En Irlande aussi c’est une vote de classe… remarques sociologiques autant que politiques par danielle Bleitrach

On avait parlé d’un duel serré, le verdict a été clair: 53,4% des irlandais ont dit Non. Clair et net.Faisons un point d’histoire: il y a eu le traité Constitutionnel que le NON français puis le NON néerlandais ont repoussé. C’est alors qu’est intervenue la forfaiture de Lisbonne. Les politiciens de tous poils ont décidé de ne plus faire appel à la légitimation populaire et d’imposer entre gens de l”Establishement ce traité devenu Traité de Lisbonne. C’est ainsi que ce dernier fut honteusement imposé au peuple français par ses politiciens. Oui mais les Irlandais étaient obligés par leur Constitution d’organiser le référendum. Ce devait être une promenade de printemps pour le OUI. L’irlande disait-on avait bénéficié plus que tout autre pays de son intégration dans l’Unions européenne. Tous les grands partis étaient pour, le gouvernement comme l’opposition.La victoire du NOn en irlande est vécu par beaucoup de peuples européens comme étant un peu la leur, eux que l’on a pas consulté, eux dont a méprisé l’avis.

Un pays pro-européen et l’ampleur du désaveu

Telle était la réputation de l’irlande, comme d’ailleurs d’être un pays qui avait le plus bénéficié de cette intégration.

Quand un  sondage du quotidien Irish Times, le 6 juin, donna le non en tête, l’inquiétude se fit alors perceptible dans le  camp du OUI mais aussi chez les politiciens européens, dans les médias,  mais on imaginait un résultat trés serré et même une remontée de dernière minute du OUI.

 l’ampleur du refus a donc surpris tout le monde et ce fut la deuxième mauvaise surprise, non seulement les Irlandais comme les Français et les Néerlandais avaient dit NOn mais ils l’avaient fait à une large majorité.

Il y a incontestablement dans ces refus des parallélismes troublants: on peut dire que pratiquement chaque fois que l’on consulte un peuple sur l’Union européenne, il répond de la même manière au chantage politicien.  Il dit NOn à cette Europe, il n’y voit ni avantage, ni se s’y sent en rien participant.

Vous n’allez pas oser dire NON ?

En irlande, comme nous l’avons vécu en France, il y eut le chantage à l’isolement. “Vous serriez les seuls! Vous n’allez pas oser?”Et oui ils osent….

Et là encore il y a une grande distance entre le monde politicien et le citoyen lambda de France ou d’irlande. Notre classe politique, pas seulement les tenants du OUI, les pro-européens de droite ou de gauche, les principaux partis, les médias, mais les tenants du NON eux-mêmes, les communistes,  pour la plupart n’osent même pas envisager de sortir de l’Union européenne et même de la zone euro, ils n’osent même pas se poser la question.

ils seraient sans doute surpris de l’audace tranquille de leurs peuples dans ce domaine. Et si ces élections sont un coup de tonnerre c’est que le NOn renvoie à un refus plus fondamental, à quelque chose que personne dans la classe politique n’ose aborder. L’Union européenne pour la plupart des Français en particulier les couches populaires, et même les jeunes,  c’est un machin sur lequel ils n’ont aucune prise, un lieu où se congratulent des politiciens, une monnaie dont l’adoption a correspondu à un triplement des prix sans que les salaires suivent.

Les irlandais comme les français n’ont pas une confiance extrême en leurs propres hommes et femmes politiques, mais ceux du voisin leurs paraissent encore plus suspects. Ainsi au risque de vexer notre orgueil national à nous Français,il faut voir que la proximité de la présidence française a renforcé le NON. Un des thèmes a été les projets secrets militaristes de notre président Sarkozy. Sans parler des déclarations intempestives de notre gaffeuse de ministre de l’economie Christine Lagarde en faveur d’une harmonisation fiscale en UE. Même les acquis d’une intégration européenne allaient être supprimés et les pays allaient se retrouver derrière un Sarkozy le belliciste, le toutou de Bush. 

 Mais rassurons-nous ce fut un thème parmi d’autres et pas la cause efficiente,le peuple irlandais a d’abord désavoué sa propre classe politique . Ici comme en France ou en Hollande, le désaveu a frappé les membres du gouvernement, les circonscriptions des ministres en charge des questions européennes ont répondu un non franc et massif(celle du Dick Roche, le ministre en charge de l’Union européenne, ou celle de Michael Martin, ministre des affaires étrangères en particulier).

C’est ici aussi un vote de classe
 
Autre ressemblance: lors du NOn français, une étude des zones d’extension du NON m’avait fait dire : ce n’est pas un NOn de gauche ou de droite mais un NON de classe. J’avais mis en garde les collectifs anti-libéraux qui s’attribuaient la victoire, comme d’ailleurs toute force politique: nous sommes devant un refus de classe qui passe en majorité par d’autres circuits que l’activité de tel ou tel groupuscule ou tel parti,  il est porté par les discussions sur les lieux de travail, les familles et c’est même cela qui expliquait, selon mon analyse, la géographie de ce NON qui reproduisait pratiquement les zones d’influence du PCF d’il y a trente ans.

On retrouve en irlande, le même phénomène: ainsi si l’on considère Dublin, les banlieues riches du sud ont voté à près de 60% pour le traité alors que les banlieues ouvrières du nord-ouest et du sud-est c’est plus de 60% pour le NON. Le vote rural est un vote pour le NON et il faut bien voir que comme en France les zones dites rurales sont en fait de plus en plus ouvrières. En revanche tous les lieux de regroupement des classes moyennes et privilégiées donnent la majorité au OUI.

Bien sûr déjà l’interprétation de ce vote par les médias  est  la dénonciation de son hétéréogénéité, celle d’un front des mécontents incompétents, on ne le dit pas mais on laisse entendre que ceux qui ont refusé ne savaient pas ce qu’ils faisaient, ce sont des incultes, des mauvais coucheurs, on met en avant la dimension d’extrême-droite en oubliant un peu que la nation n’est pas nécessairement chauvine et que le patriotisme est selon le mot célébre la richesse des pauvres, surtout dans un pays comme l’Irlande où la conquête d’une nation a du se faire quasiment dans une lutte contre le colonialisme, la misère des masses.

La réaction  des “nantis”

Cette Europe qui confond aussi admirablement les contraires que sont les intérêts des mutinationales, des financiers et l’hypothétique paix et progrés social des peuples unifiés est une escroquerie, mais ils y tiennent. Ils vont tout faire pour la maintenir à flot, pour tenter d’effacer le vote irlandais comme ils ont nié le vote français et néerlandais. Voici d’ailleurs ce que déclare le Figaro de ce matin 14 mars 2008.

Un nouveau texte, avec des amendements mineurs répondant aux inquiétudes irlandaises, peut être soumis à un second vote en Irlande. S’il est adopté, la crise ne sera plus qu’un incident de parcours et le traité de Lisbonne entrera en vigueur après quelques mois de retard. Le traité de Nice, rejeté par les Irlandais en 2001 avant d’être approuvé en 2002, moyennant quelques changements, offre un précédent qui justifie la manœuvre.

Mais pour qu’elle soit viable, il faut agir vite, dès le Conseil européen de la semaine prochaine. Une initiative franco-allemande est annoncée. Elle devra stopper tout effet boule de neige que le non irlandais pourrait avoir dans d’autres pays, tentés de remettre en cause leur ratification. Personnage clé de cette stratégie, le premier ministre britannique, Gordon Brown, a indiqué qu’il jouerait le jeu. Ainsi, l’Europe évitera de replonger dans la paralysie institutionnelle et la présidence française de l’Union pourra se dérouler sans trop de dégâts.

Il n’y a pas d’autre solution. Renégocier le traité de Lisbonne est hors de question. Il résulte déjà d’une renégociation laborieuse du texte abusivement nommé « constitution ». Les marchandages doivent avoir une fin.

Baisser les bras et continuer avec le traité de Nice n’est pas une option. Cela reviendrait à maintenir le statu quo, et notamment le règne de l’unanimité, une situation ingérable à vingt-sept et qui le sera encore plus après les prochains élargissements.

Tout remettre à plat est impossible : ce serait faire fi de dix années d’efforts pour sortir de l’impasse institutionnelle.

Pour que l’Europe suive son chemin, pour qu’elle puisse peser dans un monde en plein bouleversement, il va falloir dédramatiser le non irlandais et garder le cap sur les priorités de la politique européenne. Ce sera le défi de la présidence française.”

 Tout y est la ligne de la bourgeoisie est tracée, il faut minimiser la portée de ce vote, forcer les Irlandais à voter, à revoter jusqu’à ce qu’ils disent oui! Il faut poursuivre avancer dans cette construction européenne…

Une de leur force est de nous obliger dans le cadre qu’ils construisent jour après jour, ne pas appartenir à cette Europe là est une hérésie, un véritable sacrilège, nous ne pouvons pas ne pas faire partie de la zone euro… Alors le Non des peuples est une tranquille manière de dire : “Rien de ce que vous proposez est obligatoire !”

Le vrai problème est de construire une force politique apte elle aussi à ne pas se laisser contraindre par ce que le capital considère comme incontournable, obligatoire, infranchissable…

 

Danielle Bleitrach

4 Réponses vers “En Irlande aussi c’est une vote de classe… remarques sociologiques autant que politiques par danielle Bleitrach”


  1. 1 DIMITRI 14 juin 2008 à 10:20

    Pour retourner une “UNE” celebre du Monde mon coeur a envie de dire aujourd’hui:
    “NOUS SOMMES TOUS DES IRLANDAIS!”

  2. 2 Gilles 15 juin 2008 à 4:51

    Danielle a écrit :
    […] non seulement les Irlandais comme les Français et les Néerlandais avaient dit NOn mais ils l’avaient fait à une large majorité.

    À mon avis c’est plutôt une majorité minimale qu’une « large » majorité, mais peu importe. Par contre, là où je suis d’accord, c’est sur le fait que l’Irlande a peut-être bénéficié de sa participation è l’Europe, mais il s’agit encore et toujours d’une tranche précise de la population, les plus aisés.
     
    (Remarque. Il est très difficile d’écrire un commentaire avec la police Courrier taille 9.)
     

  3. 3 Catherine Lieutenant, Liège, Belgique 15 juin 2008 à 6:03

    Chère Danielle Bleitrach,
    Oui, c’est bien que le 3e peuple consulté ait dit NON comme les deux autres, et comme nous le ferions tous si on avait l’imprudence de nous consulter ! Oui, il faut remercier le Diable pour les petites grâces. Mais pouvez-vous me dire comment il se fait qu’on ne trouve trace nulle part (ou alors, j’ai mal cherché) des événements gravissimes qui se déroulent en Italie. C’est “le Peuple”, n’est-ce pas, qui a porté ces Post-Fascistes au pouvoir ! C’est “le Peuple” qui applaudit aux pogroms de nomades et aux tabassages d’immigrés ! Cette sinistre partie émergée de l’iceberg fasciste européen ne mériterait-il pas qu’on en PARLE, qu’on gueule au charron ?
    Je ne vous dis rien de la rafle de Belges, effectuée la semaine dernière, en Belgique, par le Parquet Fédéral, pour complaire aux brandisseurs de svastikas et de croix celtiques transalpins et en parfaite conformité avec les exigences du patriot Act, mais ce n’est vraiment pas loin de chez vous, vous savez…
    Ce silence franc et massif des médias, ça veut dire quoi ?
    Ci-dessous, un article parmi tant d’autres, trouvé sur un site US.
    Catherine

    The People’s Voice
    (U.S.A.)

    06/04/08

    FASCISME La nuit de cristal à Rome

    Gaither Stewart

    Repris de : Tom Paine’s Corner

    (Rome) 2 juin : Le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies, le Vatican et les partis d’opposition ont critiqué aujourd’hui la décision récente du gouvernement de droite de M. Ber-lusconi, récemment élu à la tête de l’Italie et ses alliés neo-fascistes, pour leur volonté de criminaliser l’immigration dans ce pays, ainsi que pour les attaques récentes sur des camps de nomades Roms. En réponse, les dirigeants politiques ont confirmé leur ferme intention de faire passer en texte de loi leur décret gouvernemental, faisant ainsi de l’immigration en Italie un crime.

    Ce même jour, des membres de la xénophobe Ligue du Nord, partenaires dans la coalition constituant le nouveau gouvernement Berlusconi, ont occupé un camp de nomades Roms, à Mestre-Venise.

    30 mai : Dans la capitale de l’Italie, des bandes de casseurs fascistes, armés de bâtons et de chaî-nes, ont lancé une « expédition punitive », c’est-à-dire un raid organisé, sur les magasins d’immigrants asiatiques… Une dizaine d’hommes, masqués de foulards marqués de la svastika, se sont abattus sur les épiceries tenues par des immigrés, sur des centres d’appels téléphoniqus, des laveries et différents autres commerces situés le long des rues d’un des quartiers les plus multi-ethniques de Rome, brisant les vitrines et tout ce qu’ils ont pu trouver à casser à l’intérieur. Hurlant des « sale étranger » et des « salaud » les cagoulards ont battu sauvagement un immigré pakistanais, qui a dû être hospitalisé. Les flashes TV montrent des vitrines brisées et du verre partout sur les trot-toirs, rappelant ce qui, en 1938, dans les pogroms de l’Allemagne nazie a été appelé Kristallnacht (la Nuit de Cristal). Cette Nuit de Cristal (ou « du verre cassé ») est devenu le symbole de la violence organisée, contre les Juifs, les homosexuels, les gitans et d’autres, par l’Etat Nazi-Fasciste allemand. Malgré les « regrets » exprimés ce dimanche par les leaders politiques post-Fascistes, les franges violentes de l’Extrême-Droite d’aujourd’hui se sentent légitimées par la récente victoire électorale de la Droite, qui a propulsé les post-Fascistes au pouvoir en Italie.

    26 mai : Des escadrons de casseurs fascistes sont revenus, comme au bon vieux temps, sévir dans l’une des principales universités de Rome, La Sapienza. Armés de couteaux et de barres de fer, et visiblement démangés par l’envie d’en découdre, une vingtaine d’encagoulés de l’extrême-droitière Forza Nuova ont fondu sur des militants de gauche en train de coller des manifestes anti-fascistes sur les murs proches de l’entrée de l’université. Après dix minutes de corps à corps, plusieurs jeunes uni-versitaires ont dû être transportés à l’hôpital le plus proche. Ceci apparaît comme un cas d’agression préméditée de pur style fasciste. L’affrontement concernait un meeting de masse projeté par Forza Nuova, auquel le Secrétaire National de l’organisation fasciste, Roberto Fiore, devait prendre la pa-role, meeting interdit par le Recteur de l’Université. Tandis que ses nervis lançaient leur attaque phy-sique contre les étudiants de gauche, Fiore était en train de protester auprès du maire neo-fasciste de Rome nouvellement élu, Gianni Alemanno, exigeant une censure de l’interdiction rectorale.

    25 mai : À Naples, les cocktails Molotov ont recommencé à pleuvoir sur les camps de nomades en flammes. Sous les lazzi et les applaudissements des spectateurs venus assister à leur fuite, les gitans Roms, dont beaucoup sont des citoyens italiens, se sont égaillés dans la nature et y sont toujours, ne sachant où aller. Amnesty International vient de classer l’Italie dans les états « racistes », phénomène tout à fait nouveau, s’agissant d’un pays traditionnellement tolérant.

    Pendant ce temps, au Parlement, les députés de l’opposition ont critiqué l’intention du nouveau maire post-fasciste, Gianni Alemanno, de donner à une artère de Rome le nom de Giorgio Almirante, créa-teur du Mouvement Social Italien (MSI, fasciste) héritier direct de Mussolini et un des dirigeants de la « République de Salò ».

    De jour en jour, le gouvernement d’extrême-droite récemment élu de Silvio Berluscon, et sa « phalange » de neo-fascistes placés à tous les postes-clés du gouvernement, en appuyant sur la pédale de la sécurité, chauffe à blanc les peurs populaires, en présentant comme une menace tout ce qui est « autre », des gitans aux homosexuels, en passant par l’Extrême Gauche, à présent exclue du Parlement. La stratégie de ce gouvernement semble pointer vers la création d’un état d‘urgence per-manent dans la nation. Il ne se passe pas de jour que le déploiement de l’armée « en défense des droits des citoyens » ne soit mentionnée. Bien que ce soit encore une possibilité sans doute éloignée, j’ai entendu hier, pour la première fois en beaucoup d’années, parler de « loi martiale ».

    D’un sondage effectué ce soir par un talk show télévisé, il ressort que les Italiens sont persuadés que l’affrontement qui grandit chaque jour entre l’extrême gauche et les neo-fascistes, va s’envenimer et très probablement se développer comme pendant les guerres de rues idéologiques et le terrorisme des années 1970 et 80.

    Les mots « fascisme » et « fasciste » sont redevenus courants dans toutes les langues du monde. Voyons ce qu’ils signifient dans la vie quotidienne.

    Trois cent cinquante mots à propos du fascisme

    Le fascisme est insidieux.
    Le fascisme arrive graduellement.
    Le fascisme émerge du côté mauvais de l’humanité.
    Le fascisme, en tant qu’expression socio-politique, ne se remarque pas tout de suite.
    Le fascisme commence dans les classes sociales arriérées, lorsqu’elles perdent tout rôle dans la so-ciété.
    Le fascisme a deux visages : un visage d’opposition à l’establishment politique – aux USA, la vieille et position anti-Washington – , et un visage réactionnaire, créé par une fausse perception du monde..
    Le fascisme , dans sa phase de montée vers le pouvoir, s’allie au capitalisme et devient son haut-parleur et sa police.
    Le fascisme est l’aile armée, violente du capitalisme.
    Le fascisme défend la propriété privée contre la menace révolutionnaire d’expropriation.
    Le fascisme au pouvoir existe sur le dos de ses ennemis.
    Le fascisme au pouvoir devient un pouvoir d’état déviant.
    Le fascisme se mélange à la hiérarchie militaire.
    Le fascisme essaie de résoudre les problèmes internationaux à coups de bluff et de fusils.
    Le fascisme, dans la pratique, est enraciné dans la médiocrité et l’étroitesse d’esprit, ses portes sont larges ouvertes aux tyranneaux et persécuteurs sociaux de toutes couleurs et de toutes provenan-ces.
    Le fascisme au pouvoir se camoufle sous les oripeaux du nationalisme et de l’idéalisme.
    Le fascisme finit par devenir une exigeance populaire de totalitarisme.
    Le fascisme n’est qu’en partie un phénomène de classe, un mouvement poursuivant un but social spécifique.
    Le fascisme enfonce toutes les barrières et dispositifs de contrôle.
    Le fascisme déchaîne les forces élémentaires les plus mauvaises de l’homme.
    Le fascisme, c’est le pourrissement et la décadence morale.
    Le fascisme est marqué par la cruauté et une absence totale de sympathie pour l’infortune.
    Le fascisme est une atmosphere dans laquelle une fausse sentimentalité s’allie à un très haut degré de violence.
    Le fascisme se manifeste par l’ arbitraire, la destructivité et la réaction.
    Le fascisme abolit les concepts d’équilibre, de contrôle, de droiture et de compassion.
    Le fascisme au pouvoir est incontrôlable.
    Le pouvoir fasciste est total et autoritaire, il se caractérise par un état centralisé, autocratique, dirigé par un chef dictatorial.
    Le fascisme agit au bénéfice d’un petit nombre.
    Le fascisme réprime agressivement toute opposition.
    Le fascisme est nationaliste à l’extrême, mais réduit les intérêts de tous aux intérêts d’une élite.
    Le fascisme vend des promesses de renaissance nationale, à coups de « cultes » de l’unité, de l’exceptionnalisme et de la suprématie sur les autres nations et les autres races.
    Le fascisme, c’est le super-patriotisme, le super-nationalisme, le super-militarisme, le populisme, l’anti-libéralisme, l’élitisme.

    *****

    4 juin 2008, GAITHER STEWART est Senior Special Contributing Editor et Correspondant en Europe de Cyrano’s Journal, romancier et journaliste. Ses histoires, essais et dépêches sont largement répandus. Son oeuvre de fiction Icy Current Compulsive Course, To Be a Stranger et Once in Berlin ont été publiés par Wind River Press (www.windriverpress.com). Son dernier roman, Asheville, est publié par Wastelandrunes, (www.wastelandrunes.com).
    Il vit à Rome.

    *****

    Comment ressusciter les CCC
    pour enterrer la solidarité

    Ce vendredi, quatre personnes ont été inculpées : Wahoub Fayoumi, journaliste à la RTBF ; Constant Hormans, transporteur routier ; Abdallah Ibrahim Abdallah, réfugié politique libanais ; et Bertrand Sassoye, serveur dans une brasserie et ex-membre des CCC.
    Qu’ont en commun ces quatre personnes ?
    Nullement la reconstitution d’une pseudo organisation « terroriste » mais bien une action soutenue dans le cadre de luttes politiques et sociales (sans-papiers, les dockers, luttes syndicales, …), ainsi que leur participation aux activités légales et légitimes du Secours Rouge/APAPC (www.secoursrouge.org).

    Le Secours Rouge/APAPC travaille au développement de la solidarité face à la répression de classe : prisonniers politiques, répression sociale (grèves, occupations, etc.), faits de solidarité internationaliste (solidarité avec les sans-papiers ou avec les peuples en lutte).
    Le travail du Secours Rouge consiste notamment en des soirées publiques comme celle organisée à Bruxelles en avril dernier sur la répression en Italie, lors de laquelle des personnes sont venues témoigner du cadre juridique dans lequel se sont déroulées les arrestations des Inculpés du 12 février. (http://www.secoursrouge.org/dos_9.php)

    S’appuyant sur l’application des nouvelles « méthodes particulières de recherche », le Parquet fédéral et la police ont organisé de multiples interpellations et perquisitions qui trouvent un relais complaisant, quasi enthousiaste, dans les médias.
    Ce relais s’est rapidement transformé en désinformation, en propagation de raccourcis mensongers et d’amalgames dangereux qui contribuent à la criminalisation de la solidarité avec les prisonniers politiques.

    Il faut aujourd’hui, en Belgique, refuser la criminalisation du Secours Rouge, de ses militants et de la solidarité internationale.
    Libérons nos camarades !
    La solidarité est notre arme !
    Secours Rouge/APAPC, le 6 juin 2008

    A l’instant où nous écrivons ces lignes, nous apprenons qu’une autre personne, militant également au Secours Rouge, a été appréhendée par la police.

    Ce samedi 7 juin, 18h
    Rassemblement de soutien
    devant la prison de Berkendael

    Compte de solidarité (frais de justice et avocats) : 083-9777055-40
    http://www.secoursrouge.org

  4. 4 socio13 15 juin 2008 à 6:43

    Ici nopus en avons parlé et j’ai renvoyé les lecteurs de ce blog (de plus en plus nombreux même le week-end)au blog excellent de CaIus Gracchus qui a traité dans la traduction d’articles italiens de ce problème. Quant à la question du “peuple”, ce n’est pas simplement le peuple c’est le peuple complétement dompté par la mafia qui lui donne du travail et des ordres…

    Danielle Bleitrach

    pour le blog de Caius Gracchus, voir sur le côté les références… J’essaye au maximum de fonctionner avec quelques sites en évitant le redoublement des informations…


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