas des populations à l’intérieur et des guerres sanglantes à l’extérieur. Dans ce contexte, les gesticulations de Sarkozy ne servent qu’à alimenter le spectacle médiatique et à masquer la logique de sa politique qui est de nous livrer pieds et poings liés à l’impérialisme américain. Le drame, c’est que cette descente aux enfers ne trouve aucune résistance du côté d’aucun parti politique. Il y a de plus en plus de prises de conscience individuelles, les “risques” d’explosions sociales se multiplient, mais que faire face à un ennemi aussi puissant et organisé ?

  2. 2 alain girard 2 juillet 2008 à 11:16

    Et là-dessus il semble y avoir entente tacite entre les forces politiques, la droite et le PS, mais aussi les petits partis satellisés, les verts mais aussi les communistes de toutes obédiences, le PCF comme la LCR pour parler d’autre chose.

    Je crois que c’est encore pire que cela, ‘est un alignement qui tient en grande partie à une perte totale des repères de classe.
    Les positions humanistes masquent les enjeux essentiels et celui que nous voyons tous pointer , celui de l’affrontement armé et nucléaire.
    Il me semble qu’un travail essentiel doit être réalisé, celui de démonstration de la crise durable et profonde du capital, dans tous les domaines.
    Pour ouvrir des perspectives de ripostes à minima et de changement de société à terme il est indispensable de connaitre la force, les moyens et par la même les faiblesses de l’adversaire.
    Je rappelle souvent la guerre du Vietnam mais les vietnamiens passaient beaucoup de temps à décortiquer tout cela avant de prolonger , développer, toute action.
    Pour bien combattre il faut déjà savoir dans quel état est l’ennemi et en cela l’analyse marxiste demeure l’outil irremplaçable.
    Je m’interroge avec force sur ces convergences actuelles entre la CEE e les USA car la volonté de s’aligner sur les intérêts des partisans du choc des civilisations empêche, peut_^ter, de voir les antagonismes existants et à venir entre un bloc impérialiste et un autre en construction.
    L’histoire nous prouve qu’en général cela se termine toujours de la même façon, très mal pour les peuples et je garde en souvenir ce think thank américain qui proclamait que le seul moyen durable de relancer l’économie capitaliste aux USA passait par un conflit mondial, il y a de cela plus de 20 ans. Aujourd’hui le capital pris dans la nasse de sa propre crise nous prépare la guerre qui est, de fait, le prolongement de toutes les autres.

  3. 3 Caius 2 juillet 2008 à 11:26

    Le terme de fascisation pose problème pourtant je pense, au delà des faits évoqué dans l’article, que c’est bien le terme qui convient.
    Ce terme est piégé et permet effectivement de faire passer n’importe quoi pour du fascisme.
    Néanmoins ce terme me parait absolument adéquat mais si nous avons bien en tête que le fascisme d’aujourd’hui n’a qu’un lointain rapport avec le vieux fascisme d’hier.
    En ce moment sur mon blog je met beaucoup d’information sur l’Italie et en particulier une véritable déferlante préfascite contre les Roms. A propos du décret anti Rom (pris par la gauche!) Le fondateur du manifesto parlait de “fascisme de substance” c’est l je pense le terme juste : fascisme de substance.
    En Italie a lieu un débat sur le caractère fascisant de la droite au pouvoir. On arrives m^me à ce que certains historiens réfutent même pour l’Italie des années 20 30 la qualification de facsisme et préfère celui de Mussolinisme (et évidemment pas de résurgence du fascisme pour eux aujourd’hui…). Mais on voit aussi la force politique du terme que tous les intellectuels bien pensant veulent éliminer.
    En tout cas comparons le “programme de renaissance (anti) démocratique d ela loge P2 et voyons le régime qui s’installe depuis une quinzaine d’année en Italie…

  4. 4 Michèle 2 juillet 2008 à 12:48

    Alain Girard
    J’ai lu votre texte avec attention.
    Je suis d’accord avec vous sur la nécessité d’une analyse marxiste pour comprendre ce qui se passe, préparer les luttes à venir et être au clair sur le type de société que l’on veut mettre en place.
    Mais j’ai tellement peur que le temps nous manque (certes, cette réflexion est complètement stérile…)

  5. 5 alain girard 2 juillet 2008 à 1:01

    le temps nous manque pour tout c’est sur
    cependant si nous ne tentons rien il ne nous en restera plus du tout donc….
    Pardon si j’ai été brutal sur l’autre post au fait.
    ce qui est incompréhensible à mes yeux c’est cette conscience populaire des enjeux, des risques et cette coupure avec toutes ces “têtes pensantes” comme quoi il faut mieux une bonne dictature du prolétariat aux éclats du vedettariat.
    Je me demande quel sera le déclic, si il y en a un, pour que les fous du Dieu Dollar soient stoppés.
    Pourtant en dehors de toute rationalité j’ose encore croire à la lucidité des peuples, c’est optimiste et rien d’autre , il reste qu’ils font l’Histoire,bonne ou non.

  6. 6 Michèle 2 juillet 2008 à 1:14

    Vous m’aviez prise -je crois- pour une militante de la LCR, ce que je ne suis pas…
    Sans rancune ! (ne serait-ce que pour votre optimisme qui fait chaud au coeur…).

  7. 7 alain girard 2 juillet 2008 à 1:43

    nous avons toujours mille raisons de céder
    et une seule de ne pas céder
    c’est celle là qui compte et qui nous rend dignes

  8. 8 socio13 2 juillet 2008 à 5:02

    mercredi 2 juillet 2008, mis à jour à 16:48

    Une ONG met en cause l’antiterrorisme en France dans un rapport
    Reuters
    Les méthodes du système judiciaire français de lutte antiterroriste sont mises en cause par une ONG américaine, Human Rights Watch (HRW), qui estime dans un rapport qu’elles portent atteinte aux droits fondamentaux et suggère leur réforme.
    “Poursuivre des personnes à cause des gens qu’elles connaissent et de ce qu’elles pensent porte atteinte aux droits fondamentaux. Il s’agit d’un principe erroné et d’une pratique dangereuse”, écrit Judith Sunderland, chercheur à la division Europe de HRW.

    “L’approche adoptée par la France risque d’aliéner des personnes de confession musulmane, éventuellement de radicaliser certaines personnes et d’éroder la confiance dans les forces de l’ordre et de sécurité”, estime HRW.

    Dans son rapport intitulé “La justice court-circuitée”, l’organisation suggère la réforme du système français instauré en 1986 et qui se caractérise par une centralisation de facto des enquêtes sur le terrorisme dans un “pool” de juges spécialisés à Paris.

    L’équipe de juges français dispose de pouvoirs procéduraux étendus comme la garde à vue de quatre jours – six jours si des préparatifs d’attentat sont avérés – et fonde presque toujours ses enquêtes sur l’incrimination d’”association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste”.

    Cette incrimination, trop vague selon HRW, permet d’arrêter de manière arbitraire “sur la base d’une minimum de preuves”, estime-t-elle. Elle remarque que la base des enquêtes est souvent le travail des services de renseignement, français – la DST est aussi un service de police judiciaire – ou étrangers, dans des pays ou la torture est pratiquée.

    L’ONG, qui dit avoir travaillé sur la base d’entretiens avec une vingtaine de personnes impliquées dans des enquêtes, dénonce le caractère “oppressant” des interrogatoires de garde à vue ou sont monnaie courante selon elle “la privation de sommeil, la désorientation, les interrogatoires incessants et répétitifs ainsi que les pressions psychologiques”.

    RECOMMANDATIONS
    Au stade du procès, l’incrimination d’association de malfaiteurs amène aussi souvent aux yeux de HRW des condamnations peu étayées par des preuves.

    HRW suggère de définir plus précisément le délit d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, en exigeant la preuve de l’intention de participer à un projet, d’améliorer les protections pendant la garde à vue en permettant la présence d’un avocat aux interrogatoires.

    Elle préconise aussi de renforcer le rôle et l’indépendance des juges des libertés et de la détention et de déclarer irrecevables les preuves obtenues sous la torture ou au moyen de mauvais traitements, y compris de pays tiers. HRW demande à l’Onu et au Conseil de l’Europe de se pencher sur le sujet.

    Les critiques contre le système avaient été violentes dès 1999, lorsque le dossier “Chalabi” visant un groupe de soutien au Groupe islamique armé algérien (GIA), avait vu finalement innocentées 89 des 173 personnes initialement poursuivies, cumulant une cinquantaine d’années de détention provisoire.

    Après les attentats du 11 septembre 2001, la situation s’est renversée et la France a même parfois fait figure de modèle.

    Les partisans du système français relativisent ses défauts en soulignant que les Etats-Unis ont instauré la détention extrajudiciaire illimitée dans le camp de Guantanamo et légalisé certaines formes de torture. Le Royaume-Uni a aussi permis la détention sans cadre judiciaire d’étrangers accusés de terrorisme de 2001 à 2004.

    Une incrimination du type de celle “d’association de malfaiteurs”, jugée nécessaire pour démanteler les groupes avant leur passage à l’acte, a été introduite par plusieurs pays.

    Interrogé sur le rapport de l’ONG en marge du compte rendu du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a fait valoir que les lois françaises en matière de lutte contre le terrorisme avaient été édictées en “riposte à une menace”.

    “Notre pays a suffisamment souffert de cette menace, qui a été mise à exécution à plusieurs reprises”, a dit Luc Chatel.

    “Ensuite, nos dispositions législatives sont souvent calées sur ce qui existe dans d’autres pays en la matière”, a-t-il ajouté.

    Thierry Lévêque, avec Emmanuel Jarry, édité par Pascal Liétout

  9. 9 Juan HV 29 juillet 2008 à 11:03

    Tout a fait d´accord avec la these de la financiarization de l´Europe. C´est ce que je viens de raconter ´du point de vue europeenne dans mon dernier livre en espagnol “L´Europe opaque des finances et ses paradis fiscaux offshore”. Salut, Juan


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