La Havane, 18.06.08 (acn) Le Paraguay proposera au prochain sommet du Mercosur de se prononcer en bloc contre la nouvelle directive de l’Union européenne qui institue l’expulsion pure et simple des sans-papiers et des périodes de détention pouvant aller jusqu’à 6 et même 18 mois. Le texte vient d’être adopté au Parlement européen malgré les dénonciations de la gauche européenne et des ONG qui l’ont surnommé la « directive de la honte ».
La nouvelle directive anti-immigrant de l’Union européenne « met le migrant au même niveau qu’un criminel, ce qui nous préoccupe énormément », a déclaré le directeur des Affaires spéciales du ministère des Affaires étrangères du Paraguay, M. Victor Hugo Peña.
Le fonctionnaire a expliqué que, conformément aux instructions imparties par son ministre des Affaires étrangères, Ruben Ramirez, le Paraguay va présenter au Mercosur (le Marché commun du Sud, dont font partie 10 nations sud-américaines) un projet de déclaration sur la question. Ce document sera soumis aux chefs d’Etat en juillet, lors du Sommet du Mercosur qui se tiendra en Argentine.
L’ex ministre des Affaires étrangères du Paraguay, Mme Leila Rachid, a qualifié d’injuste la nouvelle directive européenne anti-immigrants, rapporte TeleSUR. Elle a souligné que la migration « est un droit de l’homme » qui doit être « respecté ».
Mme Leila Rachid – elle-même d’origine syrio-libanaise – a rappelé que, depuis la colonisation espagnole, l’Amérique latine a « accueilli les migrants de toute origine, aussi bien européens que non européens, sans expulser personne ».
Le Mercosur compte actuellement 5 membres permanents (l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela) et 5 pays associés (la Bolivie, le Chili, le Pérou, la Colombie et l’Equateur), dont les populations ont une forte composante d’origine européenne comme résultat de l’arrivée massive d’immigrants européens qui a marqué profondément toute l’histoire de l’Amérique latine, y compris au 20e siècle.
Les promoteurs de la nouvelle disposition de l’Union européenne l’appellent la directive « retour » mais la gauche européenne et les ONG qui s’y opposent l’ont surnommée « la directive de la honte » parce qu’elle autorise, entre autres, la détention et l’expulsion des enfants en situation irrégulière.
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