Sarkozy ira-t-il chercher l’Europe?
21:34 | 01/ 07/ 2008
Par Andreï Fediachine, RIA Novosti
Le 1er juillet, la Grande Europe s’est réveillée avec un “visage français”: la présidence tournante de l’Union européenne est passée pour six mois à la France. Les Français en ont informé le monde en illuminant la Tour Eiffel en bleu avec les douze étoiles du drapeau européen. Le président Sarkozy est intervenu à la télévision, a pris officiellement la présidence de l’Union et donne ce soir un dîner de travail à l’Elysée en présence de tous les membres de la Commission européenne, principal organe exécutif de l’UE. Le sens principal des différents discours “d’inauguration” président français semble être le suivant: sa mission dans l’UE, qu’il a bien entendu acceptée, est de sauver l’Union de tous les maux et de rétablir le leadership de la France, leadership perdu au cours des dernières années de présidence de Jacques Chirac.
Après cette pointe de messianisme, les autres membres du club des Vingt-sept n’ont plus qu’à s’attendre à six mois de surprises, dont l’hyperactif président français s’est jusqu’ici montré si friand. D’un côté, les leaders de l’UE sont certainement contents de confier l’Europe à un Européen aussi convaincu et aussi dynamique, de l’autre, ils sont un peut inquiets des manières bonapartistes de Nicolas Sarkozy, et de la “vaisselle” qu’il pourrait casser en vue de s’assurer la grandeur européenne, et de la restituer en grande pompe à la France.
Pour la Russie, la présidence française est une bonne chose, Nicolas Sarkozy étant un ardent partisan de la conclusion dans les plus brefs délais d’un nouvel accord de coopération entre Bruxelles et Moscou, et un avocat énergique de l’adhésion russe à l’OMC.
Le fait, à lui seul, que Nicolas Sarkozy ait pu affecter presque 200 millions d’euros du budget français pour “sa présidence” témoigne de sa réelle intention d’agir sérieusement et énergiquement. Aucun de ses prédécesseurs n’avait jusqu’ici obtenu telle somme pour ce genre de fins.
Du point de vue de la bureaucratie européenne, ces six mois de présidence représentent un laps de temps insignifiant, au cours duquel peu de pays ont réussi à enregistrer des résultats vraiment importants. Cela dit, cet exercice est souvent plus qu’une simple formalité, dans la mesure où chaque leader assumant ce poste tâche toujours de se distinguer par quelque chose de remarquable ou, au moins, d’important. En ce sens, Nicolas Sarkozy a toutes les chances de “rester dans les annales”.
Le fait est que le président français va présider l’Union européenne à un moment des plus difficiles, et qu’il reçoit un héritage pénible. Par conséquent, s’il parvient à régler ne serait-ce qu’un des difficiles problèmes de l’UE, ce sera déjà une réussite. Il avait promis, avant juin, de concentrer les efforts de la France sur quatre priorités: immigration, énergie et environnement, politique européenne de défense et Politique agricole commune.
Mais après l’échec du référendum irlandais du 13 juin, où le “non” au Traité de Lisbonne l’a emporté, les priorités de Nicolas Sarkozy ont considérablement changé. A présent, il va devoir sauver la Constitution européenne, qui devait entrer en vigueur par étapes à partir de 2009, et être pleinement effective en 2014. La première visite de Sarkozy en tant que président de l’UE aura lieu le 11 juillet à Dublin, où il tentera de persuader le premier ministre irlandais de la nécessité d’organiser un nouveau référendum sur le traité avant l’été 2009. Le président français et la chancelière allemande Angela Merkel sont les partisans les plus actifs des réformes énoncées dans le Traité de Lisbonne.
Cependant, comme pour se moquer des efforts déployés par Nicolas Sarkozy en vue de ramener à la raison les “incultes” Irlandais, un nouveau coup a été porté au traité de là où l’on s’y attendait le moins. Littéralement un jour avant le début de la présidence française, le président allemand Horst Köhler a soudain refusé de signer le traité déjà ratifié par le Bundestag, arguant qu’il devait attendre la décision de la Cour constitutionnelle, qui doit établir s’il est légitime ou non d’adopter un tel traité sans référendum. Le président polonais Lech Kaczynski a également refusé de signer le traité. Bien que les deux présidents occupent des postes nominaux, le “règlement” du problème pourrait prendre des mois, et cela n’est pas pour donner une impulsion future à la ratification du traité. A ce jour, il n’a été approuvé que par 19 des 27 pays membres. Des doutes concernant le Traité de Lisbonne ont même été émis par la République tchèque qui doit succéder à la France à la tête de l’UE le 1er janvier 2009.
Nicolas Sarkozy a déjà annoncé que la France s’opposerait à tout élargissement de l’UE tant que le Traité de Lisbonne ne serait pas adopté par tous les Vingt-sept.
Parallèlement à la “lutte pour la Constitution”, il a l’intention, pour ainsi dire, de tourner l’UE vers les Européens, de transformer l’Europe en moyen de protection des Européens dans leur vie quotidienne, de renforcer le consensus européen, de rétablir l’unité européenne, de changer la politique financière de l’UE, de serrer la bride à la Commission et à la BCE et d’endiguer la hausse des prix des produits alimentaires et de l’essence. Les tâches sont si nombreuses que même les efforts de Nicolas Sarkozy ne suffiront probablement pas pour les accomplir.
En ce qui concerne l’unité européenne, le président français l’a probablement promise dans un accès de fougue. D’ailleurs, avant même d’accéder à la présidence de l’UE, il a réussi à se quereller avec Bruxelles au point que le Britannique Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, a même ostensiblement refusé de participer au dîner de travail à l’Elysée. Nicolas Sarkozy l’a accusé d’être partiellement responsable de l’échec du référendum irlandais, en raison des positions qu’il défendait à l’OMC sur les questions agricoles. Il a en outre vivement critiqué la Banque centrale, ne se faisant pas que des amis parmi les financiers.
D’ailleurs, Angela Merkel, qui a présidé l’UE il y a un an, se tient prête, en cas de besoin, à corriger Nicolas Sarkozy. A en croire Le Télégramme, la chancelière allemande lui aurait déclaré récemment: “A Paris, Nicolas, tu es le Roi Soleil. Mais en Europe, c’est comme en Allemagne: une coalition d’intérêts divergents. Il faut beaucoup de patience et d’habileté…”. Avec une telle préceptrice, il est impossible de ne pas réussir.
Je me sens de moins en moins enphase avec ce qui intéresse le politico-médiatique, prenons la présidence européenne de Sarkozy, franchement en dehors du fait que cela nous coûte 200 millions d’euros pour glorifier ce pou vaniteux quel intérêt voyez-vous à ce sujet, c’est pourquoi je touve que ce texte ironique de ria novosti est juste ce qui convient pour montrer l’enflure. Et bien visiblement ce n’est pas l’avis de la direction du PCF.
Marie Georges Buffet consacre deux pages dans l’huma non seulement à égrener des phrases creuses du type, il faut demander leur avis aux gens, il faut la démocratie et patati et patata, mais quand elle touche déjà à l’actua&lité c’est pour accorder l’essentiel à cet extraordinaire sujet, et beaucoup moins à tous les problèmes qui assaillent les Français. Il faudrait demander leur avis aux français, mais il faut être sourd pour ne pas les entendre… Et pour ainsi s’obstiner à défiler des discours creux…
Ce matin en revenant de la gare en taxi à cause de la valise, il y avait une manif à Marseille, le chauffeur m’a dit: “il nous prennent tous pour des imbéciles!” quelques minutes après il expliquait que Marchais lui leur aurait dit ce qu’il fallait dire, il aurait dit ce que pensaient les gens, alors que maintenant “il n’y a plus de communistes!”
Il ne savait même pas qui dirigeait le parti communiste et s’il existait encore. Son problème c’était l’ugmentation de l’essence mais aussi l’électricité : “Il semandent une hausse de dix %, l’autre il va leur dire c’est trop, vous aurez 5% et nous on payera pour les spéculateurs”…
Alors entre nous la présidence de Sarkozy il s’en foutait comme de colin tampon.
Autre décalage avec le politico-médiatique, je n’arrive pas à m’exciter sur les problèmes de sarkozy et de l’audio-visuel, de toute façon je n’avais pas remarqué l’indépendance des Chaînes de télévision du “service public” comme les autres, alors qu’ils nous fassent pas pleurer sur la place qu’ils vont accorder ou non aux âneries du PS.
Ils s’agitent tous sur cette question, mais ils se foutent tous des centaines de milliards pour la Défense intégrée à l’OTAN. Parce que sur le fond ils sont d’accord. Alors leur intérêt pour la “main mise sur l’audiovisuel” c’est quoi exactement? C’est la préservation du temps de parole de Ségolène Royale, si c’est le cas je m’en moque complétement, presque autant que de la présidence française. je me moque de ne jamais plus entendre bertrand delanoe vanter le socialisme libéral ou les bondieuseries du Dalaï Lama… Qu’ils se débrouillent entre eux, de toute façon que ce soient les uns ou les autres nous nous sommes censurés, visiblement y compris par l’huma et par marie-georges Buffet, alors moi la démocratie à cette sauce là je ne sais pas trés bien de quoi il est question.
Danielle bleitrach
Chère Danielle,
Je constate, comme vous ,en effet, que cette affaire de réforme de la télévision ne réussit pas à me passionner car il s’agit bien plutôt de la question politicienne de savoir qui de l’UMP ou du PS va contrôler la télé et donc censurer comme d’habitude l’expression des idées révolutionnaires et marxistes, à l’exception bien sûr de celles de Besancenot.
Mais concernant ce dernier, on voit que la montagne “communiste” et “révolutionnaire” accouche d’une souris social-européiste, comme le relève avec juste raison Georges GASTAUD, sur le site du PRCF.
Cordialement.
A propos de la mutation de la LCR en NPA
cet article de G Gastaud du PRCF éclaire bien les raisons et moteurs de la L demeure cette constante qui consiste à associer d’emblée militants communistes et dirigeants du PCF.
Le Prcf ne détient pas et heureusement compte tenu de son influence, le monopole de la présence et de l’animation de luttes dures ou qui le seraient moins.
Après avoir annoncé que le PCF avait définitivement muté voici qu’il nous est révélé que ce n’est pas fini. Gloire aux militants qui résistent ainsi.
A quoi bon distribuer des tracts à l’entrée de la réunion de la Défense et ce en direction de militants faillis ?
A quoi bon s’adresser à ces derniers puisque mutés ?
Parce que justement rien n’est joué et n’en déplaise ils sont plus nombreux à revenir au PCF qu’à le quitter ou à l’envisager.
Les militants communistes ont fait leurs expériences dedans et dehors, que la direction du PCF soit mutée, ils le savent en toute conscience mais ils savent également à quel point la mort du PCF en tant qu’outil du monde du travail demanderait d’efforts , de temps pour renaître, en admettant la chose possible.
Les militants sont dans l’urgence du lendemain quand se déroule une politique de misères sur tous les plans, quand la guerre impérialiste et le feu nucléaire sont en gestation.
Pourquoi aller reconstruire ailleurs délocaliser en quelque sorte le PCF, quand ce dernier a, en son sein, des forces de résistance et de reconquête ?!
Alain Girard
ex militant PRCF 94